Les purges suivant la tentative de coup d'État de 2016 en Turquie sont un ensemble d'épurations politiques menées par le président turc Recep Tayyip Erdoğan à la suite de la tentative de coup d'État de 2016 en Turquie. Une fois le coup d’État écrasé le et le « Conseil de la paix dans le pays » dissout, les putschistes capturés vivants ont été rapidement traduits en justice. Cependant, les mesures de répression s'étendent très vite aux membres du Mouvement Gülen, accusés d'être derrière le putsch. Puis à tous ceux qui sont soupçonnés d'être gulénistes ou en contact avec des gulénistes, à tout ce qui est lié à l'indépendantisme kurde y compris son versant politique pacifique, à de nombreux kémalistes, aux médias et associations d'opposition, et de manière générale à n'importe quel fonctionnaire ou membre notable de la société civile soupçonné d'être un opposant au président Erdoğan. Ces dérives autoritaires suscitent des inquiétudes sur l'avenir de la démocratie en Turquie.

Au , ont été placées en garde à vue dans le cadre de l'enquête sur la tentative de coup d'État. Par ailleurs, ont été mises en détention préventive, et les passeports de ont été confisqués. De plus, près de de l'État turc ont été licenciés de leurs fonctions et suspendus.. Le gouvernement a fermé https://www.zamanfrance.fr/article/turquie-nouvelles-operations-police-contre-hommes-daffaires-23218.html fondations, hôpitaux, institutions éducatives, associations, médias, syndicats et entreprises.. Fin octobre, supplémentaires sont limogés. Au total à la fin octobre, environ ont été démis de leur fonction et mises en prison en rapport avec le coup d'État. En , une nouvelle série de limogeages est lancée avec près de , dont dans la sécurité intérieure, au ministère de l'Intérieur et environ . De plus, environ 550 associations, plusieurs médias et 19 institutions médicales sont contraintes de fermer. Cette nouvelle série ferait monter le nombre total de renvois à près de . Ainsi, entre le et le , plus de , fonctionnaires, magistrats, enseignants et policiers ont été révoqués et incarcérées attendent d'être jugées pour leur implication présumée dans la tentative de coup d’État.

En , de nouvelles purges sont effectuées avec la suspension de policiers, d'un millier de fonctionnaires de la justice, un millier de militaires et 500 universitaires. Enfin, le régime demande l'arrestation de personnes. Quelques jours après, fonctionnaires de la télévision sont licenciés, et les émissions de TV basées sur les rencontres amoureuses sont censurées ; l'accès à toutes les versions linguistiques de Wikipédia est bloqué sur la base de la loi Ankara franchit une étape supplémentaire dans la censure et la répression, Feriel Alouti, Le Monde, 29 avril 2017.

Au , plus de 150 000 personnes ont été limogées ou suspendues de leur fonction dans l’armée, l’administration et le secteur privé et plus de 50 000 ont été arrêtées. À cette date, le président Recep Tayyip Erdoğan excluait de lever l'état d'urgence. Au , 70 % de la presse écrite appartenait à des hommes d'affaires liés au président ou à son parti l'AKP. Au , personnes avaient été emprisonnées.

Le , l'état d'urgence est prolongé de trois mois pour la septième fois depuis le coup d'État raté.. Il prend finalement fin le .

