Georges Louis Nicolas Blaison, né à Lapalisse le et mort pour la France dans le golfe du Mexique dans la nuit du 18 au , est un officier de marine français.

Biographie

Jeunesse

Georges Louis Nicolas Blaison naît à Lapalisse le . Il est le second des fils de Jean-Baptiste Célestin Blaison, receveur des finances alors en poste dans cette petite ville de l'Allier, et de Marie Magdeleine Valloton. Bien intégrée localement, sa famille, qui appartient à la petite bourgeoisie provinciale, habite à Lapalisse une grande bâtisse dans le quartier du Petit ParisArchives de L'Allier. Registre du Dénombrement Ville de Lapalisse. Recensement du 6 avril 1906 (F°31 : Blaison-Valloton).

Vers 1912, le couple Blaison et leurs enfants quittent la cité bourbonnaise pour Dijon, nouveau lieu d'affectation de son père. Après le collège, Georges intègre avec son frère aîné les rangs du lycée Carnot où il fait d'excellentes études. En , il est reçu à l'examen du baccalauréat avec mentionLe Progrès de la Côte d'Or du dimanche 9 juillet 1922 (Lycée Carnot : Résultat au baccalauréat). Deux ans plus tard, son frère et lui réussissent chacun à un mois d'intervalle leurs examens d'entrée à deux grandes écoles, celle de l'École centrale pour le premier et celle de l’École navale pour le secondJournal Officiel de la République française. Lois & Décrets, année, (Concours d'admission de 1924 à l’École Centrale des Arts et Manufactures. Liste des candidats nommés élèves ingénieurs, par le sous secrétaire d’État de l'Enseignement Technique. J.O du dimanche 31 août 1924, , Idem : L’Écho de Paris du 11 septembre 1924Le Progrès de la Côte d'Or, année, jeudi 17 juillet 1924 (Succès du Lycée Carnot). Se destinant à servir dans la marine de guerreÉcho de Paris du jeudi 9 juillet 1925 (Concours de l’École Navale. Liste d'Admissibilité). Le journal L'Ouest-Éclair publie également dans son édition du 5 septembre 1925, la liste des élèves ayant réussi le Concours d'Admission à l’École navale., Georges Blaison est admis à concourir le Journal Officiel de la République française. Lois & Décrets, J.O du 11 juillet 1924, (Concours d'Admission à l’École navale. Liste des candidats admissibles).

Carrière militaire

Entré comme élève boursier à l'École navale en Journal Officiel de la République Française. Concession des bourses. Élèves de Année à l’École navale, 26 octobre 1925, J.O du 28 octobre 1925, , il sort aspirant de marine à l'issue de cette formation militaireJournal Officiel de la République Française par arrêté en date du 15 septembre 1926, Blaison (G.L.N) est nommé Aspirant de marine. J.O du 18 septembre 1926, . À sa sortie de l’École navale, Blaison est promu enseigne de vaisseau de 2e classeJournal Officiel de la République Française, décret du 27 septembre 1927, J.O du 30 septembre 1927, (Nomination de Blaison comme Enseigne de Vaisseau de Classe) et est affecté en cette qualité, en , sur un navire-école, le croiseur Jeanne d'Arc, alors fleuron de la marine de guerre, basé à Brest. Après son passage sur le Jeanne d'Arc, Blaison rejoint le la escadre à Toulon, où il est affecté sur le cuirassé Bretagne. En , il satisfait aux examens de sortie de l'École d'applicationJournal Officiel de la République Française. Lois & Décrets, 18 septembre 1928. Arrêté ministériel du 15 septembre 1928, - Idem : Le Nouvelliste de Bretagne du 18 septembre 1928. et est muté fin 1928 sur le cuirassé Lorraine. Poursuivant sa formation militaire sur divers bâtiments de la flotte, au début de l'année 1929, il est affecté sur le croiseur DuquesneMinistère de la Marine, Annuaire de la Marine, Imprimerie nationale, 1929 ( : Navires de la Flotte. Duquesne, composition de l'équipage).

