L'église Notre-Dame-de-l'Assomption est une église catholique paroissiale, située à Gaillon-sur-Montcient, dans les Yvelines, en France. Il s'agit probablement toujours de l'église primitive de la paroisse, qui fut achevée vers le milieu du , puis agrandie au début du . Cette église se caractérise par sa silhouette tassée, qui est imputable au clocher roman en grande partie noyé dans les combles, mais néanmoins dominée par une élégante flèche de pierre, et aussi par le fort déséquilibre entre la nef des fidèles et les parties orientales. En effet, la nef ne compte que deux travées, et n'a jamais possédé de bas-côtés, mais est néanmoins voûtée d'ogives dès sa construction à la fin de la période romane. À l'est, le transept également roman, dont la croisée sert de base au clocher, ainsi que le chœur gothique avec ses deux collatéraux, totalisent neuf travées réparties sur trois vaisseaux. Le chœur était à deux niveaux d'élévation, et dépassait deux fois en hauteur ses chapelles latérales, comme en témoigne toujours son chevet avec deux triplets superposés. Mais ses deux voûtes étaient insuffisamment contrebutées, et n'ont pas résisté au temps. Elles furent remplacées à la première moitié du par deux voûtes flamboyantes surbaissées, qui soustraient le second niveau d'élévation à l'espace liturgique. Ce que l'église Notre-Dame-de-l'Assomption offre de remarquable à l'intérieur sont notamment ses voûtes d'ogives romanes de la nef et de la base du clocher, qui montrent deux approches architecturales différentes dans les années 1130 / 1140, et la curieuse conception du chœur gothique, dont les grandes arcades commencent par des piliers libres du fait que le remplacement des parties romanes était prévu. L'église a été classée monument historique par arrêté du .. Gaillon-sur-Montcient est aujourd'hui affilié à la paroisse de Meulan, et les messes dominicales y sont célébrées un dimanche sur cinq à 9 h.
Localisation thumb|upright|left|Vue depuis la rue des Bouts de la Ville.
L'église Notre-Dame de l’Assomption est située en France, en région Île-de-France et dans le département des Yvelines, dans le Vexin français, près de la rive droite de la Seine et peu avant la fin de la vallée de la Montcient, sur la commune de Gaillon-sur-Montcient, place de la Mairie. Cette place s'étend devant l'élévation septentrionale de l'église. Venant depuis le sud-est, la rue du Point du Jour passe immédiatement devant le chevet, et atteint la place, où elle se divise en Grande-Rue et rue de la Montcient. Une ruelle, réservée aux piétons, relie directement la rue du Point du Jour à la place. Elle est encaissée entre les murs sud et ouest de l'église, et le mur d'enceinte de deux grandes propriétés voisines. Ainsi, le chevet, et à plus forte raison, l'élévation méridionale et la façade, peuvent difficilement être appréciés dans leur ensemble par manque de recul. En revanche, l'élévation septentrionale est bien dégagée, et bien mise en valeur. Ici se situe le portail principal. Il faut gravir quatre marches d'escalier pour y accéder, et deux fois plus pour le portail secondaire à sa gauche, car les parties orientales ont un niveau du sol plus élevé, et le terrain monte en direction de l'est. La partie de la place qui est engazonnée, au pied de l'église, correspond à l'ancien cimetière.. On y trouve également le monument aux morts de la commune.
Historique thumb|upright|left|Vue depuis le parc de la mairie.
Gaillon-sur-Montcient aurait été érigé en paroisse au selon l'abbé Vital Jean Gautier. Le patron de l'église est la Sainte-Vierge, sous le vocable particulier de l'Assomption. Sous l'Ancien Régime, Gaillon relève du doyenné de Meulan, de l'archidiaconé du Vexin français avec siège à Pontoise et de l'archidiocèse de Rouen. Le collateur de la cure est l'abbé de Saint-Père-en-Vallée, près de Chartres, comme à Juziers et Oinville-sur-Montcient. La construction de l'église actuelle remonterait à 1145.. Il s'agirait donc de l'église primitive de la paroisse. Les auteurs ne s'accordent pas tout à fait sur la date de construction des parties les plus anciennes, à savoir la nef unique de deux travées, le transept et le clocher. Pierre Coquelle penche pour les dernières années avant le milieu du et l'éclosion de l'architecture gothique, en se basant sur le caractère encore partiellement roman des voûtes de la nef. Il attire également l'attention sur le fait que l'église de Gaillon figure parmi les dix-sept églises dites du vœu d'Agnès de Montfort, que la noble dame aurait promis de faire bâtir si son mari Galéran IV de Meulan revenait de croisade sain et sauf. Il rentre en effet en 1156, et les églises auraient toutes été réalisées dans un délai de sept à dix ans, avec des clochers en pierre de taille d'une belle structure. Cette anecdote est relatée dans l'Histoire de Meullant de Lévrier, manuscrit conservé à la bibliothèque nationale. Pierre Coquelle juge l'auteur crédible, même s'il faut admettre que pour la plupart des églises citées, seulement certaines parties soient datables de 1156 / 1163. En l'occurrence, c'est certainement la flèche de pierre du clocher qui soit concernée.. Anne Prache reste plus évasive, et évoque seulement le milieu ou le troisième quart du , sans insister sur l'ordre de construction des parties romanes.. Bernard Duhamel estime pour sa part que seul le portail soit roman, et que les autres parties de l'église du datent du troisième quart du siècle. Parmi elles, les parties les plus récentes sont en tout cas les croisillons du transept., dont les chapiteaux affichent un style plus avancé, et la flèche, qui est de facture nettement gothique.
