Des élections législatives ont lieu aux Fidji le . afin d'élire l'ensemble des cinquante-et-un membres du Parlement, le corps législatif monocaméral, pour un nouveau mandat de quatre ans.
Le parti Fidji d'abord du Premier ministre Frank Bainimarama conserve sa majorité absolue des sièges. Malgré un net recul par rapport au scrutin précédent et à ce qu'annonçaient les sondages, il réunit seul plus de la moitié des suffrages. Bainimarama entame son nouveau mandat de Premier ministre le ..
Histoire récente En , le contre-amiral Frank Bainimarama prend le pouvoir par un coup d'État, renversant le gouvernement nationaliste autochtone du Premier ministre Laisenia Qarase. Il accuse ce dernier d'aggraver les tensions dans le pays en menant une politique qui privilégie systématiquement les intérêts de la majorité ethnique autochtone, aux dépens des autres citoyens. Voreqe Bainimarama gouverne alors comme dictateur pendant près de huit ans, malgré les pressions internationales à son encontre. Durant cette période, il établit une égalité des droits entre tous les citoyens, quelle que soit leur appartenance ethnique, et promeut un sentiment d'appartenance nationale commune. Il fait inscrire cette égalité des droits dans une nouvelle Constitution. Il rétablit des institutions démocratiques via les élections de septembre 2014, qu'il remporte...
Partis politiques et candidats Le parti Fidji d'abord dispose d'une majorité absolue des sièges dans le Parlement sortant. Fondé par Frank Bainimarama en amont des élections de 2014, il est relativement libéral sur le plan économique, mais a également mis en œuvre une politique de développement des infrastructures en zones rurales, d'éducation gratuite et de subventions aux petites entreprises, qui a accru sa popularité.. Le parti présente sa liste de candidats en . Les ministres sortants y figurent presque tous en position éligible. Le ministre de la Défense, Ratu Inoke Kubuabola, et le ministre de la Jeunesse et des Sports, Laisenia Tuitubou, ne se représentent pas. Rosy Akbar, ministre de la Santé, ne figure qu'en place sur la liste des candidats du parti...
Le principal parti d'opposition est le Parti libéral social-démocrate (Sodelpa), qui malgré son nom est un parti conservateur et social-libéral. Il rassemble les nationalistes autochtones partisans du gouvernement déchu de Laisenia Qarase, et souhaite toujours promouvoir les intérêts spécifiques de la majorité autochtone de la population. Il souhaite également instaurer le christianisme comme religion d'État, tandis que la Constitution introduite par le gouvernement Bainimarama en 2013 fait des Fidji un État laïc. Le chef du Sodelpa est Sitiveni Rabuka, anciennement auteur de deux coups d'État militaires en 1987 pour instituer une suprématie politique autochtone. Rabuka n'étant pas député au Parlement sortant, la fonction de chef de l'opposition parlementaire y est exercée par Ro Teimumu Kepa, l'une des plus hautes personnalités de l'aristocratie autochtone. Inculpé pour fraude électorale car accusé d'avoir présenté une fausse déclaration de patrimoine, Rabuka est reconnu non coupable par la justice le , ce qui lui permet de poursuivre sa campagne électorale.. La Commission indépendante contre la corruption interjette un appel, rejeté par la Haute Cour le , deux jours avant le scrutin. Le droit de Sitiveni Rabuka à se présenter à l'élection est ainsi confirmé..
Seul autre parti représenté au Parlement sortant, le Parti de la fédération nationale, dirigé par le député Biman Prasad, représente historiquement les intérêts de la communauté rurale indo-fidjienne.
