vignette|Illustration d'une situation de . Le (mot-valise composé des mots anglais « », « homme », et « », « explication »), plus rarement mecsplication, est une situation dans laquelle un homme explique à une femme quelque chose qu'elle sait déjà, voire dont elle est experte, souvent sur un ton paternaliste ou condescendant...
Le terme est apparu en 2008 aux États-Unis dans un essai de Rebecca Solnit intitulé (puis paru en français en 2018 sous le titre Ces hommes qui m’expliquent la vie). Cet écrit raconte comment un homme a voulu lui expliquer le sens d'un livre, sans l'écouter quand elle disait en être l'autrice. Elle voit dans ce phénomène une combinaison d'excès de confiance et d'ignorance de la part de l'interlocuteur.
Lily Rothman, du magazine , définit cette notion comme une explication, souvent donnée par un homme à une femme, qui ne prend pas en compte le fait que la personne qui reçoit l'explication en sait plus que celui qui la donne.. Pour le site Madmoizelle, il s'agit d'un homme expliquant à une personne concernée, alors que lui-même n'est pas affecté par la question, ce qu'elle doit faire ou penser, sans prendre en compte le vécu personnel de son interlocutrice..
Des équivalents en français ont été proposés : mecsplication en France. et en Belgique., pénispliquer au Québec.. Toutefois, aucune de ces formes ne s'est imposée.
Concept Histoire thumb|Évolution de l'utilisation du terme sur Internet selon Google Trends. vignette|alt=Pancarte sur laquelle est écrit « Arrêtez de mansplainer sur les chantiers, on connaît nos métiers ».|Dénonciation du mansplaining dans une manifestation. Il s'agit d'un mot-valise qui tire son étymologie des mots anglais (« homme ») et (« qui explique »).
Le terme « » et le verbe « » en anglais existent depuis 1989 et décrivent en général des explications condescendantes qu'elles soient courtes ou étendues. Dès lors, le terme a connu plusieurs préfixes se référant à la personne qui fait l'explication.. Le terme « » est celui qui est le plus communément utilisé et serait apparu en 2008 dans un essai de l'écrivaine Rebecca Solnit, intitulé et publié sur le site , où elle racontait comment son interlocuteur lui avait longuement parlé d'un livre, sans qu'elle ne parvienne à lui expliquer qu'elle en était l'auteure... Elle n'utilise pas le terme , mais décrit le phénomène comme quelque chose que toutes les femmes connaissent, et les premières occurrences du mot apparaissent sur Internet à ce moment-là..
À l'occasion de la publication en français en 2018 de son essai sous le titre Ces hommes qui m’expliquent la vie, Rebecca Solnit déclare que ....
Au départ, le terme est devenu populaire sur les blogs féministes et est devenu courant au fil du temps. En 2010, il est apparu dans la liste des « mots de l'année » dans le ., il a également été nommé pour le mot le plus créatif par l’American Dialect Society en 2012. et a été ajouté en 2014 dans le dictionnaire en ligne ..
Variantes et termes associés Le « » est une version du mansplaining spécifique aux homosexuels..
Certains considèrent qu'il existe un comportement symétrique qu'on peut nommer « ». Dans une discussion entre femmes et hommes, ce terme désigne le comportement d'une femme qui se considère de par son genre comme détenant la vérité sur un ou plusieurs sujets abordés... L'emploi du terme womansplaining se fait aussi dans une discussion lorsqu'un interlocuteur juge que son point de vue est dévalorisé parce qu'il est un homme. Il a été employé avec ce sens par le sénateur libéral lors d'un débat au Sénat australien en 2016.. Selon certaines personnes, le mot nierait le problème sexiste à l'origine du ..
Le concept est à mettre en relation avec d'autres termes comme ceux de « » ou « », qui font référence à la place occupée par les hommes dans l'espace public., ou encore de , tendance d'un homme à couper la parole aux femmes plus souvent que l'inverse..
Critiques Une critique dans les milieux féministes du mot est que l'utilisation de mots-valises de ce genre permet d'avoir une expression toute simple, qui ne pousse pas à la réflexion sur pourquoi le phénomène existe. De plus, accuser son adversaire de permet de couper court à tout débat sous prétexte de sexisme. Enfin, l'idée de « » semble empêcher de réfléchir plus largement aux oppressions au-delà du dualisme homme-femme..
Un autre reproche couramment évoqué est l'utilisation de néologismes très fréquents sur les réseaux sociaux, mais peu dans les médias et le quotidien, et qui simplifient une réalité plus complexe..
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie Anne-Charlotte Husson, Feminist Thought and Online Lexical Creativity: the Case of "Mansplaining". Feminist Thought - Politics of Concepts. 5th Christina Conference on Gender Studies, May 2013, université d'Helsinki, Finlande. <hal-01250695> Imperatori-Lee, Natalia. “Father Knows Best: Theological ‘Mansplaining’ and the Ecclesial War on Women.” Journal of Feminist Studies in Religion, vol. 31, no. 2, 2015, . JSTOR Poland, Bailey. “Don't Feed the Trolls: Why Advice about Cybersexism Fails.” Haters: Harassment, Abuse, and Violence Online, University of Nebraska Press, Lincoln, 2016, , JSTOR Rebecca Solnit, Ces hommes qui m'expliquent la vie, éditions de l'Olivier, 2018.
Articles connexes Manspreading Manterrupting Ultracrépidarianisme
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