Le secteur de l'énergie au Chili est marqué par la pauvreté du pays en ressources fossiles : il ne produisait en 2022 que 19 % de ses besoins de gaz naturel et 0,1 % de ceux de charbon et importait 97,6 % de ses besoins en pétrole.

La consommation d'énergie primaire du Chili par habitant en 2023 se situe 20 % au-dessus de la moyenne mondiale et 44 % au-dessus de celle du Brésil, mais 31 % au-dessous de celle de la France. Elle est dominée par les énergies fossiles : 69,6 % en 2023, dont 45,9 % de pétrole, 13,8 % de gaz naturel et 9,9 % de charbon ; les énergies renouvelables apportent les 30,4 % restants ; en 2022, leur contribution était de 27 %, répartie en 15,6 % de biomasse, 4,7 % d'hydraulique et 6,8 % d'éolien et solaire.

L'électricité représentait 23,9 % de la consommation finale d'énergie du Chili en 2021 ; la production d'électricité était assurée en 2023 à 34,2 % par les combustibles fossiles (44,9 % en 2022, dont charbon 22,4 %, gaz naturel 19,6 % et pétrole 2,8 %) et à 65,8 % par les énergies renouvelables, dont 27,2 % d'hydroélectricité (très variable d'une année à l'autre), 20,6 % de solaire, 11,1 % d'éolien, 6,3 % de biomasse et déchets et 0,5 % de géothermie. Le gouvernement a fixé l'objectif de parvenir à 70 % de renouvelables en 2050 et les installations solaires et éoliennes se développent rapidement. La part du solaire photovoltaïque dans la production totale d'électricité fin 2022 est estimée à 17 % et place le pays au mondial. Plusieurs centrales solaires thermodynamiques sont en construction dans le nord du pays. Le Chili se situe fin 2022 au en Amérique pour sa puissance installée éolienne.

Les émissions de liées à l'énergie par habitant au Chili étaient en 2022 supérieures de 1,9 % à la moyenne mondiale, et en 2023 légèrement inférieures à celles de la France, mais supérieures de 97 % à celles du Brésil. Elles provenaient pour 62 % du pétrole, 21 % du charbon et 15 % du gaz naturel.

Production d'énergie fossile

La production d'hydrocarbures au Chili est minime. La Terre de Feu a été explorée vers 1950 et a révélé quelques gisements. Concernant le charbon, les ressources sont un peu plus importantes. La production annuelle est de l'ordre de 8 millions de tonnes, dont deux tiers proviennent de la nouvelle mine (ouverte en 2013) de Mina Inverno sur l'Île Riesco, la mine de charbon la plus méridionale du Monde.

En 2022, le Chili a produit de gaz naturel (19 % des besoins du pays en gaz), de pétrole brut (2,4 % de la demande de produits pétroliers) et de charbon (0,1 % de la demande de charbon).

Importation, transformation, consommation d'énergie fossile

Pétrole La consommation de pétrole du Chili s'établit à en 2022, en progression de 175 % par rapport à 1990. Elle est presque entièrement importée ( de pétrole brut et de produits pétroliers).

Le pays possède trois raffineries, toutes propriétés de l'Empresa Nacional del Petróleo. Celle de Concón possède une capacité de , celle de Concepción , enfin une toute petite raffinerie () se trouve à Punta Arenas dans l'extrême sud. Les deux premières sont équipées de technologies de conversion profonde. La quasi-totalité du brut utilisé est importé, essentiellement de pays de la région : Équateur, Argentine, Brésil, Colombie.

Ces raffineries suffisent quasiment à la couvrir la consommation nationale d'essence, de fioul lourd, de GPL et de kérosène, en revanche elles fournissent moins de la moitié du gazole nécessaire, le pays importe donc massivement ce carburant des États-Unis, de Corée du Sud et du Japon. La distribution de carburant est dominée par Empresas Copec.

Gaz naturel

Le réseau de gaz naturel du pays n'est pas unifié, ce qui divise le Chili en trois marchés gaziers indépendants. La partie nord est alimentée en gaz par le terminal d'importation de gaz naturel liquéfié de Mejillones, ouvert en 2010. La partie centrale du pays, qui comprend la capitale Santiago, possède un autre terminal d'importation, à Quintero, ouvert en 2009. Enfin, un troisième réseau existe à la pointe sud du pays, alimenté, lui, par la modeste production nationale.

Les trois réseaux sont chacun relié à l'Argentine, et le gaz était jadis largement importé de ce pays. Mais la fourniture de gaz argentin s'est effondrée à partir de 2006, l'Argentine ayant du mal à couvrir sa demande intérieure. Cet événement a lourdement pénalisé le Chili, qui n'avait à l'époque aucun autre approvisionnement en gaz.

