Du fait de sa position géographique, la Lorraine fut un lieu d'échange privilégié entre la France et les cultures germaniques. C'est ainsi que de nombreuses innovations y ont fait leur entrée avant de se répandre dans le reste de la France (musique, gastronomie, etc.). La Lorraine a également été le berceau de courants culturels originaux dont le plus fameux est assurément l'Art nouveau, porté en France par l’École de Nancy.
Architecture
Sur les édifices protégés au titre des Monuments historiques par le ministère de la Culture et de la Communication (2002), 1629 se situent en Lorraine. On y trouve notamment des architectures religieuses romanes et gothiques, comme la l'église Notre-Dame de Galilée à Saint-Dié-des-Vosges, la cathédrale de Metz et l'abbaye de Bouzonville, la cathédrale de Toul, la basilique de Saint-Nicolas-de-Port... La Renaissance a laissé de nombreux monuments dans pays Barrois (Bar-le-Duc), le pays de Neufchâteau (Vosges) ou vers Nancy. Tout comme les châteaux Renaissance de Fléville-devant-Nancy ou Cons-la-Grandville ou ceux de la vallée de la Saulx. La période Classique a laissé de nombreux château notamment Commercy ou le château de Lunéville, le petit Versailles Lorrain. Plus récemment, de nombreux édifices civils de style Art nouveau à Nancy ou l'architecture allemande en Moselle. L'industrie a également marqué l'histoire et les paysages lorrains, et certains sites tels le Carreau de la Mine de Petite-Rosselle et le Haut-Fourneau d'Uckange ont été protégés au titre de patrimoine industriel tout comme certains sites de filatures vosgiennes.. La place Stanislas à Nancy est inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO ainsi que la ville-haute de Longwy (citadelle Vauban).
Parmi les objets recensés par lInventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France, des objets mobiliers (base Palissy) et des notices d'architecture (base Mérimée) sont d'origine lorraine.
Antiquité La Lorraine conserve des vestiges d'origine néolithique et celtique tels le menhir de la Pierre au Jô de Norroy-lès-Pont-à-Mousson, la Pierre des douze apôtres ou menhir de Breitenstein de Meisenthal, le mégalithe du Wieselstein à Freyming-Merlebach, le Briquetage de la Seille ou encore le cimetière gaulois des Trois Saints du village de Walscheid. L'époque gallo-romaine dote la région d'importants vestiges: les thermes et l'Église Saint-Pierre-aux-Nonnains de Metz, l'Amphithéâtre de Grand, l'Aqueduc de Gorze à Metz, la villa gallo-romaine de Saint-Ulrich à Dolving, les Thermes de Bliesbruck, l'oppidum de Boviolles, la ville de Nasium, les remparts gallo-romains de Toul.
Architecture romane thumb|right|Portail roman de l'église de Pompierre (88). De nombreux édifices religieux ont été construits dans la province: l'église Saint-Martin d'Adompt conserve une nef d'origine romane. Aouze conserve un portail roman de même que les églises de Pompierre, Barisey-la-Côte, de Laitre-sous-Amance et de Faux-en-Forêt (commune de Vittoncourt). L'église de Mey conserve un tympan roman. Aureil-Maison conserve une chapelle à chevet roman. Les églises de Lorry-Mardigny, de Noisseville, d'Autreville, de Battigny, de Bouzemont, de Bruley, de Droiteval, d'Écrouves, de Gendreville, de Forcelles-Saint-Gorgon ainsi que la chapelle de Morlange sont des édifices mineurs néanmoins intéressants. L'abbaye de Saint-Maur à Verdun, la chapelle de Blanzey, les églises de Bleurville, Mont-Devant-Sassey et d'Esley conservent des cryptes romanes. À Saint-Avold, place de la Victoire, une crypte carolingienne a été démontée sous l'ancien immeuble Collin. L'église romane de Baronville a été démolie vers 1850. À noter les clochers romans de Blénod-lès-Pont-à-Mousson, Boust, Farébersviller, Flavigny-sur-Moselle, de Cattenom, de Contrexéville, de Coussey, de Landaville et de Welferding. Les églises Notre-Dame de Galilée de Saint-Dié-des-Vosges, d'Étival-Clairefontaine, de Relanges, de Champ-le-Duc, de Froville, de Hesse, de Médonville, de Marsal, de Dugny-sur-Meuse et la Chapelle de Metz relèvent d'une architecture savante. De l'église de Haute-Seille (commune de Cirey-sur-Vezouze) ne subsistent que des vestiges de la façade. La Cathédrale Notre-Dame de Verdun conserve d'importants vestiges romans.