Jeune officier de marine, Louis Blaison est promu enseigne de vaisseau de 1re classe à compter du Journal Officiel de la République Française. Lois & Décrets, 17 septembre 1929 (Décret du 15 septembre 1929), , Ministère de la Défense, Annuaire de la Marine, Imprimerie nationale, 1929. Idem : Le Nouvelliste de Bretagne du 18 septembre 1929 (Blaison, nommé Enseigne de Vaisseau de classe) et doit regagner le port militaire de Brest, où il est appelé à servir le suivant sur l'aviso RemiremontLe Nouvelliste de Bretagne, Affaires maritimes, 24 octobre 1929, alors navire école des apprentis marinsL'Ouest-Éclair (Rennes), 24 octobre 1929. Affaires Maritimes - Mutations d'Officiers). Auprès de son commandant, le capitaine de corvette Maurice ReyMaurice Louis Marie Rey (1892-1980), ancien élève de l’École navale et Officier de Marine. Rey fut nommé Commandant du Remiremont en août 1928., le jeune Blaison y occupe pour la première fois le rang d'officier en secondMinistère de la Marine, Annuaire de la Marine, Imprimerie nationale, 1930 ( : Navires de la flotte. Blaison, Second sur l'Aviso Remiremont)'. Cette nouvelle mission navale pour le jeune capitaine est de courte durée car Blaison doit être remplacé immédiatement le par l'enseigne de vaisseau de classe HacardJournal Officiel de la République française. Lois & Décrets, J.O du 18 décembre 1930 (le remplacement de Blaison, ). Entré dès le à l'école de la navigation sous-marine à ToulonJournal Officiel de la République française. Lois & Décrets, J.O du 18 décembre 1930, où il obtient à sa sortie son certificat d'aptitude de navigation maritime à la fin du mois de L'Ouest Éclair (Rennes), samedi 18 juillet 1931 (Affaires maritimes : Certificat d'Aptitude à la navigation sous marine), Blaison intègre à Toulon dès le le sous-marin de classe RequinJournal Officiel de la République française. Lois & Décrets, J.O du 9 juillet 1931, (Blaison affecté sur le sous-marin Requin). Inauguré et lancé le , ce submersible de 65 mètres de long et de tonnes en plongée, possédant un canon de 100 millimètres et 8 lance-torpilles, est sa première affectation sous-marineJournal Officiel de la République française. Lois & Décrets, J.O du 9 août 1931.. À peine muté, il fait la rencontre de Thérèse Franchelli, diplômée en droit, avec laquelle il se marie à la mairie du arrondissement de Paris le Actes de l’État Civil. Archives de Paris : côte 9 M 336. Acte de Mariage Blaison / Franchelli. ( Arrondissement), Acte du 14 octobre 1931.

Lieutenant de vaisseau (), il passe successivement sur les sous-marins Marsouin, Agosta et Phénix avant de commander en la Sybille mais, malade, il doit débarquer au printemps 1940. Il commande alors un groupe de chalutiers armés et participe aux opérations d'évacuation dans la Manche. Il rallie ensuite les Forces navales françaises libres.

Commandant du sous-marin Surcouf

Lancé officiellement le de l'arsenal de Cherbourg, le sous-marin , le plus grand au monde en vertu de ses dimensions et de son puissant armement, a pour premier commandant le capitaine de corvette Raymond de Belot. Celui-ci est remplacé en par Blaison, promu capitaine de corvette à titre temporaire en janvier de la même année. Avec le Surcouf, Blaison effectue diverses missions dans l'Atlantique et participe au ralliement de Saint-Pierre-et-Miquelon à la France libre (). Envoyé dans le Pacifique, il fait route vers Panama pour traverser le canal quand, dans la nuit du 18 au , dans le golfe du Mexique, le Surcouf est bombardé par erreur par un avion américain. Georges Blaison disparaît avec tout son équipage.

À titre posthume, il est fait chevalier de la Légion d'honneur (1945), reçoit la Croix de guerre avec trois citations et la médaille de la Résistance française. Presque dix ans après la disparition du Surcouf, un mémorial en souvenir des 130 sous-mariniers et de leur commandant est inauguré le dimanche , en présence du général de Gaulle, alors président du Rassemblement du peuple françaisJournal L'Aurore, lundi 24 septembre 1951, : Le Général de Gaulle inaugure à Cherbourg le monument aux morts du sous-marin Surcouf..

vignette|Monument dédié aux morts du croiseur sous-marin Surcouf, inauguré à Cherbourg le 23 septembre 1951.

Hommages

vignette|Mémorial des français libres, à Greenock (Écosse).

