Hugues de Noyers († 1206 à Rome) est le .Le premier volume de Lebeuf pour les éditions de 1743 (et 1848) compte Quintilien et Chillien comme et évêques d'Auxerre respectivement, mais argumente que Chillien, Cillien ou Quilien désignent la même personne que Quintilien, évêque d'Auxerre ; ce qui engendre un décalage de la numérotation de Lebeuf pour les évêques d'Auxerre à partir de Quintilien. Si Chillien, Cillien ou Quilien est la même personne que Quintilien, Hugues de Noyers est le évêque d'Auxerre. Par contre si Chillien, Cillien ou Quilien est une personne autre que Quintilien, Hugues de Noyers est le évêque d'Auxerre. évêque d'Auxerre de 1183. à sa mort, sous les règnes de (roi des Francs de 1137 à 1180) et (roi des Francs de 1180 à 1223).

Biographie Origines Hugues est issu de la Maison de Noyers. Il est le fils de (), seigneur de Noyers, prévôt de Chablis... Le nom de sa mère diffère selon les auteurs. Elle pourrait être une première épouse, qui reste inconnue ou alors Odeline de Chappes, dame de Lagesse et de Vanlay, fille de , seigneur de Chappes, dans le diocèse de Troyes.

Son oncle paternel, Gui/ (/1194), est archevêque de Sens..

Précédant son élection comme évêque d'Auxerre en 1183, il est trésorier des chanoines d'Auxerre.

Il est décrit comme étant de taille moyenne, beau, sage et adroit, de très bon conseil dans les affaires ; il sait convaincre, est éloquent, disert et éclectique. Il compose et met en musique des cantiques, qu'il est cependant trop impatient de publier pour prendre le temps de les peaufiner (ce qui laisse apparaître des erreurs). Il aime s'entourer de gentilshommes et parler avec eux de l'art de la guerre, au sujet duquel il lit des traités pour son instruction. Il n'est pas hautain dans la vie courante, mais se drape de dignité lors des occasions publiques où il se donne de grandes suites et occasionne ainsi de fortes dépenses. Opiniâtre de sentiments, il peut se montrer vindicatif à l'extrême en exerçant son pouvoir sur un adversaire vaincu ; il s'est attiré plusieurs inimitiés..

Succession de Guillaume de Toucy La succession de Guillaume de Toucy (év. de 1167 à 1181) à l'épiscopat d'Auxerre a été compliquée. Le moine Robert, de Saint-Marien, en a laissé un compte-renduRobert de Saint-Marien d'Auxerre, Chronicon, éd. O. Holder-Egger, Monumenta Germaniae Historica, Scriptores, ..

Garmond, abbé de Pontigny depuis peu, a pour frères Gilles Clément et Robert Clément, successivement ministres de haut rang sous ; lui-même a été l'un des deux conseillers de Henri de Château-Marçay, évêque d'Albane, lorsque ce dernier a été légat apostolique à Poitiers avant L'affaire pour laquelle Garmond Clément est conseiller de Château-Marçay évêque du diocèse suburbicaire d'Albane, à Poitiers avant 1182, concerne le désaccord entre les abbés de Sainte-Croix de Bordeaux et de Saint-Sever, qui se disputent l’église Notre-Dame de Soulac. L'élection de Garmond à l'évêché a été contestée par certains notables d'Auxerre. Conséquemment, Garmond et ses opposants s'en vont à Rome demander l'arbitrage du pape. Mais Rome est alors infestée d'une maladie contagieuse et Garmond y meurt le , ainsi que d'autres de ses compagnons de route et opposants. La nouvelle remontant à Auxerre, les chanoines se tournent vers leur trésorier. Hugues de Noyers est élu en , sacré évêque le et installé sur sa chaire peu après.

Épiscopat « Le marteau des hérétiques » Un trait marquant de son épiscopat est sa fermeté contre les hérésies. Il se fait remarquer dans ce sens lorsqu'il se dresse contre un groupe d'Albigeois (cathares) installés à La Charité-sur-Loire, si bien qu'il est surnommé le marteau des hérétiques. Pour achever d'extirper l'hérésie de la ville il y fait venir l'évêque de Sens Pierre de Corbeil, l'évêque de Nevers et celui de Meaux ; ces personnages ayant découvert que le doyen de Nevers était un cathare, l'évêque de Sens le convoque à Auxerre ; mais le doyen n'y est pas trouvé coupable..

