Michael Thomas Flynn, né le à Middletown (Rhode Island) Michael Flynn: Everything You Need to Know, Alana Abramson, ABC News, 18 juillet 2016., est un lieutenant-général en retraite de la armée américaine. Après un début de carrière en relation avec des actions militaires américaines sur des territoires extérieurs (Grenade, Haïti), Michael Flynn devient actif dans le renseignement en rapport avec les interventions en Afghanistan et en Irak. Il sert ensuite en tant que directeur de la Defense Intelligence Agency, commandant du et président du . Avant cela, il a été directeur adjoint du renseignement national. Il est le co-auteur d'un rapport de sur le contre-espionnage et de plusieurs articles dans des revues consacrées à l'armée ou au renseignement. Un temps pressenti pour être candidat républicain à la vice-présidence des États-Unis aux côtés de Donald TrumpTrump’s Veepstakes: Who is Michael T. Flynn?, Will Cadigan, CNN, 27 mai 2016 A curveball in Trump's Veep search: He’s seriously considering a retired general, Robert Costa, Washington Post, 9 juillet 2016 Donald Trump Vetting Gen. Michael Flynn for Potential VP Pick, John Santucci & Alana Abramson, ABC News, 9 juillet 2016., il est nommé conseiller à la sécurité nationale dès le début de la présidence de Donald Trump mais doit démissionner le car il aurait négocié avec le pouvoir russe avant même que Trump n'entre en fonction. Flynn annonce plaider coupable puis se rétracte. Son nom réapparaît dans la presse alors que le mandat de Trump arrive à son terme : comme le pressentaient les observateurs, il est gracié par le président sortant. Jeunesse et études Né à Middletown dans le Rhode Island, il est le fils d'Helen Frances Andrew, qui travaille dans l’immobilier, et de Charles Francis Flynn, un banquierSaluting A Family Legacy, Quadangles Online, The University of Rhodes Island, 10 avril 2009Brothers in arms James J. Gillis, The Newport Daily News, 24 septembre 2011. Il obtient en 1981 un baccalauréat en sciences orienté vers la gestion scientifique à l'université de Rhode Island et est diplômé avec distinction militaire du Reserve Officers Training Corps. Il obtient également un MBA en télécommunications à la Golden Gate University, une maîtrise en arts et sciences militaires au Command and General Staff College ainsi qu'une maîtrise de lettres délivrée par le département des études de sécurité nationale et de stratégie du Naval War College. Carrière 1981 à 2001 Après s'être enrôlé dans l’armée en 1981, Michael Flynn effectue de nombreux services à Fort Bragg, en Caroline du Nord, au sein de la division aéroportée, corps aéroporté, , où il est déployé pour l'invasion de la Grenade et l'opération Uphold Democracy en Haïti. Il sert aussi au sein de la division d'infanterie à Schofield Barracks (à Hawaï) et au Readiness Training Center à Fort Polk en Louisiane ainsi qu'a l'Army Intelligence Center de Fort Huachuca en Arizona. 2001 à 2012 Flynn devient l'assistant du chef d'état-major du corps aéroporté à Fort Bragg à partir de et directeur du renseignement de la Joint Task Force 180 en Afghanistan jusqu'en . Il commande la brigade de renseignement militaire de à . Il est directeur du renseignement pour le de à et sert en Afghanistan (opération Enduring Freedom) et en Irak (opération Iraqi Freedom). Il est directeur du renseignement au United States Central Command de à . Il devient ensuite directeur du renseignement auprès du Stanley McChrystal au Joint Staff de à . avant de devenir directeur du renseignement pour la Force internationale d'assistance et de sécurité en Afghanistan en jusqu’en . Il est promu lieutenant-général et assigné au bureau du directeur du renseignement national. Ses tâches incluent un engagement public, privé et international. Son influence initiale au sein de la communauté du renseignement US concernait les unités opérationnelles au travers de tous les services, en particulier le renseignement, la surveillance et la reconnaissance, ainsi