Véranne est une commune française située dans le département de la Loire en région Auvergne-Rhône-Alpes. La commune recouvre un certain nombre de hameaux, parmi lesquels le Buisson, le Camier et le Drevet.
Mentionné pour la première fois dans les écrits en 970, le village de Véranne comprend plusieurs sites historiques. Les plus importants sont le château du Buisson, propriété de la famille de Villars puis du baron de Labeau de Bérard, et la chapelle de Saint-Sabin, édifiée au . Ses habitants sont appelés les Vérannaires.
Géographie
Localisation
Véranne est située dans le département de la Loire, au sein du parc naturel régional du Pilat. La commune est distante d'environ de Pélussin, le chef-lieu de canton, et à environ de Saint-Étienne, la préfecture. Elle couvre une superficie de .
Hameaux et lieux-dits
gauche|vignette|alt=Un verger, avec des habitations au second plan.|Le hameau du Buisson.
Le village est entouré de nombreux hameaux rattachés à la commune, parmi lesquels le Buisson, le Drevet, le Camier, la Camière, Cubusson, Nurieux, Loye, le Viallon, Paradis, le Prat, le Charamel, la Terrasse, Varizières, la Tronchiat, Plode, la Nordée, chez Rambert, chez Paret, Chaumienne et Saint-Sabin.
Topographie, géologie et relief
vignette|Carte de la commune.
La commune est située au pied du mont Pilat, qui culmine à d'altitude. Le bourg du village est quant à lui positionné à d'altitude et son point culminant est atteint à au crêt de Botte.. Véranne est décrite dans une source comme une , située dans une .
Hydrographie
La commune est traversée d'ouest en est par deux ruisseaux, le Fayon et le Plode. Le premier prend sa source en contrebas du col du Gratteau, et fait sa jonction avec le Plode entre les hameaux de Loye et du Viallon. Le second cours d'eau jaillit quant à lui non loin du crêt de la Camière.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne. et est dans une zone de transition entre les régions climatiques « Nord-est du Massif Central » et « Sud-est du Massif Central ».. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Graix à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Véranne est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de PélussinUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie. , une agglomération intra-départementale regroupant six communes, dont elle est une commune de la banlieueDans une agglomération multicommunale, une commune est dite de banlieue lorsqu'elle n'est pas ville-centre, à savoir que sa population est inférieure à 50 % de la population de l’agglomération ou de la commune la plus peuplée. Dans le cas de l'unité urbaine de Pélussin, il y a une ville-centre et cinq communes de banlieue... La commune est en outre hors attraction des villes...
Toponymie
Un cartulaire mentionne en l'an 970 le hameau de Varriona. Le nom évolue ensuite selon les périodes, de Vaironna en 1055 à Vayranna en 1384. L'orthographe Véranne n'apparaît qu'en 1760.
Le mot Vayranna ou Vayrona signifie « endroit où l'on trouve de l'eau ».. Pierre Dumas indique dans son ouvrage qu'il pourrait également se traduire par « source », « fontaine » ou « eau claire ».
Histoire
De la Préhistoire au Moyen-Âge
Il subsiste sur la commune des vestiges préhistoriques et antiques mégalithes à cupules, ainsi que des enceintes défensives de l'âge du Fer. Sur le site de la chapelle de Saint-Sabin ont été menées des fouilles archéologiques qui ont mis en évidence la présence de peuples celtes dans la région...
Le village de Véranne est mentionné dans les documents dès le . Il est à cette époque protégé des attaques des Sarrasins par des fortifications érigées aux hameaux du Buisson et du Camier. L'église, construite vers l'an 870, est rebâtie au , avant d'être une nouvelle fois restaurée en 1826 puis de 1864 à 1865. Elle fait partie au du diocèse de Vienne et dépend de l'abbaye de Saint-André-le-Bas. La situation change en 1312 lorsque la commune est rattachée au royaume de France et l'église relève alors du prieuré de Saint-Sauveur-en-Rue. La localité est quant à elle placée sous la juridiction de la baronnie de Malleval puis, à partir de 1349, de la seigneurie de Lupé.
Ancien Régime
vignette|Véranne et ses environs vers 1780 sur la carte de Cassini.
Lors des guerres de religion, Véranne est occupé par les protestants de 1565 à 1567. En 1587, ces derniers reviennent au village et tuent le curé. Sur le plan religieux, la commune dépend de l'archiprêtré de Bourg-Argental, à la différence de la plupart des autres villages qui appartiennent à l'archiprêtré de Condrieu..
