L'état des droits de l'homme à Cuba est sous la surveillance des organisations des droits humains, qui accusent le gouvernement cubain de violations systématiques des droits de l'homme, parmi lesquelles l'emprisonnement arbitraire et les procès inéquitables.. Des organisations internationales des droits de l'homme comme Amnesty International et Human Rights Watch attirent l'attention de l'opinion publique sur les actions du mouvement des droits humains et sur des personnalités désignés comme des prisonniers d'opinion, tels qu'Oscar Elías Biscet. En outre, le Comité international pour la démocratie à Cuba, dirigé par d'anciens chefs d'État tels que Václav Havel de la République tchèque, José María Aznar de l'Espagne et Patricio Aylwin du Chili, est créé pour soutenir le mouvement civique.

La loi cubaine limite les libertés d'expression, d'association, de réunion, de circulation et de la presse. Des préoccupations ont également été exprimées au sujet de la tenue de procès équitables. Selon Human Rights Watch, même si Cuba, officiellement athée jusqu'en 1992, « permet plus de possibilités pour l'expression religieuse qu'il a fait au cours des dernières années et a permis à plusieurs groupes humanitaires religieux de fonctionner, le gouvernement maintient un contrôle strict sur les institutions religieuses, les groupes affiliés, et des croyants ». La censure à Cuba a également été au centre des plaintes.

L'histoire Lors de la colonisation espagnole de l'Amérique, l'oppression des populations autochtones a été décrite en détail par l'ecclésiastique Bartolomé de las Casas. Le transport subséquent d'esclaves africains vers l'île, qui a duré plus de 300 ans, a conduit les Britanniques à mener une intervention militaire, déterminés « à mettre un terme à ces violations »"Report from the British commissionary judge, Havana, to the Foreign secretary (Lord Stanley).". Depuis l'indépendance de Cuba en 1902, les gouvernements cubains successifs ont été critiqués et condamnés par différents groupes, tant à l'intérieur de Cuba qu'à l'étranger, pour des violations des droits de l'Homme sur l'île. Au cours de la dernière partie de l'époque coloniale espagnole à Cuba, les droits de l'homme sur l'île étaient devenus un sujet de préoccupation internationale. Après une visite de la région en 1898, le sénateur américain Redfield Proctor estime que jusqu'à 200 000 Cubains sont morts de faim et de maladie dans les « forts espagnols », essentiellement des camps de concentrationhttp://hcs.harvard.edu/~rhetoric/proctor.htm Harvard rhetorical society. Ce fut un facteur qui a contribué au soutien pour la guerre hispano-américaine aux États-Unis.

Après l'indépendance et une longue période d'instabilité, le gouvernement de Gerardo Machado (1924 à 1933) s'est avéré être autoritaire. Machado a maintenu son règne jusqu'à ce que Fulgencio Batista mène un soulèvement appelé la Révolte des Sergents, dans le cadre d'un coup d'État qui destitua Machado en 1933. Batista est ensuite devenu l'homme fort du pays, derrière une succession de présidents-marionnettes, jusqu'à ce qu'il soit lui-même élu président en 1940. Selon Hugh Thomas, la période suivant la présidence de Machado a été marquée par de violentes représailles, des lynchages de masse et une détérioration de l'État face à la corruption et au gansterismo sur l'ensemble de l'îleHugh Thomas..

À partir de 1940, Cuba avait un système électoral multipartiste jusqu'à ce que Fulgencio Batista (Président de 1940-1944) fomente un coup d'État militaire le ...

En 1958, le Time magazine écrit : « Les rebelles fanatiques mal armés de Cuba ont essayé la semaine dernière de renverser le Président Fulgencio Batista avec l'arme ultime des révolutions civiles : la grève générale. ... Fulgencio Batista s'était préparé pour la grève en offrant une immunité à toute personne qui tuerait un gréviste et en menaçant de prison tout employeur qui fermerait boutique ». Pendant la grève, les militants et les jeunes ont volé des armes à feu et ont jeté des bombes, après quoi certaines personnes ont été tuées dans les affrontements.