En 2002, il fut proposé par le gouvernement de Suárez de construire un gazoduc entre la Bolivie et le Chili, et un terminal d'exportation GNL à Mejillones au Chili, permettant à la Bolivie (pays enclavé) d'exporter son gaz sur les marchés mondiaux. Ce projet rencontre une énorme opposition en Bolivie et est finalement abandonné.

Consommation d'énergie primaire Selon l'Energy Institute, la consommation d'énergie primaire du Chili atteint en 2023, en hausse de 0,1 % par rapport à 2022 et de 21,5 % depuis 2013. Sa part dans la consommation mondiale est de 0,3 %, au en Amérique du sud derrière le Brésil (2,2 %), l'Argentine (0,6 %), le Venezuela (0,4 %) et la Colombie (0,4 %)13. Cette consommation se répartit en 69,6 % de combustibles fossiles (pétrole : 45,9 %, gaz naturel : 13,8 %, charbon : 9,9 %) et 30,4 % d'énergies renouvelables, dont 12,2 % d'hydroélectricité14. La consommation par habitant est de , supérieure de 20 % à la moyenne mondiale, de 44 % à celle du Brésil et de 15 % à celle de l'Argentine, mais inférieure de 31 % à celle de la France et de 67 % à celle des États-Unis15. Les conventions de l'Energy Institute diffèrent sensiblement de celles de l'AIE.

Selon l'Agence internationale de l'énergie, la consommation d'énergie primaire du Chili était en 2022 de /habitant, 77 % au-dessus de la moyenne mondiale : en 2021, et 171 % au-dessus de celle de l'Amérique latine : , mais 39 % au-dessous de celle de la France : Energy Statistics Data Browser - Total energy supply (TES) per capita : Chile, Agence internationale de l'énergie, 21 décembre 2023..

+ Consommation intérieure brute d'énergie primaire au Chili par source (PJ) Source 1990 % 2000 % 2010 % 2020 % 2022 % 2022 var.2022/1990 Charbon 104,5 17,8 128,6 12,2 186,9 14,5 281,6 17,8 176,9 11,3 % +69 % Pétrole 270,9 46,2 438,6 41,6 628,4 48,6 636,2 40,3 744,8 47,6 % +175 % Gaz naturel 47,8 8,2 218,0 20,7 187,1 14,5 202,0 12,8 221,1 14,1 % +362 % Total fossiles 423,2 72,2 785,2 74,5 77,6 70,9 73,0 % +170 % Hydraulique 32,1 5,5 66,7 6,3 78,2 6,1 78,7 5,0 73,6 4,7 % +129 % Biomasse 131,2 22,4 197,7 18,8 206,4 16,0 320,2 20,3 243,8 15,6 % +86 % Éolien, solaire, géoth. 1,3 0,1 59,6 3,8 106,1 6,8 % ns Total EnR 163,3 27,8 264,4 25,1 285,9 22,1 458,5 29,1 423,5 27,0 % +159 % Solde exp.électricité 4,3 0,4 3,4 0,3 0 0 ns Total 586,6 100 100 100 100 100 % +167 %Source des données : Agence internationale de l'énergie.

Secteur électrique L'électricité représentait 23,9 % de la consommation finale d'énergie du Chili en 2021.

L'objectif du gouvernement est de s'affranchir des énergies fossiles en portant à 70 % la part des renouvelables dans la production d'électricité d'ici 2050.

Production d'électricité Selon les estimations de l'Energy Institute, le Chili a produit d'électricité en 2023, en hausse de 0,2 % en 2023 et de 20,8 % depuis 2013, soit 0,3 % de la production mondiale, au en Amérique du sud derrière le Brésil (), l'Argentine () et la Colombie (), devant le Venezuela ()55. La production à partir des énergies renouvelables atteint , soit 65,8 % de la production totale, dont d'hydroélectricité (27,2 %), d'éolien (11,1 %), de solaire (20,6 %) et d'autres renouvelables (biomasse et déchets) (6,8 %)63.

