Le projet Varela () est un projet lancé à Cuba en 1998 par Oswaldo Payá Sarwapdiñas du Mouvement chrétien de libération (CLM) et porte le nom de Félix Varela, un chef religieux cubain qui lutta au pour l'indépendance de Cuba. À la suite de cette initiative, de nombreux opposants au régime ont été emprisonnés pendant le printemps noir en 2003.

Présentation

Le projet Varela est une pétition dont les signataires demandent à l'Assemblée nationale du pouvoir populaire, l'organisation d'un référendum afin de soumettre au peuple cubain cinq propositionsLe projet Varela L'Express, 9 janvier 2003, permettant l'organisation d'élections libres, l'amnistie des prisonniers politiques et le respect des libertés d'association et d'expressionLe dissident cubain Oswaldo Paya meurt dans un accident de la route Le Monde, 23 juillet 2012.

Le projet Varela s'appui sur l'article 88, alinéa G, de la Constitution cubaine qui permet l'organisation d'un référendum, dès lors qu'un groupe de citoyens recueille plus de signatures.

C'est en 1998, au lendemain de la visite du pape Jean-Paul II à Cuba, que la pétition est lancée. Il faudra quatre ans pour recueillir le nombre de signatures nécessaire. Ainsi en , l'initiateur de la pétition Oswaldo Paya dépose signatures à l'Assemblée nationaleLa dissidence cubaine perd Oswaldo Paya Le Figaro, 24 juillet 2012. Le projet Varela recueillera finalement signaturesPierre Rigoulot Coucher de soleil sur La Havane: La Cuba de Castro 1959 - 2007.

À la suite de son père, Rosa María Payá réclame ce référendum populaire.

Contenu Le projet Varela a pour objectif l'organisation d'un référendum pour valider cinq propositions. Le respect des droits de l'homme et de la dignité humaine doit être acquis pour chaque individu. Le droit de libre association et la liberté de la presse doivent être reconnus. Une amnistie pour les prisonniers politiques s'ils n'ont pas pris part à des actions ayant mis en cause la vie d'autres personnes. La garantie pour chaque citoyen de créer une entreprise privée. La possibilité d'établir des contrats de travail entre l'employé et l'employeur. La modification de la loi électorale pour autoriser les réunions des candidats et le libre accès aux moyens de communication. L'organisation d'élections générales après la tenue du référendum dans un délai de 270 jours à 365 jours.

Réactions

Soutien international

Pour l'Union européenne, le projet Varela constitue « La situation de la liberté de la presse est grave en Colombie, à Cuba et en Haïti » Reporters sans frontières, 16 mai 2002. L'ancien président Jimmy Carter présent à La Havane en évoque en direct à la télé cubaine le projet Varela« Fidel Castro, les quatre saisons d'un géant du XXe siècle » Tribune de Genève, 26 novembre 2016 et en vante la teneur« Le projet Varela, l'appel à la démocratie » Radio Canada, 22 décembre 2006.

Réponses du pouvoir castriste

Fidel Castro organise en , une manifestation rassemblant un million de personnes à La Havane. Il y dénonce des opposants qualifiés de « laquais de l'impérialisme ». En , forts d'une pétition de 9 millions de signataires, organisée par le régime, les députés inscrivent dans la Constitution de Cuba l'irrévocabilité du socialisme. En , Fidel Castro fait arrêter 75 opposants dont des personnalités liées au projet Varela. Ces dissidents sont condamnés à de lourdes peines de prison. Puis le suivant, trois jeunes Cubains sont exécutés pour avoir tenté de fuir l'île et rejoindre les États-Unis. La réprobation est internationale ; Fidel Castro perd de nouveaux soutiens dont celui de José Saramago.

À la suite de sa participation au projet, José Daniel Ferrer a été condamné à 25 ans de réclusionJosé Daniel Ferrer García Amnesty international .

Références

Articles connexes

Dissidence cubaine Les Dames en blanc

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