Neal Oxenhandler est un professeur de littérature française et écrivain américain de la seconde moitié du . Promoteur des lettres modernistes ouvert à l'herméneutique que propose la phénoménologie existentialiste et sensible à une lecture psychanalytique qui dépasse, grâce à la littérature comparée, la seule compréhension littérale d'une œuvre, il est l'auteur de la première étude en langue anglaise du théâtre de Jean Cocteau et d'un unique roman, dans lequel il témoigne, à travers le récit de sa propre conversion, d'une réinvention, appelée par la Shoah, de la foi catholique telle que l'illustrent Max Jacob et Simone Weil.

Biographie Tradition et modernité juives en héritage (1926-1943) Neal Oxenhandler et sa cadette Nancy, qui épousera le fondateur de l'agence Fleishman-Hillard, « Funeral notice », in St. Louis Post-Dispatch, , Saint-Louis du Missouri, 15 mars 1997., naissent dans une famille ashkénaze« Neal Oxenhandler », in Herald Tribune, Sarasota, 10 septembre 2011.. Leurs parents, Joseph Oxenhandler, dit Joe, et Billie Lutsky ( - )« Billie Oxenhandler (Lutsky) », in BillionGraves, Kaysville, 2016., adhèrent à la , un mouvement Massorti universaliste fondé en 1884 dans le Missouri qui dénie toute supériorité au peuple élu, récuse l'inégalité des sexes dans le culte et permet aux femmes d'être rabbin mais reste quant à la coutume juive profondément traditionaliste.

Du GI au docteur (1944-1955) vignette|GI conduisant les habitants de , près de Passau, devant les déportés abattus durant leur marche de la mort vers FlossenbürgCollection n° 4700-06, cote EA 067312, Musée impérial de la guerre, Londres.. Enrôlé à l'âge de dix-huit ans, en 1944, dans la d'infanterie, Neal Oxenhandler est de ceux qui découvrent à la fin de leur adolescence l'inimaginable en libérant le camp de concentration nazi de Flossenbürg et son satellite de . Décoré de l'Insigne du fantassin combattant () pour sa campagne d'Allemagne, il fait partie des troupes débarquées à Yokohama en , après un mois de navigation, pour occuper le Japon.

Démobilisé en , il s'inscrit à l'université de Chicago, où il obtient son baccalauréat ès arts () en 1948. À l'automne, il est envoyé dans le cadre de la charte du GI étudier pendant une année à la Sorbonne.

À son retour, à l'automne 1949, il s'inscrit à l'université Columbia, à New York, mais c'est à Chicago qu'en 1950 il se marie. Il sort en 1951 de Columbia diplômé d'une maîtrise en « études françaises » et exerce pendant une année comme lecteur de français à l'université de Saint-Louis. C'est là, dans sa ville natale, qu'il se convertit au catholicisme.

À la rentrée 1952, il s'engage dans la carrière universitaire, en tant qu'instructeur assistant, à Yale tout en y approfondissant ses études. Il y a pour professeur , Journal of Rehearsals. A Memoir., , Duke University Press, Durham (Caroline du Nord), 1997 . et est reçu docteur () en 1955 après avoir passé l'année 1953-54 à l'université de Florence grâce à une bourse Fulbright.

Professeur de civilisation française (1956-1968) vignette|Faculté des Sciences sociales et des humanités de l'UCSC où Neal Oxenhandler enseigne la civilisation française pendant trois années, de 1966 à 1968. Neal Oxenhandler enseigne la civilisation française dans un premier temps à Yale. Parmi ses élèves figure Bartlett GiamattiYale Department of French Newsletter, , université Yale, New Haven, février 2006.. Promu professeur assistant, il mute en 1957 pour à l'Université de Californie à Los Angeles, où il est nommé en 1960. Avec des collègues, il participe à la mise en place d'un « concours de lecture », série de présentations publiques de livresBulletin , vol. 14, n° 13, UCLA, Los Angeles, 7 avril 1961.. Parmi ses élèves figure Janis Glasgow, future comparatiste de renommée internationale qu'il oriente vers l'étude de George Sand et des femmes écrivains« Janis Glasgow », George Sand Association, Hempstead (New York), 2016..

