Vue photographique animée est l’appellation que donnaient les frères Lumière à leurs bandes de de large, dotées de deux perforations rondes de part et d’autre de chaque photogrammeDisposition choisie pour ne pas entrer en contrefaçon avec le bande de Thomas Edison, à perforations rectangulaires, inventée auparavant et faisant l’objet de nombreux brevets.

Histoire Vue est un terme qu’employaient déjà les deux inventeurs lyonnais pour désigner leur collection de photographies qu’ils commercialisaient sous la forme de plaques positives ou de tirages sur papier. Le mot était le plus souvent associé au prestige de leur marque : « vues Lumière ». La mise au point d’un appareil de prise de vues animées, d'abord baptisé « kinétographe Lumière », en référence à la caméra Edison déjà en état de marche, puis rebaptisé cinématographe, à la fin de l’année 1894, donna très naturellement l’appellation « vues photographiques animées » et « vues photographiques animées Lumière ».

Le titre des films Lumière était aussi précisé en fonction du sujet, « vue comique », « vue familiale », « vue militaire », « vue historique »

De son côté, Thomas Edison adopta dès les essais réussis du kinétographe en 1891, le mot anglais film (qui signifie originellement « couche », « voile »), en référence à la couche d’émulsion photosensible déposée sur le support en nitrate de cellulose, pour nommer les résultats des premières prises de vues du cinéma..

Esthétique Il existe des différences fondamentales entre les premiers films de William Kennedy Laurie Dickson, l’assistant d’Edison, qui mit au point le kinétographe et le kinétoscope, et réalisa les premiers films, et les vues photographiques animées réalisées par Louis Lumière. Les premiers sont enregistrés pour la majorité d’entre eux en intérieur naturel, puis dans le premier studio, le Black Maria, devant un fond de velours noir, reprenant ainsi l’esthétique théâtrale. Les secondes le sont pour l’essentiel dans des décors ou sites naturels, reprenant en partie l’esthétique de la peinture de paysages.

Dickson, dont la formation est celle d’un ingénieur en électricité, dispose son sujet frontalement, à 90° de l’axe de prise de vues. Louis Lumière, marqué par l’expérience de son père, Antoine, photographe de talent, et sa propre connaissance de cet art, apporte au cinéma à peine né tout ce qu’il a appris en photographie. Plutôt que d’aligner côte à côte les sujets qu’il veut montrer, il utilise pour les répartir la profondeur de champ, et surtout il cadre ses vues selon la trajectoire du sujet « en inscrivant son déplacement dans une ligne de fuite », dans la diagonale du champ, ce qui donne aux films qu’il a signés une dynamique particulière que reprendront à l’aube du les cinéastes britanniques dans leurs Chase films, des films de poursuite.

Une autre différence est celle du public visé, et donc du choix des sujets. Dickson, fidèle au souci principal d’Edison qui est de rêver de coupler l’image animée et le son. , recherche des artistes dont il veut mémoriser l’une des prestations : acrobates, gymnastes, jongleurs, tout art basé sur un rythme, musical ou non. Il pioche donc dans les spectacles vivants, cabaret, music-hall, cirque… Mais cette démarche qui vise le public populaire ne s’arrête pas là. Dans les Kinetoscope Parlors où sont montrés les films Edison,

Tout au contraire, les Lumière veulent intéresser un public aisé, pour lui vendre un cinématographe de prise de vues et de projection, afin de filmer des scènes domestiques, ou un cinématographe de projection seule, pour passer dans le salon familial des vues animées du monde entier, projections destinées à compléter l’éducation des enfants. Les sujets traités doivent être de bon ton, ainsi que l’étaient précédemment les photographies fixes Lumière, et s’accorder aux centres d’intérêt de cette clientèle : voyages, découvertes, célébrités couronnées

Notes et références

Catégorie:Histoire du cinéma Catégorie:Technique de prise de vues cinématographique Catégorie:Standard de film