La revue/anthologie de poésie Les Citadelles est animée par Philippe Démeron (directeur de la publication), avec un comité de rédaction. Elle parait annuellement sur papier.
Des poètes reconnus (par exemple l'irlandais John MontagueVoir aussi l'article consacré à John Montague dans Wikipedia en anglais. Les fondateurs des Citadelles ont dédié le numéro vingt-deux « à la mémoire de notre ami John Montague, poète irlandais, disparu en décembre 2016, traduit et présent dans notre revue entre 2002 et 2012 ».) lui ont donné à publier des textes, parfois inédits, dont ils lui ont confié la traduction en français.
Elle accueille parmi ses auteurs plusieurs créateurs et animateurs de sites ou blogs de poésie.
Historique La revue a été fondée par Philippe Démeron et Roger Lecomte, l’un résidant à Paris, l’autre à Nice. Son premier numéro a paru en 1996, le numéro vingt-deux en 2017. Les fondateurs continuent à écrire des poèmes pour la revue, dont le nombre de pages, 65 en 1996, est depuis 2000 de l'ordre de 150.
Le titre Les Citadelles Dans une adresse au lecteur, en tête du premier numéro, Philippe Démeron présente ainsi la revue :
De son côté, Roger Lecomte a donné son interprétation du titre dans une Chanson du chevalier publiée dans le numéro quatorze (2009) :
Depuis l’origine, la couverture est ornée d’un plan de citadelle en étoile. Rénovée en 2005 à partir du numéro dix, puis à nouveau en 2015 (numéro vingt), elle comporte toujours l'allégorie originelle, désormais entourée d’autres illustrations provenant du même livre de 1684 : Les travaux de Mars ou l’art de la guerre, par Alain Manesson Mallet.
Dans le numéro vingt-deux (2017), Thierry Sinda, universitaire franco-congolais, interprète le titre des Citadelles de la manière suivante : « La poésie doit être un rempart contre les agressions et les idées reçues de tout type. »
L’orientation de la revue
La revue permet au lecteur de faire connaissance avec de nombreux poètes français et étrangers. Certains poèmes en langue étrangère n'avaient jamais été traduits en français auparavant.
Philippe Démeron a publié dans le numéro vingt (2015) un article intitulé : « Les vingt ans d’un revuiste ». Il y expose sa conception, ouverte à la diversité des auteurs, des styles et des langues, dans laquelle la traduction joue un rôle indispensable. Pour lui, « la présentation bilingue ne juxtapose pas, elle a pour effet de construire un nouvel objet littéraire, un tout indissociable…».
Dans l’ensemble d’écritures diverses que propose la revue, une place est faite à la poésie en prose, par exemple dans le numéro vingt et un (2016) Extrêmes et lumineux de Christophe Manon, ainsi qu’à une réflexion sur les rapports entre le texte, l’image et même la musique. On trouve dans Les Citadelles des montages textes /photogrammes (Mauricio Hernandez, , Joël Grip…), parfois des DVD de films comme dans les numéros treize (2008), quatorze (2009) et dix-huit (2013), et, dans chaque numéro, plusieurs illustrations. Dans le numéro dix-sept (2012), une partition musicale originale de Matthieu Lemennicier accompagnait un poème de François Coudray.
Les auteurs publiés
Le numéro vingt-deux présente la liste complète des auteurs publiés depuis l’origine, au nombre d'environ 250.
Poésie en français et en diverses langues La revue publie principalement des contemporains, mais elle laisse une place aux poètes du passéBaudelaire, André Breton, Marceline Desbordes-Valmore, Antoinette Deshoulières, Du Bellay, Jules Laforgue, José Lezama Lima, Malherbe, Mallarmé, Henri de Régnier, Rimbaud, Albert Samain, Charles Vildrac, William Butler Yeats…. Une rubrique intitulée « Poètes pour nos jours » donne à lire des poètes d'aujourd’hui pour la plupart français, une vingtaine en 2017 comme en 2016Les « poètes pour nos jours » de langue française figurant dans le numéro 21 (2016) ont été : Denis Hamel, Henri Cachau, Henri Le Guen, Patrice Blanc, Marie-Anne Bruch, Philippe Démeron, Rodolphe Houllé, Roger Lecomte, Dominique Thiébaut Lemaire, Henri Lewi, Hervé Martin, Pierre Mironer, Jean Pichet, Guillaume Riou, Valence Rouzaud, Monique Saint-Julia, Sydney Simonneau, Elisabeth Stockhausen. Plusieurs étaient déjà présents dans les numéros précédents.. Plusieurs d’entre eux contribuent de manière régulière à la revue. Certains animent une revue, un site ou un blog de poésie Gérard Bocholier (revue Arpa), Marie-Anne Bruch (La Bouche à Oreilles), André Chenet (Danger poésie), Denis Hamel, Jean- Marc La Frenière (Lafreniere&poesie), Armelle Leclercq, Guillaume Riou (Poussière virtuelle)....