+ Production d'électricité au Chili par source (TWh) Source 1990 % 2000 % 2010 % 2020 % 2022 % 2022 var.2022/1990 Charbon 6,53 35,5 8,47 21,1 16,87 27,9 26,07 31,0 19,74 22,4 % +202 % Pétrole 1,77 9,6 1,70 4,3 8,47 14,0 1,73 2,1 2,48 2,8 % +40 % Gaz naturel 0,19 1,0 10,45 26,1 10,69 17,7 15,29 18,2 17,28 19,6 % x91,9 Total fossiles 8,48 46,2 20,62 51,5 36,03 59,6 43,09 51,3 39,50 44,9 % +366 % Hydraulique 8,93 48,6 18,52 46,2 21,72 35,9 21,87 26,0 20,43 23,2 % +129 % Biomasse 0,96 5,2 0,94 2,3 2,25 3,7 5,24 6,2 4,31 4,9 % +348 % Géothermie 0,22 0,3 0,47 0,5 % ns Éolien 0,33 0,5 5,60 6,7 8,87 10,1 % ns Solaire PV 7,97 9,5 14,16 16,1 % ns Solaire thermq 0,31 0,3 % ns Autres sources 0,11 0,2 0 0 0 % ns Total EnR 9,89 53,8 19,46 48,5 24,41 40,4 40,90 48,7 48,54 55,1 % +391 % Total 18,37 100 40,08 100 60,43 100 83,99 100 88,04 100 % +379 %Source des données : Agence internationale de l'énergie Energy Statistics Data Browser : Chile Electricity 2022, Agence internationale de l'énergie, 21 décembre 2023.

Le Chili, qui se préparait à accueillir fin 2019 la conférence de l'ONU sur les changements climatiques (COP25), a annoncé en ne plus vouloir construire aucune centrale au charbon, puis en vouloir fermer dans les cinq ans huit de ses 28 centrales à charbon ; ces huit centrales représentent 20 % de la capacité énergétique du pays, et leur fermeture abaissera les émissions de du secteur électrique de (millions de t/an) ; les centrales au charbon totalisent et produisent 40 % de l'électricité du pays ; le plan énergétique chilien vise 100 % d'électricité d'origine renouvelable d'ici 2040. Le président Sebastian Pinera a cependant précisé que le pays conserverait ces centrales en « réserve stratégique »Le Chili annonce la fermeture de huit centrales à charbon d'ici cinq ans, Connaissance des énergies d'après AFP, 04 juin 2019..

Centrales hydroélectriques Selon l'Association internationale de l'hydroélectricité (IHA), la production hydroélectrique du Chili s'élevait en 2023 à , soit 3,3 % du total sud-américain, au , loin derrière le Brésil (), le Vénézuela () ou l'Argentine (), et 0,6 % du total mondial. La puissance installée de ces centrales s'élevait à , soit 4,1 % de la puissance installée hydroélectrique en Amérique du Sud () et 0,5 % du total mondial. Les mises en service de 2023 se sont élevées à de petits et micro-projets. Le projet de centrale de pompage-turbinage « Espejo de Tarapaca » (), associé avec la centrale photovoltaïque « Cielos de Tarapacá » (), est toujours en développement 2024 World Hydropower Outlook (pages 37-40, 48-51, 92-93), Association internationale de l'hydroélectricité (IHA), 12 juin 2024..

En 2022, ont été mis en service, en particulier du fait de l'inauguration des centrales de Las Lajas et d'Alfalfal II. La Ocean Renewable Power Company installe le premier système hydrocinétique de rivière du pays dans la municipalité de Chile Chico 2023 World Hydropower Outlook (pages 29, 44-47 et 69-70), Association internationale de l'hydroélectricité (IHA), juin 2023..

En 2017, les centrales hydroélectriques du Chili totalisent une puissance de ; elles ont produit 2018 Hydropower Status Report (Rapport 2016 sur l'état de l'hydroélectricité) (voir page 99), Association internationale de l'hydroélectricité (IHA), 25 mai 2018..

Le développeur chilien Energía Valhalla a annoncé en 2015 un projet de construire un aménagement hybride solaire/hydraulique dans le désert d'Atacama, dans la zone côtière de Caleta San Marcos, à au sud d'Iquique, combinant la centrale solaire Cielos de Tarapacá () et la centrale de pompage-turbinage Espejo de Tarapacá () qui utilisera les excédents de production solaire pour pomper de l'eau de mer depuis l'Océan pacifique jusqu'à un réservoir situé à d'altitude ; la construction devait commencer fin 2016 Espejo de Tarapaca Project, Chile, Power Technology. 2016 Hydropower Status Report (Rapport 2016 sur l'état de l'hydroélectricité) (voir pages 40,41 et 79), Association internationale de l'hydroélectricité (IHA), juillet 2016..

La politique énergétique du pays impose aux fournisseurs d'électricité exploitant plus de de capacité de produire au moins 20 % de leur électricité à partir d'énergies renouvelables d'ici 2025.

Le Río Biobío a été équipé de plusieurs centrales :