vignette|1 = , origine
2 = , premières migrations2.a = Bantou oriental, 2.b = Bantou occidental
3 = , Urewe, noyau du Bantou oriental4–7 = avancée vers le sud
9 = , noyau Congo10 = , dernière phase. vignette|droite|Carte du Royaume du Kongo vers 1623 L’histoire pré-coloniale du Cameroun remonte à quelque . Plusieurs royaumes, dont le royaume du Kanem-Bornou, le royaume Mandara, le royaume bamoun et le royaume de Bandjoun se sont succédé avant l'arrivée des premiers Européens au .
Cameroun préhistorique Grâce aux vestiges, des chercheurs ont précisé la période de peuplement ancien camerounais, remontant à avant notre ère. Ils ont identifié plusieurs phases d’occupation, rattachées à l’âge de la pierre récent, au stade néolithique, à l’âge du fer et à la période précoloniale.
Les premiers habitants du Cameroun furent probablement des populations proches des Baka et des Aka, traditionnellement appelés pygmées. Ils habitent toujours les forêts des régions du sud et de l'est. L'analyse des ossements de quatre enfants enterrés il y a 3000 et 8000 ans sur le célèbre site archéologique de Shum Laka a confirmé que ceux-ci ont pour plus proches parents ces groupes de chasseurs-cueilleurs qui vivent aujourd'hui à au moins dans les forêts tropicales de l'ouest de l'Afrique centrale.
Antiquité La civilisation Sao
De 1000 à 1400 s'épanouit, dans la région périphérique du lac Tchad, la civilisation des Sao connue pour ses urnes funéraires de grande taille, ses statuettes humaines et animales en terre cuite, ses poteries et, plus tardivement, ses objets en bronze.
Histoire générale La zone couvrant le sud-ouest de l'actuel Cameroun et le sud-est du Nigeria est le berceau des peuples bantous au millénaire avant notre ère.
Les Tikars, les Bamouns et les Bamilékés migrent ensuite pour s'installer sur les hauts plateaux camerounais.
Cette région passe au sous le contrôle de l'empire du Kanem-Bornou. Le premier État connu des historiens dans la région est celui du Kanem, qui se développe autour du lac Tchad à partir du . Il devient musulman au et atteint son apogée à la fin du et au . Il impose sa souveraineté à la majeure partie du territoire camerounais. Mais il se heurte sans cesse à la résistance des peuples et de petits royaumes camerounais (notamment les royaumes kotoko et mandara).
À la fin du , la grande vague migratoire des Peuls (ou Foulbés, du peul, Fulɓe), peuple de pasteurs nomades qui se déplacent d'ouest en est depuis le Macina, atteint le lac Tchad. Au siècle suivant, les Peuls s'implantent dans l'Adamaoua actuel, contribuant à la diffusion de l'islam. Ils s'organisent en petits États théocratiques musulmans, dirigés par un lamido, à la fois chef politique et spirituel.
Le royaume bamoun est fondé à la fin du et prend son essor sous le règne de Mboumbouo Mandù, à la fin du , qui étend son territoire grâce à l'usage des armes. Il s'emploie ensuite à consolider son pouvoir. Au début du , les États musulmans étendent et consolident leur pouvoir.
En 1804, Ousman dan Fodio et les Peuls du Nigeria lancent une guerre sainte contre les Haoussas afin d'étendre le royaume toucouleur. Fort de cet exemple, les Peuls du Sud rallient leur cause et propagent le djihad dans leur région. Adama, chef des Peuls du Sud, prend le titre de cheikh et les plateaux du Sud islamisés prennent le nom d'Adamaoua. Leur capitale, Yola, se trouve alors sur la Bénoué. Le lamido Adama meurt en 1847.
Le royaume bamoun doit lutter contre l'expansion peule.
L'empire Kanem-Bornou
Le Kanem est fondé au (vers 820, par Maï de Tibesti (petit frère de Derdo Molitafor)) au nord et à l'est du lac Tchad et forme un État doté d'une structure assez large. Il est d'abord dominé par un peuple nomade, les Zaghaouas, qui sont ensuite supplantés par une nouvelle dynastie, les Saifaouas.
Les nouveaux dirigeants se convertissent à l'islam vers le . À la fin du , poussés par les Boulala nomades qui ont envahi leur région, les sultans du Kanem investissent la région du Bornou.
Le plus célèbre des dirigeants bornouans est Maï Idris Alooma (1580-1617) : il introduit les armes à feu achetées aux Turcs ottomans. À son apogée, le Kanem-Bornou contrôle les routes du Sahara oriental, mettant l'Afrique centrale en liaison avec l'Égypte et la Libye ; il amorce un long déclin à partir du .
Les principautés Kotoko Les Kotoko sont l'une des vieilles civilisations de l'Afrique centraleExtrait du discours du président de la République française Jacques Chirac le au palais des congrès lors de sa visite au Cameroun..
