Édouard Righetti né le à Menton et mort le à , est un graveur, dessinateur et peintre français.

Biographie Édouard Righetti naît le à Menton., issu d'une famille d'origine tessinoise installée dans les Alpes-Maritimes à la fin du . L'art de la fresque était mis à l'honneur dans sa famille : son père et son grand-père maternel peignait des fresques ensemble. Il commence à dessiner dès l'âge de 6 ans (ou en 1932): voiture, croquis de la rue, personnages typiques, portraits, etc. Il commence à peindre à l'âge de 13 ans, il évoque cette histoire dans un entretien : son père rentre du marché et pose les tomates devant une soupière, Édouard emprunte des couleurs à son père et peint une toile représentant donc cette nature morte, son père décide d'exposer cette toile qui sera achetée par un collectionneur américain. Il poursuit avec ses premières toiles en 1941 : portraits de sa mère, paysages, natures mortes.

En 1941, Menton est évacuée en raison de la guerre, et il se réfugie alors avec ses parents dans les Pyrénées-Orientales. Il effectue ses études secondaires au Lycée de Perpignan puis entre à l'école des Beaux-Arts de Montpellier la même année. Il suit les cours d'anatomie sur écorchés du professeur Delmas à la Faculté de médecine de Montpellier. Il étudie également la botanique du Pérou au jardin des plantes. Il rejoint l'École Nationale des arts décoratifs de Nice sise 6 rue Tondutti de l'Escarène. de 1942 à 1946 où il remporte le prix Ziem de peinture (Nice) en 1947. Dans cette dernière école, il travaille la peinture avec M. Maillardi et le dessin avec Jules Henri Lengrand.

En 1947, il part deux mois en Haute Savoie. En 1949, il part pour Paris et Georges Arnulf le présente à Edouard Goerg, qui, à la vue de ses dessins, lui déclare : . Il est admis la même année à l'École des Beaux-Arts de Paris et rejoint l'atelier de Goerg jusqu'en 1954 : il s’intéresse essentiellement aux techniques de l'estampe (cuivre, aquatinte, eau-forte à la taille, pointe-sèche). Il suit également des cours de burin. Pendant son temps libre, il va au zoo et y dessine des biches, des singes, des fauves, des oiseaux.

En 1950, sa vie est difficile : il habite un logement misérable, il est peu rémunéré et devient moniteur de colonie pendant deux mois à l'Ile d'Oléron. Entre 1951 et 1953, il loge rue du bac à Paris et l'hiver y est si froid qu'il brûle plus de 200 dessins chiffonnés en pelote. Par ailleurs, il gratte ses toiles pour y effectuer de nouvelles compositions. En 1952 et 1953, il effectue plusieurs déplacements sur les côtes de la Manche et se rend à Dieppe, Étretat, aux îles Chausey thumb|170px|, Amsterdam En 1953, il voyage en Italie (Rome, Florence et Pise, puis recrée les fresques de Lascaux et d'Altamira en grandeur nature, sous le patronage de l'abbé Breuil, pour l'exposition 40 000 Ans d'Art moderne au Musée d'art moderne de la ville de Paris. Quand il quitte l'atelier d'Édouard Goerg en 1954, il a déjà réalisé de nombreuses huiles, dessins, aquarelles, environ 200 gravures (aquatintes, eaux-fortes, pointes sèches, burins) et décide de s'installer au 24, rue de Neuilly à Fontenay-sous-Bois. De même en 1953, il effectue un séjour en Corse où il compose des études de paysans, d'animaux, de paysages. En 1954, il reçoit une bourse de la d'Amsterdam pour l'année 1955 lui permettant de séjourner dix mois à Amsterdam avec son épouse, Andrée Saunier. A son retour d'Amsterdam en 1955, il installe une presse à Fontenay-sous-Bois sur laquelle il effectuera la majorité des tirages d'essais et des épreuves d'artistes. thumb|170px|Casa de Velázquez, Madrid De 1956 à 1957, il devient pensionnaire à la Casa de Velázquez pendant deux ans ( promotion Beaux-Arts). pour son travail à l'exposition 40 000 Ans d'Art moderne. Son ami Jacques Reverchon était dans la promotion Beaux-Arts. En 1958, il est de retour à Fontenay-sous-Bois, il y peint et grave la tristesse de la banlieue. En 1959, il s'installe à Sannois avec sa famille.