En Meuse, terre-frontière, on a vu s'ériger des églises fortifiées dont les clochers appelés "hourds" avaient un usage défensif : , Dugny-sur-Meuse, Gironville-sous-les-Côtes, Ribeaucourt, Saint-Pierrevillers, Sepvigny, Tronville-en-Barrois, Troussey, Vertuzey, Woël. Ces édifices ont été bâtis de l'époque romane à gothique (comme l'église de Foucaucourt-sur-Thabas).
Architecture gothique Le gothique en Lorraine est grandement incarné par les trois grandes cathédrales à savoir celles de Toul, Metz et de Verdun, symboles de l'essor urbain de la région au Moyen Âge. Ces édifices sont à la fois la marque d'un pouvoir épiscopal puissant des Trois-évêchés lorrains, tels qu'ils seront nommés au , mais également de la richesse et de la souveraineté de ces villes d'Empire, quasi-autonomes.
Si dans des villes comme Nancy, relativement récentes, le style gothique médiéval a essentiellement disparu à la suite des nombreux remaniements urbains de la Renaissance puis de l'époque moderne, Metz, Toul et Verdun, conservent de nombreux témoignages de l'ère gothique du Moyen Âge. L'architecture religieuse constitue la majeure partie de cet héritage, avec cinq églises gothiques comme l'église Saint-Martin à Metz ainsi que deux abbayes gothiques plus ou moins bien conservées dont celle des Recollets, mais également l'église Saint-Gengoult de Toul et son cloître.
Architecture Renaissance
Si la porterie du Palais Ducal de Nancy témoigne d'une première Renaissance en Lorraine et que la ville comporte des hôtels particuliers de cette période, c'est à Bar-le-Duc que la ville-haute conserve l'un des plus vastes ensembles d'édifices civils de la Renaissance. Non loin de Bar-le-Duc, d'ailleurs, les villages de la vallée de la Saulx abritent de nombreux manoirs de la Renaissance qui appartenaient à la noblesse ducale. Des villes comme Toul avec sa cathédrale et les maisons des chanoines, Pont-à-Mousson avec son université, Neufchâteau ou la cité de Fénétrange témoignent d'une forte création artistique et religieuse lors de la Renaissance.
Architecture classique vignette|Abbaye des Prémontrés C'est probablement l'architecture la plus fréquente en Lorraine. Après la guerre de Trente Ans, les édifices dégradés furent rénovés ou reconstruits. Ainsi on compte une multitude d'églises, abbayes (abbaye des Prémontrés de Pont-à-Mousson, abbaye de Moyenmoutier, abbatiale Saint-Nabor de Saint-Avold, etc.), ainsi que de nombreux châteaux ou encore la cathédrale de Nancy. Germain Boffrand a beaucoup œuvré en Lorraine (château d'Haroué, château de Lunéville...) Emmanuel Héré (1705 - 1763) a édifié de nombreux monuments pour le compte du dernier duc de Lorraine, (Stanislas) dont les célèbres places de Nancy
Architecture néo-romane thumb|right|Chapelle néo-romane de L'Hôpital (Moselle). Le département de la Moselle a vu fleurir principalement entre 1838 et 1870Christiane Pignon-Feller, L’invention de l’art roman et ses avatars en Moselle 1838-1870. une multitude d'édifices religieux en style néo-roman qui a été caractérisé par certains chercheurs d'''art néo-roman messinJ.-M. Leniaud, L'invention du roman, L’invention de l’art roman au , l’époque romane vue par le , Revue d’Auvergne, n° 4, Clermont-Ferrand, page 24, 1999..
