vignette|450px|L'expansion du bouddhisme en Asie. Le bouddhisme mahāyāna est le premier à pénétrer en Chine, via la route de la soie. vignette|Fresque provenant des grottes des mille Bouddhas de Bezeklik et datant du , représentant un moine d'Asie centrale aux yeux bleus, enseignant à un moine d'Asie de l'Est. Lorsque l'archéologue allemand Albert von Le Coq découvre les grottes en 1913, il pense que le moine roux aux yeux bleus est un Tokharienvon Le Coq, Albert. (1913). Chotscho: Facsimile-Wiedergaben der Wichtigeren Funde der Ersten Königlich Preussischen Expedition nach Turfan in Ost-Turkistan. Berlin: Dietrich Reimer (Ernst Vohsen), im Auftrage der Gernalverwaltung der Königlichen Museen aus Mitteln des Baessler-Institutes, Tafel 19.(Lu le 3 septembre 2016).. Les chercheurs modernes ont trouvé d'autres représentations ayant le même type caucasien dans la grotte du même site et les ont identifiés comme étant des SogdiensGasparini, Mariachiara. "A Mathematic Expression of Art: Sino-Iranian and Uighur Textile Interactions and the Turfan Textile Collection in Berlin", in Rudolf G. Wagner and Monica Juneja (eds), Transcultural Studies, Ruprecht-Karls Universität Heidelberg, No 1 (2014), . . See also endnote #32.(Lu le 3 septembre 2016.), un peuple est-iranien qui habitait à Tourfan et qui a subsisté comme minorité ethnique lorsque la ville était sous la domination de la dynastie Tang au et sous domination des Ouïghours du Hansen, Valerie (2012), The Silk Road: A New History, Oxford University Press, , ..

Le bouddhisme mahāyāna arrive en Chine par la route de la soie, au début du , pendant la dynastie HanZürcher (1972), .Hill (2009), , pour le texte en chinois tiré du Hou Hanshu et pour la traduction en anglais de ce texte..

Selon les chroniques de l'époque, les premiers travaux de traduction effectués par des moines bouddhistes en Chine datent du et sont tous l'œuvre d'étrangers. Il s'agit probablement d'une des conséquences de l'expansion de l'Empire kouchan dans le territoire sous domination chinoise du bassin du TarimZürcher (1972), ..

Le contact direct entre le bouddhisme d'Asie centrale et le bouddhisme chinois se poursuit du , jusqu'au début de la dynastie Tang. Dès le , avec le pèlerinage de Faxian en Inde (395-414) et plus tard celui de Xuanzang (629-644), les pèlerins chinois commencent à voyager seuls au nord de l'Inde, là où est né le bouddhisme, afin d'obtenir un meilleur accès aux écrits originaux.

À cette époque, la région du Gandhara, où passe la plus grande partie de la route terrestre reliant le nord de l'Inde a la Chine, est contrôlée par l'Empire kouchan, puis, après la chute de ce dernier, par l'Empire Gupta.

À partir du , se répand en Chine le bouddhisme vajrayāna, un courant de pensée bouddhiste plus ésotérique né en Inde et influencé par les tantras. Le bouddhisme tibétain, qui naît au , est également une branche du vajrayāna. C'est également à partir de cette époque que la transmission du bouddhisme par la route de la soie commence à décliner, à la suite de la conquête musulmane de la Transoxiane, qui entraîne la création du Khaganat ouïghour durant les années 740.

À cette époque, le bouddhisme indien lui-même est en déclin en raison de la résurgence de l'hindouisme d'une part et de l'expansion musulmane de l'autre. En Chine, après la chute de la dynastie Tang au , le bouddhisme est réprimé, mais pas avant d'avoir, à son tour, permis l'apparition des écoles bouddhistes coréennes et japonaises.

La transmission du bouddhisme vignette|300px|Les royaumes du bassin du Tarim au , qui servent de lien entre la Chine et l'Empire kouchan. Il s'agit des royaumes et cité-états de : Kashgar, Kucha, Khotan, Karachahr, Shanshan et Tourfan.

