Le secteur de l'énergie au Qatar revêt une importance d'ordre mondial en raison des immenses réserves de gaz naturel dont dispose ce petit émirat : 11,3 % des réserves mondiales en 2022, au rang mondial derrière la Russie (22,7 %) et l'Iran (16,1 %) ; sa part dans la production mondiale est de 4,4 %, au rang mondial. Dans une moindre mesure, c'est aussi un producteur de pétrole : rang mondial pour ses réserves et rang mondial avec 1,7 % de la production mondiale.
La quasi-totalité de l'électricité produite dans l'émirat est fournie par des centrales au gaz ; la part du solaire est de 3,3 % en 2023.
Les émissions de par habitant au Qatar sont les plus élevées au monde : en 2023, soit 8,3 fois la moyenne mondiale, 2,7 fois celles des États-Unis, 2,25 fois celles de l'Arabie saoudite et 9,3 fois celles de la France. Ces émissions proviennent pour les deux tiers des industries de l'énergie.
Secteur amont
thumb|right|Production de pétrole (en fait majoritairement des condensats). thumb|right|Une énorme production de gaz, essentiellement exportée. Réserves Les réserves prouvées de pétrole du Qatar étaient estimées par l'Agence fédérale allemande pour les sciences de la terre et les matières premières (BGR) à (milliards de tonnes) fin 2022, soit 1,35 % du total mondial, au mondial, loin derrière le Venezuela (18,7 %), l'Arabie saoudite (15,3 %), le Canada (10,2 %) et l'Irak (7,8 %)80. Elles représentaient 46 années de production au rythme de 2022 : 81. Elles ont diminué de 5,8 % depuis 2010 Kurzstudie Reserven, Ressourcen und Verfügbarkeit von Energierohstoffen 2011 (pages 43 et 53), Agence fédérale pour les sciences de la terre et les matières premières (BGR), 8 décembre 2011..
Les réserves prouvées de gaz naturel du Qatar étaient estimées par l'Agence fédérale allemande pour les sciences de la terre et les matières premières (BGR) à (milliards de m³) fin 2022. Ces réserves classaient le Qatar au mondial avec 11,3 % du total mondial, derrière la Russie (22,7 %) et l'Iran (16,1 %)90. Elles ont augmenté de 18 % depuis 2010. Elles représentent 134 années de production au rythme de 2022 : 91.
Production La production d'énergie primaire du Qatar s'élevait en 2023 à , en progression de 696 % par rapport à 1990, dont 31,3 % de pétrole, 68,7 % de gaz naturel, 0,07 % d'énergie solaire et 0,001 % de biomasse Energy Statistics Data Browser - Domestic energy production by source, Qatar, 1990-2023, Agence internationale de l'énergie, 10 juin 2025..
L'Energy Institute estime la production de pétrole du Qatar en 2024 à (millions de tonnes), soit (millions de barils par jour), au rang mondial avec 1,7 % du total mondial, en hausse de 1,3 % en 2024, mais en recul de 6 % depuis 201421-22.
La production de pétrole brut au sens strict — celle soumise aux quotas de l'OPEP — est beaucoup plus faible : en 2016 selon l'OPEP. La production des "autres liquides", c'est-à-dire les condensats, GPL et carburants synthétiques est donc prépondérante dans ce pays, situation inhabituelle.
L'Energy Institute estime la production de gaz naturel du Qatar à (milliards de m³) en 2024, soit (exajoules), au rang mondial avec 4,4 % du total mondial, derrière les États-Unis (25,0 %), la Russie (15,3 %), l'Iran (6,4 %), la Chine (6,0 %) et le Canada (4,7 %) ; cette production est en baisse de 1,1 % en 2024, mais en hausse de 6 % depuis 201437-38.
Dukhân Dukhân est le plus grand gisement de pétrole du pays, et le seul puits à terre. C'est un gisement ancien, découvert en 1940 et produisant depuis 1949. L'injection d'eau y est pratiquée depuis 1989, et depuis 2006 on y injecte également du gaz naturel venant du North Dome.