Christiane Pignon-Feller note: "...En 1846, l’approche de la session du 13e congrès archéologique de France à Metz redynamisa l’intérêt pour l’art médiéval".
Un ingénieur des Ponts et Chaussées originaire de Lunéville, Georges Aimé Boulangé, sera l'un des principaux promoteurs de la redécouverte de l'architecture romane locale et publiera ses recherches dans la revue lAustrasie et dans les revues de la Société d'archéologie et d'histoire de la Moselle. On notera principalement les réalisations de Charles Gautiez (1809-1856), architecte diocésain proche de l’épiscopat, membre de l’Académie de Metz.
Les réalisations néo-romanes sont nombreuses: les églises rurales de Servigny-lès-Sainte-Barbe, de Verny, la chapelle de pèlerinage Notre-Dame de La Salette à Villers l'Orme (Vany), la synagogue de Metz.
Après 1870, cet esprit néo-roman va inspirer les architectes de l'occupation prussienne qui vont donner à leurs constructions un aspect ottonien caractéristique: l'église Saint-Gérard de Majella de Carling (1906), le Temple Neuf de Metz (1904) réalisation de l'architecte Conrad Wahn. L'architecture civile va suivre ce même courant: la poste centrale et la Gare de Metz-Ville construite par l'architecte berlinois Jürgen Kröger en style néoroman rhénan en sont deux remarquables exemples.
Architecture vernaculaire
L'organisation urbaine des villages lorrains est très souvent caractérisée par deux éléments : Les maisons comprennent l'habitation et la grange et sont alignées de façon mitoyenne en front de rue. Ce bâti observe un recul à l'alignement d'environ 3 à depuis la chaussée de la rue principale. Ce recul, nommé usoir, est un espace libre d'usage privé. Ouvert sur la voie il est généralement de propriété publique. Il avait vocation à servir d'entrepôt de bois de chauffage, ou de véhicules (tels que les charrettes), voire d'outils de labours. Jusqu'au début des années 1970, il sert également d'emplacement au fumier qui, entreposé directement sur le sol laisse s'écouler librement le purin. La taille du tas, variable suivant la quantité de bétail, était alors un signe de réussite économique. Cet usage aujourd'hui disparu, l'espace libéré est parfois engazonné lorsqu'il ne devient pas un parking. Lusoir n'est pas systématique dans les localités où l'activité de la vigne était jadis dominante.
Enfin, pour cette structure de village-rue comme dans la plupart des cas similaires en Europe, le parcellaire se répartit en franges perpendiculaires à la route principale, avec pour limite latérale le prolongement des côtés des maisons. Ceci afin d'offrir à l'occupant un accès direct à une partie (voire la totalité) de son exploitation agricole, à l'arrière.
Autre singularité architecturale: l'utilisation historique de la tuile creuse pour la couverture des toits sur une grande moitié occidentale de la région, des environs Châlons jusqu'à Metz et Nancy. Cette zone, aussi appelée l'ilot Lorrain, est une anomalie de la répartition traditionnelle des modes de couvertures, la tuile creuse étant majoritairement utilisée dans le Sud de la FranceLa Lorraine : ensembles ruraux de Wallonie, p. 36, éditions Mardaga, 1983. Maisons à colombages Trois zones géographiques de Lorraine comportent de nombreuses maisons à pans de bois et de constructions très différentes : Le département de la Meuse, présente à lui seul deux zones très distinctes. : Dans le Barrois, au sud du département, notamment à Bar-le-Duc, sont édifiées de belles maisons au rez-de-chaussée de pierre blonde surmontées d'étages en encorbellement. Plus au nord, l'Argonne propose autour de Beaulieu-en-Argonne des fermes à l'architecture unique et plus récente () de fermes parées de bois. L'Est de la Moselle, du Pays des étangs jusqu'au Vosges du Nord, présente des architectures à pans de bois de style germaniquehttp://www.maisons-paysannes.org/delegations/un-chantier-en-moselle-la-maison-d-emilie.html Maisons à pans de bois de la Moselle sur MFP57.
Architecture industrielle La Lorraine compte plusieurs exemples d'architecture industrielle classés: