right|thumb|Drapeau des Unités territoriales autonomes de la rive gauche du Dniestr, proche de celui de la république séparatiste, mais sans l'emblème soviétique. Les unités territoriales autonomes de la rive gauche du Dniestr (, en russe : ou plus brièvement ) sont les cinq raions de Camenca, Rîbnița, Dubăsari, Grigoriopol, Slobozia et la de Tiraspol qui forment, selon le droit de la Moldavie et selon l'Organisation des Nations unies, une région autonome de ce pays désignée par l'acronyme Ainsi cité dans la loi de 2001 sur l'organisation territoriale de la Moldavie.. Il s'agit d'une entité différente de la république moldave du Dniestr - Republica Moldovenească Nistreană (RMN ci-après, RMD en Français) qui contrôle la majeure partie de son territoire : statutairement l'UTAN est une région autonome de la Moldavie reconnue comme telle par la communauté internationale, Russie incluse, donc une entité de jure créée et confirmée par les différents traités signés par la Moldavie, la Russie, l'Ukraine et la Roumanie en 1992, 1994 et 1996 et transcrits dans la loi moldave n° 764-XV de 2001, tandis que la RMN est un État autoproclamé, donc de facto ; territorialement leurs limites ne coïncident que partiellement ; leurs attributs sont également différents : les Constitutions et les lois des deux entités sont différentes ; la capitale de l'UTAN est Cocieri, celle de la RMN Tiraspol ; la monnaie de l'UTAN est le leu moldave, celle de la RMN le rouble transnistrien ; l'alphabet utilisé dans l'UTAN est l'alphabet latin, mais l'alphabet cyrillique dans la RMN ; les forces de l'ordre et l'armée de l'UTAN sont celles de la république de Moldavie, tandis que la RMN a ses propres forces et armées ; enfin les drapeaux sont également différents car l'UTAN utilise une version sans emblème soviétique, et la RMN une version avec cet emblème. Les deux entités ne se reconnaissent pas mutuellement puisque la république de Moldavie ne reconnaît pas l'indépendance de la RMN, tandis que celle-ci ne reconnaît pas l'existence de l'UTAN.

Géographie De fait, seule la moitié de l'un des cinq raions, celui de Dubăsari, se trouve sous le contrôle des autorités moldaves. Le reste du territoire autonome, ainsi que la ville et la citadelle de Bender/Tighina sur la rive droite du Dniestr et six communes adjacentes, se trouvent sous le contrôle d'une entité auto-proclamée, militairement protégée par la armée russeDepuis l'accord de paix moldo-russo-ukrainien de 1992 consécutif à la guerre du Dniestr, il est prévu le rapatriement des forces russes présentes le long du Dniestr, mais en fait, ce rapatriement n'a jamais eu lieu car, selon Andreï Devyatkov, expert senior au centre de recherches post-soviétiques de l'Académie des sciences de la fédération de Russie, il est important pour la Russie de maintenir une présence militaire sur le Dniestr, capable d'intervenir rapidement en Moldavie si celle-ci risquait de basculer du côté occidental (U.E. et OTAN) et de prendre à revers l'Ukraine en cas d'extension de la guerre du Donbass vers l'ouest : . : la « république moldave du Dniestr » (RMN), en , en et en (en caractères roumains cyrilliques, soit en , abrégé en ), qui est un État non reconnu, issu de la dislocation de l'URSS (1991). upright=1.2|left|thumb|Carte des « Raions » de la RMN selon le point de vue de l'ONU et de la Moldavie. De facto la RMN contrôle Bender/Tighina et six autres communes rive droite du Dniestr, mais pas Cocieri, Molovata, Corjova, Coșnița, Pîrîta et Doroțca qui ont choisi l'obédience du gouvernement moldave.