North Dome
Le gisement North dome, appelé South Pars par les Iraniens, est de loin le plus grand gisement de gaz naturel au monde, situé en mer et partagé entre les deux pays. Il a été découvert en 1971. Ses réserves seraient de l'ordre de de gaz naturel (dont un quart pour la partie iranienne), soit 20 % des réserves mondiales connues. À cela s'ajouteraient de barils de condensats. Il représente la quasi-totalité des réserves de gaz du Qatar.
Depuis la construction de la première plate-forme en 1989, la production de gaz a augmenté graduellement. Cependant, en 2005, un moratoire sur les nouveaux projets de production de gaz a été déclaré, en vue d'étudier mieux le gisement et simplement de prolonger sa durée de vie. Il a depuis été reconduit. Les différents projets initiés avant le moratoire ont cependant été menés à bien. Le côté iranien du gisement pourrait donc à moyen terme produire davantage que le côté qatari, ce qui posera à plus ou moins long terme la question du partage des réserves, le gaz ayant tendance à s'écouler vers le côté le plus exploité (donc dépressurisé) du gisement.
Le projet North Field East, lancé à l'été 2019 et dont les premiers travaux ont été confiés en 2021 à Technip et à son partenaire nippon Chiyoda, doit démarrer en 2026. Il permettra de produire au total de GNL par an, grâce à la construction de 4 unités de liquéfaction de chacune. En juin 2022, TotalEnergies est sélectionné par le Qatar pour prendre 25 % d'une coentreprise créée avec la compagnie nationale QatarEnergy (QE), qui détiendra elle-même 25 % du projet North Field East. TotalEnergies détiendra donc 6,25 % du projet. Le Qatar a également lancé la recherche de partenaires sur North Field South, et compte ainsi faire passer sa production totale de par an aujourd'hui à en 2027Gaz naturel liquéfié : TotalEnergies choisi comme partenaire du Qatar dans un projet géant, Les Échos, 12 juin 2022..
Autres gisements Al-Shaheen est un gisement de pétrole situé au-dessus du North Dome. Il est exploité par Maersk Oil, mais la part de 30 % que la compagnie danoise détenait a été réattribuée à Total pour 2017 - QP gardant une part de 70 %. Le gisement produit environ. D'autres gisements en mer se situent dans les eaux territoriales de l'émirat, à l'est de la péninsule.
Secteur aval Raffinage En 2021, le Qatar dispose d'une capacité de raffinage de (milliers de barils par jour), en progression de 52 % en dix ans, soit 0,4 % de la capacité mondiale31.
Le pays possèdent deux raffineries à Mesaieed et Ras Laffan.
Consommation de pétrole et de gaz L'Energy Institute estime la consommation de pétrole au Qatar à , soit , en progression de 43 % en dix ans, soit 0,3 % de la consommation mondiale de pétrole26-27. Il consomme 22 % de sa production. Sa consommation de gaz naturel s'élève à , soit , en progression de 24 % en dix ans, soit 1,1 % de la consommation mondiale de gaz naturel39-40. Il consomme 26 % de sa production.
Exportations de gaz naturel Le Qatar est le troisième exportateur de gaz naturel au monde, après la Russie et les États-Unis. Alors que les exportations russes se font principalement par des gazoducs courant vers l'Europe et la Turquie, le Qatar exporte principalement par mer sous forme de gaz naturel liquéfié (GNL).
En 2024, ses exportations par gazoducs s'élevaient à , dont vers les Émirats arabes unis et vers Oman45. Ses exportations de GNL s'élevaient à , soit 19,6 % des exportations mondiales de GNL, dont vers l'Asie (Chine : , Inde : , Corée du sud : , Pakistan : , Taîwan : , Japon : , etc) et vers l'Europe (Italie : , Belgique : , Espagne : , etc)44. Au total, ses exportations représentaient 11,1 % du total mondial contre 18,1 % pour les États-Unis, 13,4 % pour la Russie et 11,0 % pour la Norvège.
En novembre 2022, l'entreprise publique chinoise Sinopec, conclut un accord avec Qatar Energy pour la fourniture de 4 millions de tonnes de GNL chaque année sur vingt-sept ans. Il s'agit de la plus longue durée de contrat dans l'histoire de l'industrie du GNLLe Qatar et la Chine signent un accord historique sur le gaz, Les Échos, 21 novembre 2022..
