Le palais de l'Industrie et des Beaux-arts, plus connu sous le nom de palais de l'Industrie ou encore Palais des Champs-Élysées, est un ancien bâtiment construit pour l'Exposition universelle de 1855 situé sur l'avenue des Champs-Élysées à Paris.
Conçu par l’architecte et l'ingénieur , il sert de 1857 à 1897, aux salons artistiques et accueille en 1881 la première Exposition internationale d'Électricité. Utilisé comme hôpital militaire temporaire lors du siège de Paris, il est démoli à partir de 1896 pour laisser place au Petit Palais et au Grand Palais.
L'emblème de l'Exposition
Inauguré le par Louis-Napoléon Bonaparte, récemment devenu l'empereur Napoléon III, il fut l'emblème de la première Exposition universelle française. Cette Exposition, qui attira plus de cinq millions de visiteurs, fut la réponse du chef de l'État français au succès de l'Exposition universelle de 1851 de Londres, célébrée notamment pour l'audace et la nouveauté de son Crystal PalaceConstruite entièrement de fer et de verre par l'ingénieur Joseph Paxton, cette grande « serre », constituée d'éléments préfabriqués démontables et transportables, s'éleva sur plus de 30 mètres de haut..
À l'inverse de la majorité des bâtiments construits à l'occasion de ces Expositions, et notamment du Crystal Palace, le palais de l'Industrie avait pour but d'offrir un cadre d'exposition pérenne, en plein cœur de Paris.
Description vignette|left|redresse=1.2|Le palais de l'Industrie, avec sa façade sur les Champs-Élysées.
Construit le long des Champs-Élysées, dans le grand carré des Jeux, dans l'axe du palais de l'Élysée et de l'avenue de MarignyParallèle à la Seine, il serait aujourd'hui à cheval sur l'avenue Winston-Churchill, avec une entrée principale faisant face à la Grille du Coq du palais de l'Élysée., le Palais de l'Industrie occupait un emplacement que la ville de Paris avait rétrocédé à l'État, en vue de sa construction, en 1852.
Il présentait une architecture rationaliste de fer et de verre tout à fait caractéristique de cette période derrière une façade en pierre de style éclectique, destinée à lui donner un caractère monumental autant qu'à en cacher la structureDe très nombreux édifices de la période correspondent à ce schéma de construction : les gares (du Nord ou d'Orsay), l'Opéra Garnier, etc..
vignette|redresse=1.9|Plan des sites de l'Exposition universelle de Paris 1855. Le palais de l'Industrie occupe le centre d'une zone délimitée par le rond-point des Champs-Élysées, la place de la Concorde et la Seine.|gauche
vignette|La France distribuant des couronnes au Commerce et à l'Industrie, par Élias Robert. Vestiges conservés dans le parc de Saint-Cloud.
Ce gigantesque palais offrait une façade longue de Par comparaison, celle de l'hôtel des Invalides fait 224 mètres. ornée d'un gigantesque portique en arc de triomphe ouvrant sur une grande nef centrale. La façade divisée en deux niveaux d'arcades en plein cintre était ponctuée de quatre imposants pavillons d'angle. Avec de largeur ( de profondeur en incluant la Galerie des machines), l'édifice s'étalait sur plus de deux hectares. Il était haut de et comportait 408 fenêtres.
La corniche supérieure du portique monumental était décorée d'un groupe sculpté par Élias Robert représentant La France distribuant des couronnes au Commerce et à l'Industrie, entouré des symboles impériaux, cartouche à l'aigle tenue par des enfants, œuvre de Georges DieboltQuelques vestiges de cette sculpture sont aujourd'hui conservés dans le bas du parc de Saint-Cloud, avec un « Groupes d’enfants » de Georges Diebolt.. Des éléments de la corniche ont été déposés dans le domaine national de Saint-Cloud..
Le Palais de l'Industrie donnait accès par une rotonde, dite du « Panorama »Il s'agissait de l'ancien Panorama édifié sur les plans de Jacques Hittorff en 1839 et intégré aux bâtiments de la première Exposition universelle comme salle d'exposition où étaient présentées les productions des manufactures de Sèvres et des Gobelins ainsi que les joyaux de la couronne de France., à la galerie annexe dite « la Galerie des Machines », immense galerie de de long pour de haut, courant le long des quais de Seine.