Parmi les partis n'ayant pas de représentation au Parlement sortant, les deux principaux sont le Parti travailliste, social-démocrate et multi-ethnique, et le Parti démocrate populaire, parti politique syndicaliste issu d'une scission dans le Parti travailliste. En , le Parti démocrate populaire annonce son alliance avec le parti conservateur Sodelpa en vue de ces élections. Le PDP ne présentera de candidats que sous l'étiquette du Sodelpa, qui de son côté défendra certains des idéaux du PDP.. Le Parti travailliste annonce en que son chef de file pour ces élections sera Aman Ravindra Singh.. Le Parti fidjien unifié pour la liberté, qui avait obtenu 0,2 % des voix en 2014 avant de devenir le parti Alliance pour la liberté, renonce à présenter des candidats sous sa propre étiquette pour le scrutin de 2018. À la suite d'un accord avec le Parti travailliste, des membres de l'Alliance pour la liberté quittent leur formation politique et rejoignent le Parti travailliste, se présentant à l'élection sous cette étiquette.. Forces en présences + Principales forces politiques PartiNom en anglais Idéologie Dirigeant Résultat en 2014 Fidji d'abordFijiFirst Centre à centre droitSocial-libéralisme, anti-communautarisme Frank Bainimarama 59,17 % des voix32 députés Parti libéral social-démocrateSocial Democratic Liberal Party DroiteNationalisme ethnique, nationalisme chrétien, économie sociale de marché Sitiveni Rabuka 28,18 % des voix15 députés Parti de la fédération nationaleNational Federation Party Centre à centre gaucheSocial-démocratie, intérêts des Indiens des Fidji Biman Prasad 5,46 % des voix3 députés Parti travailliste fidjienFiji Labour Party Centre gaucheSocial-démocratie Aman Ravindra Singh2,35 % des voix0 députés Parti de l'unité des Fidji Savenaca Narube Nouveau Parti de l'espoir Tupou Draunidalo Nouveau
Système politique et électoral Les Fidji sont une république parlementaire et une démocratie multipartite dotée d'un parlement monocaméral.
Le Parlement des Fidji est composé de 55 sièges pourvus pour quatre ans au scrutin proportionnel plurinominal avec vote préférentiel et seuil électoral de 5 % dans une circonscription électorale unique couvrant l'ensemble du pays..
Le scrutin se déroule sous la forme d'un unique vote préférentiel. Chaque électeur vote pour un seul candidat parmi ceux présentés par les partis en lice ou ceux se présentant sans étiquette, et chaque voix reçue par un candidat est également comptabilisée comme une voix pour le parti dont il est membre. Après décompte de l'ensemble des voix réunies par les partis et candidats indépendants en lice, les cinquante-et-un sièges à pourvoir sont répartis à la proportionnelle selon la méthode d'Hondt entre ceux ayant franchi le seuil électoral de 5 % du total des suffrages exprimés. Les sièges obtenus par chaque parti sont alors alloués à leurs candidats dans l'ordre du nombre de votes préférentiels obtenus par chaque candidat individuellement..
Le droit de vote s'acquiert à l'âge de , et voter n'est pas obligatoire. Le nombre de sièges du parlement est régulièrement ajusté pour suivre l'évolution démographique du pays. Il était ainsi de 50 en 2014, contre 51 en 2018.
Après les élections, la nouvelle assemblée procède à l'élection du président du Parlement. En application de l'article 93 de la Constitution, si un parti dispose d'une majorité absolue des sièges au Parlement, le chef de ce parti devient Premier ministre, à condition d'avoir lui-même été élu député. Si aucun parti n'a de majorité claire, le Parlement procède à l'élection d'un Premier ministre parmi ses membres. En vertu du principe de gouvernement responsable, le Parlement peut démettre le Premier ministre de ses fonctions à tout moment..
Campagne électorale Le parti Fidji d'abord organise des réunions de campagne festives et met l'accent sur la préservation de la stabilité, de l'égalité des droits civiques et de la poursuite de la croissance économique durant la prochaine législature. Il accuse le Sodelpa d'être un parti raciste focalisé sur les intérêts de la majorité autochtone de la population. Le Sodelpa, lui, se présente comme un parti ouvert et à l'écoute des préoccupations de tous les Fidjiens. Le Parti de la fédération nationale fait campagne sur la promesse d'un accroissement du salaire minimum, d'une abrogation des taxes sur les produits alimentaires de première nécessité, et d'un meilleur revenu pour les travailleurs ruraux de l'industrie de la cane à sucre..
