Le site de , cité ancienne de l'actuelle Évreux au cours de l'antiquité gallo-romaine, est fondé à la fin du . Le complexe antique est localisé au sud du centre-ville de la commune ébroïcienne.

Les structures urbaines de la cité gallo-romaine ébroïcienne se développent à proximité des berges de l'Iton, un affluent de la rive gauche de l'Eure.

Le situé à Évreux est notamment mis en évidence par une inscription retrouvée au cours d'investigations archéologiques et attribuée au début du Cet objet épigraphique, dont le texte est écrit en langue latine et gravé sur un linteau de pierre, évoque l'ancienne cité ébroïcienne comme étant la capitale des Aulerques Éburovices au cours de la période antique. Celle-ci succède ainsi à l'autre complexe urbain régional (l'actuelle ville du Vieil-Évreux) et dont l'assise est à l'Âge du fer.

Implantée dans les marges de la cité gallo-romaine, au lieu-dit du « Clos au Duc », une nécropole se déploie au sein d'un vaste périmètre et dont les limites précises n'ont pas été encore clairement définies. Ce cimetière gallo-romain, mis en place au début du , connaît une utilisation constante jusqu'au .

Localisation Toponymie

Pour les linguistes, le toponyme , est un terme récursif qui fait traditionnellement référence, comme pour Milan, aux éléments géographiques de , ou , ou encore, . Toutefois, certains spécialistes, comme le philologiste Georges Dottin (), ont mis en évidence que le suffixe de déclinaison latine « - » de serait étroitement associé au mot breton , se traduisant par les termes lande (lann) puis , , ou encore . Le toponyme peut aussi être étroitement relié à la présence d'un site protohistorique à caractère cultuel et dont l'existence est antérieure à la fondation du complexe urbain. Dans ce cadre, le sens du suffixe « - » renvoie alors à un lieu de ou d' (ou bois sacré)..

Globalement, , mot de langue latine et d'origine celte, se manifeste au sein d'un espace géographique clairement délimité. Il s'agit de l'ensemble des territoires celtiques (à l'exception de l'Ibérie), et de (ou culture) celte, soit une zone qui englobe la Gaule Chevelue, la Belgique, l'Armorique, la Bretagne insulaire, la Cisalpine et la Transalpine. Par ailleurs, l'adjonction du terme à certains complexes urbains celtes, correspond à une période allant de la fin l'époque hallstattienne / début de celle La Tène (), jusqu'à la fin du . Outre le cadre strictement topographique, trois autres facteurs apparaissent déterminer le choix de dénomination de certaines villes protohistoriques ou antique sous le toponyme : il s'agit des contextes géologique, pédologique et hydrographique. Ainsi, de nombreuses cités dont le nom est ou un dérivé de ce terme, sont fréquemment signalées dans les bassins hydrographiques du Rhône, de la Loire, et de la Seine.

Grâce à la carte de Peutinger, il est actuellement possible de distinguer une importante quantité d' gauloises dont l'appellation se rapporte à : c'est notamment le cas de cités telles que (l'actuelle Saintes) appartenant à la des , (pour la ville d'Évreux), (l'actuelle Châteaumeillant département du Cher) appartenant au territoire des .

Dans le cas de l'ancienne cité antique d'Évreux, le toponyme apparaît pour la première fois dans les textes du géographe grec Ptolémée (). Le nom de la ville est ensuite mentionné dans l'Itinéraire d'Antonin, en , puis au cours du par Konrad Peutinger dans sa (passage ).

Le mot est identifié comme étant une déclinaison latine de , nom donné par les romains aux (ou tribus) constituant une seule et même (ou territoire, peuple) gaulois des Aulerques. Selon le celtologue Venceslas Kruta, cet ethnonyme, se traduisant en latin par , pourrait se traduire par l'expression .

Histoire

Découvertes et fouilles Les fortifications gallo-romaines La nécropole Implantée dans les marges de la cité gallo-romaine, au lieu-dit du « Clos au Duc », une nécropole se déploie au sein d'un vaste périmètre et dont les limites précises n'ont pas été encore clairement établies. Ce cimetière gallo-romain, mis en place au début du , connaît une utilisation constante jusqu'au . Le complexe funéraire est placé à flanc de coteau et se développe en parallèle de la qui raccorde la métropole de à celle d' (actuelle ville de Chartres). Le cimetière est par ailleurs encadré par la rue Saint-Louis, la gare SNCF qui dessert Évreux et le quartier dit . Ainsi, l'ensemble de la nécropole éburovice se matérialise sous forme triangulaire. Les premières prospections archéologiques de la nécropole du sont effectuées à partir du .

