La est une grande unité de l'Armée rouge créée en au début de la guerre civile russe, puis recréée en (dissoute dès juin), en (dissoute en ) et en (dissoute en ).
Remise sur pied une cinquième fois en 1939, elle fut anéantie par les troupes allemandes lors de la bataille de Kiev en . Re-créée une sixième fois en , elle participa à la défense de Moscou, à la bataille de Rjev, à la de Smolensk, à l'opération Bagration, à la prise de Vilnius et à l'offensive de Prusse-Orientale. Transférée dans l'extrême-Orient russe, elle est finalement engagée contre les Japonais dans l'offensive soviétique de Mandchourie.
Après 1945, la soviétique reste en Extrême-Orient, sur la frontière avec la Chine. En 1968, elle est renommée combinée du Drapeau rouge (en russe ; abrégé en 5 OА). Devenue une unité de l'armée de terre russe en 1992, elle est maintenue, mais en sous-effectif. Le réarmement russe à partir de 2007 la remet à un niveau opérationnel, au sein du district militaire est, avec son état-major à Oussouriïsk. En 2024, elle devient la de la Garde.
Guerre civile russe
Première formation
L'Armée rouge des ouvriers et paysans ( : РККА) est fondée le (le selon le calendrier grégorien). Cinq armées sont mises sur pied, avec de très faibles effectifs : la , commandée par Roudolf Sivers est organisée autour de Koursk, Kharkov et Konotop. Dès le , elle est renommée « spéciale ».
Deuxième formation À la mi-, les troupes rouges dans le Donbass (les gardes rouges de la « socialiste de Lougansk ») prennent le nom de « rouge ukrainienne », sous le commandement de Kliment Vorochilov (natif de Dniepropetrovsk, puis ouvrier à Lougansk).. Après avoir défendu brièvement Lougansk face aux Allemands et aux Ukrainiens de Petlioura, cette troupe se replie à partir du vers Tsaritsyne. Le , l'armée est renommée « groupe de Voroshilov », défendant pour un temps Tsaritsyne.
Troisième formation
Le nom de est redonnée à une unité le , au sein du front de l'Est responsable des régions de l'Oural, de la Volga et de la Sibérie. Elle reprend Kazan aux S-R (du Komoutch) et aux légions tchécoslovaques le , passe temporairement sous commandement de Toukhatchevski (qui commande alors la ), puis prend Oufa le , Tcheliabinsk le , Petropavlovsk le , Omsk le , Tomsk le et Krasnoïarsk le .
La est ensuite envoyée intervenir en Mongolie de mai à pour en chasser les cavaliers d'Ungern. L'armée est finalement dissoute le et les troupes dispersées dans le nouveau district de Sibérie orientale.
Quatrième formation La est de nouveau recréée à Tchita par décision du , à partir de l'« Armée révolutionnaire populaire de la République d'Extrême-Orient ». Responsable de l'Extrême-Orient russe, mise sous le commandement de Ieronim Ouborevitch, elle a la charge de faire la chasse aux Blancs et garder Vladivostok, qui vient d'être reprise le . Cette armée est dissoute en .
Seconde Guerre mondiale Cinquième formation La est reformée en dans le district militaire spécial de Kiev, qui couvre toute la République socialiste soviétique d'Ukraine. En , la prend part à l'invasion soviétique de la Pologne, sous le commandement d'Ivan Sovetnikov.
En , la se compose du de fusiliers ( et ), du de fusiliers (, et ), du (de Rokossovski, avec les et de tanks, ainsi que la motorisée), du mécanisé ( et de tanks, ainsi que la motorisée), de la fortifiée (un tronçon de la ligne Molotov, en construction)., de quatre à sept (selon les sources) régiments d'artillerie, de deux régiments de gardes-frontières du NKVD et d'un régiment de sapeurs-pontonniers. L'armée est casernée près de la frontière, au nord-ouest de l'Ukraine, dans la partie annexée sur la Pologne.
Le , les forces armées allemandes attaquent, prenant par surprise la dispersée au cantonnement : les unités motorisées allemandes foncent vers l'est notamment à la césure entre les et soviétiques. Sur ordre du chef d'État-Major général Gueorgui Joukov, des contre-attaques sont lancées du 26 au , impliquant les corps mécanisés des et soviétiques contre les flancs du du général von Kleist, dans la zone autour de Loutsk, Doubno et Brody (bataille de Brody). Les unités rouges s'y font détruire, avec un ratio d'un char allemand éliminé pour dix soviétiques..
En , la blindée allemande prend Berditchev, isolant la soviétique, qui doit battre en retraite vers Kiev. Pendant la bataille de Kiev en , l'armée désorganisée se retrouve avec tout le front du Sud-Ouest dans un vaste encerclement, le commandant d'armée (Mikhaïl Ivanovitch Potapov) est blessé puis fait prisonnier, tandis que les dernières unités sont anéanties...
Sixième formation vignette|Près de Briansk le ; photo d'Ivan Chaguine. La soviétique est recréé en avec comme commandant Dmitri Leliouchenko, au sein du Front de l'Ouest. Pendant la bataille de Moscou, elle se bat en octobre à Borodino (Leliouchenko, blessé, est remplacé par Leonid Govorov) et à Mojaïsk, puis en novembre autour de Kline et Solnetchnogorsk, y arrêtant l'offensive allemande au début . Engagée dans la contre-offensive à partir de la mi-décembre, l'armée reprend Zvenigorod puis Mojaïsk en janvier.
Elle participe ensuite à la seconde bataille de Rjev (l'opération Mars, en novembre-), la seconde bataille de Smolensk (d'août à ), l'opération Bagration (de juin à ) jusqu'à la prise de Vilnius () et enfin la conquête de la Prusse-Orientale, avec notamment l'échec de Gumbinnen en , puis la prise d'Insterbourg et le nettoyage du Samland (l'actuelle péninsule de Kaliningrad) en .
