Peter Cherif ou Abou Hamza, est un djihadiste français, né le dans le de Paris, membre d'Al-Qaïda en Irak et d'Al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA). On perd sa trace au Yémen, jusqu'à son arrestation le à Djibouti.

Accusé d'avoir participé à la prise d'otage d'humanitaires français et d'avoir introduit Chérif Kouachi au sein d'AQPA, il est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour son rôle dans l'attentat contre Charlie Hebdo.

Engagement djihadiste Son père afro-caribéen, de confession catholique, meurt quand il a . Sa mère, née en Tunisie., est quant à elle musulmane.

Avant de se radicaliser, Peter Cherif était connu pour des faits de vol avec arme ou de trafic de stupéfiants. En 2002, il tente de s'engager dans l'armée pour suivre les traces de son grand-père, qui . Mais une blessure à la cheville l'empêche de poursuivre cette voie. Il est alors dans la pratique religieuse, Farid Benyettou l'instruisant dans l'islam radical au sein de la filière des Buttes-Chaumont.

Il se convertit à l'islam en 2003 et il endoctrine les frères Kouachi, auteurs de l'attentat contre Charlie Hebdo commis en , mais aucun élément matériel ne relie Peter Cherif à cet attentat..

Avec ses amis de collège Chérif Kouachi et Mohamed el-Ayouni, ils se tournent, ensemble, vers la foi et l’antisémitisme. Ils fréquentent la mosquée du Pré-Saint-Gervais jusqu'à ce que Saïd, le frère aîné de Chérif, les emmène à la mosquée Adda'wa de leur arrondissement où Farid Benyettou les endoctrine, mais sans vraiment passer à l'acte jusqu'à ce que leur ami Boubaker El Hakim les appelle au djihad lors d'une interview télévisée en 2003. En , Peter Cherif part en Syrie pour, officiellement, prendre des vacances, parfaire son arabe et étudier l'islam. En , il traverse la frontière avec l'Irak pour y combattre l'. En , il participe à la deuxième bataille de Falloujah, au cours de laquelle il est blessé au combat. Le , il arrêté, sans arme et sans papiers sur lui, par les Américains, qui l'incarcèrent à Camp Bucca. En , il est transféré à la prison d'Abou Ghraib. Le ou , il est condamné à de prison par un tribunal irakien. Peu de temps après, il est transféré à la prison de Badouch, située au nord-ouest de Mossoul. Le , il parvient à s'en évader avec une centaine d’autres détenus à la faveur d'un assaut mené par l'État islamique d'Irak. Si une grande partie des évadés sont recapturés dès le lendemain, ce n'est pas son cas ni celui d'Abou Maïssara al-Iraqi. En fait, Peter Cherif parvient à regagner la Syrie, où il se cache pendant quelques mois, avant de se rendre à l'ambassade de France à Damas, qui organise son rapatriement. Le , il est arrêté à son arrivée à l'aéroport de Roissy. Remis en liberté le avant d’être jugé, il s’échappe une nouvelle fois, le dernier jour de son procès, et fuit d'abord vers la Tunisie en 2011, où il rejoint Boubaker El Hakim, un autre djihadiste qui devient le plus haut gradé français de Daech. Le , Peter Cherif part ensuite pour le Yémen, en transitant par Oman, et s'engage dans les rangs d’Al-Qaïda dans la péninsule arabique. Il est accompagné de Salim Benghalem, un autre djihadiste de premier plan.

À partir de 2011, Peter Cherif est donc actif au sein de l'organisation qui prend le contrôle d'une importante partie de l'est du Yémen. Il sert notamment de traducteur, ainsi que pour la propagande en ligne de l'organisation et le recrutement de combattants. En 2015, l'organisation commence à subir des revers jusqu'à la reprise d'Al Moukalla, la plus grande ville sous son contrôle, en , par les forces yéménites alliées à l'Arabie saouditeYémen: l'Arabie saoudite annonce qu'al-Qaïda a perdu la ville de Mukalla sur Radio France internationale, le 25 avril 2016.

Arrestation et procès Peter Cherif serait arrivé en bateau du Yémen à Djibouti en 2018 dans la ville côtière d’Obock, avec de faux papiers et aurait d’abord séjourné dans un camp de réfugiés yéménites, avant de s’installer mi-septembre dans la périphérie de la ville de Djibouti où il aurait vécu de petits boulots, avant de projeter de se rendre en Algérie. Il est localisé par les Américains et la DGSE, qui donne l’information aux forces spéciales djiboutiennes, qui procèdent à son arrestation dans le quartier populaire de Balbala le . Il est rapidement expulsé vers la France pour y être interrogé par la DGSI.. Il doit toujours purger le reliquat d’une peine de cinq ans de prison prononcée en 2011 pour sa participation à la filière des Buttes-Chaumont..

Le , son procès commence devant la cour d'assises spéciale de Paris pour association de malfaiteurs terroriste criminelle. Il est notamment jugé pour avoir introduit Chérif Kouachi dans l'organisation terroriste AQPA depuis le Yémen et pour la séquestration de trois Français membres de l'ONG Triangle génération humanitaire au Yémen en 2011. Il refuse de répondre aux questions lors de l'essentiel du procès. Interrogée par la Cour, son ancienne compagne, par ailleurs jeune sœur de Boubaker El Hakim, décrit avoir subi des violences et viols réguliers de Peter CherifAttentat contre « Charlie » : Le témoignage de Fatma H. arrache Peter Cherif à son mutisme sur actu-juridique.fr, le 18 septembre 2024. Lors de ses rares prises de paroles, il reconnait avoir joué le rôle de traducteur dans la prise d'otage des humanitaires, mais minimise son implication. Il nie cependant tout lien avec l'attentat contre Charlie Hebdo. L'accusation estime cependant que seul lui aurait pu introduire son ami d'enfance Chérif Kouachi dans AQPA, une organisation très fermée qui demande une personne pour se porter garante d'une nouvelle recrue. Pour les enquêteurs, . En appui, les enquêteurs disposent d'un témoin clé : un prisonnier de l'organisation affirme que le chef d'AQPA, Anwar al-Awlaqi, a chargé Peter Cherif d'un projet d'attaque en FranceAttentat contre Charlie : Ce que révèle l’enquête de la DGSI sur le rôle de Peter Cherif sur actu-juridique.fr, le 27 septembre 2024.

Selon l'avocat général Benjamin Chambre, et « En se taisant, il crie sa haine de notre société » : au procès de Peter Cherif, un silence révélateur sur Le Point, le 2 octobre 2024. Reconnu coupable de l'ensemble des faits reprochés, il est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité le avec une période de sureté de 22 ans.. Il ne fait pas appel.

Adaptation au théâtre Kévin, portrait d’un apprenti converti, texte d'Amine Adjina, mise en scène de Jean-Pierre Baro

Notes et références

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