Les investigations menées depuis ont mis en évidence de nombreuses sépultures à incinération attribuées au et, d'autre part, des tombes datées du qui, elles, sont majoritairement dites à . Ces découvertes témoignent d'un changement significatif du rite funéraire.

Les ateliers de foulons L'antique cité ébroïcienne possède une importante réputation de ville productrice de tissus. Cette activité économique, développée dès la période gallo-romaine, sous le règne de l'empereur Antonin (), est pérennisée jusqu'au cours du Moyen Âge. Ce secteur industriel de est notamment spécialisé dans la confection de draperies en laine. Un artéfact, sous la forme d'une inscription épigraphique et retrouvée lors d'opérations de sauvetage a clairement démontré l'implantation d'ateliers d'artisans-foulons au sein même du complexe urbain gallo-romain : celle-ci évoque l'existence de foulonniers éburovices au cours du .

L'activité de fabrication de tissus en laine du site antique d'Évreux apparaît étroitement associée au voisinage de terres agro-pastorales spécialisées dans l'élevage des moutons. La matière première, la laine, est ensuite acheminée au sein d'ateliers pourvus de métier à tisser. Ces ateliers d'artisanat constituent généralement des bâtiments dépendants de structures d'habitats à vocation domestique. Le foulonnage ainsi que le filage sont ainsi réalisés au sein même des habitats urbains ou péri-urbains de .

L'inscription des foulons L'inscription a été mise en évidence au milieu du , le , lors de fouilles effectuées aux environs du Château d'Évreux, en lieu et place de l'actuel hôtel de ville ébroïcien.

Il s'agit d'une épigraphie à caractère public et collectif. À l'instar des autres inscriptions datées de la même époque (période antonienne) et au sein de cette même région (la Gaule du Nord-Ouest), elle est employée comme principal au cœur du complexe urbain de . L'inscription dite se révèle être un texte administratif et édiliaire dont l'objectif est d'informer les populations autochtones. D'autre part, elle semble constituer un témoignage des différents niveaux hiérarchiques existant à l'échelle locale. Outre l'évocation de l'activité économique de foulonnage, ce texte épigraphique mentionne également la mise en place d'un bâtiment balnéaire, une piscine, construite à l'usage exclusif des artisans-foulonniers.

Ce témoignage scriptural antique est constitué de parties fabriquées en pierre de type calcaire. Le premier fragment, le plus important en termes de taille, mesure de long pour de large. Le second possède quant à lui, une longueur de , pour une largeur de . La cassure nette entre les deux parties du linteau de pierre montre que celui-ci aurait été intentionnellement scié ou brisé. Toutefois, de récentes analyses réalisées sur l'objet révèlent qu'il pourrait avoir été fabriqué non pas d'un seul et unique tenant, mais de deux.

L'ensemble des caractères, chacun mesurant , sont inclus dans un cadre rectangulaire dont il demeure certaines traces sous la forme de traits peu marqués d'une largeur de . Le texte se présente gravé sur . Par ailleurs, certains des caractères typographiques sont espacés de motifs qui représentent des feuilles. La transcription, du texte épigraphique, inventorié a été établie au début des années 1920, puis publiée en par J. Mathière dans son ouvrage La civitas des Aulerci Eburovices, Évreux :

En voici la traduction littérale :

Les autres vestiges

Conservation muséographique

Notes et références Notes

Références

Bibliographie . . . . . . . . . . . . . . . .

Voir aussi Liens externes

. .

Articles connexes Gisacum Eburovices Aulerques Éburovices Mediolanum Évreux Musée d'Évreux

Catégorie:Site archéologique dans l'Eure Mediolanum Aulercorum Mediolanum Aulercorum Catégorie:Histoire d'Évreux Catégorie:Antiquité de l'Eure Catégorie:Archéologie à Évreux