La Maison Moos, puis Galerie Moos, est une galerie d'art et maison de vente aux enchères fondée en 1906 à Genève par le marchand de tableaux Max Moos. La galerie a cessé ses activités commerciales en 1976.
Il faut distinguer la Galerie Moos fondée par Max Moos, le père, et la Galerie Georges Moos fondée par son fils en 1941, également à Genève, et qui a fermé ses portes en 1986.
Plusieurs autres galeries d'art ont été créées à travers le monde par divers membres de la famille Moos : à Karlsruhe, New York, Toronto, Zurich.
Historique et biographie La Maison Moos puis Galerie Moos changera plusieurs fois d'adresse au gré de la conjoncture et des réussites économiques entre 1906 et 1976.
1906 : Rue du Rhône 29 (Genève) gauche|287x287px|Papier à entête de la Galerie Moos à Genève vers 1910. Ville de Genève. Musées d'art et d'histoire. BAA - Archives de la Galerie Moos, 1999|sans_cadre Max Moos, fondateur de la Maison Moos (Genève), est né en 1880 à Randegg dans le Bade Wurtemberg en Allemagne. Fils de Heinrich Moos et de Rosalie Bloch, il passe son enfance à Karlsruhe où son père tient un atelier de xylographie et de galvanoplastie pour l'édition de cartes postales. Il voyage en France et en Espagne, puis s'installe à Genève en 1906. Avec sa sœur Hedwig Moos, il ouvre une boutique de cadres et de cartes postales illustrées, à l'enseigne de la Maison Moos au 29 rue du Rhône, à la même adresse que le peintre suisse Ferdinand Hodler.
En 1910, il élargit son offre, comme le stipule son papier à en-tête: Maison Moos. Éditeurs. Exposition de tableaux modernes. Aquarelles. Eaux-fortes originales. Gravures. Photographies. Encadrements.
À partir de cette date, Moos consacre de plus en plus de temps au négoce de tableaux. Afin de libérer de la place pour les expositions qu'il organise dans son magasin, il déménage son atelier d'encadrement dans un autre local. Curieusement, cependant, la première grande exposition organisée par la Maison Moos en 1912Exposition Otto Vautier : Kunsthalle Basel, du 3 mars au 31 mars 1912 organisée par la Maison Moos, Genève, consacrée à Otto Vautier, se tient à la Kunsthalle Basel.
1913 : Grand-Quai 10 (Genève) C'est finalement en été 1913 que Max Moos ouvre une véritable galerie d'art dans de nouveaux locaux à la Place du Port, au Grand-Quai 10 (actuellement Quai-Général-Guisan). La même année, il obtient la citoyenneté genevoise. Il simplifie son papier à en-tête qui devient : Galerie : Moos Genève. alt=Papier à entête de la Galerie Moos à Genève.|287x287px|Papier à entête de la Galerie Moos à Genève vers 1913. Ville de Genève. Musées d'art et d'histoire. BAA - Archives de la Galerie Moos, 1999|droite|sans_cadreDès lors, les expositions (L'Espagne (ses peintres)Exposition l'Espagne (ses peintres) : œuvres de Castelucho, Fornerod, Gumery, Marin Ramos, Morerod, Ribera, Sala, Vasquez-Diaz : Galerie Moos Genève, du au 31 août 1913, Paris (ses peintres), Max Buri, Ferdinand Hodler, Otto VautierExposition Max Buri, Ferd. Hodler, Otto Vautier : Galerie Moos, Genève, du au 30 novembre 1913L'exposition Hodler-Buri-Vautier à la Galerie Moos / C., In: ABC. - Genève. - 11-12 octobre 1913, , etc.) se succèdent régulièrement, pratiquement à la cadence d'une par mois jusqu'en 1921. La galerie gagne rapidement en notoriété et devient un passage obligé. Ces expositions individuelles ou collectives (Cuno AmietExposition Cuno Amiet, James Vibert : du 2 mars au 31 mars..., [Galerie Moos, Genève] : [catalogue] / [L. Florentin], Maurice BarraudExposition Maurice Barraud : Galerie Moos, Genève, vernissage 18 avril 1916, Giovanni GiacomettiGiovanni Giacometti, Otto Vautier, Maurice Sarkissoff : expositions, Galerie Moos, Genève, du 9 avril au 8 mai 1918, Emile BresslerExposition M. Barraud, E. Bressler, G. François : [Galerie Moos, Genève], du 15 janvier au 15 février , Gustave Buchet, etc.) sont organisées de manière très professionnelle : un catalogue tiré à 90 ou 120 exemplaires (8-32 pages) est édité et même parfois préfacé par des grands noms du journalisme