Il participe au salon du Trait en 1958, 1959, de 1961 à 1965 et en 1968. En 1961, il reçoit le prix Eugène-Carrière. En 1963, il devient sociétaire de la Société de Peintres graveurs et lithographes indépendants. En 1964, il participe à la 47 exposition des Peintres-Graveurs français. En mai de la même année, il quitte Sannois et s'installe à Paris dans son atelier au n°5 de la rue Léon-Dierx.

Le , Édouard Righetti participe à l'émission À l'heure du pop sur France Inter. Le , il participe à l'émission L'art et la manière sur Radio Bleue.

En 1998, il reçoit le premier prix d'artiste animalier.

Il meurt en d'une leucémie. Le , José Artur dans son émission Le Pop-Club sur France Inter présente une introduction nécrologique de Righetti : Édouard Righetti était un , un , , il avait une avec une , il était également un ami de César. Une émission du Pop-Club lui est consacrée le .

Son fonds d'atelier est dispersé le par l'étude Vermot et Associés à Pantin sur autorité de justice.

Vie privée Le , il se marie à Andrée Saunier (artiste peintre) à la mairie de Menton (dont la salle des mariages est décorée par Jean Cocteau). Ils ont trois filles : Pascale (née le ) est mosaïste ; Paule (née en ) est peintre ; et Patricia (née en 1966) travaille la pointe sèche, compagne de José Artur durant 27 ans.

Œuvre Édouard Righetti est très vite affilié aux "tendances figuratives". Son œuvre est saluée par Pierre Seghers, Maurice Utrillo, ou encore Jacqueline Picasso très intéressée par une de ses peintures de corrida.

Estampes En 1950, il réalise ses premières gravures : Nature morte au Pichet d’Étain, des scènes bibliques gravées sur zinc, plusieurs lavis, des dessins et une sculpture sur pierre. Il réalise aux Beaux-Arts de Paris ses 25 premières gravures sur cuivre.

En 1963, il présente des gravures en taille-douce, notamment des bouquets de fleurs. La même année, le Cabinet des estampes de la Bibliothèque nationale reçoit Le Quai de la Râpée (eau-forte et aquatinte), Ma fille Pascale (eau-forte et aquatinte) et les Chevaux sauvages (eau-forte et aquatinte).

En 1967, le Cabinet des estampes reçoit le Port d'Amsterdam (eau-forte).

Selon Jean Dalevèze : .

En 1969, avec d'autres graveurs, il décide d'envoyer des cartes de vœux gravées au Cabinet des estampes.

À travers son utilisation de l'eau-forte, Édouard Righetti sait . Au cours de sa carrière, il grave près de deux mille plaques. Le Département des estampes et de la photographie de la Bibliothèque nationale de France conserve plus de 200 de ses œuvres (plaques et estampes).

Au qualificatif de graveur, il répond qu'il est avant tout un peintre et préfère donc la dénomination de peintre-graveur. Il ajoute que pour lui, la gravure du peintre est plus chaude, plus colorée : il évoque ainsi la diversité des tons de gris pour illustrer son propos.

Peintures Dans ses peintures, aquarelles et gouaches, il privilégie la couleur. Il aborde avec bonheur la nature morte et les scènes animalières. Ses tableaux sont aussi inspirés de paysages d'Espagne, de Normandie, de la Côte d'Azur.

Les tableaux de Righetti sont diffusés dans l'émission Le Cercle de minuit du sur France 2 en évocation de son exposition à la Galerie de Nesle. Le , sa toile El Torro (32 x 40cm) est vendue 5000 francs aux enchères.

Il réalise durant sa carrière plus de 1000 peintures.

Médailles Il a gravé plusieurs médailles, notamment pour la Monnaie de Paris. Il a réalisé par exemple : Goeland en 1983, une médaille sur Lascaux en 1985 et La corrida en 1987.

