L'Unterseeboot 766 ou U-766 est un sous-marin allemand (U-Boot) de type VIIC utilisé par la Kriegsmarine pendant la Seconde Guerre mondiale.
Le sous-marin est commandé le à Wilhelmshaven (Kriegsmarinewerft), sa quille posée le , il est lancé le et mis en service le , sous le commandement de l'Oberleutnant zur See Hans-Dietrich Wilke.
Le U-766 ne coule ni n'endommage aucun navire au cours des cinq patrouilles ( en mer) qu'il effectue.
Il est désarmé le à la Base sous-marine de La Rochelle (La Pallice) puis est capturé en par les Forces Françaises.
Il poursuit le service dans la Marine nationale française et devient le Laubie (S610) en . Il est démoli en .
Conception Unterseeboot type VII, le U-766 avait un déplacement de en surface et en plongée. Il avait une longueur totale de , un maître-bau de , une hauteur de et un tirant d'eau de . Le sous-marin était propulsé par deux hélices de , deux moteurs Diesel Germaniawerft M6V 40/46 de six cylindres en ligne de à , produisant un total de en surface, et de deux moteurs électriques Brown, Boveri & Cie GG UB 720/8 de à , produisant un total de , en plongée. Le sous-marin avait une vitesse en surface de () et une vitesse de () en plongée. Immergé, il avait un rayon d'action de marins () à quatre nœuds ( ; par heure) et pouvait atteindre une profondeur de . En surface, son rayon d'action était de nautiques (soit ) à dix nœuds (). Le U-766 était équipé de cinq tubes lance-torpilles de (quatre montés à l'avant et un à l'arrière), et contenait quatorze torpilles. Il était équipé d'un canon de 8,8 cm SK C/35 () et d'un canon antiaérien de Flak. Il pouvait transporter TMA ou TMB. Son équipage comprenait quatre officiers et .
Historique Dans la Kriegsmarine (1943-1945) Il passe son temps d'entraînement initial à la 8. Unterseebootsflottille jusqu'au , puis rejoint son unité de combat dans la 6. Unterseebootsflottille.
Sa première patrouille est précédée de courts trajets à Kiel, à Marviken et à Bergen. Elle commence le au départ de Bergen pour l'Atlantique Nord. Sur le trajet entre les îles Féroé et les îles Shetland, il est rappelé pour rejoindre le groupe (ou : meute) Landwirt positionné au large de la FranceLe U-766 sur u-boote.fr.. Il arrive à Saint-Nazaire le , bredouille.
Le commence sa deuxième patrouille, au départ de Saint-Nazaire, avec la meute Landwirt, composée de . Le U-766 est l'un des dix-neuf U-Boote dépourvus de schnorchel qui reçoivent l'ordre de former une ligne à de profondeur entre Brest et Bordeaux pour garder des U-Boote hors des ports en cas de leurs invasions par les forces alliées. Les U-Boote remontent ensuite à de profondeur, ou se posent sur le fond pendant de longues périodes. La nuit ils sont l'objet d'attaques aériennes. Le , lorsque l'invasion des ports ne semble plus être d'actualité, les U-Boote retournent à leurs bases et sont placés en alerte.
Pour sa troisième mission, le U-766 est convoyé de Saint-Nazaire à Brest entre le 26 et le . Du 2 au , le U-766 agit de conserve avec le U-618 ; ils forment la meute Wiesel, chargée d’intercepter les escortes des forces alliées, sans succès.
Sa cinquième patrouille se déroule du 8 au , soit en mer. Il embarque quatorze techniciens avec des pièces détachées de schnorchel, de Brest vers Bordeaux. Lors de sa croisière, six bimoteurs britanniques le détectent et l'endommagent. Le , le U-766 se présente à l'embouchure de la Gironde ; en raison de mines ennemies et de l'avancée des Alliés (Bordeaux est pris), les U-Boote se replient vers la Norvège.
Le , en compagnie de le U-963, le U-766 fait route vers le nord. Le , au large de La Rochelle, il est repéré par un avion bombardier Wellington canadien du Sqdn 407 / E qui le grenade sévèrement. C'est avec les lignes d'arbres faussées, les tubes lance torpilles déformés et de légères voies d'eau qu'il entre dans l'alvéole de la base sous-marine de La Rochelle ; il est déclaré inapte au service et désarmé. Alors que neuf autres U-Boote abandonnent La Rochelle entre le et le , équipés de Schnorchel, le U-766 est immobilisé, servant accessoirement de groupe électrogène à la base. Les neuf autres U-Boote seront tous coulésle Laubie, ex U766 : son histoire - forum sous-marin.fr..
Le , il est capturé lorsque les fusiliers marins français s'emparent de la base sous-marine ; il présente un assez bon état de conservation.
Dans la Marine française (1945-1963) Pendant l'été 1945, il exécute, pour le centre des sous-marins français de La Rochelle, une plongée à sans aucun incidentLe Laubie ex : U-766 Type VIIC - u-boote.fr..
Entre et , le sous-marin subit une révision complète du circuit de refroidissement des moteurs.
Incorporé à la flotte sous-marine française depuis , le sous-marin garde son matricule 766 jusqu’au , date de la dépêche ministérielle 599 EMG/3 qui le rebaptise Laubie, en hommage à Louis Gervais François Laubie, ingénieur mécanicien du sous-marin Protée, disparu en mission au large de Toulon le 19 ou . Il prend alors le matricule S-10 qui devient S-610 le .
Le premier accident sérieux du Laubie survient le près de Port Lyautey, lorsque la frégate La Surprise passe au-dessus du sous-marin lors d'un exercice en plongée périscopique. Les réparations du kiosque durent jusqu'en 1951.
En octobre-, il est l'un des deux sous-marins français engagé dans la crise du canal de Suez.
Le à , alors qu’il navigue à l’immersion périscopique à la vitesse de , le Laubie est abordé par le paquebot Ville de Marseille au large d'Alger. Le sous-marin est remorqué et entre à Alger le soir même. Il est de nouveau remorqué à Toulon pour de nouvelles réparations qui durent quelques mois.
Le , le Laubie entre en collision avec l'Espadon pendant des exercices en plongée périscopique, à cinq milles nautiques de Toulon. Les dégâts étant trop importants, la décision est prise de ne pas le réparer. Après quinze années de services dans la Marine française, il est désarmé et devient la coque Q-335.
Il est démoli à partir du .
Affectations 8. Unterseebootsflottille du au (Période de formation). 6. Unterseebootsflottille du au (Unité combattante).
Commandement Oberleutnant zur See Hans-Dietrich Wilke du au .
Patrouilles Commandant Départ Arrivée Jours Succès Oblt. Hans-Dietrich Wilke Kiel Marviken 3 jours Oblt. Hans-Dietrich Wilke Marviken Bergen 2 jours 1 Oblt. Hans-Dietrich Wilke Bergen St. Nazaire 25 jours 2 Oblt. Hans-Dietrich Wilke St. Nazaire St. Nazaire 10 jours 3 Oblt. Hans-Dietrich Wilke St. Nazaire Brest 5 jours 4 Oblt. Hans-Dietrich Wilke Brest Brest 5 jours 5 Oblt. Hans-Dietrich Wilke Brest La Pallice 14 jours Total 64 jours
Note : Oblt. = Oberleutnant zur See
Notes et références
Bibliographie . .
Voir aussi Articles connexes Liste des U-Boote de la Seconde Guerre mondiale Liste des sous-marins français
Liens externes
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