La Ferme de la Faisanderie est un ancien établissement agricole, qui était situé à l'est du bois de Vincennes à Paris. Historique La Ferme impériale de Vincennes

L’impératrice Eugénie de Montijo fait construire la ferme de la Faisanderie dans le bois de Vincennes, sur le territoire de la commune de Joinville-le-Pont en 1855. Le domaine, d’une superficie de vingt-deux hectares et est contigu à la Redoute de la Faisanderie. La ferme impériale comprenait deux grands corps de bâtiments, des hangars, une étable, les écuries et la maison des gardes, un pavillon à un étage réservé à l'ImpératriceGeorges Bousquié, Histoire de Joinville-le-Pont (XXII) : L’Impératrice Eugénie à la Faisanderie, in Le Vieux Saint-Maur, n° 38, 1958 p. 379-381..

À la fin du Second Empire, le domaine devient propriété de la Ville de Paris. Il est transformé en 1858 en ferme impériale, comme huit autres établissements, par exemple en Gascogne, en Champagne, en Sologne ou en Limousin. Les bâtiments d’exploitation sont agrandis et la ferme accueille en 1859 cent vaches suisses et normandes, un troupeau de deux cents moutons Southdown et sept juments percheronnesLéo de Bernard, La Ferme impériale de Vincennes, in Le Monde illustré 1866/04/07 (T18,A10,N469)..

Les troupeaux servent notamment à l’élevage de reproducteurs, vendus aux agriculteurs. À côté de l’exploitation agricole, un champ spécial d'expérimentation est constitué et placé sous la direction de Georges Ville, professeur au Muséum national d'histoire naturelle de ParisLa ville de Paris a ouvert au public en 1989 la Ferme Georges-Ville, établissement pédagogique proche de l’ancien site de la ferme de la Faisanderie.

La ferme impériale était ouverte aux visiteurs, qui pouvaient notamment déguster du lait pur, ce qui constituait une rareté pour les ParisiensÉmile de La Bédollière et Ildefonse Rousset, Le Bois de Vincennes, Librairie internationale, Paris, 1866, pp 31-34.. La surface exploitée couvrait 200 hectares, répartis sur Joinville-le-Pont, Nogent-sur-Marne, Fontenay-sous-Bois et VincennesAlcide Railliet, Histoire de l'École d'Alfort, Asselin et Houzeau, Paris, 1908..

La Ferme de l’École nationale vétérinaire d'Alfort

La guerre franco-allemande de 1870 avait vu la réquisition de la ferme impériale par l’armée. Son exploitation est rétrocédée à la Ville de Paris en . Elle le concède en à l’École nationale vétérinaire d'Alfort. En , un bail est signé pour une durée de dix-huit ans, avec l’Institut national agronomique, alors situé à VersaillesBulletin municipal officiel de Paris, 1932/06/30 (A51,N148). ; il retrouve la surface initiale de 24 hectares sur le territoire des communes de Joinville-le-Pont, et Saint-Maurice, portée ensuite à 46 hectares. L'École d’Alfort conserverait la jouissance des bâtiments qu'elle utilisait précédemment, aussi bien que des terrés, à l'exception d'un hectare environ réservé à l'Institut. L'Institut agronomique prit possession des locaux jusqu'alors inutilisés : grande vacherie, porcherie, hangar, pour y installer des laboratoires ou des annexes et les terres situées au voisinage immédiat des bâtiments furent transformées en jardins d'essais. Le domaine devint un laboratoire consacré à l'agriculture.

Le troupeau de la ferme de la Faisanderie est mis à la disposition de Louis Pasteur Auguste Brodin-Collet, M. Pasteur : la rage, le vaccin charbonneux, B. Tignol, Paris, 1886.qui y conduit des études pour déterminer le temps pendant lequel les animaux restaient vaccinésP. Forgeot, Traité des maladies infectieuses et contagieuses d'origine microbienne des animaux domestiques, Pierre Johannet, Paris, 1935.. Pasteur utilise une vacherie à double rang, pouvant contenir vingt-quatre vaches pour des expériences, concernant le charbon ou des recherches sur la péripneumonie.

