Boubaker El Hakim, né le à Paris et tué par un drone le ou dans la ville syrienne de Raqqa., est un djihadiste franco-tunisien.. et le plus haut gradé français de l'État islamique sous le nom de guerre d'Abou Mouqatel.
Il est, d'après les mots du journaliste David Thomson, une .
Guerre d'Irak et filière des Buttes-Chaumont
Boubaker El Hakim naît le dans le de Paris.. Vendeur chez Monoprix, il est élevé par sa mère, Habiba Ayari, au milieu de son frère (Redouane), de son demi-frère (Ali) et de ses deux demi-sœurs (Khadija, l'ainée, et Fatma, la cadette)..... Choqué par l'affaire Mohammed al-Durah, Boubaker El Hakim participe, sur les conseils de Khadija, à la manifestation propalestinienne organisée à Paris, place de la République, le , à la suite de laquelle il se met à pratiquer assidûment le culte musulman.. Il est le premier membre de la filière des Buttes-Chaumont à se rendre au Proche-Orient. En , à seulement , prétextant partir étudier l'arabe et l'islam, et comme la plupart des candidats au djihad attendant l'intervention américaine en Irak, il fréquente durant six mois les écoles salafistes et Zahra de Damas., d'où il passe clandestinement en Irak. Selon Fatma, Boubaker El Hakim avec Abou Moussab Al-Zarqaoui, futur chef d'Al-Qaïda en Irak, dès ce .. De retour à Paris en , il participe avec Farid Benyettou, dit , à l'élaboration dans le arrondissement d'une filière d'envoi de jeunes volontaires djihadistes en Irak, dite . Il dispose auprès des jeunes d'une aura particulière, du fait de son voyage sur place. Les frères Chérif et Saïd Kouachi font partie de ceux qui écoutent ses récits.
Selon ses propres déclarations, Boubaker El Hakim retourne le en Syrie, d'où il gagne l'Irak le ... Le ou , il est interrogé par le journaliste de RTL Mathieu Jego dans un camp d'entraînement pour djihadistes, encadré par la garde républicaine irakienne, à une trentaine de kilomètres de Bagdad : ... Puis, il évoque l'ennemi : .. Quatre jours plus tard, dans un reportage de la chaîne de télévision française LCI, il défie à nouveau les États-Unis : .. Selon le journaliste Karim Baouz, il participe à la bataille de Bagdad, qui se solde par une défaite de l'armée irakienne. En , il perd tous ses effets personnels et documents d'identité, possiblement lors du pillage de l'. Il regagne alors la Syrie en voiture où il se fait interpeller démuni de tous ses papiers d'identité. Il est emprisonné à Damas par les services secrets syriens avant d'être expulsé vers la France, le . Malgré ses propos dans les médias, El Hakim n'est pas inquiété à son retour en France. Respecté dans son quartier pour ses faits d'armes, il structure la . Formée d'amis de quartier fréquentant la mosquée Adda'wa sur la rue de Tanger, dont les frères Kouachi, la filière est structurée autour d'un chef spirituel, Farid Benyettou, alors que Boubaker El Hakim joue le rôle du relais opérationnel auréolé de ses actes de guerre. Une dizaine de membres de la bande rejoignent l'Irak au milieu des années 2000, où trois d'entre eux perdront la vie. Il envoie Mohamed el-Ayouni et Peter Cherif participer à la bataille de Falloujah. Le premier est blessé à trois reprises , perd un tiers de son bras gauche, l'usage de son œil gauche et en partie celui d'une jambe ; le second est capturé par les forces de la coalition, jusqu'à ce que sa prison soit attaquée par des rebelles et qu'il en profite pour s'évader avec détenus.
En , il retourne pour la troisième fois en Irak, accompagné cette-fois par son frère cadet de 18 ans, Redouane. À Falloujah, fief d'Abou Moussab al-Zarqaoui, Boubaker El Hakim supervise la répartition dans les différents groupes des volontaires français et tunisiens. Dans une note qu'elle lui consacre le , la DST relève qu'il . Le journaliste David Thomson rappelle en 2016 la complaisance historique du régime syrien avec les djihadistes : .. Avec son groupe, El Hakim pose des mines de qu'il déclenche au passage de convois américains, ce qui lui vaut les compliments du cheikh , imam radical de Falloujah, qui deviendra une décennie plus tard l'un des prédicateurs les plus appréciés de l'État islamique. Le , Redouane El Hakim est tué par un bombardement américain à Falloujah., devenant .. Leur mère téléphone alors au domicile d'un autre membre de la filière des Buttes-Chaumont et s'enthousiasme : Une autre fois, elle avait prédit : . Par la suite, elle se rend en zone syro-irakienne, où elle est probablement décédée en 2017..
En , Boubaker El Hakim repasse en Syrie, où il est à nouveau interpellé et emprisonné pendant neuf mois à Far Falastin avant d'être expulsé vers la France le .. En garde à vue dans les locaux de la DST, il détaille sa pensée : . Le , il est mis en examen pour par Jean-François Ricard et placé en détention provisoire. Lui, Farid Benyettou, Mohamed el-Ayouni et Chérif Kouachi sont jugés par le tribunal correctionnel de Paris. Il est condamné le à sept ans de prison, assortis d'une peine de sûreté de quatre ans et huit mois, pour avoir facilité le transit en Syrie de ses amis.. Des rapports de l'administration pénitentiaire soulignent pendant sa détention. Il organise des prières sauvages. À la maison d'arrêt d'Osny, il est sanctionné le par la commission de discipline . Un codétenu rapporte qu'. Le , il dirige la prière de l'Aïd el-Kébir dans la cour du bâtiment A2 de la maison d'arrêt de Villepinte.. Mais il évite toute provocation disciplinaire. Il relatera en à la revue djihadiste Dabiq : .
