L'église des Girolamini, ou Gerolomini (littéralement: ), ou San Filippo Neri (Saint-Philippe-Néri) Touring Club, op. cit ou encore église des Oratoriens de Naples, est une église monumentale de Naples située dans le quartier homonyme. C'est une église de type basilical, dédiée à la Nativité de Marie et à tous les saints.

Sa décoration en or, marbre et nacre lui vaut le surnom de Domus aurea. L'intérieur concentre un grand nombre d'œuvres d'art de grande qualité de la main des artistes napolitains les plus renommés de l'époque, ainsi que d'artistes originaires de Toscane, d'Émilie-Romagne ou de Rome ; c'est un des monuments les plus importants de la cité parthénopéenne, ainsi que son couvent annexe .

En plus de l'église et de son couvent, l'édifice comporte une galerie d'œuvres d'art prestigieuse (la Quadreria dei Girolamini), première de la sorte à Naples AA.VV., La quadreria dei Girolamini, Elio De Rosa Editore, 1995 (ISBN non disponibile), ainsi qu'une riche bibliothèque, la plus ancienne de la ville et la deuxième d'Italie en âge Biblioteca statale oratoriana del monumento nazionale dei Girolamini - Napoli, deux cloîtres monumentaux et enfin l'oratoire de l'Assomption (oratorio dell'Assunta), dit aussi Des artistes.

Cet ensemble monumental a été déclaré monument national en 1866, grâce aux lois concernant le patrimoine ecclésiastique. À partir de l'année 2010, le couvent dans son ensemble est devenu un musée; en 2015, il a accueilli visiteurs Données des visiteurs en 2015 sur le site beniculturali.it.

Histoire

Cette maison de saint Philippe Néri voit le jour en 1586, lorsque ses disciples s'installent à Naples à sa suite sous le nom de , à cause de leur église San Girolamo della Carità (Saint-Jérôme-de-la-Charité), sise à Rome, où fut fondé leur premier . Ils sont aussi appelés ou oratoriens, du fait qu'ils sont membres de la Congrégation de l'Oratoire fondée par saint Philippe Néri. En Italie, on les appelle également .

Au début, l'ensemble est constitué d'une église de dimensions réduites avec un petit couvent aménagé dans l'ancien palazzo Seripando, en face de la cathédrale de Naples, acquis grâce aux donations de l'archevêché et de la noblesse napolitaine pour un montant de ducats environ. Ensuite, en 1592, des travaux de démolition ont lieu (également pour de petites églises et maisons alentour appartenant aux familles Seripando et Filomarino), supervisés par Domenico Fontana ; ils laissent la place à l'édification du nouveau quartier dit largo dei Girolamini avec en plus l'édification de l'église actuelle et l'agrandissement du couvent adjacent. L'église est ainsi construite dans les années 1590 selon les dessins de l'architecte florentin Giovanni Antonio Dosio qui s'inspire de Brunelleschi, prenant modèle de l'église San Giovanni dei Fiorentini de Rome. Après la mort de Dosio, son œuvre est poursuivie par Dionisio Nencioni di Bartolomeo, également originaire de Florence, jusqu'à la fin de l'année 1619. Le couvent continue d'être aménagé pendant les dix années suivantes, avec le cloître degli Aranci.

L'église est embellie au cours des avec de nouvelles œuvres d'art, notamment d'artistes maniéristes tardifs de l'école romaine, comme Pomarancio ou Zuccari, ou encore de l'école napolitaine, comme Marco dal Pino, ou Santafede, Azzolino et Conrenzio. Des représentants du baroque romain, du baroque bolonais ou du baroque napolitain sont aussi présents, comme Guido Reni, Pietro da Cortona, Ludovico Mazzanti, Francesco Gessi, Luca Giordano, Giacomo del Pò, Nicola Malinconico et Francesco Solimena. Des sculpteurs de renom sont engagés pour les chapelles latérales et plus généralement pour la décoration intérieure, tels que Pietro Bernini, Jacopo Lazzari et Sanmartino ; les travaux de réfection de la façade remontent à 1780, selon les dessins de Ferdinando Fuga, remplaçant la façade du de Dionisio Lazzari, à laquelle collabora Giuseppe Sanmartino, auteur de décorations sculptées caractéristiques. Arcangelo Guglielmelli y est inhumé en 1723.