La grève a été de courte durée : « Ayant l'avantage, Batista a conduit autour de la ville, tandis que ses flics ont assis leur suprématie. Quand une voiture de patrouille a annoncé par radio qu'il y avait des affrontements avec des rebelles et qu'il y avait " un homme mort et un prisonnier ", le répartiteur a ordonné : " Tuez-le ". En milieu d'après-midi, les flics ont fait irruption dans une pension, s'emparant de trois jeunes hommes qui étaient des chefs du mouvement cubain Action Catholique, qui sympathise avec Castro. Deux heures plus tard, leurs corps dépouillés, torturés et criblés de balles ont été remis aux parents. Le total des morts : 43. ».

En 1959, Fidel Castro et ses forces réussirent à renverser Batista. À l'époque, des changements fondamentaux dans le système judiciaire et le processus politique étaient en cours. Au cours de cette période de transition, quelques inquiétudes furent exprimées au sujet de la sécurité juridiqueThe Day After — Cuba: His Brother's Keeper Foreign Policy archive.The End of the Rule of Law March 1959 ..

Le « Mouvement de réconciliation nationale cubain », une organisation basée aux États-Unis qui prétend agir comme un forum de discussion de la société cubaine, a décrit ce qu'elle croit être des variables complexes lors de l'analyse du respect des droits de l'homme immédiatement après la révolution. Entre 1959 et 1965, de violents affrontements connus sous le nom de la Rébellion de l'Escambray opposèrent le gouvernement cubain et des groupes d'opposition armés, mais les conflits ont diminué au début des années 1970. Le groupe affirme, au moment où les mouvements internationaux des droits de l'homme prospéraient dans les années 1970, que la plus grave période de répression étant terminée, l'évaluation rétrospective non partisane de la période allait être difficile. Le mouvement de réconciliation a aussi cité les difficultés de l'évaluation des abus qui sont couramment divisés sur les lignes partisanes. Selon le groupe, les exilés cubains qui ont souvent été les premiers à dénoncer le gouvernement cubain, partagent largement une idéologie anticommuniste et ferment les yeux vis-à-vis des violations commises par d'autres régimes, alors que beaucoup d'observateurs penchant à gauche ne prennent pas en considération les réclamations des victimes cubainesCuban National Reconciliation movement Task force report 2003.

Après son arrivée au pouvoir en 1959, le gouvernement de Fidel Castro a construit un système de répression très efficace, selon Human Rights Watch.

Dès le mois de , Vadim Kotchergin (ou Kotcherguine), un agent du KGB, a été vu à CubaBritish Foreign Office... Jorge Luis Vasquez, un Cubain qui a été emprisonné en Allemagne de l'Est, affirme que la Stasi, la police secrète est-allemande formait le personnel du ministère cubain de l'Intérieur..

Situation des droits de l'homme

L'article 62 de la constitution de Cuba précise : .

À plusieurs reprises, la Commission des droits de l'homme de l'Organisation des Nations unies a condamné Cuba pour le non-respect des droits de l'homme : par exemple en 1996 à la suite de la répression menée contre les dissidentsJanette Habel, Yves Bongarçon, « Les trois âges du castrisme », dans Géo, , mai 2007, et le après l’arrestation de 75 opposants, jugés selon une procédure sommaire pour avoir, selon le gouvernement cubain, reçu de l'argent de l'ambassade américaine dans le but de susciter des actes hostiles à Cuba.

Les partisans de Fidel Castro contestent l'objectivité de ces rapports. Ainsi Danielle Bleitrach, sociologue et ancienne membre du comité central du PCF, condamne les résolutions de la Commission, toujours présentés par les États-Unis ou leurs alliés qu'elle qualifie de « pions » (République tchèque, Costa Rica, Honduras…) et adoptées par une très courte majorité. Elle dénonce des « pressions » économiques et politiques de la part du gouvernement américain sur les États membres de la Commission, dans le but de faire voter ces résolutions et de s'en servir comme « arme » contre CubaCuba, Fidel et le Che ou l'aventure du socialisme, Danielle Bleitrach et J.-F. Bonaldi, chapitre V.5.

