La présence française dans la vallée de l'Ohio est le résultat de la colonisation française en Amérique du Nord dans la Pennsylvanie actuelle.

La présence française commence avec les expéditions de Cartier et Champlain. Voulant mettre en place l'exportation lucrative des peaux de castors vers l'Europe, la France établit des relations avec les tribus amérindiennes, colonise les futures villes de Montréal et Québec et construit plusieurs forts le long du fleuve Saint-Laurent et sur les côtes des lacs Champlain et Érié.

Malgré la perte du territoire en dans une bataille contre le général Forbes, des traces de la culture française sont encore visibles aujourd'hui.

Historique

1534-1645 : Début de la présence françaises en Ohio

Explorations par René-Robert Cavelier De La Salle Les premiers Européens arrivèrent dans la vallée de l’Ohio. au . Selon toute vraisemblance, il s'agissait de Français..

Au cours de l’hiver -, René-Robert Cavelier De La Salle apprend de plusieurs Iroquois qu’un grand fleuve se trouverait à l’intérieur de l’Amérique du Nord et qui se dirigerait vers la Chine. Il n’est pas clair si les indigènes parlaient de la rivière Ohio ou le fleuve Mississippi. Intrigué par cette information, La Salle décide à l’été de quitter Montréal pour explorer le fleuve. Son groupe descend le Saint-Laurent en canot jusqu’au lac Ontario, puis se dirige vers la terre ferme. Il affirme plus tard avoir atteint la rivière Ohio, et l'avoir empruntée jusqu’à l’actuelle ville de Louisville. Il est crédité comme étant le premier Européen à voir la rivière Ohio.

D'autres explorations suivent notamment en .

Relations entre Amérindiens et Français

Les Amérindiens résident dans cette région depuis longtemps. Les , par exemple, habitent dans la vallée depuis le , mais en général ils n'ont pas de contact direct avec les Européens, et font plutôt affaire avec les autres nations amérindiennes qui restent en contact avec les Européens. Quand les Européens arrivent dans la vallée, les Monongahelais ont été déjà tués ou assimilés par les Iroquois (les tribus Seneca et Cayuga) et leurs subordonnés, les tribus Lenape et Chaouanon..

Vers , les Chaouanons établissent un petit village nommé à au nord de l'actuel Pittsburgh, mais des représentants de nombreuses tribus amérindiennes le peuplent. Les Amérindiens apprécient les bonnes moissons et profitent de leur autonomie des gouvernements coloniauxhttp://explorepahistory.com/hmarker.php?markerId=1-A-210.

Pendant la période de contrôle français du territoire de la vallée du fleuve Ohio, les relations entre Français et Amérindiens sont souvent aimables, en comparaison aux autres pouvoirs européens. Les Français comptent sur les Amérindiens pour les guider dans les territoires d’Amérique. De plus, les Amérindiens vivent près des Français et se marient souvent avec eux. C'était le cas pour les Amérindiens de la région de Pittsburgh et la région de la vallée du fleuve Ohio en général. En outre, les relations entre Amérindiens et Français sont si fortes que la plupart des tribus amérindiennes s'allient aux Français pendant la Conquête, même si plusieurs chefs comme Tanachrission veulent rejoindre les Britanniques.

1645-1754 : Revendications britanniques À partir des années 1740, des commerçants britanniques commencent à traverser les Appalaches pour commercer avec les Amérindiens de l’Ohio. Les Britanniques ont des relations tendues avec les Amérindiens en voulant agrandir leur territoire et établir des colonies plus peuplées que celles des Français. D'une part, ils souhaitent instaurer un contrôle absolu sur leur territoire en Amérique, d'autre part, les Français privilégient le développement du commerce avec les tribus indigènes. En outre, les Britanniques acquièrent une mauvaise réputation chez les Amérindiens de Pennsylvanie en raison de la rupture fréquente des traités et les termes frauduleux du de 1737.

Les deux nations, amérindienne et britannique, envoient des représentants pour passer des accords et revendiquer la région. Puisqu'aucun fort n'existe alors dans la région, Logstown devient un centre politique et commercial pour les relations franco-amérindiennes et anglo-amérindiennes. Pourtant, après l'arrivée et l'installation des Français dans la région, surtout lors de la construction du Fort Duquesne au confluent des rivières Allegheny et Monongahela et l'expulsion des Britanniques résidant à Logstown, les Amérindiens se font plus prudents dans ces relations.

De 1744 à 1748, la Grande-Bretagne et la France sont en guerre. Pendant le conflit, la Grande-Bretagne réussit à bloquer les communications entre les colonies françaises en Amérique du Nord et le royaume. Cela provoque une chute du commerce de fourrures que les Français entretenaient avec les Amérindiens, mais aussi une baisse de l'approvisionnement en produits manufacturés venus d’Europe qui servait de monnaie d'échange avec eux. Des hommes d’affaires britanniques en profitent, devenant les principaux partenaires commerciaux des Amérindiens de l’Ohio.

En , le comte de la Galissoniere, le plus haut fonctionnaire français en Amérique du Nord, ordonne à Pierre Céloron de Blainville d’emmener 250 soldats français dans l’Ohio Country pour renouer de vieilles amitiés avec les Amérindiens locaux et de chasser les commerçants britanniques de la région. De Bienville accomplit la mission à l’été : il se rend de Montréal à la source de la rivière Ohio (aujourd’hui Pittsburgh) et descend la rivière. De Bienville transporte avec lui plusieurs plaques de plomb. Sur ces plaques se trouvent inscrites des déclarations qui revendiquent l’Ohio Country pour la France. Aux endroits où les principales rivières rejoignent la rivière Ohio, le groupe s’arrête et enterre l’une des tablettes. Sur un arbre voisin, une plaque métallique est placée, affirmant les revendications de la France et déclarant que la tablette se trouve à proximité. Cette pratique d’enterrer les plaques a commencé en Europe au Moyen Âge, et était un moyen courant de montrer la propriété foncière. Au total, De Bienville aurait enterré six plaques.