La campagne s'arrête 48 heures avant le vote. Le jour du scrutin est marqué par de fortes pluies, et des avertissements de risque d'inondations. Dans vingt-six bureaux de vote, la tenue des élections est reportée en raison d'inondations. En conséquence, la commission électorale maintient l'interdiction faite aux médias de relayer toute campagne électorale, jusqu'à ce que les citoyens affectés aient pu voter... Ceux-ci votent le ..
Sondages Un sondage publié par le journal Fiji Sun fin indique 56 % d'intentions de vote pour Fidji d'abord, 23 % pour le Sodelpa, 2 % pour le Parti de la fédération nationale, et 2 % également pour le Parti travailliste. 59 % des sondés souhaitent voir Voreqe Bainimarama rester Premier ministre, tandis que 14 % souhaiteraient voir Ro Teimumu Kepa lui succéder, et 13 % Sitiveni Rabuka..
Un sondage publié par ce même journal un an plus tard, en , indique 60 % d'intentions de vote pour Fidji d'abord, 26 % pour le Sodelpa, 6 % pour le Parti de la fédération nationale, et 4 % pour le Parti travailliste. 62 % des sondés souhaitent voir Voreqe Bainimarama rester Premier ministre, tandis que 13 % souhaiteraient voir Sitiveni Rabuka lui succéder, 11 % Ro Teimumu Kepa, 9 % Biman Prasad et 2 % le travailliste Aman Singh..
Un sondage fin indique que 68 % des sondés souhaitent voir Voreqe Bainimarama rester Premier ministre, 24 % lui préfèrent Sitiveni Rabuka, 5 % Biman Prasad, et moins de 0,5 % Aman Ravindra-Singh. Voreqe Bainimarama serait soutenu par 53 % des électeurs autochtones (39 % lui préférant Sitiveni Rabuka) et par 93 % des électeurs indo-fidjiens..
Résultats +Résultats des législatives fidjiennes de 2018Fichier:Parlement Fidji 2018.svgPartiVoix%+/-Sièges+/- Fidji d'abord 50,02 9,15 27 5 Parti libéral social-démocrate 39,85 21 Parti de la fédération nationale 7,38 1,92 3 Parti de l'unité des Fidji 1,52 0 Parti de l'espoir 0,62 0 Parti travailliste fidjien 0,62 1,73 0 Votes valides 99,08 Votes invalides 0,92 Total 100 – 51 Abstentions 28,35 Inscrits / participation 71,65 Représentation selon l'axe gauche/droite : + 3 27 21
Analyse Le parti Fidji d'abord obtient un peu plus de 50,0 % des voix et conserve ainsi une courte majorité absolue des sièges au Parlement, soit . Le Sodelpa et le PFN demeurent les deux seuls autres partis représentés au corps législatif, avec respectivement 39,9 % et 7,4 % des voix. Aucun autre parti n'approche le quorum de 5 %, le Parti travailliste glissant à la sixième et dernière place avec seulement 0,6 % des voix....
Députés élus Sans surprise, les candidats qui recueillent le plus de voix sont Frank Bainimarama (36,9 % de tous les suffrages) ; Sitiveni Rabuka (17,0 %) ; le ministre de la Justice et bras droit de Bainimarama, Aiyaz Sayed-Khaiyum (3,8 %), et Biman Prasad (2,7 %). En cinquième place, Lynda Tabuya, ancienne cheffe du Parti démocrate populaire mais se présentant cette fois sous l'étiquette du Sodelpa, obtient 1,9 % de tous les suffrages.
Bien que le Parti de la fédération nationale soit traditionnellement perçu comme un parti indo-fidjien, deux de ses trois élus sont autochtones..