L'église Saint-Jean-Baptiste est une église catholique paroissiale située à Crouy-en-Thelle, dans le département de l'Oise, en France. Elle se présente comme un édifice essentiellement gothique flamboyant, dont le plan rectangulaire à trois vaisseaux, avec un clocher-porche précédant la nef, masque une réalité beaucoup plus complexe. Le chœur est en effet d'origine roman, et conserve deux voûtes d'ogives des années 1130 / 1140 qui comptent parmi les plus anciennes du département. Dans le vaisseau nord, les trois dernières voûtes sont de style gothique rayonnant. Si ces éléments, ainsi que les réseaux flamboyants de la plupart des fenêtres, sont d'un intérêt incontestable, la reprise en sous-œuvre de la plupart des grandes arcades sans égards pour l'esthétique de l'espace intérieur, et l'installation de voûtes d'ogives factices et de clés de voûte néo-gothiques au , n'ont pas valu à l'église Saint-Jean-Baptiste un classement aux monuments historiques à ce jour. Néanmoins, les élévations extérieures sont aujourd'hui restaurées et bien mises en valeur. L'église est affiliée à la paroisse Saint-Louis en Thelle avec siège à Chambly, et des messes dominicales anticipées y sont célébrées environ quatre fois par an à 18 h 30.

Localisation thumb|left|Vue avec l'ancienne mairie.

L'église Saint-Jean-Baptiste est située en France, en région Hauts-de-France et dans le département de l'Oise, en pays de Thelle, dans la commune de Crouy-en-Thelle, sur la place centrale du village qui accueille également la mairie, dans l'angle entre la rue de Précy (RD 92) au sud-ouest, et la rue du puits Saint-Jean au sud-est. L'église est entièrement dégagée de constructions mitoyennes. L'espace devant le portail occidental en bas du clocher tient lieu de parvis. La partie de la place au sud de l'église est aménagée en espace vert public. Il s'agit de l'ancien cimetière.. Le reste sert de parking.

Histoire thumb|left|Vue depuis le sud.

La date de fondation de la paroisse n'est pas connue, mais Crouy-en-Thelle figure déjà dans les chartes du en tant que Cotiriacus. Le collateur de la cure est l'abbaye de Saint-Denis. Sa qualité en tant que patron de la cure remonte apparemment à la donation de tout le pagus Camliacensis (pays de Chambly) à l'abbaye de Saint-Denis par le roi Dagobert I, qui fut confirmée par son fils Clovis II en 640. On peut en déduire une grande ancienneté de la paroisse. L'affiliation de Crouy au comté de Beaumont, puis son incorporation à la baronnie de Persan, ne changea rien à la qualité de l'abbaye de Saint-Denis en tant que décimateur et patron de la cure. Sous l'Ancien Régime, la paroisse relève du doyenné de Beaumont-sur-Oise, de l'archidiaconé de Clermont et du diocèse de Beauvais. Après le concordat de 1801, l'ancienne cure de Morangles est rattachée à la succursale de Crouy-en-Thelle (seuls les chefs-lieux de canton peuvent être des paroisses à part entière entre le concordat et la Troisième République).. Aujourd'hui, Crouy-en-Thelle est affilié à la paroisse Saint-Louis-en-Thelle avec siège à Chambly, qui rassemble les communes de l'ancien canton de Neuilly-en-Thelle jadis comprises dans le doyenné de Beaumont. Cette paroisse réunit quatorze églises, et les célébrations du dimanche sont réservées à deux parmi elles, ce qui ne laisse que la messe anticipée du samedi à 18 h 30 pour les douze restantes. La fréquence des messes ne dépasse donc pas les trois ou quatre par an..

Dédiée à saint Jean-Baptiste., l'église de Crouy-en-Thelle est un édifice complexe issu de plusieurs campagnes de construction, et en grande partie rebâti à la fin du et au second quart du . Eugène Müller dit que l'église .. Le remaniement gothique flamboyant, qui se justifie sans doute par les dégâts subis sous la guerre de Cent Ans et le manque d'entretien durant cette période sombre, est en effet assez radical, et néglige l'esthétique des grandes arcades, mais ne va en même temps pas assez loin pour suggérer un édifice entièrement flamboyant. Il en résulte un manque d'homogénéité. S'y ajoutent les conséquences d'une restauration peu soucieuse de l'authenticité du monument au dernier tiers du , quand la nef et le bas-côté sud sont équipés de fausses voûtes d'ogives d'inspiration flamboyante (du même type qu'à Nointel et Sacy-le-Grand), et les voûtes du de la croisée du transept et le chœur munies de nouvelles clés de voûte néo-gothiques. Cependant, l'église Saint Jean-Baptiste conserve des éléments intéressants. L'attention se portera notamment sur les deux voûtes d'ogives romanes du chœur, que Dominique Vermand date des années 1130 / 1140, et qui comptent parmi les plus anciennes du département, ainsi que sur les chapiteaux et culs-de-lampe également romans de l'arc-doubleau intermédiaire du chœur.. À peine plus récente est la voûte de la croisée du transept. De belle facture sont aussi les trois voûtes de style gothique rayonnant de l'ancien croisillon nord et de la chapelle latérale nord du chœur, et les remplages flamboyants de la plupart des fenêtres.

