L'église Saint-Remi est une église catholique paroissiale située à Ponchon, dans le département de l'Oise, en France.
Sa nef unique, non articulée, et recouverte d'un lambris en forme de voûte en berceau, remonte au . Ponchon est en effet l'une des paroisses primitives du diocèse de Beauvais. En tant que paroisse matrice de quatre villages voisins, elle bénéficie de certains privilèges sous l'Ancien Régime. Son sanctuaire roman est ainsi remplacé par un chœur gothique de dimensions plus généreuses à partir de la fin du . Son architecture est d'une sobre élégance. Apparemment, le chantier traîne en longueur, et le voûtement d'ogives du vaisseau central n'est achevé que vers 1230 environ. Sa chapelle latérale également commencée pendant le dernier quart du est déjà presque entièrement reconstruite dans ce contexte, car il fallut porter le nombre de travées de trois à deux, conformément au nombre de voûtes du vaisseau central. Le voûtement de la chapelle n'est jamais exécuté, mais on la dote cependant de deux nouvelles fenêtres, à la seconde moitié du et au début du . C'est à cette époque que l'ensemble de l'espace intérieur est pourvu d'une polychromie architecturale, et qu'une série de fresques est peinte tout autour de la nef. Réalisées en plusieurs tons d'ocre, elles mettent en scène un défilé continu de personnages, qui illustrent pour l'essentiel des épisodes de l'histoire biblique, avec un accent particulier sur la Genèse et la Passion du Christ. Environ les deux tiers sont conservées intactes, et l'église de Ponchon peut s'enorgueillir ainsi de posséder un trésor artistique d'une grande rareté, unique dans le département pour la superficie couverte, et remarquable pour la forte stylisation et son langage pictural expressif.
À la suite de leur redécouverte fortuite à la fin des années 1970, les peintures monumentales ont été classées au titre des monuments historiques par arrêté du , et l'édifice a été inscrit simultanément..
Ponchon est aujourd'hui affilié à la paroisse Saint-Yves-d'Auteuil du pays de Noailles, qui s'étend sur vingt-trois communes, et les messes dominicales n'y sont plus célébrées que tous les trois mois.
Localisation thumb|left|Vue depuis le sud.
L'église Saint-Remi est située en France, en région Hauts-de-France et dans le département de l'Oise, dans le pays de Thelle, sur la commune de Ponchon, au centre du village, rue du pont Delettre. La rue arrive depuis la rue de la Mairie, au nord-est, et passe à proximité du chevet de l'église, puis son éloigne progressivement en direction du sud-ouest. Entre l'église et la rue, s'étend l'ancien cimetière., qui a été converti en parvis et espace vert public. Le parvis a été baptisé square Raymond Joly-Clare lors d'une cérémonie en la présence de l'artiste (mort en 2006 à l'âge de 95 ans).. L'ancien cimetière surplombe légèrement la rue, sauf devant le chevet, et le dénivelé est compensé par un mur de soutènement, en même temps mur de clôture. L'on y accède de plain-pied depuis l'est, ou par un escalier depuis le sud. En outre, une courte impasse relie la rue au portail occidental de l'église. Depuis cette impasse, un escalier conduit au portail occidental de l'église. L'édifice est entièrement dégagé de constructions mitoyennes, et bien mise en valeur. Son élévation septentrionale est cependant bordée d'arbres, et peu visible.
Histoire thumb|left|Nef, vue depuis le sud-ouest.
Les origines de la paroisse se perdent dans le temps. C'est, selon Louis Graves, l'une des paroisses primitives du diocèse de Beauvais. Son territoire s'étendait de la vallée du Thérain, du côté de Hermes, jusqu'à la chaussée Brunehaut, du côté de Tillard. Il comprenait initialement les villages de Montreuil-sur-Thérain, Berthecourt, Villers-Saint-Sépulcre, et la moitié de Tillard, avant que ceux-ci ne furent eux-mêmes érigés en paroisses. Longtemps le curé de Ponchon conserva le privilège de faire seul les baptêmes et inhumations, et portait le titre d'archiprêtre. Le saint patron de la paroisse est saint Remi de Reims.. Sous l'Ancien Régime, la paroisse de Ponchon relève du doyenné de Mouchy-le-Châtel, de l'archidiaconé de Clermont et du diocèse de Beauvais.. Le collateur de la cure est l'abbé de Saint-Germer-de-Fly, comme pour Berthecourt et Villers-Saint-Sépulcre, qui ne furent donc détachés de Ponchon qu'après que l'abbaye reçut le droit de collation. thumb|upright|Nef, vue vers l'est. thumb|upright|Nef, vue vers l'ouest.