suisse ou local, comme Lucienne Florentin. Cette dernière, critique d'art au quotidien genevois La Suisse, était surnommée par ses confrères journalistes la « sirène des galeries » ou plus ironiquement « l'oracle des arts »Lucienne Florentin ou les ambivalences d'une critique d'art en Suisse romande / S. Pallini, In Histoire de l'art : bulletin de l'Institut national d'histoire de l'art , 44, Paris : INHA, 1999, pour son rôle présumé dans la promotion des expositions de la Galerie Moos. Ce système marchand-critique sera dénoncé à plusieurs reprisesBeaux-arts : critiques, marchands de tableaux / Louis Baudit, Genève : L. Baudit, 1919. Max Moos entretient aussi une publicité régulière dans les journaux locaux et dans certaines revues d'art (Werk, Pages d'art, etc.) et fait imprimer des affiches grand format qu'il diffuse dans toute la Suisse. Catalogue d'exposition Maurice Barraud, Galerie Moos, 10, Grand-Quai, Genève, 18 avril 1916. Numérisation Bibliothèque d'art et d'archéologie (BAA), Genève|link=http://doc.rero.ch/record/289034|gauche|sans_cadre|198x198px
En 1914, le déclenchement de la Première Guerre mondiale provoque le retour à Genève de nombreux peintres installés à Paris. Cette concentration d'artistes fournit avec régularité des œuvres à la galerie et est même est à l'origine de l’émergence d'une jeune école genevoise de peinture : Le groupe du FalotPaul-André Jaccard, «Le Falot» Künstlergruppen in der Schweiz 1910–1936, cat. d’exp., Aargauer Kunsthaus, Aarau 1981, 47–59., fondé par le peintre Maurice Barraud. La fermeture du Musée Rath, mis à la disposition de l'Agence internationale des Prisonniers de guerre du Comité international de la Croix-Rouge consacre, jusqu'en 1921, la Galerie Moos comme lieu privilégié d'expositions d'art contemporain à Genève. L'arrivée d'un nombre important de réfugiés français apporte une nouvelle clientèle potentielle à la galerie. Afin de satisfaire ces nouveaux acheteurs, Max Moos diversifie son offre en proposant, de manière permanente, des œuvres impressionnistes et postimpressionnistes (Pierre Bonnard, Paul Cézanne, Vincent Van Gogh, Claude Monet, Camille Pissarro) qu'il fait venir à Genève grâce à ses relations avec plusieurs marchands parisiens. En 1916, en collaboration avec Paul Vallotton, représentant de la galerie parisienne Bernheim-Jeune établi à LausanneLa Galerie Paul Vallotton : depuis 1913... / Marina Ducrey, Guy Ducrey, Lausanne : Ed. Galerie Vallotton, , il présente sa première Exposition de peinture française moderneExposition de peinture française : catalogue, Galerie Moos, Genève, du 15 juin au 31 juillet 1916, expérience qu'il renouvellera régulièrement jusqu'en 1920. Cette notoriété lui permet ainsi d'étendre son marché en Suisse alémanique et à l’étranger. Enfin, dès 1915, la Galerie Moos détient le quasi-monopole de la production artistique du peintre Ferdinand Hodler.
Malgré la guerre, la conjoncture reste favorable au marché de l'art et la Galerie Moos n'a pratiquement pas de concurrence à Genève. Cette réussite commerciale fait cependant des émules : Charles-Daniel Wyatt (1878-1967), de nationalité anglaise, né à Bellevue près de Genève, gendre de David SchmidtLe plus grand collectionneur d'Hodler : les obsèques et la vie de M. David Schmidt / Louis Baudit, In: ABC. - Genève. - 22 mai 1912, , l'un des plus grands collectionneurs de l’œuvre de Hodler, ouvre une galerie : le Grand Salon d'art à la rue du Mont-Blanc 7. En 1916, Wyatt inaugure sa première grande exposition ; il y présente une centaine d’œuvres de Hodler provenant en partie de la succession D. Schmidt et une vingtaine de sculptures de l'artiste Hermann Haller Exposition Ferdinand Hodler, In: La Tribune de Genève. - Genève. - 24 mai 1916, rubrique "Notes d'art", . Sa deuxième exposition est consacrée à Otto Vautier et fait directement concurrence à Moos. Malgré cela, Wyatt ne parviendra pas, pour des raisons d'assises financières, à maintenir une programmation d'expositions d'envergure suffisante pour inquiéter la Galerie Moos.
