Le , l'Avro 146-RJ 85 effectuant le vol LaMia 2933, un vol charter international transportant l'équipe de football brésilienne du Chapecoense entre Santa Cruz de la Sierra, en Bolivie, et Medellín, en Colombie, s'écrase contre la crête d'une montagne, faisant parmi les à son bord, dont seules six survivent au crash. Le club s'apprêtait à disputer à Medellín le match aller de la finale de la Copa Sudamericana 2016 face à l'Atlético Nacional. L'un des quatre membres d'équipage, trois des joueurs et deux autres passagers ont survécu avec des blessures.
Le rapport officiel de l'agence colombienne de l'aviation civile, Aerocivil, a conclu que les causes de l'accident sont une panne de carburant due à un plan de vol inapproprié de la compagnie aérienne et une erreur de pilotage, notamment une mauvaise prise de décision des pilotes alors que la situation empirait, y compris l'omission de déclarer une urgence pendant 36 minutes après que les niveaux de carburant sont devenus critiques, omettant ainsi d'informer le contrôle de la circulation aérienne de Medellín - jusqu'à quelques secondes avant que les quatre moteurs de l'avion ne s'éteignent, et à 11 milles nautiques (18 km) de l'aéroport - qu'un atterrissage immédiat était nécessaire.
Contexte Avion thumb|left|L'appareil impliqué dans l'accident, sous son ancienne immatriculation (N523XJ), alors exploité par Mesaba Airlines, pour le compte de Northwest Airlink, ici en juin 2012. L'appareil impliqué est un Avro 146-RJ 85 de la compagnie aérienne bolivienne LaMiaAFP, « Un avion transportant l'équipe brésilienne de football Chapecoense s'est écrasé en Colombie » sur Le Huffington Post, 29 novembre 2016., immatriculé CP-2933 (numéro de série E2348) et qui cumule 21 640 heures de vol et 19 737 cycles (décollage/atterrissage) au moment de l'accident.
Selon un porte-parole du constructeur BAE Systems, cet avion de transport régional, propulsé par quatre moteurs Lycoming LF507-1F, a été mis en service en 1999..
Il a été racheté en 2013 par LaMia, après avoir préalablement servi dans deux autres compagnies aériennes, Mesaba Airlines (1999-2007) et CityJet (2007-2013)https://www.planespotters.net/airframe/British-Aerospace/BAe-146/E2348/CP-2933-LAMIA-Bolivia , et avoir été stocké entre 2010 et 2013.
Équipage Le commandant de bord était Miguel Alejandro Quiroga Murakami (36 ans), ancien pilote de la Force aérienne bolivienne (FAB), et qui avait auparavant volé pour , qui exploitait également des Avro 146-RJ 85. Il a ensuite rejoint LaMia en 2013 et, au moment de l'accident, il était l'un des copropriétaires de la compagnie aérienne, ainsi qu'instructeur de vol. Au moment de l'accident, il avait cumulé 6 692 heures de vol, dont 3 417 heures sur Avro 146.
Le copilote était Fernando Goytia (47 ans), qui était également un ancien pilote de la Force aérienne bolivienne. Il a obtenu sa qualification sur ce type d'avion cinq mois avant l'accident, et totalisait 6 923 heures de vol, dont 1 474 heures sur Avro 146.
Sisy Arias (29 ans), pilote en formation, était dans le cockpit en tant qu'observatrice. Elle avait été interviewée par la télévision bolivienne peu avant le vol.
Déroulement de l'accident Le vol 2933 transportait 73 passagers et quatre membres d'équipage depuis l'aéroport international de Viru Viru, dans la ville bolivienne de Santa Cruz de la Sierra, et à destination de l'aéroport international José-María-Córdova de Medellín, en Colombie, et situé à proximité de Rionegro. Parmi les passagers se trouvaient 22 joueurs du club brésilien Associação Chapecoense de Futebol, 23 membres du personnel du club, 21 journalistes et deux invités. L'équipe se rendait à Medellín pour jouer son match aller de la finale de la Copa Sudamericana 2016 contre l'Atlético Nacional.