En 1965, il est de la première promotion d'enseignantsBruce D. Larkin., Photographie souvenir, Santa Cruz de Californie, automne 1965. attachés au « Press Kit - 1965-1974 Photos », UCSC, Santa Cruz de Californie, novembre 2016.. Adossée à la Faculté des Sciences sociales et des Humanités, c'est une résidence étudiante que l'université de Californie à Santa Cruz aménage cette année là au bord de la baie de Monterey. Neal Oxenhandler y encadre avec des une quinzaine d'étudiants et participe à l'aventure qu'est la fondation de La Maison francophone, section de la faculté où les résidents s'astreignent à ne parler que français.

L'année suivante, il accède au titre de professeur de plein exercice. Sensible au cinéma de la Nouvelle Vague et aux liens que celle-ci tissent avec la littérature, il crée avec le professeur Peter D. Smith une cinémathèque universitaire, de droit privé, qui obtient un prestige certain dans le monde de l'industrie cinématographique et existe toujoursMary S. Donin, « Peter D. Smith Director, Emeritus Hopkins Center for the Arts », in Special Collections, "Peter Smith Interview", , collège de Dartmouth, Hanover (New Hampshire), 26-27 février 2003..

Professeur de littérature comparée à Dartmouth (1969-1986) vignette|Le siège de la chaire de littérature comparée du collège de Dartmouth, dont Neal Oxenhandler devient titulaire en 1980 pour cinq ans. En 1969, Neal Oxenhandler quitte l' et rejoint le corps enseignant du collège de Dartmouth, en Nouvelle-Angleterre. En intégrant la plus petite université de l'Ivy League, il fait venir son ami Peter Smith pour mettre en œuvre, sur le modèle de leur cinémathèque, et diriger le nouveau Centre Hopkins pour les artsMary S. Donin, « Peter D. Smith Director, Emeritus Hopkins Center for the Arts », in Special Collections, "Peter Smith Interview", , collège de Dartmouth, Hanover (New Hampshire), 26-27 février 2003.. Au collège de Dartmouth, il se spécialise en littérature comparée et en 1973 il est gratifié d'une maîtrise honoris causa de cette matière.

Père de trois enfants animé d'une foi de plus en plus fervente à l'instar de Max Jacob, figure de l'écrivain Juif converti, il divorce en de sa première femme, le peintre Jean RomanoD. Ferry, « this week », in The New York Times, New York, 8 avril 1979., pour se remarier le , selon le rite catholique. Le ménage, qui passe ses vacances sur l'île floridienne de SanibelSanibel-Captiva Islander, n° 25, , Sanibel, 24 juin 1986., se reforme autour des deux filles issues du premier lit.

De 1977 à 1980, parallèlement à son enseignement, il fait fonction de rédacteur en chef pour l'Association de langue moderne d'Amérique ().

En 1980, le collège de Dartmouth lui attribue pour cinq années la chaire de littérature comparée, où il a pour collègue James W. HoffmanSpirit of Jefferson Farmers's Advocate, , Jefferson (New Hampshire), 13 août 1981. L'année suivante, il a l'honneur de se voir confier par , ex dans le gouvernement Carter, la direction du séminaire estival de littérature comparée organisé par la Fondation nationale pour les sciences humaines (), un organisme financier d'état piloté par des personnalités indépendantes du monde universitaire. Le séminaire, doté d'une subvention de soixante dix mil dollars, bénéficie d'une diffusion fédérale et sert à la formation continue des enseignants.

Professeur émérite (1987-1994) vignette|gauche|Le siège de la chaire de français et italien, que Neal Oxenhandler a occupée de 1987 à 1991. Il est partagé au sein du collège de Dartmouth avec les études germaniques, hispaniques et lusitaniennes. vignette|Le Département Edward Tuck, fondé en 1900, où Neal Oxenhandler, à partir de 1987, enseigne le français à de futurs dirigeants américains ou étrangers. En 1987, Neal Oxenhandler est nommé titulaire de la chaire de Langues et littératures françaises et italiennes. Parallèlement, il se voit confier l'enseignement du français aux élèves de l'école de commerce TuckE. Burakian, Dartmouth College Organization, Regulations, and Course, vol. LXXV, n° 10, , Collège de Dartmouth, Hanover (New Hampshire), septembre 2014., qui prépare à une maîtrise en administration des affaires ().