1917 : Rue du Marché 13 (Genève) Juillet 1917, pour faire face à toute concurrence, Moos se lance dans une opération de grande envergure avec trois associés : Paul A. Renaud, François Naly et Ernest Ponti. Il fait l'acquisition d'un l'immeuble à la rue du Marché 13, pour l'installation de ce qui va devenir avec ses trois étages et ses onze salles d'exposition, après transformation par l'architecte genevois Alfred Olivet, la plus vaste galerie d'art de Suisse. Un journaliste de l'époque, du quotidien genevois la Tribune de Genève écrira :gauche|287x287px|Papier à entête de la Galerie Moos à Genève vers 1917. Ville de Genève. Musées d'art et d'histoire. BAA - Archives de la Galerie Moos, 1999|sans_cadreIl l'inaugure le avec une Exposition suisse des beaux-artsExposition suisse des beaux-arts : Galerie Moos, Genève, du 22 janvier au 28 février 1918 réunissant plus de 500 œuvres. L'usurpation du titre officiel des expositions de la Société suisse des beaux-arts (SSBA) et l'importance de la collection exposée (autant que pour un Salon national) lui vaudra de nombreuses protestationsBeaux-Arts : l'Exposition suisse des Beaux-Arts à la galerie Moos / J. Cd., In: Journal de Genève et Gazette de Lausanne. - Genève. - 8 février 1918, rubrique "Feuilleton du Journal de Genève", . droite|link=http://doc.rero.ch/record/12220|Catalogue de l'Exposition suisse des Beaux-Arts, Galerie Moos, Genève, rue du Marché 13, du 22 janvier au 28 février 1918. Numérisation Bibliothèque d'art et d'archéologie (BAA), Genève|sans_cadre|208x208px|alt= Page de couverture du catalogue de l'Exposition suisse des Beaux-Arts, Galerie Moos, Genève, rue du Marché 13, du 22 janvier au 28 février 1918. Numérisation Bibliothèque d'art et d'archéologie (BAA), Genève En mai de la même année, il organise à nouveau un important événement : L'Exposition Ferdinand HodlerExposition Ferdinand Hodler : 11 mai - 30 juin 1918, Galerie Moos, Genève. Elle est présentée dans un luxueux catalogue tiré à , enrichi de textes de journalistes renommés: Johannès Widmer, Carl-Albert Loosli et Lucienne Florentin engagée, pour l'occasion, comme conseillère artistique de la galerie. Moos réunit 281 œuvres en puisant dans ses collections et dans celles de ses plus fidèles clients et associés. Il sollicite aussi des prêts à des particuliers, notamment, à Louis Gunzbürger, grand collectionneur de F. Hodler, qui lui fournira pratiquement l'intégralité de sa collection, soit 39 œuvres, dont 23 peintures. Hodler pourra encore visiter l'exposition quelques jours avant sa mortOn annonce de Genève la mort, à l'âge de soixante-cinq ans, du peintre Ferdinand Hodler..., In : Journal des débats. - Paris. - 22 mai 1918, rubrique "Nécrologie", . À la suite de cette disparition, l'exposition devient, de fait, rétrospective, ce qui a pour conséquence de faire grimper la cote de l'artiste et la valeur marchande de ses œuvres. L'exposition obtiendra un très grand succès. Prévue initialement jusqu'à fin juin, elle sera prolongée plusieurs fois pour se terminer le Genève, In: Journal de Genève. - Genève. - 28 septembre 1918, rubrique "Nouvelles des cantons", p. . À la fin de l'exercice comptable de la même année, le registre de la Galerie Moos mentionne 1290 tableaux, dont 86 Hodler d'une valeur d'inventaire de .