que la technologie de l'information et l'organisation. Directeur de la DIA Le , le président Barack Obama le nomme directeur de la Defense Intelligence AgencyMilitary Intelligence Gadfly Will Lead All Military Intelligence, Spencer Ackerman, Wired, 17 avril 2012, dont il prend le commandement en . En , Flynn annonce son intention de publier son rapport « VISION 2020 : Accelerating Change Through Integration », un large regard sur la façon dont doit évoluer la DIA pour faire face aux défis rencontrés par la sécurité nationale au . Le rapport prévoyait de mettre l'accent sur « l'intégration, la collaboration et l'innovation inter-agences de toutes les ressources disponibles, en ne se concentrant pas seulement sur la technologie mais aussi sur le facteur humain ». Le franc-parler de Flynn et son peu de précaution dans ses affirmations publiques lui attirent progressivement une certaine hostilité dans son entourage professionnel, qui remonte jusqu'à la hiérarchie. Le , Michael Flynn annonce sa démission qui deviendra effective durant l'été 2014, soit avec un an d'avance sur le planning projeté. Il aurait été forcé à la démission après s'être disputé avec ses supérieurs en raison du style de management chaotique et de la vision de l'agence qu'on lui reprocheHead of Pentagon intelligence agency forced out, officials say, Greg Miller, Adam Goldman, Washington Post, 30 avril 2014.. Selon ce que Flynn affirme dans une de ses dernières interviews en tant que directeur de la DIA, il se sentait comme une voix solitaire en pensant qu'en 2014 les États-Unis étaient moins en sécurité face à la menace du terrorisme islamiste qu'ils ne l'étaient avant les attentats du . Il pense qu'il a été forcé à démissionner pour avoir mis en cause le discours public de l'administration Obama qui prétend qu'Al Qaida est au bord de la défaiteHow Mike Flynn Became America’s Angriest General, James Kitfield, Politico, 16 octobre 2016. Il prendra sa retraite le . Activités après sa retraite Flynn Intel Group Michael Flynn est le fondateur avec son fils de la Flynn Intel Group, une agence de lobbying politique. Il compte parmi ses clients majeurs, en sus de Donald Trump (alors candidat aux primaires républicaines), le controversé président turc Recep Tayyip Erdoğan, pour le compte duquel il milite par exemple en faveur de l'extradition du dissident turc Fethullah Gülen.. Selon Politico, dans le cadre de ses activités de lobbying pour le compte de la Turquie, Flynn aurait été en contact avec deux personnes ayant des liens commerciaux en RussieFlynn’s Turkish lobbying linked to Russia Isaac Arnsdorf, Politico, 25 avril 2017. Il a également reçu dans ses bureaux de la Trump Tower le chef du parti d'extrême-droite autrichien Heinz-Christian Strache. 2015 : Apparition au dîner de gala de RT En , Flynn participe à Moscou à un dîner de gala en l'honneur de RT, la chaîne de télévision d'information russe favorable au Kremlin sur laquelle il est apparu de temps à autre en tant qu'analyste après s'être retiré du service actif. Il y est assis à la même table que Vladimir Poutine. Avant le gala, il donne un discours sur les affaires mondialesThe Kremlin's Candidate, Michael Crowley, Politico, mai-juin 2016. Il ressort de documents révélés en que Flynn aurait perçu plus de pour prendre la parole publiquement lors de cette manifestation. Selon le représentant démocrate Elijah Cummings, en acceptant de l'argent pour cette prestation, Flynn aurait violé une clause constitutionnelle qui interdit aux personnes occupant des emplois publics d'accepter de l'argent de gouvernements étrangers. Selon certains analystes, cette clause pourrait également s'appliquer aux officiers en retraite car ils sont susceptibles d'être rappelés au service actifMike Flynn Worked for Several Russian Companies, Was Paid More Than $50,000, Documents Show, Shane Harris, Paul Sonne & Carol E. Lee, Wall Street Journal, 16 mars 2017. Des parlementaires notent également qu'il aurait omis de déclarer la perception de ces rétributions lors d'une demande de renouvellement de son habilitation de sécurité en 2016, ce qui constitue un crime passible de cinq années de réclusionLawmakers: Flynn did not disclose Russia payments in security clearance application, Austin Wright, Politico, 25 avril 2017. 