Il a également l'occasion de lutter contre les capuchonnés.. Il commence au village de Gy à environ 6 km d'Auxerre, où il vient avec une troupe de soldats, fait arrêter tous les caputiés, les condamne à une amende, fait couper leurs capuchons blancs (signe distinctif des caputiés) et leur interdit de porter un couvre-chef pendant un an. Son oncle Guy de Noyers, archevêque de Sens, passe par ce village et, prenant pitié de ces gens exposés aux intempéries, intercède avec succès en leur faveur auprès de Hugues..

Protection des privilèges ecclésiastiques Il se montre aussi très susceptible quant à l'immunité ecclésiastique, devenant parfois vindicatif à l'excès. Évraud de Châteauneuf, vicomte d'Auxerre, fait poursuivre jusque dans les murs de Notre-Dame-La-D'Hors un homme qui l'avait offensé ; les poursuivants le tuent sur place. Évraud de Châteauneuf en est disgracié à la cour de Pierre de Courtenay (vers 1165 - † 1219), comte d'Auxerre (1185 – 1219), et se retire à celle d'Hervé comte de Nevers. Pendant qu'il est en service auprès de Hervé, Hugues profite d'un concile assemblé à Paris par Octavien pour le faire condamner à brûler en 1201.

Pierre de Courçon, vicomte d'Auxerre prédécesseur d'Évraud de Châteauneuf, a la réputation d'être responsable de l'irrespect du comte Pierre envers les gens et biens d'église. Lorsque le comte choisit un autre vicomte pour Auxerre, Hugues profite de la disgrâce de l'ex-vicomte pour le faire saisir et promener de par la ville dans une charrette sous les huées des habitants. Cette humiliation ne suffit pas à Hugues. lorsque Pierre de Courçon achète la terre et les autres biens de Coulanges-sur-Yonne que les moines de La Charité-sur-Loire y possèdent, Hugues prétend avoir la préséance pour cet achat et, lui offrant de le rembourser, l'aurait ruiné si Pierre de Courçon n'avait été si bien en cour auprès du roi. Hugues obtient malgré tout du vicomte le paiement de dîmes, d'oblations et autres extorsions, dont une maison appelée depuis la « maison épiscopale ».

En 1184 Hugues est nommé dans un acte de l'abbaye de Pontigny par lequel il oblige Guillaume de Ligny de cesser d'en molester les religieux..

Il fait abolir l'usage qui voulait que partout où se trouvait une maison épiscopale, l'évêque d'Auxerre soit tenu de recevoir à grands frais le roi ou ses envoyés selon la dignité voulue. Le château de Gien, appartenant à Hervé de Donzy, passe au roi selon un traité d'après lequel Donzy épouserait la fille de Pierre de Courtenay comte d'Auxerre. Hugues argumente qu'Hervé de Donzy est son vassal et demande au roi un dédommagement au nom de l'évêché pour la perte du château. Il obtient des lettres patentes affirmant que ce devoir d'hébergement n'était auparavant dû qu'à Auxerre et à Varzy, et applicable seulement une fois par an. La seigneurie de Gien continue d'être tenue à offrir à la cathédrale d'Auxerre un cierge de cent livres le , jour de la Saint-Étienne sous peine d'amende de cinq sols parisis par jour de retard.

Liturgie et droit canon En 1186 il érige les fêtes de saint Pèlerin et de saint Thomas en fêtes solennelles, des changements de statut (et de liturgie) financés par des revenus sur l'église de Mézilles.

Il fonde des obits pour deux archidiacres d'Auxerre : l'obit de Déimbert de Pierre-Pertuis, dont il est dit qu'il est son cousin, pour 30 sols pris sur les églises de Sementron et de Lain et il annule le droit de parateLe droit de parate ou parete est le droit de l'évêque à déjeuner chez le curé, ce qui engendre de gros frais et est difficile à assurer par les petites cures. Voir . pour les églises d'Oisy et de Lindry ; et l'obit de Gui, aussi son parent, pour 40 sols pris sur l'église de Vermenton.