Premiers contacts Le bouddhisme arrive en Chine par la route de la soie, apporté par des moines bouddhistes qui voyagent avec les caravanes marchandes passant par cette route et veulent prêcher leur nouvelle religion. Le commerce lucratif de la soie chinoise le long de cette route commerciale commence pendant la dynastie Han (206 - 220 ) avec d'une part la fondation par les successeurs d'Alexandre le Grand d'une série de royaumes hellénistiques (323 - 63 ) au proche et Moyen-Orient et d'autre part la conquête du bassin du Tarim par la Chine à la suite de la guerre Han–Xiongnu. Il en résulte la création de réseaux commerciaux s'étendant de la Méditerranée à l'Afghanistan moderne et au Tadjikistan, jusqu'aux frontières de la Chine. C'est dans les puissants royaumes gréco-bactriens (250 - 125 ) en Afghanistan et les derniers royaumes indo-grecs (180 - 10 ) qu'est né le gréco-bouddhisme. Et pendant près de 300 ans, ces royaumes sont également la première étape de la route de la soie, une fois sortis des terres sous domination chinoise.

La transmission du bouddhisme à la Chine par la route de la soie commence au , avec un récit semi-légendaire d'une ambassade envoyée vers l'Occident par l'empereur chinois Han Mingdi (58 - 75 ). Toutefois, l'historien Michael Loewe remet en cause la véracité de ce récit :

Les contacts prolongés commencent cependant durant le , probablement à la suite de l'expansion de l'empire Kouchan, qui est gréco-bouddhiste, sur le territoire chinois du bassin du Tarim. Cette expansion militaire et politique est couplée aux efforts missionnaires d'un grand nombre de moines bouddhistes d'Asie centrale, qui arrivent sur ces terres chinoises. Les premiers missionnaires et traducteurs d'écrits bouddhistes en chinois sont des Parthes, des Kouchans, des Sogdiens ou des KoutchéensFoltz, "Les Religions de la route de la Soie", .

Missionnaires d'Asie centrale vignette|droite|upright|Habitants de la route de la soie. Grottes de Mogao, Dunhuang, Chine, vignette|droite|Peinture murale représentant un Bodhisattva. Peinture chinoise avec des influences venant d'Asie centrale. Grottes de Mogao, Dunhuang, Chine, vignette|fresque détaillée représentant des donateurs sogdiens faisant une offrande au Bouddha. Bezeklik, bassin du Tarim oriental, Chine, Au milieu du , l'Empire kouchan est dirigé par le roi Kanishka depuis Purushapura, sa capitale, ce qui correspond actuellement à la ville de Peshawar. Pendant le règne de Kanishka, les Kouchan s'implantent en Asie centrale et vont au-delà des régions de Kashgar, Khotan et Yarkand dans le bassin de Tarim ; soit une zone qui correspond actuellement à la région autonome du Xinjiang. Une des conséquences de cette expansion est l'augmentation considérable des échanges culturels. Peu de temps après, les missionnaires bouddhistes d'Asie centrale sont présents dans les capitales chinoises de Loyang et parfois Nankin, où ils se distinguent particulièrement par leur travail de traduction. Ils ont fait la promotion des écrits des écoles bouddhistes hīnayāna et mahāyāna. Trente-sept de ces premiers traducteurs de textes bouddhistes sont connus. Parmi eux, on trouve : An Shigao, un prince Parthe qui rédige les premières traductions connues des textes bouddhistes Hīnayāna en chinois (148-170) Lokakshema, un Kouchan qui est le premier à traduire les écrits du mahāyāna en chinois (167-186) An Xuan, un marchand parthe qui devient moine en Chine en 181 Zhi Yao (vers 185), un moine Kouchan qui appartient à la deuxième génération de traducteurs, après Lokakṣema. Kang Meng-hsiang (194-207), le premier traducteur originaire du peuple Kangju Zhi Qian (220-252), un moine Kouchan dont le grand-père s'est installé en Chine en 168-190 Zhi Yueh (c.230), un moine Kouchan qui travaille à Nanjing Kang Senghui (247-280), né à Jiaozhi (ou Chiao-chih), qui se situe près de l'actuelle ville de Hanoi. À l'époque de sa naissance, cet endroit est l'extrême sud de l'empire chinois. C'est le fils d'un marchand sogdien. Tan-ti (c.254), un moine parthe Po Yen (c.259), un prince koutchéen Dharmarakṣa (265-313), un Kouchan dont la famille a vécu pendant des générations à Dunhuang An Fachiin (281-306), un moine d'origine parthe Po Srimitra (317-322), un prince koutchéen Kumārajīva (vers 401), un moine koutchéen et l'un des plus importants traducteurs de textes bouddhistes Fotudeng (), un moine d'Asie centrale qui devient conseiller à la cour impériale chinoise Bodhidharma (440-528), le fondateur de l'école de bouddhisme Zen et, selon la légende, le créateur de l'entraînement physique suivi par les moines du monastère Shaolin. Ces moines ont par la suite créé le Kung-fu Shaolin. La plus ancienne référence faite à sujet remonte aux écrits de l'historien Yang Xuanzhi. C'est un moine originaire d'Asie centrale qu'Yang Xuanshi rencontre vers 520 à LoyangBroughton, Jeffrey L. (1999), The Bodhidharma Anthology: The Earliest Records of Zen, Berkeley: University of California Press, . .. Dans l'art bouddhiste, Bodhidharma est représenté comme un barbare plutôt mauvais, avec une barbe abondante et de grands yeux. Il est désigné comme étant « Le barbare aux yeux bleus » (碧眼胡:Bìyǎn hú) dans les textes chinois ChánSoothill, William Edward; Hodous, Lewis (1995), A Dictionary of Chinese Buddhist Terms, London: RoutledgeCurzon https://web.archive.org/web/20140303182232/http://buddhistinformatics.ddbc.edu.tw/glossaries/files/soothill-hodous.ddbc.pdf. Cinq moines de Gandhāra qui ont voyagé en 485 vers le pays de Fusang où ils ont introduit le bouddhisme. Fusang étant le pays de l'extrême est au-delà de la mer, il s'agit probablement du Japon. Jnanagupta (561-592), un moine et traducteur originaire du Gandhara. Śikṣānanda (652-710 CE), un moine et traducteur originaire de Udyana, au Gandhara. Prajna (vers 810), un moine et un traducteur originaire de Kaboul qui a formé le japonais Kūkai en lui donnant accès aux textes bouddhistes en sanskrit.