thumb|left|Carte représentant l'itinéraire du vol 2933, la ligne rouge correspond au vol réel et la bleue au vol programmé La demande initiale du Chapecoense d'affréter le vol 2933 pour l'ensemble du trajet depuis São Paulo jusqu'à Medellín a été refusée par l', car la portée limitée des accords concernant les libertés aériennes entre les deux pays, selon les règles de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI), aurait nécessité le recours d'une compagnie aérienne brésilienne ou colombienne pour un tel service.. Le club a choisi de conserver le vol de LaMia et a organisé un autre vol avec Boliviana de Aviación de São Paulo à Santa Cruz de la Sierra, en Bolivie, où il a embarqué à bord de l'avion de LaMia. La compagnie aérienne avait déjà transporté d'autres équipes pour des compétitions internationales, dont le Chapecoense et l'équipe d'Argentine de football, qui avaient volé sur le même avion deux semaines auparavant. Le vol depuis São Paulo a atterri à Santa Cruz à 16 h 50, heure locale.
Le vol 2933 a quitté Santa Cruz à 18 h 18, heure locale. Le plan de vol initial comprenait une escale de ravitaillement en carburant à l'aéroport Capitán Aníbal Arab de Cobija, près de la frontière entre la Bolivie avec le Brésil ; cependant, le départ tardif du vol signifiait que l'avion n'arriverait pas à Cobija avant l'heure de fermeture de l'aéroport. Un agent de l'Administration des aéroports et des services de navigation aérienne de Bolivie (AASANA), à Santa Cruz de la Sierra, a rejeté à plusieurs reprises le plan de vol de l'équipage pour un vol direct vers Medellín, malgré les pressions pour l'approuver, en raison du fait que le rayon d'action de l'Avro 146 étant presque identique à la distance de vol. Le plan de vol a cependant été approuvé par un autre agent de l'AASANA. La distance entre les aéroports de Santa Cruz et de Medellín est de 1 598 milles (2 959 km). Une escale à Cobija aurait divisé le vol en deux segments, un segment initial de 514 milles nautiques (952 km) jusqu'à Cobija, suivi d'un vol de 1 101 milles nautiques (2 039 km) jusqu'à Medellín, soit une distance totale de 1 615 milles nautiques (2 991 km).
L'équipage prévoyait une consommation de carburant de 8 858 kg pour son itinéraire prévu (dont 200 kg pour le roulage). Après le ravitaillement à Santa Cruz, le vol 2933 avait 9 073 kg de kérosène dans ses réservoirs. La réglementation de l'OACI aurait exigé qu'ils transportent une charge totale de carburant de 12 052 kg, pour permettre l'attente, le déroutement et d'autres éventualités. Les réservoirs de carburant de l'Avro 146 ont une capacité de 9 362 kg. Vers 21 h 16, à environ 180 milles nautiques (333 km) de leur destination, un voyant d'avertissement de faible niveau de carburant s'est allumé dans le cockpit. À ce moment-là, ils étaient à 77 milles nautiques (142 km) de Bogotá, mais l'équipage n'a pris aucune mesure pour se dérouter là-bas, ni pour informer le contrôle aérien de la situation. L'avion a ensuite continué son vol et a commencé sa descente vers Medellín à 21 h 30.
Un autre avion, le vol 8170 de VivaColombia, avait été dérouté vers Medellín par rapport à sa route prévue, entre Bogotá et San Andrés, en raison d'une fuite de carburant présumée. Les contrôleurs aériens de Medellín ont donné la priorité à cet avion pour atterrir et, à 21 h 43, l'équipage du vol 2933 a reçu l'ordre d'entrer dans un circuit d'attente à la balise VOR de Rionegro et d'attendre avec trois autres avions son tour pour atterrir. L'équipage a demandé et obtenu l'autorisation d'attendre à un point de cheminement RNAV, appelé GEMLI, à environ 5,4 milles (10 km) au sud du VOR de Rionegro. En attendant l'atterrissage de l'autre avion, au cours des 15 dernières minutes du vol, l'Avro 146 a effectué deux tours du circuit d'attente., ce qui a ajouté environ 54 milles nautiques (100 km) à sa trajectoire de vol.
