vignette|316x316px|Schématisation des différents étages en Corse La Corse est connue pour sa topographie insulaire accidentée, avec une chaîne de montagne marquée la traversant du nord au sud. De ce fait, le climat que l'on retrouve sur l'île présente des caractéristiques très atypiques, ce qui crée de nombreux micro-climats entre chaque micro-région. Ainsi, l'étagement de la végétation dépend principalement des climats régnant le long des reliefs, c’est-à-dire de façon altitudinale, telle que la température, les précipitations, le rayonnement solaire mais aussi des conditions florales. Sept étagements de végétation sont ainsi présents sur l'Île de Beauté.

Les sept étagements altitudinaux de Corse Un étage de végétation est un ensemble des formations végétales liées à des conditions climatiques particulières, déterminées par l’altitude. De manière générale, les limites entre étages ne sont pas nettes mais s’interpénètrent. Au fur et à mesure que l'altitude augmente, la végétation est donc différente, on parle alors d'étagement altitudinal. Il existe deux régions climatiques en Europe : la région eurosibérienne et la région méditerranéenne.

La Corse comporte sept étages altitudinaux caractéristiques par leur climat mais aussi par la flore qu'ils présentent : « l’étage de végétation est l’expression d’un climat mais aussi d’une flore ».

+Tableau récapitulatif des différents étages retrouvés en Corse en fonction de leur altitude et du versant exposé ÉtageUbacAdretLittoralAbsent0 et 150 mètresMéso-méditerranéenInférieur0 et 400 mètres150 et 600 mètresSupérieur400 et 700 mètres600 et 1 000 mètresSupra-méditerranéen700 et 1 000 mètres1 000 et 1 300 mètresMontagnard 1 000 et 1600 mètres1 300 et 1 800 mètresSubalpinAbsentCryo-oroméditerranéenAbsentAlpinà partir de 2 100 mètresà partir de 2 200 mètres

Le littoral Cet étage constitue le premier étage que l'on retrouve en Corse, il est donc situé en bord de mer. Généralement, il constitue la limite de l'étage méso-méditerranéen, mais dans certains cas il peut commencer à la limite inférieure de l'horizon supérieur de l'étage méso-méditerranéen. La température moyenne annuelle est de l'ordre de 16 degrés Celsius et les précipitations moyennes annuelles sont comprises entre 400 et 500 millimètres. Le climat ne constitue pas un facteur limitant pour la végétation, cependant le sel constitue un facteur majeur et très limitant pour de nombreuses espèces végétales, dû aux embruns de l'eau de mer associés au vent.

Au niveau floristique, le littoral montre une richesse spécifique végétale importante formant des ensembles de végétation adaptée aux conditions imposées par le milieu. En effet, il existe différents types de substrats ayant une disponibilité en eau plus ou moins importante, une eau pouvant être plus ou moins salée. Ces facteurs abiotiques influent la répartition des plantes et leur capacité à établir des groupements floristiques. On peut distinguer deux types de milieux littoraux : les milieux dunaires et les milieux rupicoles.

Le milieu dunaire vignette|309x309px|Domaine dunaire de la plage de l'OstriconiCe milieu est extrêmement exposé au sel de mer amené par les courants pour former la plage. De ce fait, il existe sur le milieu dunaire un gradient de distribution des végétaux soumis aux apports de sel : dans un premier temps et plus proches de l'eau se situent des végétaux pionniers adaptés au sable très mobile, aux embruns salés et à la sécheresse, exemple : la soude épineuse, la roquette de mer, l'euphorbe des sables, l'ephèdre ; ensuite plus en arrière se situent des végétaux « architectes », ils contribuent à fixer le sable grâce à leur système de rhizome. Ces dunes sont souvent bordières et permettent de protéger les dunes plus reculées du vent, exemple : l'oyat, le chardon de mer ou panicaut de mer, le sporobole, la renouée maritime ; enfin derrière ces formations on peut retrouver des végétaux moins adaptés aux conditions littorales ainsi qu’au substrat mobile, exemple : le tamaris d'Afrique, le genévrier oxycedre. Mais il existe d'autres contraintes biologiques sur ce genre de milieu auxquels les végétaux doivent s'adapter : le vent, la pauvreté des substrats, le manque en eau douce (sécheresse).