Premières traductions Les premières traductions d'écrits bouddhistes, attestées par des sources historiques, datent de 148, lorsque An Shigao (Ch. 安世高), un prince parthe devenu moine et missionnaire bouddhiste, arrive à Luoyang, la capitale de l'empire chinois. Il cherche à fonder des temples bouddhistes dans la capitale et organise la traduction d'écrits bouddhistes en chinois, marquant ainsi le début d'une vague de prosélytisme bouddhiste en Asie centrale qui va durer plusieurs siècles. An Shigao traduit des textes bouddhistes portant sur les doctrines fondamentales, la méditation et l'Abhidhamma. (Ch. 安玄), un laïc parthe qui travaille aux côtés d'An Shigao, traduit également un des premiers textes bouddhistes mahāyāna, traitant de la voie à suivre pour un bodhisattva.

Le bouddhisme mahāyāna est le premier à se propager largement en Chine, grâce à l'action du moine kouchan Lokakshema (Ch. 支婁迦讖), qui est présent en Chine entre 164 et 186. Ce moine, qui vient de l'ancien royaume bouddhiste de Gandhāra, traduit des sutras mahāyāna très importants, comme le Sūtra Aṣṭasāhasrikā Prajñāpāramitā, ainsi que des sūtras Mahāyāna très rares sur des sujets tels que le samādhi et des méditations sur le bouddha Akṣobhya. À l'heure actuelle, ces traductions de Lokakṣema permettent toujours d'avoir un aperçu de la première période du bouddhisme mahāyāna.

Pèlerins chinois en Inde Dès le , les pèlerins chinois commencent également à voyager par la route de la soie vers l'Inde, terre d'origine du bouddhisme, afin d'avoir accès aux écrits originaux. Selon des sources chinoises, le premier Chinois à être ordonné moine est , après qu'il est allé en Asie centrale en 260 pour partir découvrir le bouddhisme.

C'est seulement à partir du que les moines bouddhistes chinois commencent à voyager en Inde pour découvrir directement les textes et pratiques bouddhistes. Le pèlerinage de Faxian vers l'Inde (395-414) est censé être le premier véritablement important. Il part le long de la route de la soie, reste six ans en Inde, puis retourne en Chine par la route maritime. Quelques siècles plus tard, Xuanzang (629-644) et Hyecho voyagent de la Corée à l'Inde..