L'église Saint-Germain est une église catholique paroissiale située à Sacy-le-Grand, dans le département de l'Oise, en France. C'est un vaste édifice solidement construit, qui se démarque de la plupart des églises rurales tant par son ampleur que par l'ambition de son architecture. En même temps, sa structure est très complexe, et manque d'homogénéité stylistique du fait des nombreuses reconstructions partielles. Les travées qui flanquent le vaisseau central ne sont jamais analogues au nord et au sud. À l'origine, c'est une église romane de plan basilical, dont subsistent notamment les grandes arcades au nord de la nef. Les premiers remaniements et agrandissements interviennent au début du avec le large collatéral sud de la nef, et surtout le chœur, qui conserve ses deux voûtes de la première période gothique. Le réaménagement de sa grande baie orientale à la période flamboyante fait oublier sa réelle époque de construction en regardant depuis l'extérieur. Les parties les plus homogènes et les plus élégantes de l'église sont les deux travées du collatéral nord du chœur, qui sont de style gothique rayonnant tardif, et la deuxième travée du collatéral sud du chœur, qui est d'un style gothique flamboyant très pur. Du fait de l'adjonction de travées flamboyantes au nord de la dernière travée de la nef et au nord de la base du clocher, et de la reconstruction des grandes arcades au sud de la nef dans ce même style, c'est lui qui domine finalement, et il a aussi été retenu pour le voûtement d'ogives néo-gothique de la nef et du collatéral sud, au dernier quart du . Grâce à la restauration assez radicale à cette époque, l'église dispose d'un clocher bâti en dur depuis 1870, et a traversé le sans trop se dégrader, mais le bas-côté nord roman a aussi perdu son authenticité. Depuis le , l'église est affiliée à la paroisse Sainte-Maxence de Pont-Sainte-Maxence..
Localisation
L'église Saint-Germain est située en France, en région Hauts-de-France et dans le département de l'Oise, à l'est du massif de Clermont et au nord du marais de Sacy-le-Grand, dans la commune de Sacy-le-Grand, au milieu du village, à l'angle des rues Gambetta (RD 10) et Étienne-Dolet. Le chevet donne immédiatement sur cette dernière rue. L'élévation septentrionale, la mieux dégagée, est séparée de la rue Gambetta par un espace vert municipal, qui abrite aussi le monument aux morts de la commune. De l'autre côté de la rue, se situent la place du marché et la mairie. Depuis la rue Gambetta, le portail occidental de l'église est desservie par une ruelle, qui est délimitée côté ouest par un mur. En s'élargissant, cette voie passe ensuite devant l'élévation méridionale, et laisse ainsi de la place pour un petit parking. Celui-ci est délimitée par de diverses constructions du côté sud. Par manque de recul, il n'est pas possible d'apprécier l'élévation sud, et encore moins la façade, dans leur intégralité.
Historique thumb|left|Chapiteau à gauche de la grande arcade du nord.
Les premières mentions écrites de la commune remontent au milieu du (Saciacum en 750). La date de fondation de la paroisse n'est pas connue. Aucun auteur ne précise si son église est dédiée à saint Germain de Paris ou saint Germain d'Auxerre. Au milieu du encore, Sacy-le-Grand fait partie du domaine royal. Par son testament de 1269, le roi Saint-Louis laisse Sacy-le-Grand à son fils Robert de Clermont, et le village est érigé en châtellenie du bailliage et comté de Clermont. Dès le mois d'août 1281, le comte Robert donne quelques biens à l'abbaye Saint-Lucien de Beauvais, qui lui abandonne en échange tous ses droits sur Sacy.. Sous l'Ancien Régime, la paroisse relève du doyenné de Pont-Sainte-Maxence, de l'archidiaconé de Breteuil, et du diocèse de Beauvais.. Le collateur de la cure est l'évêque de Beauvais.. Sacy-le-Grand est aujourd'hui affilié à la paroisse Saint-Thomas-More de Nointel, qui fonctionne en commun avec la paroisse Sainte-Maxence de Pont-Sainte-Maxence, et des messes dominicales anticipées y sont célébrées généralement un samedi sur deux.. thumb|upright|Baie du chevet du collatéral nord (fin / ). thumb|upright|Baie d'axe du chevet (fin / début ). thumb|upright|Clocher néo-roman ou néo-gothique, côté sud.