Lorsqu'est faite la levée des reliques de saint Renobert, évêque de Bayeux, il se réserve les phalanges des mains et des pieds pour la dédicace de l'église Saint-Renobert à Auxerre à l'emplacement de la synagogue des juifs que le comte Pierre a expulsés de la ville. Dans cette église il fonde deux autels..

Amélioration des édifices religieux et autres propriétés de l'évêché Il offre à l'église cathédrale Saint-Étienne deux parements de soie, ornements appelés la Mirandole. Il lui est attribué l'agrandissement des fenêtres du frontispice de Saint-Étienne pour en rendre l'intérieur plus clair., et la réfection à neuf du pavé de l'église et son élévation en faisant amener de la terre..

Il donne au chapitre des dîmes en grain et en vin qu'il possède à Oisy, et cent sols de rente sur l'église de Saint-Bry (Saint-Bris-le-Vineux).

Il augmente le nombre des chanoines de la collégiale Notre-Dame, ainsi que les revenus et l'édifice de leur église.

Après le chapitre de la cathédrale, celui de Varzy reçoit le plus d'attentions de sa part. Varzy voit ses anciens murs réparés et des tours construites sur des fossés. Hugues y fait construire près de l'église collégiale Sainte-Eugénie le château de Varzy, renforcé des mêmes tours, murailles et fossés. qu'il fait remplir avec l'eau de la source jaillissant sous l'église afin de ne pas déranger les moulins qu'il a aussi fait construire.. Il lègue aux chanoines de Varzy sa bibliothèque, ses ornements pontificaux et plusieurs autres biens.

Il fait de grands travaux au château de Regennes, propriété des évêques d'Auxerre à Appoigny : il le fait rehausser et vise à améliorer la défense du lieu en creusant des fossés sur le côté Est, auxquels il adjoint des murs et quelques fortifications. Il souhaite faire de la propriété une île à part entière en détournant un bras de rivière, mais ThibaudDeux comtes de Champagne nommés Thibaud se succèdent vers cette époque, prenant la suite de son père en 1201. Il pourrait y avoir un doute sur lequel des deux empêche la pleine fortification de Régennes ; mais Lebeuf, qui généralement suit assidûment l'ordre chronologique des événements sauf exception et auquel cas il signale les dates correspondantes, cite ces travaux à Régennes au tout début de la section qu'il consacre aux travaux de Hugues sur le temporel de l'évêché. Sans en être absolument certain, on peut donc raisonnablement supposer que ces travaux à Régennes se sont déroulés avant le tournant du siècle, du temps de . comte de Champagne s'oppose formellement à l'aboutissement de ce dernier projet et fait même détruire une partie d'ouvrage déjà réalisée dans ce sens.

Le château de Beauretour à Charbuis bénéficie lui aussi d'importants investissements qui le rendent "digne d'un prince". Il y fait construire de splendides bâtiments. L'endroit étant bâti dans un pays de bois et de marécages, il fait creuser trois étangs en succession pour assécher les terres, fait créer des jardins, arracher des bois, en replanter d'autres, former un grand parc avec garennes et de grands jardins. Il profite de ce que de grandes quantités de terres sont remuées alentour pour élaborer des défenses en ajoutant ponts et portails.

Les maisons de Cosne et de Toucy sont grandement embellies.

En 1202 il multiplie par quatre le revenu des terres de l'évêché en supprimant plusieurs obligations levées sur les paysans (le droit de mainmorte, la taille de mars - qui représentait 5 sols par foyer -, droits de fourche et de râteau...) et instaurant à la place une nouvelle levée : pour chaque dizaine de gerbes de grains il en reçoit une.

Fondations Il a peut-être fondé les chanoines de la Trinité (fondation de quatre chanoines), dont les biens ont été plus tard réunis au chapitre, autour de la chapelle de la Trinité dans la cathédrale ; il leur attribue des revenus sur l'évêché et leur donne ceux de l'autel Saint-Barthélemy avec ses dépendances. Il leur cède un moulin sur le ruisseau de VerreNous ne savons pas où se trouve le ruisseau du Verre. Il existe à Flogny (32 km N-E d'Auxerre) un moulin de Verre et rue du même nom. À Guillon (62 km S-E d'Auxerre) se trouvent le gouffre de Verre ou abîme de Verre et la Montagne de Verre. en échange de terres sur Augy qu'il veut donner aux moines de Fontenet (Fontenay).