Le 29 novembre 2022, le Qatar annonce la signature d'un contrat de par an () alimenter l'Allemagne en gaz naturel liquéfié (GNL) pendant 15 ans à partir de 2026GNL : l'Allemagne passe un premier contrat de long terme avec le Qatar, Les Échos, 29 novembre 2022..
Le 11 octobre 2023, TotalEnergies signe avec le Qatar deux contrats d'approvisionnement en GNL portant sur une durée de 27 ans. Le gaz proviendra des champs gaziers de North Field East et North Field South, dont TotalEnergies détient respectivement 6,25 % et 9,375 %. La compagnie nationale QatarEnergy livrera jusqu'à de GNL par an à la France à partir de 2026. Ces livraisons d'énergie fossile se poursuivront donc au-delà de 2050, date à laquelle la France s'est engagée à atteindre la neutralité carbone. La France est le quatrième importateur de GNL au monde après le Japon, la Chine et la Corée du Sud. Le Qatar entend augmenter de 60 % sa production de GNL d'ici à 2027 et la porter à grâce au projet d'expansion du champ de North Field. L'émirat a signé des contrats de 27 ans avec les compagnies chinoises Sinopec et China National Petroleum Corporation et des contrats de 15 ans avec les groupes allemands Uniper et RWELa France sécurise son approvisionnement en GNL grâce à un contrat de TotalEnergies avec le Qatar, Les Échos, 11 octobre 2023..
Depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022, le Qatar fournit entre 12 et 14 % du gaz naturel liquéfié (GNL) européen. En 2025, le pays menace de cesser d'approvisionner l'Europe en GNL déclarant qu'il ne pourrait pas continuer à faire des affaires dans l'Union européenne (UE) si des changements n'étaient pas apportés à ses règles en matière de développement durable. Cette loi sur le développement durable fait peser sur les entreprises la menace d'amendes portant sur 5 % de leur chiffre d'affaires mondialExxonMobil avertit que la législation de l'UE pourrait l'amener à quitter l'Europe, Les Échos, 3 novembre 2025.
Pendant la guerre d'Iran de 2026, le site de Ras Laffan est frappé à deux reprises : au début de mars, ce qui avait conduit à la suspension des activités sur le site, et le 19 mars 2026, l'Iran comptant ainsi riposter à une attaque israélienne sur le champ gazier iranien de South Pars. Cette nouvelle attaque a causé des dommages importants : selon Saad Al-Kaabi, directeur général de QatarEnergy, 17 % de la capacité d'exportation de GNL du pays est endommagée, et la réparation pourrait prendre entre trois et cinq ans. Ras Laffan compte 14 trains de liquéfaction, construits progressivement depuis la fin des années 1990 jusqu'en 2011 ; les attaques ont endommagé deux trains d'une capacité totale de , sur une capacité totale de . Ras Laffan produit un cinquième du GNL consommé dans le monde. Le chantier d'extension de Ras Laffan, entamé avant la guerre avec l'aide d'entreprises internationales dont ExxonMobil afin d'ajouter six trains de liquéfaction d'ici à 2027, est suspenduHortense Goulard, La guerre du gaz aura bien lieu : l'Iran s'attaque à la plus grande usine de liquéfaction du monde, Les Échos, 20 mars 2026..
Qatargas
Qatargas gère un énorme terminal de liquéfaction à Ras Laffan. Les sept trains, construits de 1996 à 2010 avec des partenaires internationaux différents (mais QP détient au moins 65 % à chaque fois), totalisent une capacité de production de de GNL. Ses principaux clients sont le Japon, l'Espagne, le Royaume-UniQatar: Natural Gas. • Energy Information Administration (EIA). • United States Department of Energy.
Rasgas
Également à Ras Laffan, l'autre entreprise Qatarie de GNL, Rasgas, possède également sept trains de liquéfaction pour une capacité totale de . La Corée du Sud est son plus gros client.
Gazoducs