Pendant les périodes de croissance rapide au Québec, le développement économique s'appuie sur l'esclavagisme. Les peuples autochtones constituent la majorité des esclaves en Nouvelle-France en raison du système de traite des esclaves qui existait déjà entre les tribus indigènes. De à , la population de la Nouvelle-France passe de habitants à .. À la fin de l'implication française au Canada en , on compte environ esclaves (7 % de la population), dont sont indigènes.

En 1753 et encore en 1754, quand George Washington arrive dans la région pour revendiquer le territoire au nom des Britanniques, les chefs des tribus Seneca et Onneiout, Tanaghrisson et Guyasuta lui apportent leur soutien.. Ces chefs permettent l'installation limitée des Britanniques dans la région pour contenir le pouvoir français, ce qui amplifie les conflits entre Britanniques et Français. Après la victoire des Français au Fort Necessity en 1754, les Amérindiens brûlent Logstown pour éviter la punition des vainqueurs. Les habitants déménagent au sud et à l'ouest sous la protection des Britanniques ou dans les territoires sans gouvernement colonial. Les Français reconstruisent Logstown, mais sans pouvoir rétablir son importance. Quand les Britanniques s'emparent du fort Duquesne et commencent à construire Fort Pitt, aucun Amérindien n'habite plus le village..

1754-1756 : Début de la conquête britannique

En , le gouverneur britannique de la Virginie voulant prendre le contrôle de la vallée de l'Ohio, alors sous contrôle français, ordonne à George Washington de mener des soldats dans la vallée. Ce dernier prend la route en avril de cette année. Quand Washington et ses soldats arrivent, ils commencent à construire un petit fort, le futur Fort Necessity. Un chef Iroquois du nom de Tanaghrisson, un ami de Washington, suggère une attaque sur les français stationnés près d’eux. Le , Washington mène britanniques et douze guerriers Iroquois contre le site des Français, commandé par le jeune lieutenant Joseph Coulon de Villiers, sieur de Jumonville. Les Britanniques prennent les Français en embuscade, au cours de laquelle le sieur de Jumonville est tué, après quoi, satisfaits de leur victoire, les Britanniques retournent au Fort Necessity. Le , les Français, aidés par des tribus amérindiennes, prennent leur revanche lors de la bataille de Fort Necessity. La pluie très dense empêche les Britanniques de voir le terrain et de se défendre contre leurs assaillants. Ils finissent par capituler, accordant ainsi la victoire aux Français.

Après la bataille de Fort Necessity, les Français présentent une lettre de capitulation à George Washington et au capitaine James Mackay, comme il est alors de coutume à la fin des batailles militaires de l'époque“II., 3 July 1754,” Founders Online, National Archives, last modified December 6, 2016, https://founders.archives.gov/documents/Washington/02-01-02-0076-0003. [Source originale : The Papers of George Washington, Colonial Series, vol. 1, 7 July 1748 – 14 August 1755, ed. W. W. Abbot. Charlottesville: University Press of Virginia, 1983, .]. Malgré des conditions de la capitulation ordinaires pour la plupart, quelques mots spécifiques empêchent leur pleine compréhension. Jacob Van Bramme, le seul officier britannique parlant français, traduit le document, mais il lui est presque impossible de lire la totalité du document car de fortes pluies dissolvent l'encre du document. Van Bramme ne se rend pas compte que les expressions explicites, « l'assassin » et « l'assassinat du Sr. de Jumonville », changent la portée de la lettre. À cause de cette mauvaise compréhension, les officiers britanniques viennent d'avouer, à leur insu, l'assassinat de Jumonville. Cet aveu va déclencher la première vraie guerre mondiale.

L’affaire de Jumonville déclenche une série d'événements qui conduisent à la Guerre de Sept Ans ou la « Conquête ». Tout de suite après les batailles de Jumonville Glen et du Fort Necessity, la confusion domine entre les Britanniques et les Français. Les Britanniques sont furieux des agissements des Français dans la région de la rivière Ohio. De 1754 à 1756, les Britanniques et les Français envoient leurs diplomates dans les cours royales européennes afin de faire pression sur les autres dirigeants de l'Europe et créer des alliances. Finalement les Britanniques réussissent à s'allier avec le Portugal et la Prusse, tandis que les Français s'allient à la Russie, l'Autriche et à quelques états germaniques (la Bavière, la Saxe). En 1756, la Guerre de Sept Ans commence et se déroule sur cinq continentsTHE JUMONVILLE AFFAIR, Marcel Trudel and Donald H. Kent Pennsylvania History: A Journal of Mid-Atlantic Studies, Vol. 21, No. 4 (October, 1954), ..

Pour Washington, la guerre est un désastre : pendant la campagne de Forbes, Washington tire et fait tirer sur des soldats de son camp. Il démissionne en disgrâce et retourne en Virginie pour établir sa propriété au Mont Vernon où il demeure jusqu'à la Guerre d'indépendance. Pour plusieurs tribus amérindiennes, la défaite de Washington face aux Français motive leur décision de s'allier aux Français afin d'expulser les Britanniques de la région. Pour la France, la guerre est un désastre qui entraîne sa défaite et la perte de toutes ses colonies en Amérique du NordUnited States. National Park Service. "Jumonville Glen." National Parks Service. U.S. Department of the Interior, Web. 13 Dec. 2016..

1756-1763 : Guerre de Sept Ans