La partie la plus ancienne de l'église est la nef. Dominique Vermand la compte parmi les nefs les plus anciennes du Beauvaisis, qui sont de tradition carolingienne, et . D'autres nefs de cette époque sont Notre-Dame-du-Thil à Beauvais, Bresles, Essuiles, , Hermes, , Therdonne, . Rares sont en effet les nefs basilicales dans la région, et l'on ne peut guère citer que la Basse-Œuvre de Beauvais et Montmille (où les bas-côtés ont disparu). La simplicité de ces constructions ne permet pas une datation avec précision, mais on peut supposer le ; p. 123-124.. Louis Graves évoque un appareil en petits moellons cubiques dit pastoureaux, qui proviennent souvent d'édifices romains démantelés, et indiquent souvent une période de construction antérieure au milieu du . Il s'agit toutefois d'une erreur, et Dominique Vermand ne retient que l'appareil en opus spicatum sur les parties basses des murs, qui reste répandu jusqu'à la fin du . — Le chœur primitif est pourvu d'une chapelle latérale à la fin du . En subsiste une fenêtre bouchée, visible depuis l'extérieur, et les chapiteaux du côté sud, qui ont toutefois dû changer de place, car le nombre de travées a été porté de trois à deux. La reconstruction de la chapelle intervient dans le cadre de l'édification d'un nouveau chœur gothique vers 1230. Son voûtement est alors prévu, comme le prouvent des chapiteaux en attente, mais n'est jamais exécuté. En revanche, l'on réaménage les deux fenêtres restantes du côté sud, l'une pendant la seconde moitié du et l'autre, dont le sommet forme lucarne, au début du . C'est vers cette époque que l'intérieur de l'église est doté d'une série de fresques, qui forment une frise continue. Ultérieurement, pendant la seconde moitié du , la dernière fenêtre de la nef au sud est repercée, et la série de fresques ainsi interrompue. De nouvelles peintures murales viennent couvrir les anciennes à plusieurs endroits (niche au nord de la nef, chevet). À la période classique, les deux fenêtres romanes subsistantes sont remplacées par de grandes baies en plein cintre, et l'intérieur de l'église est entièrement badigeonné de blanc, si bien que les peintures murales sont complètement oubliées. Les deux portails sont refaits...
Jean Hubert écrit au début des années 1980 : . Afin de préserver ce monument, il s'agit d'abord de refaire les toitures. Ce chantier est lancé en 1979, et la Sauvegarde de l'art français contribue avec une subvention de .. L'église est inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du , et les peintures monumentales récemment retrouvées sont quant à elles classées. Leur restauration commence en 1982 par le mur nord de la nef, par l'atelier Sorbet de Christen. Les campagnes de restauration se succèdent jusqu'en 2006, et l'église se présente aujourd'hui dans un excellent état. Ponchon est à présent affilié à la paroisse Saint-Yves-d'Auteuil du pays de Noailles, qui s'étend sur vingt-trois communes, et compte autant d'églises. Le curé demeure au presbytère de Noailles, et assure le service de cette grande paroisse sans l'aide d'un vicaire. Des messes dominicales sont célébrées en l'église Saint-Remi tous les trois mois environ, en principe le dimanche à 11 h 00.
Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.
Régulièrement orientée, l'église répond à un plan simple, mais non symétrique. Elle se compose d'un porche devant le portail occidental de la nef ; d'une nef unique non voûtée ; et d'un chœur de deux travées dans l'axe de la nef, accompagné d'un collatéral du côté sud seulement, le tout se terminant par un chevet plat. Une cage d'escalier hors-œuvre flanque le chœur du côté nord, à l'intersection des deux travées. Un deuxième porche avec un portail latéral existe au sud de la nef, à droite du contrefort médian. La longueur totale de l'édifice est de , dont plus que les deux tiers incombent à la nef. Celle-ci est recouverte d'un plafond lambrissé en forme de voûte en berceau. Le chœur est voûtes d'ogives. Le collatéral est muni d'un plafond de bois plâtré incliné vers le sud, qui n'est autre que le revers de son toit en appentis. La deuxième travée du collatéral est séparée du sanctuaire par une cloison de faible hauteur, et utilisée comme sacristie. Un clocher en charpente est assis sur la toiture du chœur, au niveau de la première travée. Il est coiffé d'une flèche octogonale. L'ensemble est couvert d'ardoise.
Intérieur Nef thumb|Vue vers l'est. thumb|Vue vers l'ouest. thumb|Mur nord. thumb|Angle nord-ouest. thumb|Angle sud-ouest. thumb|Polychromie architecturale au revers de la façade.
On ne doit pas conclure de la simplicité du plan et du petit nombre de travées qu'il s'agisse d'un édifice de dimensions modestes. La nef est spacieuse, et peut accueillir plus de deux cents fidèles. Comme souvent dans les nefs de cette époque, la hauteur des murs gouttereaux est équivalente à la largeur du vaisseau. Grâce au plafond lambrissé, une bonne partie du volume compris sous la toiture est cependant rattachée à l'espace intérieur, qui en tient un aspect plus élancé. À Ponchon, le lambris est d'une facture rustique, comme à Catenoy, Heilles et Monchy-Saint-Éloi, et n'est pas aussi soigné qu'à Amblainville, Hodenc-en-Bray, Mogneville, Roberval et Therdonne. De la charpente, l'on aperçoit seulement les six entraits avec leurs poinçons, qui ne sont pas sculptés. Les entraits ont seulement les arêtes chanfreinées. Le premier se situe au revers de la façade occidentale, et le dernier immédiatement devant l'arc triomphal ouvrant sur le chœur, ce qui n'est pas du meilleur effet. Tous les entraits sont placés à équidistance, mais ils ne correspondent pas aux limites entre les travées. À vrai dire, en l'absence de tout élément de scansion horizontal, la notion de travée ne saura pas s'appliquer à la nef de Ponchon. On peut seulement retenir le nombre de quatre ouvertures du côté sud, à savoir une porte dans la troisième travée, et des grandes fenêtres dans les autres travées.