Par un ordre du , la est transférée en Extrême-Orient russe. Le , elle fait partie des unités qui forme le nouveau front d'Extrême-Orient, chargé d'attaquer les Japonais. Du 9 au , elle participe à l'offensive soviétique de Mandchourie.
Commandants 1918 : komandarm Kliment Vorochilov 1939 - 1941 : komandarm Ivan Sovetnikov 11- : komandarm Dmitri Leliouchenko - : major-général Leonid Govorov - : major-général Ivan Fediouninski - : colonel-général Yakov Tcherevitchenko - : colonel-général Vitaly Polenov
Guerre froide Après la victoire sur le Japon, la soviétique est maintenue à l'est, devenant la plus puissante unité du district d'Extrême-Orient.
En , la CEI remplace l'URSS (accord de Minsk le 8 ; accords d'Alma-Ata le 21 ; dissolution de l'Union le ). Les Forces armées soviétiques deviennent les « Forces armées conjointes de la CEI », avant d'être partagées à partir de 1992 entre les différents nouveaux États souverains en fonction de leur lieu de garnison. Les Forces armées de la fédération de Russie sont créées le , puis le commandement commun de la CEI est dissous en . La soviétique devient donc la russe, avec des effectifs réduits.
Armée russe Depuis la réforme de 2010, le district militaire est dispose de cinq grandes unités pour protéger la Sibérie orientale et l'Extrême-Orient russe : de l'ouest vers l'est, la (à Oulan-Oudé, au sud du Baïkal), la (à Tchita, en Transbaïkalie), la (à Belogorsk, sur les rives de l'Amour), la (à Oussouriïsk près de Vladivostok, au bord du Pacifique) et le (à Ioujno-Sakhalinsk, sur Sakhaline).
Composition La comprend en 2018 les unités suivantes : de commandement Vitebskaïa, à Oussouriïsk ; de fusiliers motorisés de la Garde (159 MT-LB, 41 T-72B, 11 BTR-80, 4 BRDM-2, 36 2S19 Msta-S, 18 BM-21 Grad, 18 MT-12 Rapira, 12 9P148 Konkours-S, un 9K337 Buk-M1, 6 9K34/35 Strela-10 et 6 ZSU-23-4 Shilka)., à Barabach dans le kraï du Primorié ; de fusiliers motorisés (120 BMP-1, 41 T-72B, 15 MT-LB, 36 BTR-80, 4 BRDM-2, 36 2S3 Akatsiya, 18 BM-21 Grad, 18 2B11 Sani, 12 MT-12 Rapira, 12 9P148 Konkurs-S, 1 9K37 Buk-M1, 6 9K34/35 Strela-10 et 6 ZSU-23-4 Shilka), à dans le kraï du Primorié ; de fusiliers motorisés de la Garde Krasnogradskaïa (120 BMP-1, 41 T-72B, 15 MT-LB, 36 BTR-80, 4 BRDM-2, 36 2S1 Gvozdika, 18 2B17-1 Grad, 18 2B11 Sani, 12 MT-12 Rapira, 12 9P148 Konkurs-S, 12 9K331 Tor-M2U, 6 9K34/35 Strela-10 et 6 ZSU-23-4 Shilka), à Bikine ; de fusiliers motorisés (120 BMP-1, 41 T-72B, 15 MT-LB, 36 BTR-80, 4 BRDM-2, 36 2S19 Msta-S, 18 BM-21 Grad, 18 2B11 Sani, 12 MT-12 Rapira, 12 9P148 Konkurs-S, 12 9K331 Tor-M2U, 6 9K34/35 Strela-10 et 6 ZSU-23-4 Shilka), à Kamen-Rybolov dans le kraï du Primorié ; de missiles de la Garde (12 Iskander-M), à Spassk-Dalni ; d'artillerie Gumbinnenskaïa (8 BM-27 Ouragan, 18 2S5 Guiatsint-S, 12 MT-12 Rapira et 12 9P149 Chtourm-S), à Oussouriïsk ; de missiles antiaériens (27 9K37-M1 Buk-M1), à Oussouriïsk ; de protection NBC (3 TOS-1 Buratino, 18 BMO-T pour RPO-A Chmel, véhicules de reconnaissance chimique, véhicules de décontamination et générateurs de fumée), à Sergeevka ; de soutien logistique, à Oussouriïsk..
La de fusiliers motorisés a été créée le à Oussouriïsk en réunissant les et .
Guerre contre l'Ukraine en 2022
Si les unités de la ne figurent pas parmi les forces russes déployées pendant la crise diplomatique russo-ukrainienne de 2021-2022, trois groupes tactiques de bataillon (BTG) de la auraient été identifiés par l'état-major ukrainien au nord-est de l'oblast de Jytomyr au tout début ..
À partir du , les unités de la sont identifiées dans le Nord du Donbass, avec la entre Makiïvka et Horlivka, en soutien des troupes séparatistes de la république populaire de Donetsk, ainsi que trois BTG de la et deux de la , face à Sievierodonetsk.
Commandants ... à : Alexandre Dvornikov. à : Andreï Serdioukov. à : Alexeï Salmine. à : Valeri Assapov. à : Roman Koutouzov, commandant par intérim. à : Oleg Tsekov. - : Alexeï Podivilov. - : Bolgarev, Piotr Nikolaevich, général de division - : Ivan Fedorovich Yeruslanov, général de division depuis : Alexandre Sergueïevitch Tokarev, lieutenant-général.
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes 5e armée (Empire de Russie) Histoire militaire de l'Union soviétique Armée de terre russe#Districts militaires et armées
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