Chaponost (prononcé ) est une commune française, située dans le département du Rhône en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Géographie Chaponost est une commune de la banlieue sud-ouest de Lyon.

Communes limitrophes

Géologie C'est ici qu'a été découvert en 1879 le minéral fibreux baptisé dumortiérite..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est dans une zone de transition entre le climat semi-continental et le climat de montagne. et est dans la région climatique Nord-est du Massif Central, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 800 à , bien répartie dans l’année.. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Brindas à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .

Urbanisme Typologie Au , Chaponost est catégorisée ceinture urbaine, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de LyonUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie. , une agglomération inter-départementale regroupant , dont elle est une commune de la banlieueDans une agglomération multicommunale, une commune est dite de banlieue lorsqu'elle n'est pas ville-centre, à savoir que sa population est inférieure à 50 % de la population de l’agglomération ou de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine de Lyon comprend une ville-centre et ... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Lyon, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de ou plus (hors Paris)...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (61,3 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (67,1 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (30,1 %), zones urbanisées (25,7 %), prairies (17,3 %), cultures permanentes (13,9 %), forêts (7,7 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (5,3 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Histoire La solide communauté paysanne de Chaponost a entretenu de tout temps des relations spécifiques avec la métropole lyonnaise du fait de son site perché. Passage obligé de l’aqueduc romain du Gier, elle en a conservé de nombreux ouvrages d’art. Une exposition favorable a développé une vocation viticole transmise des autorités religieuses au Moyen Âge aux élites bourgeoises en leurs maisons des champs. Le contact avec la nature en bordure du plateau lyonnais a dicté les choix résidentiels des classes privilégiées dans cette deuxième couronne de l’agglomération depuis les dernières décennies du au prix d’incessantes migrations alternantes.

Temps gallo-romains La réponse à la question de la présence humaine sur le territoire de la commune de Chaponost aux temps gallo-romains ne peut être que de souligner un paradoxe. D’une part, aucune preuve d’une seule villa mais seulement des traces de sépultures, de la poterie, quelques médailles. Quant à l’étymologie, elle pose aussi problème. La première mention connue de Chaponost se trouve dans une bulle du pape Eugène III en 1150 qui cite, entre autres possessions du chapitre lyonnais de Saint-Irénée, ecclesia de Campionaco, dont deux interprétations ont été proposées : à l’origine gauloise (il s’agirait du domaine d’un certain Cappo) qui ne justifie pas la terminaison en ost, on peut préférer la proposition de la contraction de l’expression Calpurnii hospitium (toit hospitalier de Calpurnius) qui rend compte de cette terminaison mais sans davantage de certitude.

Or Chaponost tire sa célébrité exceptionnelle de la traversée de son territoire par l'un de ces ouvrages d’art que l’on qualifie volontiers de travail de romain. Il s’agit des imposants vestiges de l’aqueduc du Gier pour l’alimentation du site de Fourvière au cœur de Lugdunum. Il n'est pas possible de déterminer la période exacte de sa construction (entre 20 et le ?). Le franchissement du plateau de Chaponost à une altitude moyenne de 316 mètres au niveau du radier ne posait pas problème en lui-même. Le tracé d’une longueur de 6 km contre un peu plus de 4 km à vol d’oiseau s’explique par une sinuosité qui a permis une adaptation aux modestes inégalités du relief. En revanche, les vallées encadrantes du Garon et de l’Yzeron, profondes respectivement de 110 et 140 mètres, ont nécessité l’aménagement de deux siphons fonctionnant selon le principe des vases communicants, côté amont (commune de Soucieu-en-Jarrest), côté aval en direction de Sainte-Foy-lès-Lyon. alt=principe du siphon|vignette|principe du siphon L’érosion a fait son œuvre mais les hommes ont aussi utilisé l’aqueduc comme chantier de matériaux. Quant aux tuyaux de plomb des siphons, ils ont été très tôt récupérés au point qu’on s’explique la désertion du site de Fourvière privé d’eau bien avant la chute de l’empire romain. En cheminant d’amont vers l’aval, on repère d’abord les vestiges du siphon du Garon. Sur la commune de Chaponost, ce sont 4 des 23 arches du pont, long de 210 mètres, par lequel il franchissait le thalweg puis, à la remontée, la base du réservoir de fuite de Gagère précédée des derniers mètres du rampant. Sur le plateau, dans le secteur de la Colombe, une série de 9 arches plus ou moins entières maintenait le canal à 316/317 mètres au-dessus d’un creux de terrain. Dans le centre du bourg a été mis en évidence un de ces regards espacés tous les 77 mères qui permettaient de passer en inspection l'état de l'aqueduc. Mais le plus spectaculaire est dans le secteur du Plat de l’Air. Sur les 550 mètres de l’alignement, des 92 arches de l’aqueduc romain, 72 subsistent encore : de plus en plus hautes - jusqu’à 15 mètres - elles maintenaient le canal à bonne hauteur jusqu’au réservoir de charge du siphon de l’Yzeron surélevé de 10 mètres au-dessus du sol. La restauration des restes a commencé dès le début du XXe siècle et a été fortement poursuivie vers 1930 : il s’agit du mur de sa base et des 3 arches de hauteur décroissante par lesquelles s’amorce la descente jusqu’au pont-siphon de Beaunant, sur le territoire de Sainte-Foy-les-Lyon. Quant à l’architecture, on retiendra surtout le bel effet du parement extérieur des ouvrages. Il est fait de petites pierres taillées en forme de chevilles à tête carrée enfoncées dans la masse. L ’ensemble a l’aspect d’un réseau de mailles d’où le nom d’appareil réticulé.