En 1632, Claude de Villars, grand-père du maréchal de Villars, commence la construction du château du Buisson après s'être porté acquéreur des terres de Maclas, Véranne, Roisey et Saint-Appolinard auprès de la famille de Fay, propriétaire de la baronnie de Malleval. Ces terres constituent par la suite la baronnie de Maclas, dont la création remonte au règne de Louis XIII selon Pierre Dumas ou en 1665 selon une autre source. À la mort de Claude en 1662, son fils Pierre de Villars hérite du château mais pour peu de temps seulement : le domaine est en effet cédé en 1665 pour à François de Labeau de Bérard, issu d'une famille noble originaire d'Avignon. Celui-ci le revend à son tour en 1670 à Nicolas de Fontanès, seigneur de la Valette à Pélussin, avant de le racheter à nouveau quelques années plus tard, probablement à un prix très inférieur à celui de 1665, le nouveau propriétaire étant criblé de dettes. La construction du domaine est achevée vers 1730 ou 1770.
En ce qui concerne l'activité économique, la captation de l'eau charriée par les ruisseaux au moyen de petits canaux et de retenues, destinés à faire tourner les meules à farines, est attestée au moins depuis le . La réponse faite en 1697 par le curé de Véranne au questionnaire d'Henri-François Lambert d'Herbigny, intendant de Lyon, révèle cependant une situation difficile au village : .. De 1709 à 1710, la commune est durement touchée par le grand hiver qui entraîne sur deux ans la mort de 87 personnes pour seulement 34 naissances ; à ce bilan s'ajoute la mort de 67 enfants provenant de l'Hôtel-Dieu de Lyon et élevés dans des familles de Véranne. La courbe des décès retombe ensuite jusqu'à rejoindre celle des naissances en 1711.. Au hameau de Paradis fonctionne un moulin à eau dont l'existence est attestée à partir de 1726. Vers 1737, un groupe de religieuses s'installe au Drevet et est affilié, à partir de 1823, à la congrégation des sœurs du Sacré-Cœur de Saint-Sauveur-en-Rue. Sous la Révolution française, une des cloches de l'église est démontée pour être fondue afin de servir à la fabrication de canons. Décision est également prise, en , de construire une route reliant Maclas à Véranne.
Époque contemporaine
gauche|vignette|alt=Des ruines.|Vestige d'un mur d'enceinte du château du Buisson.
Au , la région bénéficie d'un essor économique grâce à l'industrie du tissage. Vers 1820, la famille de Labeau de Bérard quitte le château du Buisson. Racheté par le négociant lyonnais Ajac qui le reconvertit en fabrique de tissage, le bâtiment brûle en 1831. Le travail de la soie continue néanmoins à se développer sur le territoire de la commune, parallèlement au moulinage. Au début du , l'industrie textile concerne une centaine de personnes, ce qui en fait la principale activité du village avec l'agriculture. Ainsi, selon Pierre Dumas et Joseph Boucher, .. L'usine Matrat, construite en 1876, emploie par exemple 57 ouvrières à son apogée. En 1903, une machine à vapeur y est installée pour remplacer le système d'alimentation en eau. Deux autres usines, Révollon et Viornery, bénéficient également de cette technique laquelle entraîne dans le même temps le déclin du moulinage. L'industrie textile perdure jusqu'en 1996, date de la fermeture de la dernière usine. La culture de la vigne, bien présente dans la commune et ses alentours, est en revanche considérablement affectée par une épidémie de mildiou en 1847 et par l'arrivée du phylloxéra dans les années 1890, ce qui entraîne une forte chute des rendements.
En 1904, l'électricité est installée dans tout le canton de Pélussin mais tarde à s'implanter à Véranne ; l'éclairage électrique finit par être inauguré dans le bourg en , mais le hameau du Buisson n'est rattaché au réseau qu'en 1935 et il faut attendre 1956 pour qu'il reçoive l'eau courante.. Le patois du pilat, déjà en déclin au début du siècle dans la région du plateau intermédiaire, recule fortement après la Première Guerre mondiale : le nombre de patoisants nés après le conflit diminue progressivement jusqu'à disparaître presque complètement après la guerre de 1939-1945. Les causes de cet abandon sont multiples et tiennent tout à la fois à la diminution du nombre des agriculteurs, aux migrations des populations — qui se développent durant l'entre-deux-guerres — et à la proximité du plateau intermédiaire du Pilat avec les grands axes de communication de la vallée du Rhône qui favorisent la pénétration du français au détriment du parler local.. Entre 1914 et 1918, 34 hommes de la commune sont tués au combat, soit des hommes en âge de faire fonctionner l'économie locale.. La Seconde Guerre mondiale coûte quant à elle la vie à un habitant, mort en 1940..
Cependant, Véranne, comme les autres communes du canton, franchit sans trop de péripéties ces deux conflits, notamment grâce à la diversité de son agriculture qui permet d'atténuer les effets des restrictions. Les deux principales activités économiques sont alors l'élevage et l'exploitation forestière. La période est cependant marquée par des difficultés d'ordre démographique caractérisées par un exode rural et un vieillissement de la population. L'agence postale qui existait depuis 1908 ferme ses portes en .. La tempête de 1999 fait d'importants dégâts, avec de forêt ravagés. Aujourd'hui, la commune est un site très fréquenté des randonneurs. ainsi qu'un centre de villégiature.
Politique et administration
Tendances politiques et résultats
En 2017, la commune comptait 643 inscrits sur les listes électorales..