La collégiale Saint-Honoré est une ancienne église collégiale de Paris, aujourd'hui disparue. L'édifice se trouvait dans l'actuel arrondissement. Le site est occupé par des immeubles abritant des services du ministère de la Culture, rue Saint-Honoré.

Fondation et extension 160px|thumb|gauche|Panneau Histoire de Paris« Rue Saint-Honoré ». Vers 1204, Renold Chéreins et sa femme donnent neuf arpents de terre qu'ils possèdent en dehors de l'enceinte de Philippe Auguste afin d'entretenir un prêtre destiné à desservir une petite chapelle qu'ils ont l'intention de bâtir. Le prieur de Saint-Martin-des-Champs leur cède alors un arpent de terre sur lequel cette chapelle est élevée entre 1204 et 1209. Ce terrain est situé à proximité de la porte Saint-Honoré, légèrement en retrait du chemin qui allait à Saint-Ouen, Argenteuil et Neuilly (actuelle rue Saint-Honoré)Albert Lenoir et Adolphe Berty, Histoire topographique et archéologique de l'ancien Paris : plan de restitution, feuille 3, Paris, Martin et Fontet. La chapelle et ses dépendances appartiennent à l'origine à la paroisse Saint-Germain-l'AuxerroisHonoré Frisquet, La France pontificale (Gallia christiana), histoire chronologique et biographique des archevêques et évêques de tous les diocèses de France depuis l'établissement du christianisme jusqu'à nos jours, divisée en 17 provinces ecclésiastique, Paris, E. Repos, 1864-1873, . Elle est dédiée à Honoré d'Amiens. Du fait de sa proximité avec le marché aux Pourceaux (butte Saint-Roch), elle est dénommée Saint-Honoré-aux-Porciaux . . Un collège de chanoines est établi à partir de 1204. En 1257, douze chanoines sont nommés conjointement par l'évêque de Paris et par le chapitre de Saint-Germain-l'Auxerrois, mais un pouillé de 1450 n'en dénombre plus que quatre.

Dans la deuxième partie du , l'enceinte de Charles V est bâtie. L'église est alors incorporée à Paris. Elle est agrandie et restaurée en 1579Jacques-Maximilien Benjamin Bins de Saint-Victor, Tableau historique et pittoresque de Paris, depuis les Gaulois jusqu'à nos jours, Paris, , H. Nicolle / Le Normant, 1808-1809, , .

En 1605, les biens du collège des Bons-Enfants, fondé en 1208, sont transmis au chapitre de Saint-Honoré et un séminaire y est établiJacques Antoine Dulaure, Histoire physique, civile et morale de Paris : depuis les premiers temps historiques jusqu'à nos jours, Guillaume, 1823, , , .

À la veille de la révolution, le chapitre de l'église Saint-Honoré possédaient les titres sur les fiefs de Fromenteau et des Treize-Arpents.. Le fief de Fromenteau s’étendait sur les propriétés suivantes (numérotations de 1783) : rue Saint-Honoré rue Fromenteau rue de Beauvais rue Saint-Thomas-du-Louvre rue Jean-Saint-Denis cloître Saint-Nicolas Le fief des Treize-Arpents s’étendait sur les propriétés suivantes (numérotations de 1783) : rue Croix-des-Petits-Champs rue des Bons-Enfants rue Neuve-des-Bons-Enfants rue Baillif cloître Saint-Honoré rue Saint-Honoré

En 1723, le cardinal Dubois est inhumé dans un mausolée sculptée par Costou le Jeune, situé dans une chapelle de l'église.

La collégiale dépend de la paroisse Saint-Roch après la création de cette dernière en 1633. Son territoire forme une enclave dans la paroisse Saint-EustacheJean Junié, Plan des paroisses de Paris avec la distinction des parties éparses qui en dépendent dressé par J. Junié, ingénieur géographe de Monseigneur l’Archevêque et géomètre des Eaux et forêts de France en 1786 , Service des Travaux historiques de la Ville de Paris, 1904 .

Vente et destruction de la collégiale Comme tous les édifices et bâtiments religieux, la collégiale Saint-Honoré et ses dépendances, y compris les maisons alentour propriétés du chapitre, sont mis à disposition de la nation en application du décret du , cadre politique de la nationalisation des biens du clergé. Le chapitre Saint-Honoré, composé de chanoines séculiers n'est en principe pas concerné par le décret du portant suppression des congrégations religieuses régulières (comme les Capucins, les Dominicains et les Feuillants). Mais cette disposition augure mal de l'avenir du clergé paroissial et canonial,

C'est pourquoi le Domaine national n'a pas d'hésitation à rétrocéder rapidement les propriétés du Chapitre à la Commune de Paris entre la mi-1790 et le printemps 1791 en s'appuyant sur les estimations et expertises contradictoires menées par deux architectes nommés l'un par la commission ad hoc de l'Assemblée, l'autre par la CommuneDominique Waquet, Transcription du Rapport d'expertise, Église Saint-Honoré, cloître Saint-Honoré par MM. Mouton et Villetard fils, architectes (Archives Nationales, Q/2/121, Comité d'aliénation des biens nationaux, Paris, 19 décembre 1791. Lire sur archive.org.. La municipalité peut à son tour poursuivre ces opérations immobilières quelques mois plus tard en mettant en vente la collégiale et ses annexes, temporairement affectée à la Justice de Paix pour la section de la Halle-au-BléAlmanach Royal pour 1792, p. 369..

