Victor Étienne Gautreau, dit Gautreau père, né le à Brie-Comte-Robert (Seine-et-Marne), mort le à Brie-Comte-Robert est un rosiériste-obtenteur de Seine-et-Marne.
Biographie
Membre et trésorier de la Société des rosiéristes de la Brie fondée en 1865, société organisatrice des premières expositions placée sous le patronage de l’impératrice Eugénie en 1867François Joyaux, La Rose, une passion française, 2001, p. 119 ; in Compte-rendu de l'Exposition spéciale de roses et congrès des rosiéristes, à Brie-Comte-Robert les dimanche et lundi 14 et 15 juillet 1867, « Réception au Palais des Tuileries le 21 juillet 1867 », p ; dans Journal de Seine-et-Marne, du samedi 27 juillet 1867, « Société des rosiéristes, réception au Palais des Tuileries »., il est le créateur de 23 variétés de roses dont la 'Camille Bernardin' (1865) fut la plus plébiscitée..
Chevalier du Mérite agricole en 1885Journal officiel de la République française du 21 juillet 1885, , ; in Le Nouvelliste de Seine-et-Marne du samedi 18 juillet 1885., horticulteur-rosiériste à Brie-Comte-Robert (Seine-et-Marne), il fut un des principaux vulgarisateurs de cette industrie. Il a été lauréat dans un grand nombre de concours horticoles en France et à l’étranger.
Marié à Brie-Comte-Robert le avec Geneviève Augustine Simonnet (1815-1887), de cette union naquirent en 1837 et 1839, deux fils, Victor-Henri et Charles-Auguste qui poursuivront la culture dans la pépinière paternelle. Deux petits-fils Gautreau, aussi rosiéristes, s’installeront au début du pas très loin à Grisy-Suisnes, mais dans des conditions professionnelles de plus en plus difficilesCahiers de mémoires 1980-1984, archives familiales, Guillaume Gautreau dit Pierre (1902-1988)., loin de l’époque de la notoriété du grand-père Victor Étienne.
Par ailleurs, il signe comme témoin au mariage de son neveu l’inventeur Henri Gautreau le - AD75 cote V4E 5466 (Paris arr., mariages, registre de janvier 1886), vue 25/31..
En , soit tout juste un an avant sà mort, Gautreau père est membre du jury, pour la « section des plantes et fleurs », à la grande exposition de printemps que la Société nationale d'horticulture de France tient dans le grand pavillon de la ville de Paris aux Champs-Élysées. Il officie aux côtés de Scipion CochetLes Cochet et le Journal des roses - AD77 de Suisnes, Guillot fils (J.-Baptiste)L'histoire de la roseraie Guillot, Guillot - le Blog de Lyon, Henri Desfossés d'Orléans, Émile Varenne de Rouen et Jean Hoibian de ParisJournal de la société nationale d'horticulture de France, Exposition du printemps 1886 à Paris, pp. 630-682 et 701-723, p.703 pour Gautreau.
Tisserand puis rosiériste dès 1845 alt=Photo rose 'Mlle Elise Chabrier' de Victor E. Gautreau|vignette|Rose 'Mademoiselle Élise Chabrier' de Victor E. Gautreau (photo mai 1996) Victor Étienne Gautreau exerça d’abord comme tisserand à Brie-Comte-Robert, dans la lignée de son père Charles (1785-1832), compagnon nantais dit PlaisanceActe de décès, Brie-Comte-Robert AD77 ; sur Passeport pour l'intérieur, établi à Ingré le 2 décembre 1808., de son grand-père Mathurin Gotreau (1755-ap.1819), compagnon-tisserand- Cité compagnon-tisserand sur son décret de mariage, juridiction de Pirmil, avec Perrine Bizet , 1783, AD44 cote 11941. (Mathurin est né Gautron à Plaintel, sera inscrit Gotreau au décret de mariage le 9 janvier et Gautreau au mariage religieux le 8 février, paroisse St-Jacques de Nantes). et ses deux arrière-grands-pères Sébastien Gautron (1718-1755) tixierActe de mariage avec Renée Allain à Nantes St-Jacques, 1752, AD44., et Charles Abel Bizet (1726-1781) tisserandActe de mariage avec Perrine Robichon à Nantes Saint-Jacques, 1861, AD44. à Nantes paroisse Saint-Jacques.
