Nordpresse (par opposition à Sudpresse) est un site d'information parodique belge créé par Vincent Flibustier. Commençant par parodier Sudpresse, le site utilise également des noms de domaines ressemblant à ceux de médias français pour crédibiliser ses informations. Sa ligne éditoriale reprend les grandes lignes de l'actualité polémique qui fait réagir sur internet. Le site et son fondateur, Vincent Flibustier, ont fait l'objet de diverses condamnations et affaires judiciaires.

Plusieurs médias francophones considèrent que certaines publications du site parodique Nordpresse s'éloignent de la satire pour se rapprocher de la désinformation dépourvue d'aspects humoristiques. Selon Vincent Flibustier, l'objectif est de s'inscrire dans une démarche d'inoculation psychologique visant à renforcer la capacité du public à identifier et à résister aux infox et d'éduquer les lecteurs à développer leur esprit critique.

Histoire et évolution du site Le site est fondé en , en référence à Sudpresse., avec la volonté initiale de parodier les journaux publiant uniquement des faits divers et ..

Dirigé par Vincent Flibustier, un animateur radio, influenceur, conférencier et formateur. belge né en 1990, le site a connu plusieurs statuts juridiques. Il a été administré par la SPRL Nordpresse Productions., puis par une société basée en Estonie.. Depuis , l'ASBL NP Infos prend en charge la gestion du site. sous l'administration de Vincent Flibustier.. Nordpresse publie des articles satiriques et parodiques, des billets et des publireportages.

Selon Vincent Flibustier, Nordpresse a été créé lors d'un après avoir lu un article de Sudpresse et .. Le but initial était selon lui de et précise .. Le site parodique évolue alors peu à peu vers un concept plutôt porté sur la critique des médias en général et un esprit éducatif.

Analyses et critiques

Aspect parodique du site Nordpresse fait usage de cloaking en reprenant des noms de domaine ressemblant à des médias français comme FranceInfoTele.com ou LeCanardEnchaine.net afin de crédibiliser ses articles... En 2023, Vincent Flibustier affirme regretter cette forme d'action.

Selon Jean-Jacques Jespers, professeur de déontologie de l'information à l'ULB, Nordpresse est de site d'information parodique car il mélange vraies et fausses informations, conduisant à l'absence de contrat de lecture clair : selon lui, .

Une journaliste de Numerama met en doute l'objectif du site, , faisant un parallèle avec les activités de l'usine à trolls Internet Research Agency pendant l'élection présidentielle américaine de 2016.

Sur La Libre, un éditorialiste estime quant à lui que l'auteur du site crée des et recherche ..

Accusations de propagation d'idées d'extrême droite, complotistes et antisémites Libération et Arrêt sur images remarquent que le fondateur n'hésite pas à partager ses canulars sur les pages Facebook de militants d'extrême droite afin qu'ils soient plus largement diffusés. Selon Libération, plusieurs journalistes, tels qu'Isabelle Kersimon, reprochent alors à Vincent Flibustier de diffuser des idées d'extrême droite sous couvert d'humour noir. En réponse à ces accusations, ce dernier se défend de cette proximité politique en rappelant avoir eu plusieurs procédures judiciaires contre le Front national ou des . Il précise par ailleurs que ses canulars ont surtout un objectif pédagogique estimant qu'. Interrogé dans l'émission Complément d'enquête concernant le fait que ses articles sont parfois relayés par la , Vincent Flibustier assume tout en avouant néanmoins qu'il joue parfois un jeu dangereux. Les deux journalistes qui l'ont interviewé précisent cependant qu'il ne croit pas dans les infox qu'il diffuse, que Vincent Flibustier cherche juste un moyen d'obtenir sa en profitant du business de la désinformation.

Le site relève que Vincent Flibustier a relayé plusieurs propos complotistes et a partagé l'affiche d'une conférence avec l'essayiste belge Michel Collon.

Nordpresse est également accusé à plusieurs reprises de contribuer à la diffusion d'idées ou poncifs antisémites par le biais de ses publications parodiques .. Ainsi, en 2016, un article intitulé « Report de l'incinération de Shimon Peres, le four était un Bosch » crée la polémique et conduit le fondateur du site à publier un article dans lequel il affirme que s'autocensurer ferait .. L'année suivante, la Ligue belge contre l'antisémitisme émet le souhait de porter plainte contre Nordpresse à la suite d'une vidéo présentant .. En 2018, Nordpresse publie une infox visant Bernard Henri-Lévy qui, selon Rudy Reichstadt du site Conspiracy Watch, contient plusieurs poncifs antisémites ; il relève que la haine anti-juive prolifère dans les commentaires. En 2019, enfin, Frédéric Potier, délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT, signale au procureur de Paris le site campdeconcentration.com, créé en partie par Nordpresse, qui selon lui la Shoah..

Vincent Flibustier se défend de tout antisémitisme : selon lui, ..

Fermeture de la page Facebook du site La page Facebook du site est temporairement désactivée après une blague sur la mort de Johnny Hallyday, , avec la photo d'un cercueil, publiée le , alors que le chanteur est encore vivant. Le fondateur du site, Vincent Flibustier, dénonce le fait que les pages Facebook de sites d'extrême droite n'aient pas autant de problèmes qu'un site humoristique.. Le mois suivant, la page est définitivement supprimée pour violation des conditions d'utilisation, à l'image d'autres pages diffusant de fausses informations...

Accusation de censure politique durant l'affaire Benalla Au moment de l'affaire Benalla, le domaine se retrouve sur liste noire par Facebook, rendant le partage des publications sur site impossible.. Nordpresse dénonce une et une de la part du sommet de l'État français.., ce que l'entreprise dément.. L'équipe du Gorafi, un site parodique français, explique que le blocage procède peut-être des pratiques du site Nordpresse consistant à masquer son nom de domaine afin de piéger le lecteur..