Le , Bertrand-Eugène Roucelle, architecte, demeurant rue Madame, près le Luxembourg, achète au Domaine l’église Saint-Honoré et les terrains de la cour pour H. Monin, L. Lazard, Sommier des biens nationaux de la Ville de Paris, Paris, Léopold Cerf, 1920, tome 1, art. 1722, p. 582-583.. L’acte de vente stipule que l’église doit être démolie et que l’adjudicataire doit créer une rue sur l’emplacement de la cour du cloître selon un alignement fourni par les commissaires de la voirie. En réalité Roucelle n’est acquéreur de ce terrain que pour un quart, les trois autres quarts étant répartis à part égale entre MM. Joseph-Ignace Coedès, Étienne-Victor Fonteney et Jean de Lauchère« Communication faite par M. Taxil sur la démolition des immeubles du cloître Saint-Honoré », Procès-verbaux de la Commission du Vieux-Paris, année 1913, Paris, Imp. Municipale, 1914, p. 261-267. Lire en ligne sur Gallica.

Et non comme le dit Hénard détruite partiellement, les derniers vestiges étant, selon lui, démolis en 1854. Voir Robert Hénard, La rue Saint-Honoré, Paris, E. Paul, 1908-1909, pour être aussitôt remplacée par des immeubles de rapport.

En 1792 des immeubles de rapport à la place de l'église

Ces huit maisons de rapport sont élevées sur l'emprise de l'église et quelques mètres pris sur le passage Saint-Honoré. La nécessité de donner un accès aux boutiques, ateliers et escaliers des maisons du centre de l’îlot conduit les investisseurs à créer deux passages piétons : l'un du nord au sud, débouche rue Saint-Honoré, qui sera plus tard nommé « Passage d’Athènes ». ; l'autre d’ouest en est, qui débouche dans le précédent, dénommé d'abord passage marchand (c'est-à-dire commerçant) puis, avec une majuscule, « Passage Marchand »..

Ces nouvelles maisons accueillent dès la fin de 1792 début 1793 les nouveaux arrivants, migrants de l'intérieur pour beaucoup. Ces hommes sont repérés par leurs déclarations consignées dans les registres des cartes de sûreté émises à cette époque en application du décret du . On distingue les cartes blanches et les cartes rouges dont les titulaires sont arrivés depuis moins d'un an à Paris(Vincent Denis, « Français, vos papiers », L’Histoire, , février 2010, p. 11).. Cette différence permet aisément de repérer l'origine des nouveaux habitants de ce nouvel espace d'hébergement bon marché au centre de Paris.

Le sort des maisons canoniales Les maisons et terrains sont adjugés le 25 messidor an IV (). Une clause insérée dans l'acte de vente prévoit que . La rue Montesquieu est percée au début du Cadastre de Paris par îlot (1810-1836), plan « Banque de France », îlot , cote F/31/80/15Plan parcellaire municipal de Paris (fin ), plan « Palais Royal », , cote PP/11860/D.

L’îlot Saint-Honoré au XXe siècle Le cloître et l’ensemble des maisons de l’îlot de la rue Saint-Honoré sont démolis en pour permettre la construction d’une ligne de métro et en surface celle d’une annexe des Grands Magasins du LouvreBulletin de la société d’histoire de Paris, Chronique de l’année 1913, Paris, Champion, 1913, p. 225..

L'immeuble est réquisitionné par le Ministère des Finances en 1941..

Le Ministère des Finances, dont à l'époque l'administration centrale est implantée au Louvre dans les bâtiments donnant sur la rue de Rivoli, l'occupe jusqu'en 1994 année de son affectation au Ministère de la Culture. Après quelques hésitations sur son devenir vu le mauvais état de l'ensemble, le Ministère de la Culture le réhabilite en 2004-2005 et fait habiller ses façades par une décoration métallique au dessin en résille.

Ces immeubles sont toujours occupés par le ministère de la CultureAnalyse diachronique de l'espace urbain parisien : approche géomatique (ALPAGE).

Personnalités liées à l'église Saint-Honoré François de La Rochefoucauld (1613-1680), écrivain et mémorialiste français né rue des Petits-Champs à Paris le , a été baptisé en l'église Saint-Honoré le .

Notes et références

Voir aussi Bibliographie et iconographie Edmond Beaurepaire, « Le cloître Saint-Honoré », Le carnet historique et littéraire, 1901, vol. 1, p. 246-253 (Lire sur Gallica). Jacques Boulenger, Dans la vieille rue Saint-Honoré, Paris, Firmin-Didot et Cie, 1931, Coll. "Ma maison, ma rue, mon quartier" (BHVP). Chapelle, Henri, Le Vieux Paris par Henri Chapelle, recueil de 154 dessins à la plume, 1900, Musée Carnavalet. « Chapelle de l'église Saint-Honoré », Dessin, s.d. Voir le dessin de la chapelle. « Restes de l'ancienne collégiale Saint-Honoré », Dessin, 1914 Voir les ruines, dessin 1. « Restes de l'ancienne collégiale Saint-Honoré », Dessin, 1914 Voir les ruines, dessin 2. R. Hénard, La rue Saint-Honoré, des origines à la Révolution à nos jours, Paris, Émile-Paul Éditeur, 1908, 550 p. (Consulter en ligne). .

Articles connexes Liste des églises disparues de Paris Histoire de Paris

Liens externes

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