Le secteur de l'énergie en Égypte est marqué notamment par le gaz naturel et le pétrole, mais aussi par la production hydroélectrique du haut barrage d'Assouan, le développement des énergies éolienne et solaire, et plus récemment par la construction de la centrale nucléaire d'El-Dabaa.
Le gaz naturel domine la production d'énergie primaire (56,9 % en 2023) ainsi que la consommation intérieure d'énergie primaire (55,1 % en 2023), devant le pétrole (36,4 % et 40,5 % respectivement).
Les réserves prouvées de gaz naturel de l'Égypte se classent en 2022 au mondial et au en Afrique. Sa production de gaz naturel en 2024 représente 1,2 % du total mondial et 19,8 % du total africain.
L'électricité représente 20,6 % de la consommation finale d'énergie en 2023. Sa production se répartit en 2024 en 88,8 % de combustibles fossiles (gaz naturel : 81,3 % et pétrole : 7,5 %) et 11,2 % d'énergies renouvelables (6,1 % d'hydroélectricité, 2,6 % d'éolien et 2,6 % de solaire).
Les émissions de par combustion d'énergies fossiles par habitant sont inférieures de 54 % à la moyenne mondiale.
Production d'énergie primaire La production d'énergie primaire en Égypte atteignait en 2023, en progression de 53 % par rapport à 1990. Elle était composée de 36,4 % de pétrole, 56,9 % de gaz naturel, 4,0 % de biomasse, 1,5 % d'hydroélectricité et 1,2 % d'éolien et de solaire. Depuis 1990, la production de pétrole a reculé de 32 %, celle de gaz naturel a progressé de 627 %, celle de biomasse de 42 % et la production hydroélectrique de 56 % Energy Statistics Data Browser - Domestic energy production by source, Egypt, 1990-2023, Agence internationale de l'énergie, 10 juin 2025..
Extraction de combustibles fossiles L'Égypte est un producteur significatif d'hydrocarbures, représentant 0,7 % de la production mondiale de pétrole22 et 1,2 % de celle de gaz naturel en 202338. Le pays ne produit pas de charbon, et n'en importe qu'une petite quantité ( en 2023), destinée à l'industrie, surtout à la sidérurgie Energy Statistics Data Browser - Coal final consumption by sector, Egypt, 1990-2023, Agence internationale de l'énergie, 10 juin 2025..
Pétrole
BGR (Agence fédérale allemande pour les sciences de la Terre et les matières premières) estime les réserves prouvées de pétrole de l'Égypte à (millions de tonnes) fin 2022, au en Afrique derrière la Libye (), le Nigéria (), l'Algérie () et le Soudan du Sud (). Ces réserves représentent de production au rythme de 2022 (. Les ressources potentielles supplémentaires sont estimées à 75.
La production de pétrole brut de l'Égypte en 2024 est estimée par l'Energy Institute à , en baisse de 12 % par rapport à 2014, soit 0,7 % du total mondial et 9 % du total de l'Afrique.
La production de pétrole en Égypte s'élevait à en 2023, soit 36,4 % de la production d'énergie primaire du pays.
Le pétrole égyptien est principalement extrait dans le golfe de Suez et le long de ses rives. Ce bassin pétrolier, exploré dès la fin pour sa partie onshore, a révélé son principal gisement en 1965. Les roches sources sont des calcaires du Campanien. L'exploration et la production dans cette région sont dominés par Gulf of Suez Petroleum (GUPCO), une compagnie conjointe de l'Egyptian General Petroleum Company et de BP (Amoco avant leur fusion). C'est une région mature, dont la production a fortement diminué, néanmoins de petites découvertes y sont encore effectuées et le potentiel semble intéressant pour la récupération assistée du pétrole.
L'autre région productrice de pétrole se situe dans le désert Libyque.
En , la compagnie italienne ENI annonce la découverte de réserves de pétrole dans le bassin de Faghur situé dans le désert occidental égyptien. L'exploitation de ce gisement produit de pétrole d'huile légère. ENI associé à Egyptian General Petroleum Corporation (EGPC) produisent au total dans le désert occidental égyptien.