LUnterseeboot 123 (1940), ancien sous-marin allemand est baptisé en , du nom de Blaison, en souvenir du Commandant Georges Louis Nicolas Blaison, dernier commandant du Surcouf disparu glorieusement en mer en 1942. The Free French Mémorial on Lyle Hill, Greenock. Sur l'une des quatre plaques apposées au mémorial, est écrit en français : . Le Mémorial des Français Libres de Greenock, fut inauguré en 1946. Une rue Commandant Blaison est inaugurée en 1952 à Lapalisse, face à la maison natale de l'officier sous-marinier, disparu dans la mer des Caraïbes en 1942. Une plaque commémorative est apposée sur sa façade, comportant l'inscription suivante : . Dans l'ancien fief maternel des Blaison, inauguration dans les années 1970 à Saint-Genis-Pouilly d'une rue au nom de Commandant Blaison. Il se trouve également dans cette commune de l'Ain une plaque commémorative sur le monument aux morts placé au centre du cimetière communal : où se lit en soubassement du monument, cette inscription : . Inauguration en 1981 d'un patrouilleur de haute mer de la Marine nationale dénommé le Commandant BlaisonRevue Cols Bleus, , 19 septembre 1981, L'Aviso Commandant Blaison , par le lieutenant de vaisseau Petit.. Dès l'année 1982, la ville de Lapalisse devint marraine du nouveau navire militaire, lequel fut lancé en 1981 en service actif de l'arsenal de Lorient. Selon l'Arrêté du , l'ancienne rue de Bretagne est rebaptisée Rue du Commandant Blaison à Saint-Pierre-et-Miquelon. En une association locale présidée par Lévêque-Ruault lance une souscription (fabrication de masques pour la pandémie de Covid-19) pour financer la construction d'un Mémorial en l'honneur des 529 engagés volontaires (qui ce sont engagés entre le et le ) au service de la France Libre, favorisant ainsi la libération de l'archipel. Ce Mémorial qui verra le jour prochainement place Alain Savary, sera composé de 11 stèles, et sera placé devant une grande Croix de Lorraine en granit, jouxtant les rues de l'Amiral Muselier, du Commandant Blaison et du Commandant Roger Birot. En hommage au Commandant Louis Blaison, le service philatélique de la poste de Saint-Pierre-et-Miquelon édite en , un timbre à son effigie. Monument national aux sous-mariniers morts pour la France. Ce mémorial situé dans la rade de Toulon, fut inauguré en . Une plaque de bronze située au centre du monument, énumère les disparus du sous-marin Surcouf, de ses officiers, de son équipage et de son commandant Louis Blaison.

Notes et références

Bibliographie

Auguste Thomazi, Sous-marins et croiseurs français, Plon, 1947 Maurice Guierre, L’Épopée du Surcouf et le Commandant Louis Blaison, Édition Bellenand, 1952 Louis de Villefosse, Les Iles de la liberté : aventures d'un marin de la France Libre, Édition Albin Michel, 1972 (Blaison : pages 174, 210, 327) Maurice Pasquelot, Les Sous-Marins de la France Libre. 1939-1945, Édition Presse de la Cité, 1981 Michel Bertrand, Géants de la mer : L’Épopée du Surcouf, Revue Miroir de l'Histoire , mai- Jean-Jacques Antier, Histoire Héroïque des Sous-Marins français (1939-1945), Éditions Maritimes et d'Outre Mer, 1984 La Mémoire des Français Libres. Hommes & Combats, Édition Revue de la France Libre, volume 5, Fondation de la France Libre, 1986 (Article signé par Francine Blaison, unique descendante du commandant Georges Louis Nicolas Blaison, dernier commandant du sous-marin Surcouf) Émile Chaline, Historique des Forces Navales Françaises Libres, Édition Marine nationale, Service Historique de la Marine (Blaison pp.55-56), 1990 James Rusbridger, Who Sank Surcouf ? The Truth about the disappearence of the pride of the french navy, Édition Albury, Londres, 1991 Maurice Sarazin, Le Commandant Blaison et le sous-marin Surcouf, Études Bourbonnaises, 1994 Max Lemaître, Jean-Paul Dubosq, Fécamp 1939-1945 : Au fil des jours de l'Occupation, Édition L. Durand & Fils, 1994 (Blaison, ) Claude Huan, Le Croiseur-sous marin Surcouf (1926-1942), Éditions Marines, 1996