Armée À la suite de la tentative de putsch, plusieurs arrestations ont lieu... ayant pris le contrôle du siège de la télévision officielle TRT à Ankara ont été arrêtés. Le commandant des garde-côtes est limogé par le ministre turc de l'Intérieur, Efkan Ala. Une importante arrestation a lieu au siège du commandement de la gendarmerie qui aurait été le QG des putschistes. Les forces de sécurité turques ont arrêté et placé en garde à vue dont 178. généraux et amiraux.., Ali Yazıcı, l'aide de camp d'Erdoğan, a été arrêté, puis limogé. Par ailleurs, l'attaché militaire de l'ambassade de Turquie au Koweït a été arrêté en Arabie saoudite et est en cours d'extradition, alors qu'il tentait de se rendre en Allemagne. La Turquie demande l'extradition des huit soldats putschistes qui avaient atterri à l'aéroport d'Alexandroúpoli, après avoir fui vendredi vers la Grèce à bord d'un hélicoptère. Le gouvernement grec dit examiner leur demande d'asile, en tenant compte de ce qu'ils ont fait, et que l'hélicoptère serait rendu aux autorités turques.. En parallèle, le gouvernement grec les poursuit pour leur entrée illégale sur son sol. Ils sont finalement condamnés à deux mois de prison avec sursis, alors qu'ils en risquaient cinq ans ferme. Le ministère de la Défense ouvre une enquête sur tous les juges et procureurs militaires.. Au total, 262 juges et procureurs militaires sont démis de leurs fonctions. Au total, au , 0,8 % des militaires ont été arrêtés, dont 27,5 % de généraux et amiraux. Quelques jours après la tentative de coup d’État, les autorités suspendent des services de renseignement.. Au total, 1,3 % des membres des renseignements ont été limogés.

Le , des mandats d'arrêt sont émis à l'encontre de 300 membres de la garde présidentielle. Le gouvernement annonce la dissolution de la garde présidentielle. De plus, il a été décidé que la Gendarmerie et les garde-côtes. ne dépendent plus du ministère de la Défense mais de celui de l'Intérieur.. Le , la police turque indique avoir procédé à de nouvelles arrestations dans une école militaire d'Istanbul, où ont été arrêtées.. Le jour-même, ayant attaqué la résidence d'Erdogan à Marmaris sont arrêtés, tandis que sont encore recherchés. Le , 11 autres soldats impliqués dans l'attaque, sur un total de 38, sont arrêtés, après avoir été traqués par les autorités et qu'un autre est encore recherché..

Le , deux généraux opérant en Afghanistan sont arrêtés à Dubaï..

thumb|upright=1.3|Le Général Bekir Ercan Van (à gauche), commandant de la base aérienne d'İncirlik, a été accusé de complicité dans le coup d'état.

Le , les autorités turques annoncent le limogeage de 149 généraux et amiraux, sur un total de 358 au sein de l'armée turque., de et de 436 sous-officiers pour cause d'indignité.. Parmi les 149 généraux et amiraux, il y a 87 hauts gradés de l'armée de terre, 30 de l'armée de l'air et 32 de la marine. À cela, il faut ajouter le limogeage du commandant des garde-côtes et de 7 généraux de la gendarmerie ce qui fait un total de 44 % de généraux et amiraux limogés, soit 157 sur 358. Le lendemain, deux importants généraux démissionnent. Il s'agit du général İhsan Uyar, chef de l'armée de terre et du général Kamil Başoğlu, chef des entraînements et de la doctrine de commandement. Le gouvernement turc annonce la fermeture des casernes et bases militaires qui ont servi à la tentative de coup d'État, dont la base aérienne d'İncirlik..

Le , autres militaires sont arrêtés. Par ailleurs, le gouvernement turc décide de remplacer les différentes écoles militaires par une université militaire.

Les hôpitaux militaires sont mis sous tutelle du ministère de la Santé. Le , des mandats d'arrêt sont lancés contre près de cent membres du personnel de l'hôpital militaire d'Ankara, Gulhane Military Medical Academy, dont des médecins..

Un décret autorise le chef de l'État à nommer à la tête des forces armées n'importe quel général ou amiral, alors que le choix était jusqu'alors limité au chef d'état-major d'un des trois corps d'armée. De plus, en raison du manque de pilotes dû à la purge, le décret permet aux anciens pilotes de l'armée de l'air de reprendre du service.

