La Métromanie, ou le Poète est une comédie en 5 actes et en vers d’Alexis Piron écrite en 1736 au château du Raincy, domaine du marquis de Livry, protecteur de l'auteur, et représentée pour la première fois au château de Berny en 1737, puis à la Comédie-Française le .

Historique La Métromanie est en partie inspirée de la supercherie du poète Paul Desforges-Maillard, qui a fait recevoir ses poèmes au Mercure de France en se faisant passer pour une poétesse de province. Il a recueilli notamment les louanges de Voltaire, ennemi juré de Piron. Piron a eu beaucoup de mal à la faire recevoir par les Comédiens-Français sa comédie sur l'entêtement de rimer écrite en 1736, dont Grimm a dit qu’elle vivrait aussi longtemps qu’il y aura un théâtre et du goût en France, parce qu’elle contient des traits visant à ridiculiser Voltaire, rival juré de Piron, mais également Élie Fréron et l’abbé Desfontaines.. Il a fallu rien moins que l’intervention de Maurepas, qui la fait « jouer d'autorité », pour qu’elle soit créée.

Sujet Le personnage principal, Damis, a la manie de faire des vers à tout bout de champ et à tout propos. Cette obsession l’entraîne dans toutes sortes de mésaventures.

Personnages Francaleu, père de Lucile Baliveau, capitoul, oncle de Damis Damis, poète Dorante, amant de Lucile Mondor, valet de Damis Lucile, fille de Francaleu Lisette, suivante de Lucile Un laquais de Francaleu.

Intrigue Complexe, l’intrigue de La Métromanie mêle en réalité cinq intrigues parallèles : les amours de Dorante et de Lucile ; le procès qui oppose leurs deux pères ; les tentatives littéraires de Damis et les efforts de son oncle Baliveau pour le faire jeter en prison ; l’affaire des vers de la fausse poétesse (inspirée de l’affaire Desforges-Maillard) ; la préparation de la comédie qu’on doit jouer le soir.

La pièce ne prétend pas à la vraisemblance des situations ou des caractères ; elle vise avant tout au divertissement par une aimable fantaisie qui confine à la folie légère dont le personnage principal est agité. Elle est remarquablement dénuée de cruauté de quelque sorte que ce soit. Ainsi Dorante, qui s’est acquis l’amour de Lucile par un mensonge, ne peut supporter de devoir son bonheur à une tromperie et avoue tout à la jeune fille qui s’écrie : (Acte , scène 8)

Le personnage de Damis retient l’intérêt par son amour sincère de la poésie, qui, en dépit de son innocente folie, lui donne davantage d’humanité qu’aux personnages secondaires. À cet égard, relève Jacques Truchet :

Réception La pièce a réussi brillamment, avec vingt-trois représentations à la ville et une à la Cour, mais les Comédiens-Français en voulaient à Piron d’avoir été forcés de l’accepter par Maurepas, et ils s’en sont vengés en ne reprenant la pièce que dix ans plus tard.

Notes et références

Éditions .

Liens externes

Catégorie:Pièce de théâtre française Catégorie:Pièce de théâtre du XVIIIe siècle Catégorie:Comédie (théâtre)