Les Citadelles accueillent aussi des auteurs de langue française originaires d’autres pays que la FranceS’agissant des auteurs de langue française originaires d’autres pays que la France, la revue a publié en 2011 et 2012 des poèmes de William Cliff (Belgique), en 2012 un manifeste de Kenneth White intitulé « Le Grand champ de la géopoétique » accompagné de poèmes, en 2013 et en 2015 des textes de la franco-libanaise Vénus Khoury-Ghata, en 2014 un poème de Catrine Godin (Canada), en 2015 un poème de Mathieu Coutisse (Belgique). En 2017, la revue a consacré une rubrique spéciale aux « poètes francophones des Afriques et d'ailleurs », originaires de France et d'autres pays : Algérie, Bénin, Brésil, Cameroun, Congo, Côte d'Ivoire, Haïti, Madagascar, Sénégal, Tunisie., et de nombreux poètes n'appartenant pas à la francophonie. Hormis les Hongrois et les Slovaques, les Irlandais, les Italiens et les poètes d'origine africaine, dont il est question plus loin, on peut mentionner, pour la période récente (2010-2017) : Rod MenghamRod Mengham est professeur de littérature anglaise à l’université de Cambridge. Ses publications dans Les Citadelles (2009, 2010, 2012) sont mentionnées dans « The Oxford Handbook of Contemporary Britsh and Irish Poetry ». & (Angleterre) ; Cristina Castello (Argentine) ; Edith Sommer (Autriche) ; Carles Hac Mor, Marcel Riera, Marta Pessarrodona, Ester Xargay (Catalogne) ; (Colombie); José Lezama Lima (Cuba) ; Ken Cockburn & (Écosse) ; Andy De Paoli (États-Unis) ; Stefania Asimakopoulou (Grèce) ; Takako Arai (Japon) ; Maria Grech Ganado (Malte), qui s'exprime à la fois en anglais et en maltais ; Mauricio Hernandez, Pedro Sin Cerebro (Mexique) ; Catrine Godin (Canada) ; Joël Grip (Suède) ; ainsi que des auteurs s'exprimant en yiddishTraductions du yiddish par Henri Lewi. (Yankev Fridman, Moyshé Szulstein), et même en nahuatl, langue amérindienne parlée au Mexique et au Guatemala.
Hongrie, Slovaquie, Slovénie Les premiers numéros contiennent des textes de plusieurs auteurs hongrois, traduits par Georges Timar (décédé en 2003), qui a été secrétaire puis vice-président du Pen Club de son pays à partir de 1994 ; le numéro six (2001) contient une anthologie de dix des principaux poètes hongrois du XXe siècleEndre Ady, Frigyes Karinthy, István Kormos, László Lator, György Raba, György Sárközi, Georges Timár, Tóth Árpád, Szabolcs Varady, Sándor Weöres.. Les numéros dix (2005) à douze (2007) présentent des auteurs de langue slovaque et slovènePeter Sulej, Mila Haugova, Katarina Kucbelova ; ainsi que le slovène Veno Taufer, traduit par la regrettée Antonia Bernard, dans le numéro onze.. De 2005 à 2007, la revue a été associée et invitée au festival « Ars Poetica » de Bratislava.
Irlande La revue manifeste un intérêt particulier pour les poètes irlandais, au premier rang desquels John Montague, auquel elle a consacré en 2007 un tiré à part réunissant les textes de lui qu’elle a publiés de 2002 à 2007. Dans le numéro 13 (2008), John Montague a évoqué en quelques poèmes son ami Samuel Beckett. Dans le numéro quatorze (2009), à l’occasion de son quatre-vingtième anniversaire, il a confié à la revue deux inédits. Présent en 2011 dans le numéro seize, avec des textes tirés de In my grandfather’s mansion (The Gallery Press, 2010), traduits par Philippe Démeron avec le concours de l’auteur, il a encore figuré en bonne place en 2012 avec trois poèmes dont « Silences » où l’on peut lire, au sujet de la poésie :
En 2009, le poète à l’honneur en tête de la revue a été l’irlandais du Nord Ciaran Carson (prononcer Kérenn Carson), également romancier et traducteur de langue anglaise, dont la revue a permis d’apprécier plusieurs traductions (de Baudelaire, Rimbaud, Mallarmé). Les Citadelles ont contribué à faire connaître aux lecteurs français Derek Mahon, lui aussi irlandais du Nord, né en 1941, auteur d’une œuvre saluée par de nombreux prix littéraires. Plusieurs de ses poèmesDerek Mahon est présent dans le numéro quatorze (2009) avec un poème écrit à l’occasion des quatre-vingts ans de John Montague ; dans le numéro seize (2011) avec « Au-delà de Howth Head », composé de 21 strophes de huit vers ; dans le numéro dix-sept (2012) avec « Autobiographies », composé de vingt strophes de six vers ; dans le numéro dix-neuf (2014) avec six poèmes tirés du recueil Life on earth de 2008 ; dans le numéro vingt et un (2016) avec « Les Lumières du port », « monologue méditatif » de 215 vers en vingt-quatre heures de la vie de l’auteur parcourant la ville où il habite. ont été reproduits dans la revue, traduits et commentés par Jacques ChutoTraduits (en alexandrins pour « Les lumières du port ») et commentés par Jacques Chuto, professeur honoraire de langue et littérature anglaises à l’université Paris 12..
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