Le , 216 militaires et gendarmes dont 9 généraux sont toujours recherchés pour leur rôle dans la tentative de putsch. Par ailleurs, un amiral en poste sur un site de l'OTAN aux États-Unis demande l'asile à ce pays après avoir été rappelé en Turquie par le gouvernement turc. Deux colonels, attachés militaires de l'ambassade de Turquie en Grèce ont fui la Grèce vers l'Italie avec leurs familles après avoir été rappelé en Turquie. Le , le gouvernement publie un décret révoquant plusieurs centaines de militaires.

Le , le gouvernement turc recherche 137 militaires, dont 9 généraux et amiraux. Le , un décret publié par le gouvernement révoque 820 militaires supplémentaires. Au total, au , 4451. militaires ont été relevés de leurs fonctions depuis le putsch manqué.

Le , 87 membres des services de renseignements sont limogés. Le , 540 militaires dont 368 officiers sont suspendus par le gouvernement turc à cause de leurs liens supposés avec le prédicateur Fethullah Gülen. Le , 101 militaires sont démis de leurs fonctions. Fin octobre, le procureur général de Konya émet un mandat d'arrêt contre 73 pilotes de l'armée - 71 lieutenants et deux colonels - dans le cadre d'une enquête pour appartenance güleniste.

Le , près de membres des forces de la sécurité intérieure sont limogés.

Les officiers et militaire turcs travaillant dans les structures l'OTAN ne sont pas épargnés non plus. À la date du , plusieurs officiers turcs de l'OTAN étaient portés disparus. Au , environ 70 membres de la centaine d'officiers et sous-officiers turcs du quartier général de l'OTAN à Bruxelles avaient été victimes des purges, selon le général tchèque Petr Pavel ; et 36 des 46 officiers turcs présents à la base de Norfolk avaient été obligés de démissionner. Une partie d'entre-eux ont été emprisonnés dès leur retour en Turquie. De plus, des officiers turcs de l'OTAN et leurs familles - particulièrement ceux qui travaillaient à la Ramstein Air Base à Ramstein-Miesenbach en Allemagne - ont demandé le droit d'asile aux États-Unis, à l'Allemagne, à la Belgique et à la Grèce.

Le , 14 autres militaires sont interpellés. À cette date, 7 655 membres de l’armée, dont 150 généraux et amiraux et 4 287 officiers, ont été renvoyés depuis le coup d’État manqué. À la suite de ces interpellations, le Premier ministre Binali Yıldırım déclare que les purges dans l'Armée approchent vraisemblablement de leur fin. Mais malgré cette déclaration, le , 7653 policiers, soldats et fonctionnaires sont limogés, et 342 militaires à la retraite sont dégradés.. Et le , anniversaire de la tentative de coup d'État, le président Erdogan promet d'« arracher la tête des traîtres » et de rétablir la peine de mort pour les putschistes.

Le , des mandats d'arrêts sont émis contre 333 militaires supplémentaires, dont 27 sont accusés d'être des gulénistes infiltrés dans l'Armée.. Le , 50 militaires sont arrêtés, principalement des pilotes de l'airhttps://www.ouest-france.fr/monde/turquie/turquie-cinquante-militaires-arretes-soupconnes-de-putsch-contre-erdogan-5414421.

Le , fonctionnaires supplémentaires sont limogés, parmi lesquels plusieurs du ministère de la Défense et 637 militaires.

Le , cent quatre anciens militaires, dont deux ex-généraux et trois ex-amiraux selon les médias turcs, accusés d'avoir participé au coup d'État manqué et d'avoir essayé de tuer le président turc ont été condamnés à la prison à vie « aggravée », c'est-à-dire sans possibilité de libération, par un tribunal d'Izmir. Près de sept mille cinq cents militaires ont été incarcérés depuis le début des purges.

Le , un décret-loi lance une nouvelle vague de purge de 18 632 fonctionnaires, parmi lesquels 6 000 membres des forces armées.

Le , 151 militaires dont Akın Öztürk, sont condamnés à la prison à perpétuité.

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