thumb|Trajectoire de vol de l'avion au cours des 15 dernières minutes du vol 2933. L'étoile orange indique l'emplacement où les signaux ADS-B ont été perdus. Une explosion rouge indique le site de l'accident. À 21 h 49, l'équipage a demandé la priorité pour l'atterrissage en raison d'un « problème de carburant » non spécifié, et on lui a dit de s'attendre à une autorisation d'approche dans « environ sept minutes ». À 21 h 52, soit 36 minutes après que l'avertissement de bas niveau de carburant à bord ait informé l'équipage de sa situation, l'équipage a finalement déclaré une urgence de carburant et a demandé une autorisation de descente immédiate et des « vecteurs » pour l'approche. À 21 h 53, alors que le vol 2933 approchait de la fin de son deuxième tour du circuit d'attente, les moteurs n°3 et 4 (les deux moteurs de l'aile droite) se sont éteints, en raison d'une panne sèche ; puis les moteurs n°1 et 2 se sont éteints deux minutes plus tard, moment auquel l'enregistreur de paramètres (FDR) a cessé de fonctionner. Peu avant 22 h 00, alors qu'il volait dans l'espace aérien colombien, entre les municipalités de La Ceja et de La Unión, le copilote a signalé une panne électrique générale et une panne de carburant. L'équipage a ensuite déclaré que l'avion se trouvait à une altitude de 2 700 m; la procédure pour un avion en approche pour atterrir à l'aéroport international José-María-Córdova stipule qu'il doit se trouver à une altitude d'au moins 3 000 m lorsqu'il passe au-dessus du VOR de Rionegro. Le radar du contrôle aérien a cessé de détecter l'avion à 21 h 55, heure locale, alors qu'il descendait dans les montagnes au sud de l'aéroport.
À 21 h 59, l'Avro 146 a percuté la crête d'une montagne, connue sous le nom de Cerro Gordo, à une altitude alors qu'il volait en direction du nord-ouest, l'arrière de l'avion s'écrasant sur le côté sud de la crête, tandis que le reste du fuselage et le cockpit se sont immobilisés le long du versant nord de la montagne, qui est adjacente à l'installation de l'émetteur VOR de Rionegro, qui est en ligne avec la piste 01 de l'aéroport, et à environ 11 milles nautiques (18 km) de l'extrémité sud de la piste d'atterrissage.
Recherche et sauvetage Les hélicoptères de la Force aérienne colombienne n'ont pas pu se rendre sur place, en raison d'un épais brouillard présent dans la région, tandis que les secouristes sont arrivés deux heures après l'accident et ont trouvé les débris de l'avion éparpillés sur une zone d'environ 100 m de diamètre.
Ce n'est qu'à 2 heures du matin, le , que le premier survivant est arrivé à l'hôpital : Alan Ruschel, l'un des membres de l'équipe du Chapecoense. Six personnes ont été retrouvées vivantes dans l'épave ; le dernier survivant à être retrouvé est le footballeur Hélio Neto, qui a été découvert à 5 h 40. Le gardien remplaçant du Chapecoense, Jakson Follmann, a du subir une amputation de sa jambe droite, ce qui lui a probablement sauvé la vie.
Au total, 71 des 77 occupants de l'appareil sont morts dans l'accident. Le nombre de victimes était initialement estimé à 75, mais il a été révélé plus tard que quatre personnes n'étaient pas montées à bord de l'avion. Des membres de l'armée de l'air colombienne ont extrait des décombres de l'avion les corps des 71 victimes et les ont transportés vers une base aérienne à proximité. Ils ont ensuite été conduits à l'institut de médecine légale de Medellín pour être identifiés.
Un des survivants du crash, Erwin Tumiri, raconte que, pendant la chute finale de l'avion, beaucoup de passagers paniqués se sont levés de leur siège en pleurant et en criant. Lui-même se met en position de sécurité et cale ses jambes avec une valise, ce qui lui sauve probablement la vie« Crash de Chapecoense: Le technicien Erwin Tumiri raconte comment il a fait pour survivre à l'accident d'avion » sur le huffingtonpost.fr, 30 novembre 2016..
L'absence de recommandations de sécurité de la part de la compagnie aérienne a d'ailleurs été dénoncée par un autre survivant : .
Bilan humain L'avion transportait 77 personnes à son bord : 68 passagers et neuf membres d'équipage. Six survivants ont été retrouvésLeMonde.fr avec AFP et AP, « Un avion transportant une équipe de football brésilienne s’est écrasé en Colombie » sur Le Monde, 23 novembre 2016..