Maurice Piboule, né le à Tauves (Puy-de-Dôme) et mort le à Montluçon (Allier)État civil sur le fichier des personnes décédées en France depuis 1970, est un préhistorien, historien et archéologue français.
Il a découvert et prospecté de nombreux sites préhistoriques, antiques ou médiévaux, dans l'Allier et les départements limitrophes (Creuse), mais aussi dans le Vaucluse et les Alpes-de-Haute-Provence.
Biographie Maurice Piboule a passé une partie de sa jeunesse à Urçay (Allier).
Après une formation à l’École normale de Moulins, il exerce le métier d'instituteur et de directeur d'école dans le canton de Montluçon. Pour ses activités professionnelles et éducatives, il est promu officier des Palmes académiques et reçoit la médaille d’argent de la jeunesse et des sports.
En 1942, Maurice Piboule et son épouse Andrée rejoignent le Maroc. Alors qu'Andrée Piboule exerce son métier d'enseignante à Fès puis Séfrou pendant toute la durée de la guerre, Maurice Piboule est mobilisé dans l'armée française d'Afrique, participe aux campagnes de Tunisie et d'Italie et termine la guerre à la frontière austro-allemande. Ses états de service lui valent la croix de guerre 1939-1945, la médaille coloniale et le Titre de Reconnaissance de la Nation.
C'est à la fin des années 1950 que Maurice Piboule s'initie aux techniques de fouilles archéologiques, à la faveur d'un stage dirigé par Albert Barthélémy. Il consacre alors son temps libre à la recherche de sites de surface dans le nord de la Combraille. Des prospections estivales dans le Vaucluse et les Alpes-de-Haute-Provence viendront ensuite compléter cette activité.
Fondateur du Cercle d'archéologie de Montluçon et sa région en 1966, qu'il présidera jusqu'en 2004, mais aussi membre actif de la Société des amis de Montluçon, Maurice Piboule partage ses connaissances à travers de nombreuses conférences et publications dans la presse régionale. La médaille d’honneur de la ville de Montluçon lui est décernée en 2007Hommage à Maurice Piboule, bulletin n° 23 du Cercle d'archéologie de Montluçon..
Plusieurs ouvrages ont été publiés en collaboration avec son épouse Andrée Piboule. Ils témoignent de leurs recherches et activités communes relatives à l'archéologie, l'histoire, la toponymie et les traditions populaires.
Famille Il est le grand-père paternel de la pianiste concertiste Aline Piboule.
Découverte de sites archéologiques À la suite d'un patient travail de recherche sur le terrain, dans les cadastres anciens et la littérature, on lui doit de nombreuses découvertes d'éperons barrés, emplacements castraux, chemins anciens, souterrains-refuges, etc. Parmi environ quatre cents sites archéologiques répertoriés par Maurice Piboule dans le département de l'Allier, un tiers se rapporte à la PréhistoireColloque préhistoire du 19 novembre 2016 à Montluçon. Cet inventaire s'appuie sur les cahiers de prospection, les publications et les déclarations faites au Service régional d'archéologie AuvergneBase Patriarche du SRA Auvergne. Ces emplacements sont classés selon les époques : Moustérien, Châtelperronien, Magdalénien, Badegoulien, Mésolithique et Néolithique. En collaboration avec son fils, Michel Piboule, spécialiste en minéralogie et géochimie, il s'est également intéressè aux gisements de matières premières utilisées pour la fabrication du matériel lithique découvert.
Paléolithique Pour le Paléolithique, les principaux sites découverts sont ceux de Saint-Bonnet-de-Four, Prémilhat et Meillers. Le Châtelperronien est reconnu à Buxières-les-Mines et au Vilhain. Le Badegoulien et le Magdalénien sont essentiellement représentés sur des sites de hauteur en bordure de la Combraille et de Montluçon. Le Magdalénien supérieur est signalé sur une vingtaine de sites au bord de la vallée du Cher et sur les hauteurs à l'est de Montluçon. Les silex du Turonien observés sur les sites de cette époque témoignent des migrations saisonnières.
Mésolithique Plusieurs petits sites mésolithiques ont été découverts au sud de Montluçon. Systématiquement installés sur les hauteurs, Ils ont souvent fait l'objet d'une occupation postérieure. Les plus caractéristiques sont ceux de Néris-les-Bains, Durdat-Larequille, Villebret et Arpheuilles-Saint-Priest. Pour cette période, les matières premières lithiques récoltées proviennent en partie de gisements locaux ou assez rapprochés du lieu de leur découverte.
