Louis-Napoléon Bonaparte est élu président de la République française pour quatre ans lors de l'élection présidentielle des et . Son mandat commence le et se finit le , un an jour pour jour après le coup d'État du , qui le verra devenir empereur des Français sous le nom de .
Historique
Le , Louis-Napoléon quitte Londres pour Paris. Pour la seconde fois en moins de six mois, il vient d’être élu député et, cette fois-ci, l’exilé a bien l’intention de siéger. Début octobre, l’Assemblée, chargée de doter le pays d’un nouveau régime, opte pour un exécutif fort, à l’américaine. Pour la première fois de son histoire, la France aura donc un président élu au suffrage universel masculin. À la fin du mois, Louis-Napoléon annonce sa candidature à ce scrutin fixé au . Dans le camp républicain et socialiste, les prétendants se bousculent : Cavaignac, Lamartine, Ledru-Rollin et Raspail. Par pur calcul, la droite monarchiste et cléricale se range derrière Louis-Napoléon. Adolphe Thiers, le chef de file du « parti de l’Ordre », pressent que, dans une France essentiellement rurale et nostalgique de l’épopée napoléonienne, le prince n’aura aucun mal à rafler la mise. Il rassure ses amis : le futur président est « un crétin que l’on mènera ».
Malgré le manque d’argent, la campagne que déploie Louis-Napoléon est d’une incroyable efficacité. Son QG de campagne, installé dans un hôtel de la place Vendôme, occupe deux étages. Les sympathisants qui s’y présentent sont répartis en équipes : colleurs d’affiches, distributeurs de tracts, rabatteurs de réunions publiques. Un service est même chargé de répondre aux milliers de lettres qui arrivent.
Compte tenu du calendrier, Louis-Napoléon concentre ses actions à Paris, laissant à ses comités de soutien le soin de diffuser son manifeste programme dans le pays. Il enchaîne les rencontres avec les personnalités, de Hugo à Proudhon, et arpente le terrain, toujours accompagné d’un garde du corps armé d’un pistolet et d’une canne-épée. Il multiplie les visites de casernes et gagne, sans mal, la bataille de la popularité. Il faut bientôt se rendre à l'évidence : les jeux sont faits ou presque. Même les journaux, hier si hostiles, se rallient les uns après les autres. Le , l’ex-proscrit est élu triomphalement. Dix jours plus tard, il jure devant l’Assemblée « de rester fidèle à la République démocratique une et indivisible ». Son engagement durera un peu moins de trois ans.
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Deuxième République
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