L'église Saint-Germain est un vaste édifice d'une structure complexe et irrégulière, mais d'une facture globalement élégante et soignée, quelle que soit la période de construction des différentes travées. Ses dimensions généreuses sont susceptibles d'être en lien avec la vocation de Sacy-le-Grand de chef-lieu d'une châtellenie. Les différentes parties de l'église actuelle sont datables approximativement grâce à l'analyse archéologique. Seulement deux dates précises sont connues (voir ci-dessous). À l'origine de l'église actuelle, est une église de plan basilical du dernier quart du ., qui est vraisemblablement déjà munie d'un transept. En effet, l'on aperçoit encore un rang de billettes sur le croisillon sud, ornement roman primitif, que l'abbé Amédée Beaudry (cité d'après Marie-Élisabeth et Léon Houdart) signale également sur la façade occidentale.. En plus, l'appareil est en opus spicatum, souvent considéré comme marque d'ancienneté.. Les vestiges les plus éloquents de l'église romane sont toutefois les grandes arcades au nord de la nef, que Dominique Vermand rapproche de , Villers-Saint-Paul, et de la première nef de Saint-Leu-d'Esserent ; p. 126., connue seulement par des fouilles archéologiques. Les murs extérieurs du bas-côté sont également romans. Alors que Sacy-le-Grand fait encore partie du domaine royal, mais avant le règne de Saint-Louis, l'église est dotée d'une nouvelle base de clocher (dont ne reste plus que la voûte), d'un nouveau chœur gothique de deux travées, et d'une chapelle latérale au sud de la première travée (peut-être aussi au sud de la deuxième travée). L'on ignore tout sur le clocher de cette époque, qui pouvait toutefois ressembler au clocher actuel. Le croisillon sud roman est voûte d'ogives, mais sa voûte est remaniée ultérieurement. Puis, une fois que Sacy-le-Grand est devenu le siège d'une châtellenie, le collatéral nord du chœur est bâti dans le style gothique rayonnant tardif, et la dernière travée du collatéral sud de la nef reçoit une nouvelle fenêtre à remplage du même style.
Après la guerre de Cent Ans, l'église est en partie reconstruite et profondément remaniée dans le style gothique flamboyant. Les travaux commencent à la fin du ou au début du avec la reconstruction totale de la dernière travée du collatéral sud du chœur, où l'on trouve l'unique voûte du style flamboyant à son apogée que possède l'église, et le réaménagement de la baie d'axe du chevet, qui est munie d'un remplage fortement ramifié. Les ogives et arcs-doubleaux du croisillon sud sont seulement retaillés, de même que la première grande arcade du sud du vaisseau central du chœur, mais en préservant ses chapiteaux. Cette remise au goût du jour s'insère certainement dans le contexte de la reprise en sous-œuvre des piles du clocher, à la croisée du transept. Leur fort diamètre ne se justifie guère que par la présence d'un clocher bâti en dur à cette époque. Mais en 1837, Louis Graves ne trouve plus qu'un court clocher en charpente.. La voûte du début du est conservée, et les arcades latérales sont retaillées, tandis qu'au moins le rouleau inférieur des doubleaux perpendiculaires est réappareillé. En même temps que l'on consolide ainsi la croisée du transept, l'on prévoit une reconstruction de la nef. Elle ne va pas plus loin que jusqu'au remplacement des grandes arcades du sud et le remplacement de la dernière grande arcade et demi du bas-côté nord par une seule arcade plus grande. Le reste du bas-côté nord roman échappe finalement à la démolition, et par conséquent, la nef demeure recouverte d'une charpente lambrissée. C'est aussi le cas du collatéral sud. Enfin, sous une troisième campagne au milieu du , la nouvelle travée du collatéral nord, le croisillon nord et la chapelle qui le dédouble du côté nord sont achevés et voûtés d'ogives dans un style flamboyant tardif qui annonce la transition vers la Renaissance, et Louis Graves a trouvé la date de 1554 sur la niche du contrefort nord-ouest. En jugeant d'après les réseaux des fenêtres, les murs extérieurs semblent toutefois se rattacher à la campagne précédente.
L'irrégularité de la nef permet d'affirmer que l'église reste inachevée par rapport au projet de la période flamboyante. C'est au moins l'avis du conseil de fabrique sous le Second Empire. Or, la conscience pour la valeur du patrimoine architectural s'est renforcée depuis le début du , et il n'est plus envisageable de démolir des constructions romanes dotées d'un certain caractère. La première étape des travaux alors engagés est le remplacement du modeste clocher en charpente par une tour néo-gothique. Dans ses grands traits, sa disposition est fidèle à l'architecture de la région au début du , mais de nombreux détails et notamment le couronnement des murs par une balustrade trahissent sa réelle époque. La nouvelle flèche est achevée en 1870. Le porche du portail latéral sud du début du est selon Lucien Charton, ou plutôt carrément rebâti dans le goût néo-gothique. Les travaux portant sur l'aménagement intérieur ne sont lancés qu'après la guerre franco-allemande de 1870 / 1871, et terminés avant la fin du . Ils concernent le voûtement d'ogives de la nef, du collatéral sud et du bas-côté nord roman. Le rapprochement avec l'église de Nointel permet de conclure à des voûtes en briques creuses et plâtre, système Colas, comme on les trouve également à Labruyère et Maimbeville. En ce qui concerne le bas-côté, l'intervention est regrettable, car anéantissant tout son caractère. De surcroît, les fenêtres de la deuxième et de la troisième travée sont aveuglées par l'adjonction d'un bâtiment de service. Il cache également la majeure partie du bas-côté à l'extérieur, et dès 1968, Lucien Charton annonce qu'il soit question de le démolir. Ce n'est toujours pas chose faite. À la fin du , les baies occidentales de la nef et du collatéral sud sont agrémentées de remplages de type gothique rayonnant, cette fois-ci sans écart stylistique, et toutes les fenêtres de l'église sont munies de vitraux polychromes.
Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.