Néolithique Les principales stations néolithiques ont été découvertes à Vallon-en-Sully, Épineuil-le-Fleuriel et dans le secteur de Louroux-Bourbonnais. Situés dans le département de la Creuse, les sites de Sainte-Radegonde et de Saint-Marien (Budelière) témoignent d'une occupation importante à cette époque dans la vallée du haut Cher. De nombreuses pièces isolées (haches polies) ont également été découvertes ou répertoriées.
Parmi ses découvertes figurent aussi quelques mégalithes : menhirs du Mont et de Pirolet à Louroux-Hodement et dolmen atypique de la cabane du Loup à Doyet.
Les sites préhistoriques, antiques ou médiévaux ont fait l’objet de déclarations aux services officiels de l'archéologie et les fouilles préventivesFouilles préventives des Hauts-de-Buffon à Montluçon dirigées par U. Cabezuello (publication INRAP-2012) ou programméesFouilles archéologiques de Sainte-Radegonde à Budelière (Thèse de M. Pasquel, 2015), pratiquées sur ces emplacements depuis les années 2010, ont permis de confirmer et d'affiner ces découvertes. Le matériel lithique collecté sur ces sites fait encore l'objet d'études par les universitaires et les chercheurs.
Travaux sur la toponymie Ce travail de recherche concerne trois catégories de toponymes : les communes, les lieux-dits et les micro-toponymes. Il s'appuie non seulement sur les travaux des universitaires et historiens référents, mais aussi sur l'étude du parcellaire et la situation environnementale du lieu. Une enquête menée auprès de la population locale, à propos des appellations orales utilisées autrefois, vient compléter et préciser cette étude. Plusieurs ouvrages témoignent de ces travaux ; Essai de toponymie rurale, mémoire des communes bourbonnaises, les appellations de la pierre, etc.Ouvrages et opuscules publiés avec étude de la toponymie des communes ou des noms associés à l'eau ou à la pierre..
Il s'intéressait également aux parlers locaux, notamment ceux de langue occitane, qui est parlée dans la moitié sud de l'Allier. Il a relevé et enregistré de nombreux termes insérés dans ses ouvrages - exemple avec le parler d'Évaux-les-Bains dans la Creuse - et a beaucoup travaillé avec Pierre Goudot, toponymiste spécialiste du parler occitan de la région montluçonnaisePierre Goudot, Microtoponymie rurale et histoire locale : dans une zone de contact français-occitan, la Combraille : les noms de parcelles au sud de Montluçon (Allier), Montluçon, Cercle archéologique de Montluçon, « études archéologiques », 2004 .
Étude des mythes, légendes et traditions Les prospections sur le terrain à la recherche des traces du passé et les échanges verbaux avec les gens du pays ont amené Maurice Piboule et son épouse à relever un certain nombre d'observations à travers lesquelles histoire, mythes et légendes, sont étroitement liés. Ces études sur le légendaire régional ont fait l'objet de publications dans les bulletins de la Société de mythologie françaiseBulletins de la Société de mythologie française : http://www.mythofrancaise.asso.fr/index2.html : la légende de Cordes-Chateloi, les saints sauroctones de la vallée du Haut-Cher, la colline Sainte-Agathe, etc.
Distinctions
Publications
Ouvrages et opuscules Auteur principal, Maurice Piboule, souvent en collaboration avec son épouse, Andrée qui assurait l'illustration des ouvrages.
En collaboration avec d'autres auteurs :
Liste non exhaustive.
Articles dans les revues régionales ou spécialisées Auteur, Maurice Piboule, souvent en collaboration avec son épouse, Andrée, ou son fils, Michel.
D'autres articles ont été publiés dans les bulletins ou mémoires d'associations régionales : Société des amis de Montluçon, Amis du Vieil Hérisson, Amis de la forêt de Tronçais, Société des sciences archéologiques et historiques de la Creuse, etc.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Maurice Malleret, Encyclopédie des auteurs du Pays montluçonnais, Éditions des Cahiers bourbonnais, 1995. Hommage dans le Bilan scientifique régional 2012 de la DRAC Auvergne.
Liens externes
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