Libéré le , il s'installe le mois suivant en Tunisie, le pays d'origine de ses parents, où le régime du président Zine el-Abidine Ben Ali vient d'être renversé..
Tunisie et Libye
vignette|Mohamed Brahmi, ici en 2012, est assassiné par El Hakim en 2013.
Une fois en Tunisie, il devient un pilier de l'appareil militaire d'Ansar al-Charia, faisant venir des armes de Libye, alors en pleine guerre civile, pour armer les djihadistes tunisiens.. Il planifie le meurtre de deux opposants politiques à Ennahdha, le parti islamiste au pouvoir, afin de faire basculer dans le chaos la transition démocratique tunisienne. L'avocat Chokri Belaïd est assassiné par balles le devant chez lui à Tunis. Cinq mois plus tard, le , Mohamed Brahmi est tué sous les yeux de sa famille.
Le en Syrie, il revendiquait déjà le double meurtre dans une vidéo de propagande de l'EI : . Dans un entretien paru le dans le huitième numéro de la revue djihadiste anglophone Dabiq, El Hakim revendique personnellement le meurtre de Mohamed Brahmi : .. Ces deux assassinats ont provoqué d'importantes manifestations hostiles aux islamistes et aux salafistes djihadistes ayant un effet contraire à celui recherché : .
En , Boubaker El Hakim quitte la Libye où il s'était réfugié, traverse la Turquie et, dix ans après son premier séjour, retrouve la Syrie où il est accueilli par Salim Benghalem.
Membre de l'État islamique
Il prend ensuite part à la guerre civile syrienne où il combat dans les troupes de l'État islamique (EI). En , il participe à la bataille de la Division-17, lors de laquelle il est blessé à la clavicule par un tir de sniper. Cela ne l'empêche pas de poursuivre son ascension au sein de l'EI : il intègre la Liwa As Saddiq, la brigade des forces spéciales dirigée par le porte-parole de l'État islamique, Abou Mohammed al-Adnani, dont il devient l'adjoint. À l'automne 2014, il est à la tête d'un bataillon d'un millier d'hommes.. Selon un défecteur de l'État islamique, El Hakim dirige la et est devenu ..
Avec Oussama Atar, il seconde Abdelnasser Benyoucef au sein de l'Amn al-Kharji, la branche de l'Amniyat chargée des opérations terroristes en dehors des territoires occupés par l'État islamique. El Hakim chapeaute les projets d'attaques visant l'Europe et le Maghreb.. Il est à ce titre considéré comme le Français le plus haut placé au sein de l'État islamique par le journaliste David Thomson et les services antiterroristes... Le département d'État américain l'ajoute le à sa liste noire des en précisant qu'il aurait étudié la possibilité de . La DGSI suspecte Boubaker El Hakim d'avoir planifié à l'automne 2016, au sein d'une cellule de l'État islamique chargée des opérations extérieures, une demi-douzaine d'attentats qui devaient frapper l'Europe et le Maghreb, dont les membres du commando ont été interpellés à Strasbourg et Marseille dans la nuit du 19 au . Il est également suspecté d'être impliqué de l'attentat préparé par le réseau de Reda Kriket, arrêté le à Boulogne-Billancourt, puis d'en avoir été en relation en octobre avec le Syrien à Chemnitz (Allemagne). Il commandite enfin une attaque menée le sur un policier à Constantine (Algérie).
Dans son entretien à Dabiq en , soit deux mois après les attentats de janvier 2015 en France commis notamment par les frères Kouachi, il n'appelle plus les djihadistes à se rendre au Moyen-Orient, mais à frapper dans le pays où ils se trouvent : . Membre de l'unité chargée des opérations extérieures de l'EI, son nom est évoqué sans que sa participation ne soit démontrée dans les attentats en France et en Tunisie : attentat contre Charlie Hebdo le , attaque du musée du Bardo le et attentats du 13 novembre en région parisienne. Les terroristes auraient pu transiter par ses camps d'entraînement en Syrie. La justice française ne l'incrimine que dans le cadre de l'enquête ouverte le par le parquet de Paris sur le meurtre des deux opposants tunisiens.
Le département de la Défense américain revendique sa mort le , par l'intermédiaire de son porte-parole Benjamin Sakrisson, qui précise que Boubaker El Hakim est . Il est la cible d'une frappe d'un drone américain alors qu'il circule en voiture à Raqqa, la capitale de l'organisation djihadiste.
L'une de ses demi-sœurs, Khadija Ayari, est arrêtée le à Paris par la DGSI avant d'être mise en examen et placée en détention provisoire le . Elle est soupçonnée d'être partie en Syrie en avec sa fille née en 2010 pour y rejoindre les zones contrôlées par l'État islamique... Le , la du tribunal judiciaire de Paris la condamne à de prison dont 18 mois ferme, à accomplir sous bracelet électronique, pour et ..
Notes et références
Bibliographie . .
Lien interne Djihadistes français pendant les guerres civiles syrienne et irakienne
Liens externes
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