Le milieu rupicole

Les milieux rupicoles sont constitués de parois rocheuses, de falaises littorales, d’éboulis. Généralement, les végétaux de ces milieux sont exposés directement à l'eau de mer par les vagues frappant les parois, ils sont de petites tailles alors que plus en arrière nous trouvons plutôt des végétaux de type arbuste.

En avant, sur les parois les plus les plus abruptes et les plus exposées aux vagues on retrouve des plantes halophiles strictes telles que des lichens crustacés noirs et des lichens orange, de la criste marine, de la statice articulée, de l'euphorbe sapinette, le lotier faux cyste ;

Plus en arrière, sur un substrat moins escarpé et moins exposé directement aux vagues, on retrouve des végétaux semi-halophiles tels que le plantin, la lavande de mer, l'immortelle d'Italie, le ciste de Crête, le genévrier oxycèdre et le pistachier lentisque.

L'étage méso-méditerranéen L’étage méso-méditerranéen a plusieurs frontières en Corse mais s’étend fréquemment jusqu’à d'altitude aux ubacs et d'altitude aux adrets.

En bord de mer, cet étage est présent sur quelques endroits et est régi par les gelées hivernales. Lorsque les gelées hivernales sont absentes, on parle de l’étage thermo-méditerranéen, ainsi sur les zones où le thermo-méditerranéen n’a pas pu s’implanter et les gelées sont présentes, on parle alors de l’étage méso-méditerranéen. Dans ces conditions le méso-méditerranéen commencera autour de d’altitude.

La végétation retrouvée est un maquis composé de cistaies, de forêts de caducifoliées, de forêts sclérophylles ou encore de fruticées naines. La différence entre l’étage thermo-méditerranéen et l’étage méso-méditerranéen est visible au niveau floristique par la disparition de végétaux très thermophiles. vignette|328x328px|Formation végétale maquis dans la région de Solenzara Cet étage est soumis au climat méditerranéen, c’est-à-dire des périodes de sécheresse estivale très marquées, des pics de précipitations importants en automne et au printemps ainsi que des températures hivernales assez douces. On peut distinguer deux horizons dans cet étage différents par leur cortège floristique : l’horizon inférieur et l’horizon supérieur. Ces deux horizons se caractérisent par des climax différents dépendants des facteurs du milieu tels que la température, les précipitations. Ainsi la flore change, celle qui est adaptée à des milieux secs et chauds n’est pas adaptée à des climats très rigoureux.

L'horizon inférieur L'horizon inférieur se situe entre 150 et 600 mètres d'altitude aux adrets et entre 0 et 400 mètres aux ubacs. Les températures moyennes annuelles retrouvées sont généralement de Celsius, et les précipitation moyennes annuelles entre . Le type de climat favorable est largement de type méditerranéen classique (hiver doux ; été chaud et sec ; fortes précipitations en automne et au printemps).

L’horizon inférieur de l’étage méso-méditerranéen est caractérisé par la présence du chêne-liège, du chêne vert, du ciste, de l’arbousier et de la bruyère.