Il embrassa la carrière de rosiériste sur le tard à l’âge de trente ans, en 1845. C’était une période où la culture des roses commençait à s’implanter dans la région briarde en lieu et place d’une vigne ravagée par le phylloxéraNotes historiques sur La Brie ancienne, par Cochet-Cochet, pépiniériste-rosiériste à Coubert, 1933, 521 p. ; sur Culture de la Rose à Grisy-Suisnes, Coopérative scolaire de Grisy-Suisnes, sous la direction de M. Bouclet, 1948-1949, 17 p., pour phylloxera. AD77..
Suivant les traces des rosiéristes précurseurs locauxCulture de la Rose à Grisy-Suisnes, Coopérative scolaire de Grisy-Suisnes, sous la direction de M. Bouclet, 1948-1949, 17 p., p pour Louis-Xavier Granger et Pierre Cochet. AD77 cote MDZ 276 ; in Le Temps des jardins, Conseil Général de Seine-et-Marne, 1992, « La rose de provins à Grisy-Suisnes », p, p pour la famille Cochet. qu’étaient alors Louis-Xavier Granger et Pierre Cochet (père de Scipion Cochet)François Joyaux, La Rose, une passion française, 2001, p. 106-107 pour Granger, p. 58 pour Cochet. de Suisnes, Gautreau père allait mettre lui aussi à profit son goût pour la reproduction des fleurs hérité de sa lignée maternelle Denise, des jardiniers du château du VaudoyRegistres des actes de naissances/mariages/décès pour Brie-Comte-robert, AD77. Le Château de Vaudoy à Brie-Comte-Robert était situé dans l'ancienne rue Corbeilloise (aujourd'hui, rue Paul-Savary) à Brie-comte-Robert.
Avec vingt-trois variétés de roses mises au commerce de 1863 à 1879, Victor Étienne Gautreau restera le troisième obtenteur le plus prolifique de Seine-et-Marne derrière Louis-Xavier Granger (trente-trois variétés de 1850 à 1870) et Jean Desprez (vingt-cinq variétés de 1830 à 1854), juste devant Scipion Cochet (dix-neuf variétés de 1852 à 1886)La Brie en roses au temps des expositions, 1996, Ph. Gautreau, 1- « Bilan des médailles de la Société des rosiéristes de 1865 à 1888 avec détails des prix obtenus par Gautreau père et fils », 2- « Les obtenteurs de roses en Seine-et-Marne de 1820 à 1912 », 3- « Listes des roses », 42 p. - Dépôts AD77 cote 100 J 516 ; AD94 cote BR 3345 ; et bibliothèque de la roseraie départementale de L'Haÿ-les-Roses (94)..
1865-1885 : Les expositions alt=Société des rosiéristes de Brie-Comte-Robert Compte-rendu de l'exposition de Brie-Comte-Robert 1867|vignette|Compte-rendu de l’exposition de Brie-Comte-Robert 1867 À partir de 1865, les expositions de roses allaient connaître un succès grandissant en France et à l’étranger, portées par une mode toute acquise à la cause des rosesNotre département La Seine-et-Marne, d'août-sept. 1995, p ; sur La Brie en roses au temps des expositions, par Ph. Gautreau ; sur Culture de la Rose à Grisy-Suisnes, Coopérative scolaire de Grisy-Suisnes, sous la direction de M. Bouclet, 1948-1949, 17 p. AD77 ; sur les comptes-rendus des expositions de roses à Brie-comte-Robert en 1865, 1866 et 1867 longuement cités dans cet article..
La première de ces rencontres eut lieu à Brie-Comte-Robert le Journal des roses, septembre 1880, p. 141, « Compte-rendu de l'Exp. spéciale de Roses à Brie-Comte-Robert pour l'année 1865 » ; in La Revue horticole, septembre 1865, p. 352 ; in L'Éclaireur de Coulommiers, n°930 du 16 juillet 1865 ; in Indicateur général de Seine-et-Marne, n°28 du samedi 15 juillet 1865, pp. 2-3 ; in La Revue horticole, juillet 1865, pp. 282-283 : « (...) Le commerce des rosiers se fait dans notre contrée sur une vaste échelle, non seulement les expéditions se font sur Paris et sur toute la France, mais elles s'étendent encore à l'étranger : l'Amérique, le Danemark, la Belgique, la Hollande, l'Allemagne et surtout l'Angleterre enlèvent chaque année par milliers les rosiers de nos horticulteurs, qui se sont acquis une réputation bien méritée (...) » ; in Revue des Jardins et des Champs, Lyon, 1865, pp. 146-147 où roses furent présentées.
