thumb|Bloc appartement du Vieux-Limoilou, quartier où la pollution atmosphérique fait l'objet d'une controverse. La controverse des poussières à Limoilou concerne le port de Québec, la compagnie Arrimage du Saint-Laurent et des citoyens de Québec qui considèrent que la qualité de leur environnement, et éventuellement celle de leur santé, est dégradée les poussières issues du transbordement de minerai qui se fait au port. L'élément déclencheur est l'observation, en , de poussière rouge recouvrant une partie le quartier du Vieux-Limoilou. Arrimage du Saint-Laurent, une compagnie locataire des terrains du port, reconnait sa responsabilité pour cet épisode de poussière. Après avoir documenté d'autres épisodes, des citoyens ont intenté deux recours collectifs contre le port de Québec et Arrimage du Saint-Laurent. En 2016, les deux parties étaient toujours devant la cour.

Chronologie des événements thumb|Oxyde de fer, composé à l'origine de la poussière rouge déposée sur le quartier Limoilou.

L'élément déclencheur de cette controverse a été une « tempête de poussière rouge », en , qui a laissé des dépôts de nature incertaine. Des dépôts ont été observés sur des trottoirs, des balcons et des voitures du quartier Limoilou, mais aussi du quartier Saint-Sacrement. Urgence-Environnement, une équipe d'intervention du Ministère du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs (MDDEFP, aujourd'hui le MDDELCC) est immédiatement appelé sur les lieux à la suite de l'appel de citoyens. Quelques jours plus tard, Arrimage du Saint-Laurent, une compagnie qui loue des espaces au port de Québec pour le transbordement de marchandises, confirme que la poussière rouge était constituée d'oxyde de fer issu d'un déchargement de minerai de fer dans le secteur de la baie de Beauport. La compagnie affirme qu'il s'agit d'un événement isolé.

À la suite de cet épisode, le , des citoyens de Limoilou prélèvent des échantillons de poussière pour en faire analyser la composition dans un laboratoire privé. Les résultats montrent que la poussière contient une importante proportion de fer, ainsi que des métaux lourds comme le cuivre, le nickel et le zincLaboratoires AGAT. 2012. Certificat d'analyse 12Q658389. 7 p.. À la suite de ces constats, des citoyens interpellent directement le maire de la Ville de Québec lors d'un conseil municipalIntervention de Véronique Lalande au conseil municipal de la Ville de Québec. Le 19 novembre 2012.. Aussi, les analyses effectuées par le MDDEFP mènent au dépôt d'un avis de non-conformité auprès de la compagnie Arrimage du Saint-LaurentMinistère du Développement durable, de l'Environnement, de la Faune et des Parcs. 2012. Avis de non-conformité 7110-03-12-23027-01 400984366. 2p..

Dans les jours suivants, d'autres citoyens contactent les médias pour leur faire part de leurs observations de nuages de poussière autour du Port de Québec. Ces témoignages suggèrent que les épisodes de poussière ne sont pas isolés, ni dans le temps, ni dans l'espace. En effet, pendant l'été 2012, des résidents de Lévis, de l'autre côté du fleuve Saint-Laurent, observent à plusieurs reprises des nuages de poussière rouge s'élevant du port. À quelques reprises, des dépôts sont même constatés sur la rive sud de Québec. De même, des résidents de Cap-Blanc sont incommodés par ces poussières et soutiennent que la fréquence des épisodes a augmenté au cours des années précédentes. Dans la foulée des événements, des médias révélaient que, depuis 2003, la Santé publique surveillait les activités du port de Québec en raison d'émissions de poussière dans l'atmosphère.

Pendant le mois de , des citoyens prélèvent de nouveaux échantillons de poussière dans les quartiers Limoilou et Saint-Jean-Baptiste et les font analyser. Encore une fois, les résultats montrent la présence de métaux lourds en concentrations importantes, dépassant parfois largement les normes environnementales provinciales et fédéralesLaboratoires AGAT. 2012. Certificat d'analyse 12Q669581. 4 p.Tableau comparatif des concentrations (mg/kg) de certains métaux dans la poussière de différents secteurs du centre-ville de Québec avec les normes de qualité des sols établies par le MDDEFP et le CCME. Selon les citoyens ayant récolté les échantillons, il s'agit là d'une preuve que des poussières métalliques issues des activités du port de Québec sont régulièrement envoyées dans l'air des quartiers avoisinants.

Peu après, la compagnie Arrimage du Saint-Laurent, qui a confirmé sa responsabilité au sujet de l'épisode de poussière rouge du mois d', soutenait que si cette poussière peut effectivement causer des désagréments aux citoyens de Québec, elle ne représente pas un risque pour la santé de ces derniers. Ces conclusions découlent de l'analyse des échantillons obtenus par le ministère de l'Environnement, dont les résultats contrastent avec ceux obtenus par les citoyens. En effet, les concentrations de métaux lourds y sont bien moindres, et en deçà des normes environnementalesLaboratoires Maxxam. 2012. Certificat d'analyses SF425911. 7 p..

En , un site web visant à colliger les observations des citoyens concernant les activités du Port de Québec est créé.

En , dans son bilan annuel, le port de Québec reconnait que l'épisode de poussière du était un événement regrettable qui ne doit pas se reproduire, tout en soulignant son caractère isolé. En réponse au bilan, le MDDEFP sollicite par communiqué de presse la collaboration du port pour mener son enquêteMinistère de du Développement durable, de l'Environnement, de la Faune et des Parcs. Le ministre de du Développement durable, de l'Environnement, de la Faune et des Parcs sollicite la collaboration de l'Administration portuaire de Québec. Communiqué de presse du 11 janvier 2013.. En effet, le port ne facilite pas le travail des inspecteurs en se montrant réticent à collaborer avec le ministère. À ce moment, l'Administration portuaire de Québec contestait l'applicabilité des lois environnementales québécoises devant les tribunaux.