Salim Lamrani, prenant appui sur le rapport 2006 d'Amnesty International, déclare que la situation des droits de l'Homme à Cuba est bien meilleure que dans le reste de l'Amérique latine. En effet, selon le rapport, aucun cas de torture, d'assassinat ou de disparition politique n'aurait eu lieu à Cuba. Adolfo Pérez Esquivel, artiste argentin et titulaire du prix Nobel de la paix en 1980, affirme que Hors-série de L'Humanité : Il était une fois la révolution, janvier 2009.

De nombreuses associations de défense de droits de l'homme comme Amnesty International ou Human Rights Watch dénoncent la répression exercée par le régime de CastroCuba doit libérer immédiatement tous les prisonniers d'opinion, Amnesty International, 7 juillet 2010.. En , le Parlement européen a voté à 90 % une résolution demandant à Cuba la libération des prisonniers d'opinion.

En 2006, à l'ONU, le Conseil des droits de l'homme remplace la Commission, discréditée.. Cuba est alors élue parmi les 47 membres du nouveau Conseil, par 135 voix sur 191. Le ministre des Relations extérieures de Cuba, Felipe Pérez Roque, déclare alors : . De leur côté, l'association Human Rights Watch et la FIDH auraient préféré ne pas voir Cuba élue au ConseilAIDH, mai 2006. Le , Cuba est réélue pour un second mandat, avec 163 voix sur 189AIDH, mai 2009.

Controverse sur le respect des règles démocratiques Prisonniers politiques

Le régime des frères Castro utilise la technique de la torture blanche au sein de la Villa Marista à La HavaneElizabeth Burgos Condamner et punir : le système pénitencier cubain 16 janvier 2009.

Entre 1965 et 1967, des objecteurs de conscience (comme les témoins de Jéhovah), des homosexuels (comme Reinaldo Arenas) et des analphabètes, interdits de port d'arme, étaient envoyés dans des Unités militaires d'aide à la production (UMAP) pour effectuer leur service militaire. C'est le cas du cardinal Jaime Ortega. Selon les détracteurs de ce système qui prit fin 18 mois après sa naissance, il s'agissait de camps de travail. Selon un rapport publié le par la Commission cubaine pour les droits de l’homme et la réconciliation nationale (CCDHRN), 294 prisonniers politiques sont encore enfermés à Cuba, contre 327 début 2004. Selon ce rapport, en 2004, au moins 21 personnes ont été emprisonnées pour des motifs politiques. Il rappelle également que le gouvernement cubain continue de refuser l’accès aux prisons au Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et à la Commission des droits de l'homme de l'ONU. Selon Le Livre noir du communisme, plus de ont connu depuis 1959 les camps et les prisons en raison de leurs opinions, et entre et ont été fusilléesStéphane Courtois, Le Livre noir du communisme, Paris, Éditions Robert Laffont, 1997. Selon les détracteurs du gouvernement cubain, plusieurs écrivains cubains ont été persécutés : peu de temps après la Révolution, le journal Lunes de Revolución fut interdit et ses écrivains homosexuels publiquement dénoncés et renvoyés . Le dramaturge Virgilio Piñera est arrêté pour délit d'homosexualité en 1961 et son œuvre est censurée par le régime. Selon Jacobo Machover, en 1971, le poète Heberto Padilla fut arrêté et emprisonné par la Sécurité de l’État et contraint de se livrer publiquement à son autocritique. Il affirme également que María Elena Cruz Varela fut obligée d'avaler ses poèmes en présence de sa fille puis emprisonnée pendant deux ans (1991-1993).

Liberté d'expression et de la presse Selon Amnesty International et Reporters sans frontières, de nombreux journalistes et opposants sont emprisonnés. Le pays est classé 169 sur 180 pour le peu de liberté qu'il y est laissé à la presse par Reporters sans frontières..