2016 : Élections présidentielles américaines Ayant déjà été consulté sur les questions de sécurité nationale par les candidats Carly Fiorina, Scott Walker, Ben Carson, Ted Cruz et Donald TrumpTrump adviser Michael T. Flynn on his dinner with Putin and why Russia Today is just like CNN, Dana Priest, Washington Post, 15 août 2016., Flynn est pressenti en pour devenir un conseiller de campagne de TrumpMichael Flynn, the retired general on Donald’s Trump’s VP shortlist, explained, Zack Beauchamp, Vox, 9 juillet 2016.. En , on envisage qu'il pourrait devenir le candidat vice-président du ticket Trump ; il confirme plus tard avoir soumis des documents ad hoc à la campagne et confirme qu'il aurait accepté sa nomination comme candidat vice-président du Parti républicain s'il avait été choisiDonald Trump Vetting Gen. Michael Flynn for Potential VP Pick, John Santucci & Alana Abramson, ABC News, 9 juillet 2016.A curveball in Trump’s Veep search: He’s seriously considering a retired general, Robert Costa, Washington Post, 9 juillet 2016.. Flynn était un conseiller de SCL Group, une société basée en Virginie à Cambridge Analytica, l'entreprise d'exploration de données et d'analyse qui a travaillé pour la campagne de Trump. En sa qualité d'intervenant notable au cours de la première soirée de la Convention républicaine de 2016, il prononce un discours que le Los Angeles Times décrit comme « incendiaire », dans lequel il déclare : « Nous sommes fatigués des discours creux d'Obama et de sa rhétorique maladroite. C'est cela qui a eu pour effet que le monde ne respecte plus la parole américaine, et ne craint plus notre puissance. » ; il accuse également Obama de dissimuler les actions d'Oussama ben Laden et de l'État islamiqueReverse redacted: Michael Flynn speech highlights, David Blasdale, Regated, 19 juillet 2016.. Il continue en critiquant le politiquement correct et se joint à la foule lorsqu'elle scande « USA ! USA ! ». Au cours de ces célébrations, il déclare à l'audience « Soyez fort ! Il s'agit de notre paysRepublican National Convention 2016 schedule of speakers, Kristen East, Politico, 17 juillet 2016. ». Au cours de son discours, il se joint aussi à la foule lorsqu'elle crie « enfermez-la ! », en référence à la candidate Hillary Clinton, et déclare qu'elle devrait quitter la course à l'électionHe was one of the most respected intel officers of his generation. Now he’s leading ‘Lock her up’ chants., Dana Priest & Greg Miller, Washington Post, 15 août 2016.. Il répète lors d’interviews ultérieurs qu’elle devrait être « jetée en prison ». Pendant qu'il fait campagne pour Trump, Flynn désigne également Clinton sous la formule le « camp ennemi », et n'hésite pas à relayer plusieurs rumeurs sur la candidate via son compte Twitter, notamment l'« affaire » conspirationniste du Pizzagate, qui déboucha sur une attaque à main armée dans une pizzeria, ne faisant pas de victime, et contribua à isoler Flynn et surtout son fils, renvoyé de son poste dans l'équipe Trump. À une époque, Flynn était opposé au waterboarding et d'autres techniques d'interrogatoires extrêmes qui sont désormais interdites ; toutefois, selon un article paru en dans le Washington Post, il aurait déclaré à un certain moment, au vu de l'apparente faveur accordée par Trump à la remise en vigueur de ces techniques, qu'« il serait réticent à retirer des options de la table ». En , un journaliste d'Al Jazeera lui demande s'il appuierait le plan de Trump de tuer les familles des personnes suspectées de terrorisme. En réponse, Flynn déclare qu'il « devrait voir les circonstances de cette situation ». 2017 : Conseiller à la sécurité nationale