Moyen Âge et temps modernes

Un site prédestiné alt=porte du château de Chaponost|vignette|Porte du château de Chaponost. La géographie a joué un rôle déterminant dans le choix du site où est née la communauté villageoise de Chaponost. À la source du Merdanson, on se trouve au point de contact entre les deux éléments complémentaires du terroir. D’une part, par rapport au plateau qui constitue la partie haute de la commune, d’une altitude moyenne de 300 mètres, on est en un point central à partir duquel on peut rayonner dans les directions du nord, de l’ouest et du sud pour vaquer à ses travaux agricoles sans marches d’approche épuisantes. On est, d’autre part, au commandement de la partie basse formée par le bassin-versant du Merdanson qui a ouvert une grande entaille en direction du sud-est jusqu’à rejoindre vers 220 mètres le sillon par lequel il devient affluent du Garon. C’est à ce contact précis qu’a été édifié le château dont la première mention figure dans un manuscrit de 1285. Dans une analyse topographique plus fine, on notera encore que son emplacement vers 300 mètres est en contrebas d’un léger dos de terrain qui, à environ 330 mètres, est le point d’inflexion entre les bassins-versants de l’Yzeron au nord et du Garon au sud. On comprend donc l’existence d’une source suffisamment alimentée pour le remplissement des douves dont le château était entouré, franchies par un pont-levis. On n’y pêchait que sur délivrance d’un permis ! Il faut se contenter de ces détails pour imaginer son architecture. Le seul vestige en est la porte d’entrée préservée de la destruction lors de l’aménagement de la place maréchal Joffre.

Une tutelle religieuse L’autorité exercée sur le territoire de Chaponost évoquée dans la bulle du pape Eugène III par le chapitre lyonnais de Saint-Irénée ne devait prendre fin qu’en 1790 avec la Constitution civile du clergé et la vente des biens d’église comme biens nationaux. Pendant de longs siècles, en l’absence d’église paroissiale, les fidèles ne pouvaient participer aux offices religieux que dans la chapelle du château. Cette autorité spirituelle se doublait de pouvoirs temporels que les chanoines exerçaient par l’intermédiaire d’un capitaine-châtelain. Celui-ci assurait « tout à la fois des fonctions administratives, judiciaires et militaires. Le rôle essentiel du château est de matérialiser le pouvoir et de protéger les revenus de la seigneurie (les denrées des redevances seigneuriales et banales ainsi que des individus qui les produisent avec bêtes et outils) ». Car aux richesses de leur domaine propre, les chanoines ajoutaient celles qu’ils prélevaient en nature au titre de la dîme. Le lieudit Dimerie qui désigne aujourd’hui l'EHPAD perpétue le souvenir de l’aire de battage des céréales avant leur emmagasinage dans le château. Le cuvier seigneurial comportait un cuvage, avec pressoir et cuves, ainsi qu’un cellier. Au fil de siècles, les chanoines se sont montrés de moins en moins soucieux d’exercer leur autorité comme en témoigne l’état d’abandon du château à la veille de la Révolution. Seuls étaient encore entretenus les locaux correspondant à l’activité agricole.

Fiefs et maisons des champs