En juin 2025, la General Petroleum Company a annoncé une nouvelle découverte pétrolière dans le bassin d'Abu Sannan. Celle-ci intervient seulement trois mois après une précédente découverte, en mars dernier, dans la même région.
Gaz naturel thumb|right|Production et consommation de gaz naturel Les réserves prouvées de gaz naturel de l'Égypte étaient estimées par le BGR à (milliards de m) fin 2022, soit 0,85 % du total mondial, au mondial, et au en Afrique, derrière le Nigeria (), le Mozambique () et l'Algérie ()90. Elles représentent de production au rythme de 2022 ()86. Les réserves potentielles supplémentaires étaient estimées à , au mondial, dont de réserves conventionnelles et de gaz de schiste89.
La production de gaz naturel en Égypte s'élevait à en 2023, soit 56,9 % de la production d'énergie primaire du pays ; elle a fortement progressé : en 1990, en 2010, en 2021, +627 % de 1990 à 2023, malgré un recul de 16 % entre 2021 et 2023. La consommation s'élevait à .
L'Energy Institute estime la production de gaz naturel égyptienne en 2024 à 37, soit , en baisse de 17 % en 2024 et de 30 % par rapport au pic de atteint en 2021, mais en hausse de 1 % par rapport à 2014, représentant 1,2 % du total mondial et 19,8 % du total africain.
Outre le gaz associé des bassins pétrolier, l'Égypte possède une importante province gazière dans le Delta du Nil et son extension offshore. La région possède plusieurs séquences de roches-sources, le gaz serait en partie biogénique.
Le groupe italien Eni a annoncé le la découverte du gisement offshore de gaz naturel Zohr, qualifié « champ de gaz super-géant », en Méditerranée, dans les eaux territoriales de l’Égypte. Selon Eni, . Le gisement a été découvert à une profondeur de , à environ de Port Saïd. Il pourrait représenter un potentiel de de mètres cubes, soit l’équivalent de de barils équivalents pétrole. Les opérations de développement du gisement devraient durer quatre ansUn gisement géant de gaz découvert en Méditerranée, Les Échos, 31 août 2015..
En 2023, la production locale de gaz naturel a chuté de 15 %. Le gisement de Zohr s'avère décevant ; initialement estimées à (milliards de mètres cubes), les réserves prouvées, sept ans après sa mise en service, ne dépassent toujours pas les . Cela cause une grave crise énergétique, car les centrales à gaz naturel fournissent 80 % de la production électrique du paysJustine Babin, L'Égypte au bord de la crise énergétique, Les Échos, 4 juin 2024..
Commerce, transformation et exportation de combustibles fossiles Commerce et transit du pétrole thumb|right|Un pétrolier dans le canal de Suez Longtemps exportateur (fournissant plusieurs pays d'Europe), l'Égypte est devenu un importateur net de pétrole vers 2010, les courbes de production et de consommation se croisant. L'Arabie Saoudite est son principal fournisseur, mais en , à la suite de désaccords géopolitiques entre Riyadh et le Caire concernant la Syrie et le Yémen, l'Arabie Saoudite a suspendu ses livraisons.
En 2023, les importations de brut atteignaient et les exportations Energy Statistics Data Browser - Crude oil imports vs. exports, Egypt, 2004-2023, Agence internationale de l'énergie, 10 juin 2025.. Les importations de produits pétroliers s'élevaient à et les exportations à Energy Statistics Data Browser - Oil products imports vs. exports, Egypt, 2004-2023, Agence internationale de l'énergie, 10 juin 2025..
L'Égypte a une importance en tant que point de transit de pétrole. De nombreux pétroliers (ainsi que des méthaniers) transitent par le canal de Suez, typiquement sur la route du golfe Persique vers l'Europe ou l'Amérique du Nord. En outre, l'oléoduc sumed transporte du pétrole de Ain Soukhna sur la mer Rouge à Alexandrie. Les plus grands pétroliers, qui ont un tirant d'eau trop important pour le Canal quand ils sont à pleine charge, se débarrassent d'une partie de leur cargaison à Ain Soukhna et se remplissent à nouveau à Alexandrie. En 2013, 3,2 millions de barils/jours ont ainsi transité vers la Méditerranée par le canal, et 1.4 via le Sumed. Un flux plus petit, notamment de produits raffinés, emprunte le canal dans l'autre sens.
