est un haut plateau du Japon situé sur l'île de Honshū, dans la ville de Nikkō. Zone humide intégrée, depuis 2005, au site Ramsar Oku-Nikkō Shitsugen du parc national de Nikkō, il résulte de l'assèchement d'un lac de barrage naturel formé il y a environ sous l'action éruptive du mont Nantai. Cet espace naturel protégé, d'intérêt floristique et ornithologique, est aménagé pour faciliter la randonnée pédestre et l'observation de la nature.

Toponymie Une ancienne légende, vivace dans les anciennes provinces japonaises de Shimotsuke et Kōzuke, raconte que deux divinités shintō s'affrontèrent pour la possession du lac Chūzenji, les deux Yama-no-kami : le mont Nantai et le mont Akagi. Consulté par le gongen Nantai mis en difficulté par son adversaire, le dieu Kashima Daimyōjin lui conseilla d'appeler à la rescousse le talentueux chasseur Sarumaru. Nantai-san, dissimulé sous la forme d'un cerf blanc, attira ce dernier au cœur des monts Nikkō, dans une plaine où le combat reprit. Transformé en un serpent géant., il fit face au mont Akagi, changé en un gigantesque mille-pattes.. Sarumaru mit le dieu Akagi en déroute d'une flèche dans l'œil gauche. Le sang d'Akagi répandu dans la plaine donna naissance à une zone marécageuse appelée le marais rougeLe , zone humide dans le sud-est de Senjōgahara., et le souvenir de ce duel resta attaché aux monts Nikkō dont la plaine centrale fut nommée : ...

Géographie Situation Senjōgahara est situé dans le Nord de la région de Kantō, sur l'île de Honshū, environ au nord de l'agglomération de Tokyo. Dans l'Ouest de la ville de Nikkō (préfecture de Tochigi), ce haut plateau s'étend sur une superficie d'environ , à l'altitude de , dans la partie centrale des monts Nikkō, au nord du lac Chūzenji et au nord-ouest du volcan Nantai...

La route nationale 120, une portion de la « route romantique du Japon » qui relie Nikkō à Numata (préfecture d'Aichi), traverse l'Est de Senjōgahara et offre un accès routier au site dont le marais rouge constitue un point d'entrée.

Climat

Le climat du haut plateau Senjō correspond à celui d'Oku-Nikkō est la zone géographique de l'Ouest de la ville de Nikkō qui comprend les monts Nikkō, le lac Chūzenji et le haut plateau Senjō., la partie sud-ouest de la ville de Nikkō. Il est du type continental humide. La température annuelle moyenne est d'environ et les précipitations annuelles sont de . En été le mercure peut grimper jusqu'à . L'hiver, le plateau est entièrement recouvert par la neige et la température baisse jusqu'à en moyenne. Des températures hivernales avoisinant parfois les en font l'une des régions les froides de l'île de Honshū..

Hydrographie Le haut plateau Senjō est une zone humide traversée du nord au sud par la rivière Yu, un cours d'eau qui prend sa source au lac Yu, un lac d'origine volcanique de l'Ouest des monts Nikkō, s'écoule en direction du sud-est sur , et se jette dans le lac Chūzenji.. Dans sa partie sud-est, le marais rouge, vestige d'un ancien lac apparu à la fin de la phase orogénique du volcan Nantai, déverse son trop-plein d'eau dans un ruisseau dont le cours rejoint la rivière Yu.. La rivière SasakaLa ., un petit cours d'eau collecteur des eaux de ruissellement du mont Mitsu, alimente l'étang Kōtoku et termine son parcours d'environ dans le nord de cette bande de terre saturée d'eau.. Dans le nord-ouest de celle-ci, au pied du mont To, l'étang IzumiyadoL'. constitue un autre réservoir d'eau pour la rivière Yu..

Milieu naturel centré|vignette|upright=2.5|Vue panoramique de Senjōgahara.|alt=Photo couleur (panoramique) d'une plaine herbeuse au printemps, prasemée d'arbres et d'arbustes sans feuilles, sur fond de montagnes et d'un ciel blanc laiteux.

Situé dans le Sud du parc de Nikkō, un parc national administré par le ministère de l'Environnement du Japon depuis 1934, Senjōgahara constitue un biotope favorable à la cohabitation de nombreuses espèces d'oiseaux sauvages ; ses marécages et ses étendues de verdure arborées offrent un terrain fertile pour diverses variétés de plantes. Il est classé par le gouvernement « zone de protection spéciale »..

Le haut plateau Senjō fait partie d'Oku-Nikkō, une aire naturelle protégée dans l'Ouest de la ville de Nikkō, dont les zones humides forment, depuis 2005, l'un des sites Ramsar du Japon...

Flore Senjōgahara et son environnement naturel immédiat se composent essentiellement de prairies, de formations végétales aquatiques et de bosquets. Des bouleaux verruqueux (), des hêtres du Japon (), des sapins de Nikko (), des chênes, des chèvrefeuilles bleus (), des éleuthérocoques, et des saules extrême-Orientaux () se mêlent aux cerisiers des montagnes d'Ezo (), aux , aux azalées ( et ), aux millepertuis, et aux érables (érable oriental à bourgeons gris () et ) et forment une configuration végétale dont les couleurs d'automne ravissent chaque année les nombreux randonneurs...