Une demande de recours collectif est déposée Le , une demande d'autorisation pour intenter un recours collectif est déposée par une citoyenne de Limoilou. Ce recours vise le dédommagement financier de tous les citoyens ayant été affectés par l'épisode de poussière du . Il vise aussi à obliger le port de Québec à modifier ses installations pour éviter toute émission de poussière hors de ses terrains.

En , une nouvelle plainte est déposée par des citoyens de Limoilou à l'endroit du port de Québec à la suite d'un autre épisode de poussières.

Les analyses du ministère de l'Environnement corroborent ceux des citoyens Quelques jours plus tard, des résultats d'analyses menées par le ministère de l'Environnement (MDDEP) sont dévoilés. Il s'agit de mesures de la concentration de différents métaux dans l'air de Limoilou, prises entre 2000 et 2012. Ces résultats montrent que, pour la majorité des années, la moyenne dépasse les normes environnementales quant à la concentration de nickel. De 2010 à 2012, la concentration de ce métal était en moyenne 5,7 plus élevée que la norme.

thumb|Poussière au-dessus des installations de transbordement du Port de Québec. Observation du 31 mai 2013.

En , le ministère de l'Environnement dévoile les résultats d'analyses de poussières échantillonnées à Limoilou. Le ministère conclut que la source de nickel est le Port de Québec, et émet un avis de non-conformité envers la compagnie Arrimage du Saint-Laurent, qui effectue des transbordement de nickel sur les terrains du Port. À la suite de ces événements, Arrimage du Saint-Laurent, qui se dit toujours douter de sa responsabilité dans la pollution atmosphérique à Limoilou, présente un plan d'action visant à réduire ses émissions de poussières.

Le , un nouvel épisode de poussières est signalé à Limoilou. La compagnie Arrimage du Saint-Laurent indique que les canons à eau qui doivent servir à capter les poussières issues des transbordements ne sont pas en fonction. Le , des citoyens signalent de nouveau l'émission de poussières originant du Port. Une plainte est déposée, et un inspecteur d'Urgence-Environnement est dépêché sur les lieux. Toutefois, l'inspecteur ne peut avoir accès au site. Le ministère de l'Environnement a subséquemment envoyé une mise en demeure à Arrimage du Saint-Laurent.

En , un nouveau rapport est mis en ligne par des citoyens de Limoilou, comportant de nouvelles analyses d'échantillons de poussières et d'air. Les résultats montrent que la poussière récoltée sur des surfaces extérieures à Limoilou contient toujours des concentrations de nickel qui dépassent les normes de santé publiqueLalande, V., & L. Duchesne. 2013. Analyse des concentrations de nickel dans l’air ambiant des quartiers Limoilou et Vanier (d’avril 2012 à mai 2013). 10 pages.. Le rapport présente aussi des analyses d'échantillons atmosphériques recueillis par le ministère de l'Environnement en différents endroits de la ville de Québec. Du nickel est présent en concentrations importantes jusqu'à plus de du Port.

thumb|gauche|Manifestation citoyenne à Québec en 2013 pour revendiquer le droit à un environnement sain.

À la lumière des résultats du récent rapport, une demande est faite en cour pour que la requête de recours collectif déposée en soit élargie. Initialement, le recours portait uniquement sur l'épisode de poussières du . L’amendement demandé par les citoyens étendrait la portée du recours à l'ensemble des épisodes de poussières désormais documentés. La cour rejette toutefois la requête.

En , à la suite de la publication d'une étude portant sur les effets de la poussière de nickel sur la santé humaine, le ministère de l'Environnement resserre la norme sur la concentration atmosphérique de ce métal. Il s'agit ici d'une modification aux normes québécoises de qualité de l'environnement, pas une modification des normes canadiennes. Or, le Port de Québec, comme tous les ports au Canada, se trouve sur un territoire du juridiction fédérale. Dans la foulée des événements, Arrimage du Saint-Laurent dépose une requête à la Cour supérieure visant à la soustraire des normes québécoises de l'environnement.

Nouvel épisode de poussières rouges En , des citoyens de Limoilou signalent un nouvel épisodes de poussières rouges. À la suite de ces allégations, le ministère de l'Environnement procède à un échantillonnage dans Limoilou, le Port de Québec lance une enquête interne et Arrimage du Saint-Laurent se dégage de toute responsabilité. Peu après, à la suite de la vérification des données issues des capteurs sur son terrain, le Port de Québec admet avoir détecté, quelques jours avant le signalement par les citoyens de Limoilou, des concentrations de particules fines plus élevées qu'à l'habitude, mais légèrement en dessous des normes provinciales.

Le , le quotidien Le Soleil diffuse des données du ministère de l'Environnement concernant la concentration atmosphérique de Nickel dans Limoilou et Vanier, deux quartiers de la ville de Québec. Les résultats montrent qu'à Vanier, entre et , les concentrations se sont maintenues sous la norme provinciale. Toutefois, à Limoilou, les concentrations ont constamment dépassé la norme, malgré une tendance à la baisse depuis l'automne 2011.

La demande de recours collectif est acceptée Toujours au mois de , la Cour supérieure du Québec entend la requête de recours collectif déposée par des citoyens de Limoilou contre le Port de Québec et son locataire, la compagnie Arrimage du Saint-Laurent. Dans la forme présentée, ce recours atteindrait 150 millions de dollars, soit réclamations de . La requête est acceptée le .