Collections publiques France Mairie de Castillon-la-Bataille, La paix dans le ménage, estampe 35x28cm, vers 1959Centre national des arts plastiques, "La paix dans le ménage" dans les collections. Patrimoine artistique de la ville de Fontenay-sous-Bois, neuf toilesArchives de la ville de Fontenay-sous-Bois, patrimoine artistique : Édouard Righetti. École militaire supérieure d'administration et de management, Montpellier, Pichet au citron, gravure 20x25cm, vers 1954 (dépôt du Centre national des arts plastiques)Centre national des arts plastiques, "Pichet au citron" dans les collections. Département des estampes et de la photographie de la Bibliothèque nationale de France, Paris. Cité scolaire internationale Honoré-de-Balzac, Paris, Nature morte, estampe 32x28cm, vers 1958 (dépôt du Centre national des arts plastiques)Centre international des arts plastiques, "Nature morte" dans les collections. Conseil constitutionnel, Paris, Le tabac gris, estampe, vers 1965 (dépôt du Centre national des arts plastiques)Centre national des arts plastiques, "Le tabac gris" dans les collections. École de guerre, Paris (dépôts du Centre national des arts plastiques) : Le cheval blanc, gravure en noir 30x37cm, vers 1960Centre national des arts plastiques, Le cheval blanc" dans les collections ; Dieppe (Seine-Maritime), la jetée, gravure en noir 30x41cm, vers 1960Centre international des arts plastiques, "Dieppe, la jetée" dans les collections. Fonds d'art contemporain - Paris Collections, Paris : Les fleuristes, eau-forte 48x61cm, vers 1954Fonds d'art contemporain - Paris Collections, "Les fleuristes" dans les collections ; Pichet aux citrons, eau-forte 44,8x60,5cm, vers 1954Fonds d'art contemporain - Paris Collections, "Pichet aux citrons" dans les collections ; Le vieux clown, pointe-sèche et eau-forte 55,7x37,2cm, vers 1956Fonds d'art contemporain - Paris Collections, "Le vieux clown" dans les collections ; Jeune paysan espagnol, plume et lavis d'encre de Chine 65,4x47,2cm, 1958Fonds d'art contemporain - Paris Collections, "Jeune paysan espagnol" dans les collections ; Printemps sur la Côte d'Azur, gouache 49,6x64,5cm, 1960Fonds d'art contemporain - Paris Collections, "Printemps sur la Côte d'Azur" dans les collections ; La perruche, eau-forte 37,2x34,2cm, vers 1960Fonds d'art contemporain - Paris - Collections, "La perruche" dans les collections ; Pichet aux marrons, aquatinte 66x50,2cm, vers 1968Fonds d'art contemporain - Paris Collections, "Pichet aux marrons" dans les collections. Hôtel de Matignon, secrétariat général du Gouvernement, Paris, Citron coupé, aquatinte 28,8x43,8cm, vers 1965 (dépôt du Centre national des arts plastiques)Centre national des arts plastiques, "Citron coupé" dans les collections. Ministère de l'éducation nationale, Paris, Printemps à Vera (Andalousie), gouache 36x60cm, vers 1962Centre national des arts plastiques, "Printemps à Vera" dans les collections. Ministère de la justice, Paris, Corrida, estampe 30x32cm, vers 1959<ref>[https://www.navigart.fr/fnac/artwork/edouard-raoul-righetti-corrida-140000000025565 Centre national des arts plastiques, "Corrida" dans les collections]</ref>. Musée d'art moderne de la ville de Paris, Quai de la Rapée, estampe, vers 1963Musée d'art moderne de la ville de Paris, Édouard Righetti dans les collections. Mutuelle générale de l'Éducation nationale section de la Seine, Paris, Les chardons bleus, huile sur toile 61x50cm (dépôt du Centre national des arts plastiques)Centre national des arts plastiques, "Les chardons bleus" dans les collections. Secrétariat d'État aux anciens combattants et victimes de guerre, Paris, Les chardons en noir, estampe 50x30cm, vers 1964 (dépôt du Centre national des arts plastiques)Centre national des arts plastiques, "Les chardons en noir" dans les collections. Sorbonne-Université, Quai de la Rapée en noir, estampe 36x53cm, vers 1964 (dépôt du Centre national des arts plastiques)Centre national des arts plastiques, "Quai de la Rapée en noir" dans les collections. Fonds national d'art contemporain, Puteaux : Le cirque, aquatinte et pointe-sèche 45,4x57,3cm, vers 1954Centre national des arts plastiques, "Le cirque" dans les collections ; Nature morte, aquatinte 37,9x56,7cm, vers 1960Fonds national d'art contemporain, "Nature morte" (aquatinte) dans les collections ; Fleurs, eau-forte et aquatinte 50,5x26,8cm, vers 1960Fonds national d'art contemporain, "Fleurs" dans les collections ;