Les cités Kotoko forment un ensemble de principautés dans une vaste région qui correspond aujourd'hui au Nord du Cameroun, au Tchad et au Nigeria. Leurs habitants et leurs descendants modernes sont connus comme l'ethnie Kotoko.
L'apogée des cités Kotoko coïncide avec le déclin de la civilisation de Sao dans le Nord du Cameroun. Un roi dirige l'État naissant, et annexe plusieurs petits royaumes, notamment Kousséri, Logone-Birni, Makari, Goulfey et Mara. Le Logone-Birni émerge en tant que royaume vassal du Kotoko le plus influent.
L'empire de Kanem-Bornou introduit le Nord du Kotoko dans sa sphère d'influence très tôt. Des missionnaires et des conquérants convertissent la majeure partie du Kotoko nordique à l'islam au . Pendant ce même siècle, le Kotoko entier est vassalisé par l'empire de Kanem-Bornou, et l'islam poursuit son expansion. Les chefs de Bornou divisent le territoire en deux moitiés, nord et sud, ce qui permet au Logone-Birni dans le sud de maintenir un certain degré d'autonomie sous son chef traditionnel de premier degré. Le Logone-Birni est alors divisé en petites provinces dirigées par des chefs de second degré.
Le royaume Mandara
Ce royaume s’étendait jusqu’au bassin de la Bénoué. Il connaît son âge d'or aux . Ses guerres incessantes contre le royaume du Kanem-Bornou et contre les Peuls ont raison de lui.
Le royaume bamoun
Le royaume bamoun est fondé à la fin du par le prince Nchar et prend son essor sous le règne de Mboumbouo Mandù, à la fin du , qui étend son territoire par la force des armes. Il s'emploie ensuite à consolider son pouvoir.
Son seizième roi, Njoya, intronisé en 1895, est resté célèbre pour l'alphabet composé d'idéogrammes qu'il crée, ainsi que pour la carte du pays qu'il fait établir. Converti à l'islam, il est détrôné en 1923.
Le royaume Bamoun compte au début du pour une superficie de environ et la capitale se situe à Foumban.
Biafara vignette| Carte de John Ogilby (1670) : Les côtes bordant le golfe de Guinée indiquant près du bord droit (à hauteur de la graduation ) la ville de Biafra sur le fleuve Cameroun (appelé Rio Camarones). Chez les peuples de la forêt les civilisations étaient organisées autour de villages dominés par les aînés des grandes familles et les responsables de confréries.
Les navigateurs portugais, découvreurs du Wouri qu'ils nomment c'est-à-dire « fleuve aux crevettes », rapportent l'existence d'une ville située en amont. Celle-ci, nommée Biafara en portugais (Biafra en espagnol selon la carte ci-contre), est décrite comme étant la capitale d'un royaumeCarte de 1662..
Époque moderne
Dès le , des Européens de toutes nationalités viennent commercer au Cameroun. Ils créent des comptoirs commerciaux pour troquer de l’ivoire, du caoutchouc, ainsi que des esclaves contre de l’alcool, des produits manufacturés et de la poudre.
Les Sawa servent d’intermédiaires entre les Européens et les peuples de l'intérieur. Cette situation dure jusqu'en 1884.
Au , les principales dates de l'influence européenne sont les suivantes : 1827 : exploration britannique de la côte camerounaise et du Biafra ; 1845 : début de l'évangélisation par la Société missionnaire baptiste de Londres ; 1868 : installation de négociants allemands ; 1884 : les Doualas signent un traité d'assistance avec l'Allemagne et celle-ci proclame sa souveraineté sur le Kamerun ; 1890 : installation de la (évangélisation).
Notes et références
Voir aussi Liens internes Liste de civilisations précoloniales en Afrique Civilisation Sao Bantous, expansion bantoue, langues bantoues Royaumes sahéliens (750-1900, en Nigritie) Chefferies traditionnelles au Cameroun Principautés kotoko, Royaume du Kanem-Bornou (750c-1900) Royaume bamoun (1384-1884), Bamouns, écriture bamoun, palais des sultans Bamouns (1917), Ibrahim Njoya (1876-1933) Royaume de Bandjoun (1400/1552-1926), dynastie Bandjoun, chefferie de Bandjoun Royaume Mandara (1450c-1902), colonisation peul de l'Adamaoua (1690-1902), capitale Arochokwu Empire de Sokoto, sultanat (1804-1903) Émirat de l'Adamaoua (1809-1903) Esclavage en Afrique (pré-européen) Commerce des esclaves, traites négrières, commerce triangulaire
Bibliographie Jean-Paul Ossah Mvondo, Le Cameroun précolonial entre le , AMA-CENC, Yaoundé, 2006 (), 243 p. Joseph Owona, Les systèmes politiques précoloniaux au Cameroun, L'Harmattan, 2015, 107 p.
Catégorie:Histoire du Cameroun