Le fondateur de ces manifestations est Camille Bernardin (1831-1894)- Camille Bernardin, éloge funèbre, in Journal des roses, janvier 1895, pp. 1-4. On lui doit l'organisation des premières expositions de roses et la fondation du Journal des roses. Conseiller municipal de Brie-Comte-Robert depuis 1865, avait été maire de cette ville de 1884 à 1888. Il fut également conseiller d'arr. de 1870 à 1882 et conseiller général de 1882 à sa mort., avocat, homme politique et président de la récente Société des rosiéristes de Brie-Comte-Robert. Une société qui sera aussi présente lors de nombreuses autres rencontres horticoles en France et à l’étranger afin de promouvoir les productions et les nouveaux semis des 89 puis 110 horticulteurs-rosiéristes répartis sur treize communesLa Revue horticole, juin 1865, p. 13 : « Depuis un certain nombre d'années la culture des Rosiers a pris une importance considérable à Brie-Comte-Robert et ses environs. Il y a quelques mois j'ai fais une statistique exacte des Rosiers existants dans les pépinières de cette contrée et le résultat est remarquable, puisqu'il constate que dans les 13 communes, dans un rayon de 8 km autour de Brie-Comte-Robert, 89 horticulteurs-rosiéristes ont dans leurs pépinières un million trente-trois mille quatre cents pieds de Rosiers, tiges, nains, et francs de pieds (...) » ; in L'Horticulteur Français, 1865, pp. 228-229 et 338-341..
Cette exposition « spéciale de roses », première d’une longue série, mit en concurrence divers lots de roses ainsi que les dernières créations de choix des rosiéristes de la région. Le jury se composait de professionnels français reconnus : Baltet, Guillot, Verdier, Lévêque, Dupuy-Jamain.
La rose nouvelle la plus méritante fut baptisée 'Camille Bernardin' en l’honneur de l’organisateur de la manifestation et récompensait les années de travail de l’obtenteur Victor E. Gautreau. Cet hybride remontant 'Camille Bernardin', lancé au commerce cette même année 1865, restera pour son créateur sa réalisation la plus appréciée, surtout en Angleterre, mais aussi en Allemagne et en BelgiqueJournal des roses, janvier 1877, p. 12. En 1877, un plébiscite international belge donne trois variétés de Gautreau dans une liste des quarante-quatre plus belles roses : 'Camille Bernardin', 'Eugène Scribe' et 'Souvenir de Spa'. où cette variété et d’autres de Gautreau s’adaptaient mieux au climat.
Bilan des prix de 1865 à 1887 Lors d’une exposition, des médailles d’argent et de vermeil étaient décernées dans les divers concours afin de donner une chance de récompense aux exposants les moins bien achalandés. La médaille d’or revenait au lauréat du concours général, lequel se voyait décerner une coupe ou un prix d’honneur si la manifestation était assez importante.
Environ un rosiériste sur dix aura pu décrocher le prix du concours général. Scipion Cochet de Suisnes fut le plus efficace avec une vingtaine de consécrations, suivi de Gautreau père & fils (16 fois), d’Alexis Poulain (7 fois), de Louis-Xavier Granger, Aubin-Cochet, Céchet père & fils et Vilin père & fils (chacun 5 fois), de Charles Vaurin (2 fois) D'après tous les comptes-rendus d'expositions cités en références dans cet article et repris dans l'ouvrage La Brie en roses au temps des expositions, 1996, Ph. Gautreau, 1- « Bilan des médailles de la Société des rosiéristes de 1865 à 1888 avec détails des prix obtenus par Gautreau père et fils », 2- « Les obtenteurs de roses en Seine-et-Marne de 1820 à 1912 », 3- « Listes des roses », 42 p. - Dépôts AD77 cote 100 J 516 ; AD94 cote BR 3345 ; et bibliothèque de la roseraie départementale de L'Haÿ-les-Roses (94)..
Principaux succès du rosiériste Gautreau aux manifestations spéciales de roses ou d’horticulture Médaille d’or, en à Brie-Comte-RobertLa Revue Horticole, 1866, « Expo. de roses à Brie-Comte-Robert », pp. 286-289, p. 289 pour les obtentions de Gautreau père ; in Compte-rendu de la Société des rosiéristes de Brie-Comte-Robert & ses environs, « Expo. spéciale de roses et congrès des rosiéristes à Brie-Comte-Robert, les dimanche et lundi 8 et 9 juillet 1866 », pp. 12,17, 20 et 24 pour Gautreau, AD77 Cotes 8° 1511 ou AZ 4446. Médaille de bronze en à l'Exposition universelle de Paris