L'affaire relance surtout le débat sur le contenu de Nordpresse, dont les canulars sont relayés au premier degré. Arrêt sur images qualifie le site d'ambigu, avec des canulars confinant aux , ce qui le différencie de sites comme Le Gorafi.....

Les publications de Nordpresse durant l'affaire Benalla relancent également une polémique entre Vincent Flibustier et le blogueur belge Marcel Sel. Cette polémique rejaillit à son tour sur le parti Ecolo belge, Vincent Flibustier se présentant aux élections communales de la Ville de Bruxelles sur leur liste. Durant cette polémique, il reçoit le soutien du député Benoît Hellings, qui affirme que .. Le , il annonce son retrait de la liste électorale en se disant .

Accusations mutuelles de harcèlement Après l'annonce de la parution d'un article consacré à Nordpresse, le site Arrêt sur images (ASI) affirme avoir reçu de nombreux messages de journalistes et d'intervenants de l'éducation aux médias qui demandant à garder l'anonymat . Ils affirment en privé être Le journal reconnait qu'il existe une entre Vincent Flibustier et ses détracteurs, évoquant les réseaux sociaux où et sont hostiles à ses interventions d'éducation aux médias dans les écoles. ASI précise que .

Par ailleurs, Vincent Flibustier s'estime lui-même harcelé. par le chroniqueur belge Marcel Sel ; il crée un site internet à son nom visant à le dénoncer, et porte plainte contre le polémiste pour harcèlement., ce que Marcel Sel qualifie de ..

Éducation aux médias et à l'esprit critique

Démarche pédagogique En 2016, Vincent Flibustier devient conférencier autodidacte en éducation aux médias et à l'information (EMI) et propose depuis des formations destinées aux élèves et aux enseignants dans le cadre de conférences sur .... Son objectif est de sensibiliser le public à l'importance de l'esprit critique et de promouvoir la vérification des informations.

Il base son approche pédagogique sur la théorie de l'inoculation., en expliquant que son objectif est d'interpeller principalement les individus en position d'hésitation sur certaines thématiques. Il cherche ainsi à leur faire prendre conscience des mécanismes d'influence et des dynamiques des différents courants d'opinion..

Avis divergents, réserves et oppositions des administrations belge et française En Belgique, Vincent Flibustier fait l'objet d'une circulaire informative signée par le secrétaire général de la Fédération Wallonie-Bruxelles. qui rappelle ses condamnations face au groupe SudPresse et précise aux enseignants et chefs d'établissement qu'ils peuvent se tourner vers d'autres intervenants.

En France, l'Éducation nationale affirme dans Libération que Vincent Flibustier est . Le ministère demande aux chefs d'établissements et enseignants français de ne pas inviter le formateur belge au motif que selon lui, Vincent Flibustier et a tenu au sujet de l'antisémitisme.

Un groupe de journalistes de L'Avenir, invité à une de ses conférences, précise que Vincent Flibustier sait aborder les questions essentielles de la désinformation et les différents types d'infox face aux adolescents en permettant notamment de détecter la désinformation et plus particulièrement ainsi que afin de récolter des revenus publicitaires.. Ils lui reprochent néanmoins un ton pouvant être léger, un manque de nuance et s'interroge si le conférencier n'alimente pas lui-même le complotisme en le confondant parfois avec l'esprit critique.

En 2019, Vincent Flibustier affirme dans une conférence en ligne portant sur les infox que les organismes de fact-checking cherchent à être , en ne diffusant que rarement des liens qui renvoient vers d'autres médias. Selon lui, le but serait de garder les lecteurs sur leur site afin . Cette information est contredite par les journalistes de la rubrique Checknews, qui déclarent que Libération propose pour sa part plusieurs liens vers d'autres médias concurrents dans ses articles.. La même année, Conspiracy Watch accuse Vincent Flibustier de s'être lors d'une conférence de formation aux infox..

En 2021, lors d'une émission dArrêt sur images portant sur la rentabilité des infox, la journaliste et éducatrice aux médias Aude Favre estime que la théorie de l'inoculation de Vincent Flibustier, qui a pour but de diffuser un maximum de fausses informations dans le but de pousser les internautes à développer leur esprit critique, ne fonctionne pas..

Affaires judiciaires

Condamnations

Condamnation pour outrage envers un journaliste Le , Sudpresse publie une cartographie des musulmans de Belgique en s'appuyant sur une étude contestée de l'UCLouvain. En réaction à cela, Nordpresse publie pendant quelques heures un article nommé en l'illustrant par la photo du journaliste, épinglée sur la région namuroise accompagnée d'un excrément. Sudpresse décide en conséquence de porter plainte pour divulgation d'informations personnelles et réclame de dommages et intérêts pour son journaliste, ce que conteste Nordpresse, qui estime que ces informations étaient publiques et présentes sur les comptes des réseaux sociaux du journaliste....

Afin de payer les frais de justice qu'il estime être d'une dizaine de milliers d'euros, Vincent Flibustier lance une campagne de dons qui permet de récolter .. Le , le tribunal de première instance de Bruxelles déclare la plainte de Sudpresse comme irrecevable et estime que son article et ses illustrations . Le groupe obtient néanmoins le retrait de l'article de Nordpresse.

Le , la Cour d'appel de Bruxelles contredit ce premier jugement et condamne Vincent Flibustier pour outrage à titre personnel à de dommages et intérêts ainsi qu'à au titre des frais de justice. La Cour souligne alors que le blogueur laissés en commentaires mais qu'il savait qu'en axant les attaques sur le journaliste de Sudpresse et en diffusant son portrait, il exposait ce dernier à la vindicte populaire..