Au début du , la population dépasse nettement le niveau du milieu du siècle précédent, et atteint les soixante-dix feux. Le sanctuaire roman, sans doute très petit, est jeté bas, et remplacé par un chœur de deux travées, large et élevé, bordé par deux bas-côtés. L'ampleur des nouvelles parties orientales ne fait pas paraître opportun de les « enterrer » en partie, comme cela devait être le cas de l'ancienne abside. On les construit donc à un niveau plus élevé que les parties anciennes, et exhausse le sol du transept, si bien qu'il faut désormais gravir quatre marches pour monter dans la croisée du transept depuis la nef, comme à l'entrée du chœur Renaissance de Triel-sur-Seine. Le vaisseau central est nettement plus large que la base du clocher, et les grandes arcades commencent donc à l'ouest par des piliers isolés, sans doute dans la prévision de poursuivre la reconstruction gothique vers l'ouest et de faire disparaître successivement les parties du siècle précédent. Dans cette attente, l'on accepte que le raccordement entre les croisillons du transept et les bas-côtés du chœur soit malaisé. Les voûtes des croisillons étant nettement plus longues (dans le sens nord-sud) que les bas-côtés ne soient larges, on ne peut pas les relier directement par des arcs-doubleaux, et il faut de courtes sections voûtées en berceau s'interposant entre les voûtes des croisillons et ceux des bas-côtés.. La voûte du croisillon nord reste inchangée. Dans le croisillon sud, (Pierre Coquelle). thumb|Vue depuis le nord.
Malheureusement, les deux hautes voûtes du vaisseau central sont insuffisamment contrebutées, et les murs gouttereaux ne résistent pas à leur poussée. Leurs claveaux se désolidarisent, et les voûtains doivent être démolis, ou s'effondrent, comme à Triel-sur-Seine dès la fin du , et à Meulan, au début du . Deux nouvelles voûtes, très basses, sont construites pendant la première moitié du , comme l'indique le profil prismatique aigu caractéristique du Vexin des ogives ; .. Selon Pierre Coquelle, les murs gouttereaux sont reconstruits à leur hauteur primitive avec des matériaux de récupération. Ces murs sont en effet parfaitement lisses, et ne comportent aucun vestige ancien. Cependant, au chevet, l'arc formeret de la voûte est conservé. Il se situe, sur les deux tiers supérieurs, sur le mur du pignon, ce qui prouve que les murs anciens devaient quand même être encore plus élevés. Peut-être ont-ils été abaissés depuis 1907, quand écrit cet auteur, car il indique que les combles du chœur ont du hauteur, ce qui n'est actuellement plus le cas. Néanmoins, la salle à l'étage du chœur offre toujours un beau volume, et est généreusement éclairée par le deuxième triplet du chevet. Seulement, l'absence de plancher empêche une utilisation de cette salle ; l'on y marche sur les voûtes. Vraisemblablement, les murs gouttereaux ont uniquement été rebâtis à la hauteur qui est la leur afin de pouvoir conserver le chevet gothique d'une composition remarquable ; voir aussi la version illustrée de l'article par Pascal Pigeot, p. 19-21.. L'église est classée monument historique par arrêté du . Affiliée au diocèse de Versailles depuis son érection, elle dépend aujourd'hui de la paroisse de Meulan ou secteur pastoral de la Rive Droite de la Seine, et les messes dominicales y sont célébrées un dimanche sur cinq à 9 h..
Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.
Irrégulièrement orientée, avec une déviation de l'axe de 45° vers le nord-est du côté du chevet, l'église répond à un plan cruciforme à peu près symétrique, mais avec un fort déséquilibre entre la nef des fidèles et les parties orientales, soit le sanctuaire avec ses chapelles latérales. Elle se compose d'une nef de deux travées sans bas-côtés ; d'un transept, dont la croisée du transept sert de base au clocher ; d'un chœur de deux travées se terminant par un chevet plat ; et de deux collatéraux ou chapelles latérales du chœur faisant suite aux croisillons du transept, et se terminant également par un chevet plat. Une cage d'escalier partiellement hors-œuvre flanque l'angle nord-ouest du transept. La sacristie occupe l'angle entre nef et croisillon sud. Depuis la nef, quatre marches d'escalier montent vers la base du clocher. L'ensemble de l'église est voûtée d'ogives, et à un seul niveau d'élévation. Cependant, le chœur possède un ancien étage de fenêtres hautes situé au-dessus des voûtes actuelles. L'on accède à l'église par le portail principal au nord de la première travée de la nef ; par le portail occidental de la nef ; ou par un portail secondaire à l'ouest du croisillon nord. Le clocher est coiffé d'une flèche de pierre octogonale, cantonnée de quatre clochetons coniques. La nef et le chœur sont recouverts de toitures à deux rampants, avec un pignon en façade et un autre au chevet. Les croisillons et les collatéraux du chœur sont munis de toits en appentis prenant appui contre les murs hauts du vaisseau central..
Intérieur Nef thumb|upright|Nef, vue vers l'est. thumb|upright|Nef, vue vers l'ouest. thumb|upright| travée, vue vers le sud.