Cet étage peut être séparé en quatre strates : la strate arborescente : cette strate est appelée "forêt" si elle est dominante. la strate arbustive basse et haute : la strate arbustive basse est composée d’arbustes, de fruticées ou de buissons pouvant mesurer de 1 mètre à tandis que la strate arbustive haute est composée de végétaux de . En Corse elle est appelée « maquis ». la strate arbustive basse "stricte" : composée d’arbustes, de fruités ou de buissons pouvant mesurer de 1 mètre à à l'état adulte pour la strate arbustive basse. la strate herbacée : composée de graminées, fougères, de végétaux non lignifiés pouvant mesurer jusqu’à . Elles constituent des pelouses, des prairies, des steppes ou des savanes. Cet étage est plutôt sec, les végétaux ont donc développé de nombreuses stratégies d’adaptation : adaptations morphologiques : port en coussinet, buisson dense (maintien d’un microclimat), réduction de la surface des limbes, réduction du nombre de stomates, rétraction des limbes autour des nervures, présence de poils réfléchissant la lumière, qui évitent la montée en température des limbes. adaptations anatomiques : cuticule épaisse, forte lignification, parenchyme aquifère (réserve d’eau). Les impacts anthropiques sont plutôt importants à l’étage méso-méditerranéen inférieur. Par exemple, il est fréquent que ces zones soit impactées par des incendies « accidentels » ou spontanés, ou bien volontaires dans le cadre d’un écobuage qui est une techniques des activités pastorales. D'ailleurs, le pastoralisme était important il y a quelques années, cela a eu un impact considérable sur la flore corse de l'horizon inférieur de l'étage méso-méditerranéen. Face à ces impacts anciens ou pas, les végétaux ont développé de nombreuses adaptations face à ce facteur écologique. Par exemple, on retrouve à cet étage des végétaux pyrophytes qui résistent aux incendies, d'autres ont une capacité à repartir de souche (comme les arbres et arbustes sclérophylles) ou bénéficient d'une capacité de régénération naturelle post-incendie. Sous ses contraintes, les formations végétales de ces milieux mettent en place une dynamique de la végétation leur permettant, après de nombreuses années, de retrouver un état de climax et plus précisément de paraclimax. L'horizon supérieur

L'horizon supérieur se situe à une altitude comprise entre 600 et 1 000 mètres d'altitude aux adrets et entre d'altitude aux ubacs. La température moyenne annuelle est autour de 12 degrés Celsius et les précipitations moyennes annuelles entre . Le climat favorable est de type eurosibérien.

L’horizon supérieur de l’étage méso-méditerranéen est caractérisé par la raréfaction des espèces thermophiles caractéristiques de l’horizon inférieur, telles que le myrte, le romarin, la filaire à feuilles étroites, et par la présence d’espèces mésophiles comme le houx, l’érable de Montpellier, du chêne pubescent ou du pin maritime. Mais il y a aussi une généralisation à l’étage méso-méditerranéen supérieur de la bruyère.

L'étage supra-méditerranéen L’étage supra-méditerranéen est intercalé entre le méso-méditerranéen et le montagnard. En Corse, la ceinture de végétation de cet étage s’étend sur les massifs à des altitudes proches des , plus précisément entre d'altitude aux ubacs et d'altitude aux adrets.

D’un point de vue climatique, les températures sont légèrement plus basses qu’à l’étage méso-méditéranéen avec une température moyenne annuelle de 10 degrés Celsius, la pluviométrie est beaucoup plus importante avec des précipitations moyennes annuelles comprises entre sous forme de neige pendant la saison d’hiver. Ces variations de pluviométrie sont en corrélation avec l’altitude et en fonction de la position des stations météorologiques. La saison de sécheresse est déjà moins longue que celle que l’on trouve à l’étage inférieur. Ainsi, le climat favorable à cet étage est le climat eurosibérien.

Le passage du méso-méditerranéen supérieur au supra-méditerranéen se traduit par la présence de quelques formations forestières à pin laricio, chêne pubescent et d’autres espèces. Le faciès de cet étage est aussi marqué par la présence de fruticées telles que le genêt de Salzman ou le genévrier oxycèdre. À cet étage, les forêts de caducifoliés sont largement dominantes avec formations de bois mixtes. On remarque un cortège floristique majoritairement eurosibérien à tendance méditerranéen mais il est possible de faire la différence entre ces deux variantes au sein des forêts que l’on retrouve.

L'étage montagnard