Au printemps, fleurissent la violette de Corée (), le fraisier du Japon (), la gentiane de Zollinger (), la viorne obier () ; dans les sous-bois, des groupes de diverses espèces d'iris se forment parmi les séneçons de Nikkō (), les trientales d'Europe (), l'oseille des bois (), les sceaux de Salomon odorant (). En été, c'est au tour de la brunelle commune (), la balsamine des bois (), , du rosier multiflore (), la grande pimprenelle (), l'andromède (), la picride fausse épervière (), la renouée bistorte (), la ciguë aquatique () et du jasmin des poètes () de produire leurs fleurs, suivis, en automne, par la renouée du Japon ().. Des multitudes de plantes herbacées telles que la linaigrette engainée (), la mélique penchée (), la droséra à feuilles rondes (), une plante carnivore, le roseau commun (), l'impérate cylindrique (), l'onagre bisannuelle () et recouvrent les espaces prairiaux du plateau Senjō.

Faune Senjōgahara fournit des ressources alimentaires abondantes aux mammifères communs dans la région comme le cerf Sika (), le renard, le macaque japonais (), le lièvre du Japon () et le blaireau japonais (). Bien que devenus rares, la martre du Japon () et l'ours noir d'Asie () peuvent être aperçus.

Senjōgahara est un environnement naturel pour de nombreuses espèces d'oiseaux. Des passereaux tels que la mésange boréale (), la mésange noire (), la mésange de Chine (), la sittelle torchepot (), le grimpereau des bois (), le zostérops du Japon (), le cincle de Pallas (), le bouvreuil pivoine (), le geai des chênes (), le corbeau à gros bec (), le jaseur boréal (), le jaseur du Japon (), la grive à ailes rousses (), le gros-bec casse-noyaux (), le roselin à longue queue (), et le pinson du Nord () y font leurs nids.. Le coucou gris (), le coucou de l'Himalaya (), l'aigle barbu (), la chouette de l'Oural (), l'épervier d'Europe (), le milan noir (), la buse du Japon (), le martin-pêcheur d'Europe (), le grand Cormoran (), les pics épeiche (), à dos blanc (), awokéra () et kisuki () habitent aussi la zone humide et ses environs. Sur la surface des eaux du marais, des canards colverts (), à bec tacheté (), mandarins () et siffleurs (), le fuligule morillon () et la sarcelle d'hiver () nagent à la recherche de nourriture, tandis que le héron cendré (), la bécassine solitaire (), la bécassine du Japon (), le phalarope à bec étroit () et le chevalier de Sibérie () fouillent les sols humides.

La flore de l'étendue marécageuse, qui s'épanouit au printemps et en été, attirent des papillons comme la vanesse du peuplier (), le paon du jour (), le papillon lune du Japon (), l'écaille martre (), , le sylvain des spirées (), le moyen nacré (), , le morio (). Des insectes coléoptères du genre , ou , des libellules (, ), des cigales, et des sauterelles prospèrent aux bords des poches d'eau stagnante et dans les bosquets.

Les roselières de ce marais, les berges de la rivière Yu qui le traverse et les bois des environs, typiques des zones tempérées, constituent un milieu naturel favorable au développement de populations d'amphibiens tels que « la grenouille verte des arbres » (), la grenouille brune de montagne (), le crapaud commun du Japon (), et la salamandre noire du Japon (). L'endroit abrite aussi des reptiles comme les serpents non venimeux Elaphe et , le serpent ratier des forêts du Japon (), le serpent venimeux .

Histoire Il y a environ , le volcan Nantai émerge du sol de l'arc volcanique Nord-Est de l'île de Honshū... Les rivières Yu et Daiya ne forment qu'un seul cours d'eau qui s'oriente vers le nord-est aux environs de l'actuel emplacement des chutes de Kegon. Cette première phase d'activité volcanique du mont Nantai se termine il y a avec des éruptions particulièrement explosives dont les éjectas façonnent le relief environnant.. Au cours de cette brève période de formation et d'activité, les épanchements magmatiques du mont Nantai interrompent le cours de la rivière qui serpente au pied de sa face sud. L'eau qui s'accumule le long de ce barrage naturel forme le lac Chūzenji et deux autres étendues d'eau qui, par accumulation du produit de l'érosion de roches volcaniques, et par décomposition et sédimentation de plantes aquatiques, se transforment au fil du temps en plaines marécageuses : Senjōgahara et Odashirogahara...

Activités Randonnée vignette|upright=0.5|Sentier de randonnée le long de la Yu-kawa, en été.|alt=Photo couleur d'un cours d'eau, avec, à droite, un randonneur de dos, portant une casquette blanche et un sac à dos rouge, et marchant sur un sentier formé de planches en bois. Une forêt verdoyante en arrière-plan.

Un sentier de découverte. traverse le plateau Senjō. Orienté sud-nord, il relie les chutes Ryūzu, une section avale de la rivière Yu proche du lac Chūzenji, à la cascade Yu qui forme les premiers mètres de l'émissaire du lac Yu. Ce chemin de randonnée longe la Yu-kawa sur environ et a été aménagé pour faciliter la marche à pied et la découverte de la nature environnante du début du printemps jusqu'aux premières neiges hivernales. En particulier, des plates-formes d'obversation en bois offrent une vue panoramique sur l'étendue herbeuse et marécageuse et sur les volcans des monts Nikkō.. Selon le ministère de l'Environnement, en 2015, plus de (total en augmentation de 3,6 % par rapport à 2011) ont franchi deux des quatre points d'entrée du site, entre la mi-mai et la mi-novembre, soit l'entrée Kōtoku au nord soit celle du marais rouge (88 % des entrées enregistrées) au sud-est. Les plus fortes affluences ont été observées pendant les mois de juin et octobre..

En période d'hiver, de décembre à mars, sur le plateau recouvert d'une épaisse couche de neige, des amateurs de sports d'hiver pratiquent le ski de randonnée ou la marche en raquettes.

Notes et références Notes

Références

Voir aussi Articles connexes Préfecture de Tochigi Nikkō Monts Nikkō Convention de Ramsar

Bibliographie .

Liens externes

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