Du fait de l'ampleur des remaniements, et de la reprise des grandes arcades en sous-œuvre, que ce soit en remplacement de murs pleins ou d'arcades plus anciennes, il n'est plus possible de retracer dans le détail les évolutions de l'église. On ne peut exclure qu'elle soit encore à vaisseau unique au moment du voûtement du chœur. L'arcade en plein cintre au sud de la dernière travée du chœur pourrait être considérée comme romane, et démentirait ainsi ce plan à vaisseau unique, mais son absence de style invite à la prudence. Si l'église Saint-Jean-Baptiste ne dispose pas d'emblée d'un transept, celui-ci se matérialise au plus tard au moment du voûtement de la travée précédant le chœur, à la seconde moitié du . À Bray-sur-Aunette, la croisée du transept est ainsi prise sur la surface de la nef non voûtée. Entre croisillon nord et collatéral nord du chœur, un arc-doubleau renforcé sépare les voûtes du dernier quart du , et traduit l'existence ancienne d'un transept. Au moins à l'intérieur de l'église, il n'est peut-être déjà plus perceptible comme tel après la construction de ces voûtes. Du fait de l'absence d'éléments antérieurs à la guerre de Cent Ans dans le collatéral sud du chœur et les bas-côtés de la nef, il reste en suspens si ces parties existent déjà avant le remaniement flamboyant. La transformation d'une église de plan cruciforme à chevet plat en église de plan rectangulaire est en tout cas courante dans l'Oise et le Vexin français, et se constate aussi à Belle-Église et Bornel, aujourd'hui dans la même paroisse. La question de la position initiale du clocher demeure aussi sans réponse. En tout cas, l'ancienne croisée du transept ne montre pas les caractéristiques de la base d'un clocher central, et son plan barlong prononcé s'y oppose. L'hypothèse d'un clocher-porche primitif est également peu vraisemblable, car cette disposition est très rare dans la région à la période romane, et on ne peut guère citer qu'Estrées-Saint-Denis et Morienval.

Restent maintenant à préciser les travaux entrepris à la période flamboyante. Sous une première campagne, à la fin du ou au début du , les grandes arcades au nord de la croisée du transept et du chœur sont reprises en sous-œuvre, et des grandes arcades de la même facture sont construites au sud (de même que peut-être le bas-côté sud de la nef et le collatéral sud du chœur à parts entières). Quelque temps après, le croisillon sud et la chapelle latérale sud du chœur sont voûtés d'ogives. La retombée des nervures sur des culs-de-lampe et la dissociation entre supports des voûtes et piliers des grandes arcades met en exergue cette rupture. Sous une seconde campagne, les deux grandes arcades au nord de la nef et le bas-côté nord de la nef sont entièrement reconstruites (ou construites de toutes pièces). Ici, supports des voûtes et piliers sont bien homogène, et une clé de voûte pendante d'inspiration Renaissance indique une date moins haute, au second quart du , soit à la fin de la période gothique. Sous l'une ou l'autre campagne, la baie d'axe du chevet et la baie du croisillon nord sont repercées et dotés de réseaux flamboyants. Seules les deux baies latérales du collatéral nord subsistent ainsi du ou de la fin du . Le voûtement du bas-côté sud de la nef et de la nef elle-même est probablement ajourné, car même si l'on peut admettre que les voûtes néo-gothiques en matériaux légers remplacent des voûtes en pierre ayant posé des problèmes de stabilité, il en resteraient au moins quelques supports, ce qui n'est pas le cas. Pourtant, Eugène Müller dit la nef du , alors qu'elle se défine avant tout comme l'espace compris entre les parties construites tout autour (croisée du transept, bas-côtés et base du clocher). Ni Müller, ni Graves ne se prononcent malheureusement sur le caractère des plafonds de la nef et du bas-côté sud.

Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.

Orientée un peu irrégulièrement, avec une nette déviation de l'axe vers le nord-est du côté du chevet, l'église répond à un plan rectangulaire à trois vaisseaux de cinq travées chacun. S'y ajoutent le clocher-porche devant le vaisseau central, et une sacristie dans l'angle entre base du clocher et bas-côté sud de la nef. Une cage d'escalier partiellement hors-œuvre s'insère entre ces deux parties. L'ensemble de l'église est à un seul niveau d'élévation, et voûté d'ogives. Dans les trois vaisseaux, les deux premières travées sont homogènes, et postérieures aux trois suivantes. Puis, les trois dernières travées sont également relativement homogènes, avec toutefois des arcs-doubleaux renforcés entre la troisième et la quatrième travée dans le vaisseau nord et le vaisseau central, et une voûte différente dans la troisième travée du vaisseau central. L'on peut considérer que les deux premières travées constituent la nef avec ses bas-côtés, que la troisième travée représente l'ancien transept, et que la quatrième et la cinquième travée forment le sanctuaire ou chœur liturgique avec ses deux collatéraux ou chapelles latérales. À l'extérieur, les anciens croisillons du transept sont parfaitement assimilés aux chapelles latérales du chœur. L'on accède à l'église par un portail latéral dans la première travée du bas-côté sud, ou par le portail occidental dans la base du clocher. Le clocher est coiffé d'une pyramide en charpente, qui est couverte d'ardoise. Le reste des toitures est réalisé en tuiles plates. Le toit en appentis prend appui contre le clocher du côté sud. Chacune des travées des deux bas-côtés est munie d'un toit en bâtière perpendiculaire à l'axe de l'édifice, et donc à la toiture de la nef, qui est à deux rampants et non visible depuis le niveau de la rue. Les trois dernières travées du vaisseau central et du vaisseau sud se partagent une large toiture commune à deux rampants, avec des pignons à l'ouest et à l'est. Les trois dernières travées du vaisseau nord sont pourvues d'un toit en bâtière parallèle à cette dernière.

Intérieur Narthex thumb|upright|Narthex, vue vers l'est.