Dans la première moitié du , la tribune et la coupole sont refaites.

L'église est restaurée après la Seconde Guerre mondiale, ayant souffert d'un bombardement américain, et des travaux ponctuels ont lieu pendant toute la seconde moitié du . L'église est fermée pendant une trentaine d'années et a enfin rouvert ses portes en . Elle est inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1995, comme nombre d'églises baroques de la ville.

Les peintures ont été présentées au public après de longues restaurations en et ont pu retrouver leur place. Cela concerne en particulier quatre toiles de Luca Giordano (Saint Janvier dans la fournaise, Saint Charles Borromée et saint Philippe Néri, Saint Charles Borromée baise les mains de saint Philippe Néri, Saint Nicolas et les jeunes garçons sauvés de la cuve); trois toiles de Guido Reni (Jésus rencontre saint Jean-Baptiste, L'Extase de Saint François et La Fuite en Égypte). Par la suite, d'autres tableaux sont de nouveau présentés au public dont deux de Luca Giordano ( Saint Canut et une Vierge à l'Enfant).

En novembre de la même année, le couvent rouvre enfin ses portes avec une exposition de dessins et d'estampes des récupérés des archives des oratoriens. De plus, la bibliothèque ouvre au public sa salle historique, dénommée (salle du Chemin).

En , grâce aux travaux de l'équipe du conservateur par intérim Umberto Bile, d'autres œuvres sont restituées à l'église: ce sont après trente-quatre années de présence au musée Capodimonte de Naples les deux anges porte-torche de Giuseppe Sanmartino et un tableau de Luca Giordano intitulé Anges soutenant la mitre qui se trouvait au Scheda sul sito ufficiale del complesso dei Girolamini. À partir de 2013, l'église et son couvent font désormais partie d'un circuit de visites de musées totalement accessible au public Article du Corriere del Mezzogiorno du 9 novembre 2012; il est à noter que si l'église est aujourd'hui désaffectée au culte, son petit oratoire de l'Assomption a gardé quant à lui sa fonction religieuse.

Description Extérieur La façade de l'église donne sur la via dei Tribunali. Elle est divisée par un entablement en deux ordres: le registre inférieur, articulé au moyen de lésènes cannelées, comporte trois portails dont le portail du milieu est le plus important. Celui-ci est surmonté d'un groupe sculpté de Giuseppe Sanmartino représentant Moïse et Aaron avec la Table des Commandements soutenue par deux angelots Touring Club, op. cit., p. 136.

La partie supérieure est allégée par une grande fenêtre rectangulaire sous un tympan triangulaire. Au-dessus se trouve un autre tympan à l'arc brisé couronnant un bas-relief figurant une Vierge à l'Enfant dite de la Vallicella, œuvre également de Sanmartino.

La coupole érigée au milieu du a été dessinée par Dionisio Lazzari, puis reconstruite au . La façade de Lazzari a été recouverte en marbre blanc et en marbre bleu turquin en 1780 selon les dessins de Ferdinando Fuga. Un campanile se dresse à chaque côté, dont un portant une horloge et l'autre un cadran solaire, avec les statues de saint Pierre et de saint Paul commencées par Fanzago et terminées par Sanmartino Giuseppe Sigismondo, Descrizione della città di Napoli e suoi borghi, volume I, Naples, 1788.

Intérieur

L'intérieur se présente sur un plan en croix latine avec trois nefs subdivisées par douze colonnes de granit de l'île de Giglio (six de chaque côté). Avec ses 68 mètres de longueur et ses 24 mètres de largeur, l'église est l'un des édifices cultuels les plus vastes de Naples.

La contre-façade est décorée d'une fresque de Luca Giordano représentant Jésus chassant les marchands du Temple (1684). Sur les côtés au-dessus des portes donnant accès aux campaniles, on remarque des fresques de Ludovico Mazzanti datant de 1736 et figurant à gauche La Chasse d'Héliodore et à droite La Punition d'Osée.

