Jean Marie Georges Lafond, né le à Rouen et mort le à Neuilly-sur-Seine, est un journaliste, archéologue et historien de l'art français.

Biographie

Jean Lafond est le fils aîné de Joseph Lafond (1851-1921), journaliste et propriétaire du quotidien le Journal de Rouen depuis 1900, et de Marie Dupré. Il est le cousin de Marcel Dupré. Il mène des études classiques à Paris puis au lycée Louis-le-Grand à Paris. Il commence, sous la direction d'Émile Mâle, une thèse sur le peintre-verrier Engrand Leprince, qu'il n'achève pas. Il publie un article, en 1909, intitulé « La résurrection d’un maître d’autrefois », sur l’identification du peintre-verrier d’origine néerlandaise, Arnoult de Nimègue, repris et imprimé en 1942.

Il se marie en 1913 à Louviers avec Alice Miquel, fille de Joseph Miquel, industriel du textile à LouviersL'Echo du Nord, 3 octobre 1913 (Emile Mâle est l'un de ses témoins de mariage. Les Ets Miquel à Louviers emploient alors selon cette source). Sur Joseph Miquel, mort en 1924, et son successeur Charles Miquel, son fils : cf. Bernard Bodinier, « Lovériens, Elbeuviens, horsains ? Les fabricants de Louviers aux » In: La draperie en Normandie du au , Presses universitaires de Rouen et du Havre, 2003 ; ils ont .

Lors de la Première Guerre mondiale, il est mobilisé au régiment d'infanterie. Le à Charleroi, il est laissé pour mort sur le champ de bataille. Sauvé par des paysans belge qui constatent qu'il respire encore il est soigné par les médecins allemands avant d'être interné à Cottbus comme prisonnier de guerre. Il est rapatrié en France le Archives départementales de la Seine-Maritime, registres matricules 1R3243..

Après la guerre, il est journaliste puis co-directeur et rédacteur en chef du Journal de Rouen à la mort de son père en 1921.. Sa famille possède le journal ainsi que d'autres petits périodiques. Jean Lafond et ses frères se partagent la direction et la gestion du quotidien. Il en est le principal directeur après la mort à de son frère André en 1932. Un autre de ses frères, Pierre Lafond, est le directeur administratif du quotidien et un autre, Jacques, le benjamin de la famille, est secrétaire généralGérard Bonet, L'agence Inter-France de Pétain à Hitler. Une entreprise de manipulation de la presse de province (1936-1950), édition du félin, 2021, .

En 1926, la Société française d'archéologie lui décerne une médaille de vermeil lors du Congrès archéologique de France.

En 1929, il est fait chevalier de la Légion d'honneur.. Il continue ses recherches sur les vitraux, un sujet novateur, la peinture sur verre du Moyen Âge et de la Renaissance.

Archéologue et historien d'art, il est reçu membre de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Rouen en 1925, il en devient président en 1934. Il est également président des Amis des Monuments Rouennais en 1938.

Favorable pendant la Seconde Guerre mondiale au maréchal Pétain, il continue à diriger le Journal de Rouen qui prône la collaboration avec les Allemands. Son entreprise, la SARL Lafond fils et , souscrit en 1941 et 1944 au capital des éditions Inter-France, qui publient des ouvrages de propagande favorables à la collaboration franco-allemande, contrôlées par l'agence de presse Inter-France, collaborationniste. Lafond et est actionnaire et membre du conseil d'administration d'Inter-France depuis sa fondation en 1938Gérard Bonet, op. cit.. Comme son frère Pierre, directeur administratif, et son fils aîné Michel, rédacteur en chef et auteur d'articles très favorables à la collaboration, il reçoit la Francisque. Tous trois sont d'anciens membres du Parti populaire français (PPF).Gérard Bonet, op. cit., . Il collabore par ailleurs à l'hebdomadaire parisien collaborationniste Je suis partout (sous le pseudonyme de Louis-Charles Denis), à l'instar de Pierre Villette, chef des services parisiens du Journal de Rouen et membre du PPF.

L'un de ses fils, Étienne Lafond (1920-2016), jeune industriel à Louviers où se situe l'usine Miquel, résistant depuis 1942, membre du réseau Alliance, est arrêté par les Allemands en , emprisonné puis déporté par le convoi du dans le camp de concentration de Buchenwald-Dora Et Kommandos. Il survit et publie en 1947 un témoignage sur les camps préfacé par le maréchal Jean de Lattre de Tassignyunadif.fr, Notice biographiqueÉtienne Lafond-Masurel, Buchenwald, Dora, Ellrich, Oranienburg : survie, 1947ego.1939-1945.crhq.cnrs.fr, Noticemvr.asso.fr, Notice biographique« Mariage », Le Petit Havre, 4 mars 1943 : Il a épousé en 1943 Jeanne Masurel, fille de Raymond Masurel, industriel à Roubaix..

À la Libération, Jean Lafond se réfugie en Suisse. Il est condamné par contumace aux travaux forcés à perpétuité en , par la Cour de justice de Rouen, tandis que son fils Michel est condamné à de travaux forcés et son frère Pierre à de prison. L'imprimerie et l'immeuble du journal sont confisquésCombat, 25 mars 1945, Ibid., 24 mars 1945.Gontran Pailhès, Rouen et sa région pendant la guerre 1939-1945, Bertout, 1993.

Il publie en Suisse plusieurs ouvrages et articles sous le pseudonyme de Georges des Verrières. Il revient en France vers 1952. Il est arrêté et jugé devant le tribunal militaire à Metz. Défendu par René Coty, il est acquitté en .

En 1952, à son retour à Paris, il se consacre entièrement aux études sur le verre. Historien de l'art, spécialiste des vitraux du , il est membre de la Société française d'archéologie, également membre du comité français du Corpus vitrearum medii aevi, du Royal Archaeological Institute et devient en 1972 président de la Société des antiquaires de FranceBulletin de la Société nationale des antiquaires de France, 1994, ..

Il meurt le à l'Hôpital américain de Neuilly-sur-Seine, il est inhumé au cimetière monumental de Rouen dans le caveau familial qu'il a fait élever par Georges Lanfry sur les plans de Pierre Chirol.

Décorations

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Ouvrages (sélection) — édition, mise à jour par Françoise Perrot, de l'ouvrage publié en 1966 et réédité en 1978. Compte-rendu : .

Notes et références

Voir aussi Bibliographie . . . L'Espalier Rouennais, édition Henri Defontaine, 1923 ; estampes coloriées main par Kendall-Taylor, textes de Camy-Renoult. Les frères Lafond ont été dessinés dans cette œuvre.

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