À soixante-cinq ans, en 1991, parvenu à l'âge de la retraite, il doit renoncer à sa chaire mais continue d'exercer en tant professeur émérite. Cela lui laisse le loisir de créer en 1993 un prix annuel, portant son nom, qui récompense une œuvre originale de littérature comparée.

Retraite floridienne (1995-2011) L'année suivante, il met un terme à vingt cinq années d'enseignement au collège de Dartmouth pour se retirer à Sarasota, au soleil de Floride. Il s'offre quelques croisières antillaises en donnant des conférences embarquées qu'organisent l' et participe à la vie culturelle locale« On the Edge », in Sarasota, , Sarasota, 3 janvier 2002..

Œuvre didactique Manuels scolaires Avec R. J. Nelson, Aspects of French Literature, , New York, 1961. French Literary Criticism: the Basis of Judgment, Prentice Hall, Upper Saddle River, 1966, 213 p.

Articles encyclopédiques « Ransom, John Crowe », in Lexikon der Weltliteratur im 20. Jahrundert, vol. II, , , Fribourg, 1961. « Roethke, Theodore », ibidem, . « Schapiro, Karl Jay », ibidem, . « », ibidem, . « Wilson, Edmund », ibidem, .

Conférences Feminism and the Fate of Desire, Collège de Dartmouth, Hanover (New Hampshire), . The French and American Novel, 1950-1980., NEH, Clemson, -. Avec Erik Aschengreen, Dore Ashton, Naomi Greene, Annette Shandler Levitt, Jann Pasler, Marjorie Perloff, Alice Rayner & Frank W.D. Ries, Jean Cocteau and the Parisian Avant-Garde, , Irvine (Californie), 17 & .

Exposés critiques « Paul Éluard », , vol. II, n° 4, , Université de Chicago, Chicago, « The Lost Chateau », in , vol. VII, n° 3, , Princeton (New Jersey), . « Nekrassov and the Critics », in , n° 16, , Yale University Press, New Haven, . « On Cocteau », Film Quarterly, vol. XVIII, n° 1, , UC Press, Oakland (Californie), . « Can Genet be Saved? Remarks on The Blacks », , vol. XVI, n° 4, , UW Press, Madison (Wisconsin), , rééd. in dir. Sh. R. Gunton, Contemporary Literary Criticism, vol. XIV, , Gale Research, Détroit, 1980.

Œuvre critique Psychocritique « The Balcony Of Charles Baudelaire », in , n° 9 "Symbol and Symbolism", , Yale University Press, New Haven, 1952, réed. , . « Jacob's Struggle with the Angel », in , n° 12, , Yale University Press, New Haven, . « Jean Cocteau: Theatre as Parade », in , n° 14, , Yale University Press, New Haven, . « Marcel Proust and the Drama of Perception », in Man and World, vol. II, n° 1, , . « The Metaphor of Metaphor in La Nausée », in , vol. XV , n° 4, , université de Chicago, Chicago, . « Dialectic and Rhetoric in La guerre de Troie n'aura pas lieu », in , IX, n° 2, , JHUP, Baltimore, . « Le Mythe de la persécution dans l'œuvre de Jean Cocteau », in La Revue des lettres modernes, n ° 298-303, , Classiques Garnier, Paris, 1972. « A Hero of Eros: Hysteria and the Question of Closure in Mallarmé's Hérodiade », in Stanford French Review, IX, n° 3, , université Stanford, Palo Alto, . « The Bodily Experience of Simone Weil », in , XXXIV, n° 3, , JHUP, Baltimore, 1994.

Théorie esthétique Pour une nouvelle critique « Paul Valéry's Aesthetics », in , JHUP, Baltimore, . « Disobedience », in New Directions in Prose and Poetry, vol. XIV, , New Directions Publishing, New York, 1953. « Ontological in America and France », in Modern Language Review, vol. LV, n° 1, , , Cambridge, . « Paradox and Negation in the Criticism of Maurice Blanchot », in Symposium, vol. XVI, n° 1, , . « Toward the New Aesthetic », in , vol. XI, n° 2, , UW Press, Madison (Wisconsin), « The Place of Literature in the Work of Maurice Merleau-Ponty », in Kentucky Romance Quarterly, vol. XVII, n° 2, , Taylor & Francis, Lexington (Kentucky), 1970.