Le bail octroyé arrivé à l’Institut agronomique et à l'École vétérinaire, qui arrivait à expiration en , est reconduit jusque . Il est alors dénoncé par le ministre de l'agriculture en et les locaux sont remis à la ville de Paris en . La Ferme de la Faisanderie En 1903, la Ville mit la Faisanderie en adjudication sur enchères, et Joseph Forge devint le titulaire du bail Bulletin municipal officiel de Paris, 1903/07/17 (A22,N190).. La ferme est de nouveau concédée en 1919, à François Bandy, comte de NalècheLe Petit Parisien, 1919/08/25 (N15539). Officier supérieur de cavalerie, chevalier de la Légion d'honneur, il est le fils de Louis Bandy de Nalèche, homme de lettres et député, et le frère d’Étienne Bandy de Nalèche, directeur du Journal des débats.

Les écuries de la Faisanderie comptaient des chevaux de course, notamment une cinquantaine de trotteurs qui profitent de la proximité l’hippodrome de Vincennes, situé sur le plateau de Gravelle, également dans le Bois de Vincennes. En survint un incendie où douze chevaux périrent carbonisés.

La ferme fait partie du territoire annexé à Paris par décret du et alors inclus dans le .

À la suite d'une décision prise en , l'École municipale et départementale d'horticulture et d'arboriculture est transférée en 1936 à la ferme de la Faisanderie tandis que son terrain, également dans le Bois de Vincennes est affecté à l'École colonialeBulletin municipal officiel de Paris, 1930/07/27 (A49,N172,T2).. Elle sera renommée École Du Breuil. Dirigeants Régisseurs de la Ferme impériale de Vincennes Lesénéchal, régisseur de la ferme de la Ménagerie de l’Institut agronomique de Versailles, est le premier régisseur de la ferme de la Faisanderie en 1859Conrad de Gourcy, Voyage agricole en France, en 1855, Bouchard-Huzard, Paris, 1859. ; Nanquette est régisseur en 1862Mémoires d'agriculture, d'économie rurale et domestique, 1862 et en 1865Conrad de Gourcy, Voyages agricoles dans le nord et le centre de la France en 1865, Bouchard-Huzard, Paris, 1867. ; Houdbine est régisseur en 1867Catalogue officiel des exposants récompensés par le Jury international, E. Dentu, Paris, 1867. et en 1869Jean-Jacques Gillet-Damitte, Le galéga, Gouin, Paris, 1869.. Chefs de cultures puis régisseurs de la Ferme de l’École nationale vétérinaire d'Alfort Paul-Juste Manoury est chef du service des cultures de 1874 à 1875 ; Charles Viet (1848-1911) est chef du service des cultures puis régisseur de 1875 à 1883. Il est ensuite régisseur de l'École d'Alfort. Inspecteur général honoraire au ministère de l'Agriculture, il est chevalier de la Légion d'honneurRecueil de médecine vétérinaire, 1911/11/15 (T88,N21). ; François Groux est régisseur de 1883 à 1884 ; Prudent Lachouille (1837-1921) est régisseur de 1884 à 1901. Il est maire de Belan-sur-Ource de 1914 à 1919 et officier du Mérite agricole Journal officiel, 1902/01/12 (A34,N11).. Régisseurs puis directeurs de la Ferme de la Faisanderie Gibouin est régisseur en 1904 ; Louis Caillon (1881-1969) est directeur de 1907 à 1935. Il est conseiller municipal puis adjoint au maire de Joinville-le-Pont (1925-1944)Bulletin municipal officiel Paris, 1942/03/18..

Voir aussi Articles connexes Institut national agronomique École nationale vétérinaire d'Alfort École Du Breuil Bois de Vincennes Joinville-le-Pont Carrefour de la Ferme-de-la-Faisanderie Sources Georges Bousquié, « Histoire de Joinville-le-Pont (XXII) : L’Impératrice Eugénie à la Faisanderie », in Le Vieux Saint-Maur, , 1958 ; Émile de La Bédollière et Ildefonse Rousset, Le Bois de Vincennes, Paris, Librairie internationale, 1866 ; Léo de Bernard, « La Ferme impériale de Vincennes », in Le Monde illustré 1866/04/07 ; Alcide Railliet, Histoire de l'École d'Alfort, Paris, Asselin et Houzeau, 1908.

Notes et références Notes

Références

Catégorie:Bois de Vincennes Catégorie:12e arrondissement de Paris Catégorie:Joinville-le-Pont Catégorie:Ferme à Paris Catégorie:École nationale vétérinaire d'Alfort