Raffinage L'Égypte possède selon BP une capacité de raffinage de /jours. Les neuf raffineries sont réparties comme suit.
Situation approximative Capacité kb/j Compagnie Alexandrie 78 Amiriyah Petroleum Refining Company Alexandrie 117 Alexandria Petroleum Company Alexandrie 100 Middle East Oil Refinery Suez 146 El-Nasr Petroleum Company Suez 66 Suez Petroleum Processing Company Ras Abu Rudeis 9 El-Nasr Petroleum Company Assiout 47 Asyut Petroleum Refining Company Tanta 35 Cairo Petroleum Refining Company Mostorod, Le Caire 145 Cairo Petroleum Refining Company La raffinerie de Mostorod est en cours d'agrandissement.
Exportations et importations de gaz L'Égypte a commencé à exporter du gaz vers la Jordanie en 2003, avec la construction du premier segment du gazoduc arabe d'Arish à Aqaba. D'une capacité annuelle de 10 milliards de mètres cubes, il a ensuite été prolongé par étapes jusqu'en Syrie. Il tend néanmoins à fonctionner de manière intermittente, étant visé par de multiples attaques.
L'autre gazoduc international part également d'Arish et se termine à Ashkelon en Israël. Inauguré en 2008, il a permis pendant quelques années d'exporter du gaz vers ce pays. Cependant, à la suite de la découverte d'importantes réserves de gaz en Israël (Tamar 2, Léviathan notamment), et au déclin de la production égyptienne, le flux du pipeline a été récemment renversé, Israël exportant désormais vers l'Égypte.
S'agissant du gaz naturel liquéfié (GNL), deux terminaux d'exportations ont été construits : SEGAS LNG, à Damiette, a expédié sa première cargaison en 2005. Egyptian LNG, à Idku, a ouvert son premier train en 2005 et le deuxième en 2009.
Néanmoins, ces terminaux ont eu une durée de vie brève : face au manque de gaz dans le pays, la priorité a été donnée au marché interne, et SEGAS LNG a été fermé en 2013. Le terminal d'Idku a de son côté été converti en terminal d'importation, et l'Égypte approvisionne maintenant d'importantes quantité de gaz sur le marché du GNL.
En 2022, l'Égypte représente 2 % des expéditions mondiales de GNL grâce à la mise en service des terminaux d'Idku et Damiette, et 3 % des importations européennes. Une part de ces exportations est alimentée par le gaz des champs israéliens de Tamar, Leviathan et Karish. Le pays a la neuvième capacité d'exportation au monde et, au premier trimestre 2023, les trois quarts de ses exportations étaient destinées à l'Europe, du fait d'un accord tripartite passé en 2022 avec l'Union européenne et IsraëlEnergie : comment la crise au Proche-Orient révèle les vulnérabilités de l'Europe, Les Échos, 12 octobre 2023..
Du fait de la baisse de la production, la valeur des exportations de gaz naturel, destinées principalement à la Turquie et à l'Espagne, a chuté de 70 % en 2023, et depuis début mai 2024, elles sont même complètement suspendues. Les achats de gaz israélien ont atteint un volume record en 2023 de , malgré leur suspension temporaire après les attaques du Hamas du 7 octobre. En 2024, l'Égypte multiplie les commandes de cargos de GNL. Un terminal de regazéification de l'entreprise norvégienne Höegh LNG sera amarré à Ain Sokhna, au large des côtes égyptiennes, pour les réceptionner à partir de juin 2024 et jusqu'en février 2026.
Les exportations atteignaient en 2023 et les importations Energy Statistics Data Browser - Natural gas imports vs. exports, Egypt, 2004-2023, Agence internationale de l'énergie, 10 juin 2025..
L'Energy Institute estime les exportations égyptiennes de GNL en 2024 à , dont vers l'Europe, en particulier la Turquie ()44.
Consommation intérieure Consommation d'énergie primaire