Le plafond à caissons, gravement endommagé par les bombardements américains de l'été 1943, a été décoré en 1627 par les artistes napolitains Marcantonio Ferrara, Nicola Montella et Jacopo de Simone par un Saint Philippe en gloire et une Madone de Vallicella. La nef est décorée de fresques sur les arcs représentant des saints exécutées en 1681 par Giovanni Battista Benaschi Touring Club, op. cit., tandis que les arcs du transept présentent des fresques de Francesco Solimena avec Abraham, Mélchisedech, Moïse et David (1727-1730).

La coupole conserve des fragments d'un cycle de fresques faisant partie de la reconstruction de 1845 exécutées par Camillo Guerra et figurant des scènes du paradis. De Mazzanti sont conservées en entier des fresques sur les encorbellements représentant les Évangélistes (1735-1740).

Le chœur est fermé d'une balustrade de marbre et l'abside rectangulaire possède au fond un tableau de Giovanni Bernardino Azzolini de la Madone de Vallicella entourée de tous les saints. Sur les côtés on remarque deux tableaux de Belisario Corenzio, L'Arrestation de Jésus et La Crucifixion (vers 1615). Autour du maître-autel se dressent des statues de bois sculptées par Giuseppe Picano, élève de Sanmartino. Elles figurent saint Pierre, saint André, saint Jean et saint Jacques et datent de 1780 environLes croquis des deux premières se trouvent au Metropolitan Museum of Art de New York.

Sur les côtés de la balustrade se trouvent deux Anges porte-torche de Sanmartino en marbre de Carrare et datant de 1787 Articolo Video su "Il Mattino" di Napoli. Le maître-autel date du , l'original du œuvre de Dionisio Lazzari, se trouvant aujourd'hui à l'église Sant'Agata de , près de Sorrente. La tribune est caractérisée par une œuvre attribuée à Luca Cambiaso figurant les Anges portant les symboles de la Passion, par un tableau intitulé La Déploration du Christ de 1603 de Giovanni Bernardino Azzolini, par un fragment de peinture figurant aussi les Anges portant les symboles de la Passion de 1680 environ de Luca Giordano et par une Flagellation datée d'entre 1605 et 1610 d'un auteur inconnu.

Entre la nef centrale et celle de gauche, le long de la colonnade, on remarque une plaque en mémoire de Giambattista Vico, inhumé, selon les guides anciens de Naples, dans un hypogée sous la chapelle Saint-Agnès. Une salle de la bibliothèque annexe des oratoriens lui est dédiée. Le philosophe napolitain avait fait don des premières éditions de toutes ses œuvres au couvent des oratoriens. Cette bibliothèque conserve aujourd'hui environ deux cent mille manuscrits dont six mille cinq-cents concernent des compositions et des œuvres musicales du Musica sacra dell'Oratorio dei Gerolamini.

Chapelles latérales de la nef

Le chapelles latérales sont au nombre de onze, six à gauche (côté Évangile) et cinq à droite (côté Épîtres), toutes décorées de façon homogène.

Œuvres de la nef de gauche: Chapelle Saint-Georges-et-Saint-Pantaléon : Saint Côme (Giovanni Battista Benaschi) ; Anges gardiens (tableau attribué à Cesare Fracanzano) ; Saint Georges et saint Pantaléon (Gaetano Gandolfi) ; bustes reliquaires en bois de Saint Flavien et Saint Just () ; Saint Damien (Giovanni Battista Benaschi) ; Saint Dominique Soriano avec la Vierge, des saints, Marie-Madeleine et Marthe (attribué à Cesare Fracanzano). Chapelle Sainte-Marie-de-la-Neige-et-Sainte-Anne (concedée à Giovan Vincenzo Sebastiano) : Anges (de Francesco di Maria) ; Saint Sébastien (Mathias Stomer) ; fresque de Sainte Marie de la Neige (école de Polidoro da Caravaggio) ; Le Père éternel avec sainte Anne et saint Joachim (Giuseppe Marullo) ; bustes reliquaire en bois de Saint Vit et Saint Jules (Aniello Stellato) ; Sainte Anne réveillée par l'ange (Francesco di Maria).