Dénominations Le nom de « Transnistrie » utilisé par les médias en français pour désigner cette entité, n'a aucun caractère officiel. Il a été inventé par les ethnographes roumains du dans leurs descriptions des minorités roumanophones vivant dans les gouvernements russes de Podolie et de Kherson, où elles s'étaient installées en provenance du Boudjak et de Dobrogée, pour fuir la double-capitation sur les chrétiens (haraç) et l'enlèvement des garçons pour les enrôler dans les janissaires, pratiqués dans ces régions devenues ottomanes au . Au début du cette dénomination tombe en désuétude jusqu'en 1941, lorsque le régime fasciste du maréchal Antonescu, le « Pétain roumain », occupe la région ukrainienne située entre le Dniestr et le Boug, alors dénommée officiellement « gouvernement de Transnistrie ». Cette occupation dure trois ans, après quoi à nouveau le terme sombre dans l'oubli (sauf pour les historiens de la Shoah en Roumanie) pour ressurgir en 1992 lors de la guerre du Dniestr consécutive à la dislocation de l'URSS, mais cette fois avec un sens territorialement plus restreint, désignant seulement le territoire moldave situé rive gauche du Dniestr.

Les autorités et populations russophones contestent cette dénomination roumaine, signifiant « au-delà du Dniestr », et utilisent la dénomination russe () signifiant « sur le Dniestr » ou « le long du Dniestr ».

En forme longue, le gouvernement de Tiraspol utilise un nom différent dans chacune de ses trois langues officielles (russe, ukrainien et « moldave »). La dénomination en caractères roumains cyrilliques est la même qu'en caractères latins (, soit littéralement « République moldave nistréenne »), tandis qu'en et elle comporte le préfixe () dont la traduction française, en toponymie, donne « lez », « lès » ou « auprès de ». La forme longue slave serait donc « république moldave du Dniestr ». La nuance est importante car « Transnistrie », « au-delà du Dniestr », se réfère à la définition moldave légale n'incluant que la rive gauche du fleuve, alors que , translittéré ou , « près du Dniestr », se réfère à la définition russe incluant des territoires sur les deux rives du fleuveExemple sur le site Internet Pridnestrovie. La meilleure traduction en français des noms slaves serait « Cisdniestrie », et la meilleure transcription « Pridniestrie ».

On trouve quelquefois la forme « Transdniestrie », mélange entre la dénomination roumaine et la dénomination russeUne rapide recherche sur le site Internet du Conseil de l'Europe relève 1248 occurrences pour « Transnistrie/Transnistria », 134 occurrences pour les mots « Transdniestrie/Transdniestria » et 22 occurrences pour « Transdnistrie/Transdnistria »..

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Xavier Deleu, Transnistrie, la poudrière de l'Europe, Hugo, Paris, 2005 . Frédéric Delorca, Transnistrie, voyage officiel au pays des derniers soviets, Éditions du Cygne, Paris 2009 Victor-Yves Ghebali, L'OSCE dans l'Europe post-communiste, 1990-1996, Éditions Bruylant, 1996, 741 p. Marc Ferro, L'état de toutes les Russies, Éditions La Découverte, 1993, 446 p. Florent Parmentier, La Moldavie à la croisée des chemins, Editoo.com, 2003, 178 p. Matei Cazacu, La Moldavie ex-soviétique : histoire et enjeux actuels, Acratie, 1993, 271 p. P.Loubière, Autoproclamation de la Transnistrie. Quelle révolution orange pour la Moldavie ?, Paris, - André Sellier, Atlas des peuples d'Europe centrale, Éditions La Découverte, 2002, 200 p. Jean Radvanyi, L'URSS : régions et nations, Masson, Paris, 1990, 294 p. Jean Radvanyi, Les États postsoviétiques : Identités en construction, transformations politiques, trajectoires économiques, Armand Colin, 2003, 235 p.

Articles connexes

Liens externes Vue satellite sur Google Maps Site officiel du Conseil suprême de la RMN Site officiel du gouvernement de la RMN Site officiel de la RMN Actualités en RMN Reportage sur la RMN (première partie) Reportage sur la RMN (deuxième partie)

Catégorie:Subdivision en Moldavie Catégorie:Territoire contesté ou occupé en Europe