L'écrivain Amédée Achard décrit ainsi le bâtimentParis-Guide par les principaux écrivains et artistes de la France, éd. Librairie Internationale, 1867 :
Historique vignette|gauche|alt=Vue photographique de l'intérieur du Palais, avec la présentation de sculptures lors du Salon de 1844.|Présentation de sculptures lors du Salon de 1864. Est visible en haut du cliché un des grands vitraux de Laurent-Charles Maréchal décorant le Palais dès sa construction. vignette|Lavialle de Lameillère, exécution de l'ode triomphale à la gloire de la République d'Augusta Holmès le 19 septembre 1889, 1890. vignette|redresse|Carte de presse pour entrer au palais de l'Industrie d'où part la Promenade du Bœuf Gras de 1896. Le palais a été construit avec des pierres de taille provenant de la carrière aux Loups à Nanterre, des carrières du Moulin à Arcueil, du Moulin à Vent et de la Voie des Bornes à Ivry ainsi que des carrières de VitryRépertoire des carrières de pierre de taille exploitées en 1889, Librairie Polytechnique Baudry et Cie, 1890, p.252-257. Lire en ligne..
Officiellement nommé « palais de l'Industrie et des Beaux-arts », l'Exposition des Beaux-arts se tenait en réalité dans un palais voisin (V. 16-18, avenue Montaigne). Les deux édifices prirent alors les noms respectifs de « palais de l'Industrie » et « palais des Beaux-arts », ce dernier étant bientôt le « palais des Champs-Élysées », accueillant notamment le Salon des refusés. Ce palais était destiné à héberger l'Exposition d'innovations techniques et artisanales, réparties sur environ standsPour un total de sur l'ensemble de l'Exposition.. Il servit également, au-delà de l'inauguration, à de nombreuses cérémonies de remise de prix, dont la distribution des médailles le , en présence d'environ invités et d'un orchestre dirigé par Hector Berlioz. médailles furent remises par le Jury, auxquelles s'ajoutèrent 40 distinctions personnelles offertes par l'Empereur. Ces récompenses pouvaient permettre à certains de bénéficier de rentes viagères pour « services rendus à la civilisation ».
Le bâtiment accueille les Expositions universelles de 1855, de 1878 et de 1889, et sert de cadre aux salons artistiques entre 1857 et 1897, ainsi qu'à des expositions agricoles et horticoles, concours hippiques, fêtes et cérémonies publiques. De mai à , il abrite la Collection CampanaLaurent Haumesser (dir.), Un Musée éphémère. Le musée Napoléon III au palais de l'Industrie, coéditions Musée du Louvre/Mare et Martin, 2021.. En 1881, il devient le lieu de la première Exposition internationale d'Électricité, restée célèbre pour le grand nombre d'inventions présentées pour la première fois au public et marquant le début d’une nouvelle ère d'innovation dans la production et le transport d'électricité. vignette|Le palais en cours de destruction. Dessin publié en février 1900 dans L'Illustration.
En , s'ouvre l'Exposition du Livre et de l'industrie du papier, l'une des dernières organisées en ce lieu. Placée sous la direction du ministère des Beaux-Arts, d'Étienne Charavay, et John Grand-Carteret, elle propose aux visiteurs un vaste panorama retraçant l'évolution du livre depuis ses origines, ainsi que différentes reconstitutions illustrant l'ensemble des métiers de la chaîne du livreLa Gazette de France, Paris, 24 juillet 1894, ..
Les 16, 17 et , il sert de point de départ et d'arrivée du cortège carnavalesque de la Promenade du Bœuf Gras, célébrée à nouveau après vingt-six ans d'interruptionLe cortège parcourra successivement les voies suivantes :, Bulletin municipal officiel de la ville de Paris, 9 février 1896, , colonne.. Le , on y apporte les corps calcinés des victimes de l'incendie du bazar de la Charité pour permettre aux familles de les identifier.
vignette|Plan publié dans L'Illustration du 16 novembre 1895 montrant l'emplacement du palais de l'Industrie par rapport aux deux palais (Grand Palais et Petit Palais) et à l'avenue qui le remplaceront en vue de l'Exposition universelle de 1900.
Pour préparer l'Exposition universelle de 1900, l'édifice est démoli dès 1896 pour laisser place au Petit Palais et au Grand Palais. Sa disparition permet de tracer, entre les deux nouveaux bâtiments, l'actuelle avenue Winston-Churchill (alors appelée avenue Alexandre-III) reliant l'hôtel des Invalides au palais de l'Élysée via le pont Alexandre-III, et de créer ainsi une grande perspective longtemps désignée comme l'« axe républicain »
Le métal et des pierres de taille sont réutilisés pour la structure de l'église Notre-Dame-du-Travail de Paris..
Notes et références
Bibliographie . Marc Gaillard, Paris, les Expositions Universelles de 1855 à 1937, Paris, Les Presses Franciliennes, 2003 Sur les traces des Expositions universelles à Saint-Cloud, catalogue de l'exposition du musée des Avelines ( au ), Saint-Cloud, 2009. Sylvain Ageorges, Sur les traces des Expositions universelles de Paris-1855-1937, Éditions Parigramme. .
Liens externes
Le palais de l'Industrie en trois dimensions reconstitué, YouTube
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