L’élection présidentielle de 2018 est organisée en Russie le pour en élire le président fédéral. Vladimir Poutine ayant réuni une majorité absolue des voix dès le premier tour, aucun second tour n'est organisé.
Le président sortant, Vladimir Poutine, se représente pour un deuxième mandat consécutif, quatrième mandat au total. Il est donné largement favori, régulièrement placé au-delà des 50 % dans les sondages publiés depuis la dernière élection présidentielle.
Avant le scrutin, Poutine neutralise les oppositions qui se lèvent contre lui. L'opposant Boris Nemtsov, qui s'apprêtait à publier un rapport intitulé est assassiné en 2015 devant le Kremlin. Aussi, Alexeï Navalny, principal opposant au président sortant, n'est pas autorisé à se présenter.
Face à sept autres candidats, Vladimir Poutine, soutenu par le parti libéral-conservateur Russie unie, est réélu dès le premier tour avec 76,7 % des voix exprimées. Il est suivi par le communiste nationaliste Pavel Groudinine (11,8 %) et par l’ultranationaliste de droite Vladimir Jirinovski (5,6 %). Le pouvoir a eu recours à des fraudes massives pour truquer le scrutin en faveur de Poutine. Celles-ci sont constatées par l'opposition russe, les médias indépendants et les observateurs internationaux.
Contexte vignette|Logo de l'élection.
Présidence autoritaire de Vladimir Poutine vignette|gauche|redresse|Vladimir Poutine A la tête de la Russie depuis la démission de Boris Eltsine fin , Vladimir Poutine est élu en 2000 et 2004, avant de laisser temporairement sa place à Dmitri Medvedev lors de l'élection de 2008, puis d'être réélu en 2012 après avoir fait modifier la constitution de 1993 pour faire passer la durée du mandat présidentiel de quatre à six ans.
En plus de deux décennies au pouvoir, Vladimir Poutine met en place un régime autoritaire où l'opposition, les membres des ONGs et autres défenseurs des droits humains sont soumis à la censure et à une intense représsion, qui les voient couramment emprisonnés via une législation ayant multipliée les possibilités de mises en accusations des .. Mené par le parti présidentiel Russie unie, le gourvernement entretient un multipartisme de façade via une opposition tolérée. La répression politique des véritables opposants, emprisonnés ou contraints à l'exil, lui permet ainsi de n'autoriser à concourir que des partis qui lui sont affiliés et dont les candidats ne mènent qu'une opposition de façade, voire servent de faire valoir via un discours communiste ou ultranationaliste permettant à Vladimir Poutine de se présenter comme un président modéré, sans alternative crédible ou raisonnable....
La popularité du président sortant ne faiblit pas, si bien que sa réélection ne semble être qu'une formalité à en croire les sondages et une partie de ses opposants. Un bon nombre de Russes voient en lui l'homme qui a pu ramener la Russie au devant de la scène internationale, mais aussi un gage de stabilité pour le présent et pour l'avenir, selon le politologue russe Dmitri Orechkine : ..
Aussi, Poutine neutralise les oppositions qui se lèvent contre lui. Par exemple, l'opposant Boris Nemtsov, qui s'apprêtait à publier un rapport intitulé Poutine. La Guerre, est assassiné en 2015 devant le Kremlin.. Aussi, Alexeï Navalny, principal opposant au président sortant, n'a pas été autorisé à se présenter à l'élection. Ce dernier a par ailleurs annoncé qu'il boycotterait ce qu'il ne considère pas comme étant , où .. De manière générale, les oppositions ont appelé à boycotter le scrutin, ce qui fait du taux de participation le véritable enjeu du jour de l'élection.
En cas de réélection, ce deuxième mandat consécutif de Poutine devrait être le dernier, puisque la Constitution ne lui permet pas, en l'état, d'être élu trois fois de suite. En , il annonce ne pas avoir l'intention de modifier la Constitution de sorte à pouvoir rester au pouvoir à l'issue de son éventuel prochain mandat..
Contexte international
vignette|Vladimir Poutine et Donald Trump, en 2017.
Depuis la dernière élection présidentielle de 2012, qui a vu le retour de Vladimir Poutine à la tête de l'État, la Russie est au cœur de la scène internationale et voit ses relations avec d'autres puissances, notamment les États-Unis et l'Union européenne, se détériorer.
Le premier épisode de cette escalade est intervenu en 2014 lorsque le président ukrainien pro-russe Viktor Ianoukovytch a été destitué le à la suite de l'Euromaïdan. La Russie a considéré le nouveau président comme et, le , à la suite d’un référendum tenu le , le gouvernement russe annonce que la république de Crimée (correspondant à l’ancienne république autonome de Crimée) et la ville de Sébastopol, anciennement ukrainiennes, deviennent deux nouveaux sujets de la fédération de Russie. Au niveau international, les États-Unis, l'Union européenne et d'autres pays s'opposent à la Russie, l'accusent de violer le droit international et la souveraineté de l'Ukraine. Par ailleurs, l'Assemblée générale de l'ONU a adopté le une résolution non contraignante qui dénonce le référendum en Crimée et le rattachement de cette péninsule à la fédération de Russie..
Aussi, en , les États-Unis accusent le gouvernement russe d'ingérence dans l'élection présidentielle américaine de 2016 en donnant naissance à l'affaire du Russiagate et engagent à l'encontre de la Russie des représailles diplomatiques, les plus importantes depuis la guerre froide.. .
De la même manière, la guerre civile en Syrie conduit à l'accroissement des tensions entre la Russie et les États-Unis, notamment car les deux pays ne partagent pas les mêmes objectifs dans ce conflit. Tandis que la Russie soutient farouchement le président Bachar el-Assad contre les combattants rebelles et ceux de l'organisation État islamique (EI), les États-Unis attaquent à la fois l'EI et les forces gouvernementales. En effet, par exemple, à la suite d'une attaque chimique perpétrée en et attribuée aux forces armées syriennes, ayant fait dont une trentaine d'enfants, les États-Unis ont riposté en envoyant des missiles sur une base aérienne du régime syrien, ce que la Russie a qualifié d'.. Plus récemment, le général Joseph Votel, commandant des forces américaines au Moyen-Orient (CENTCOM) a déclaré, le , devant le Congrès des États-Unis que ..
La situation socio-économique, thème privilégié de politique intérieure L'escalade des tensions entre la Russie d'un côté, et les États-Unis et l'Union européenne de l'autre, ont conduit ces puissances à prendre des sanctions politiques, mais aussi économiques, entre elles. Depuis , l'Union européenne impose progressivement à la Russie un ensemble de , ce qui a un impact sur leurs relations économiques.. De plus, la Russie est depuis l'automne 2014 touchée par une importante chute du prix du pétrole, ce dernier élément étant le facteur dominant dans l’évolution de l’économie russe et de la valeur de sa monnaie (le marché russe étant d'une importance limitée pour l'UE)..
La situation socio-économique de la Russie est le thème le plus mobilisé par les opposants à Vladimir Poutine dans le cadre de la campagne électorale. Par exemple Vladimir Ryzhrov, ancien député d’opposition et soutien de Grigori Iavlinski (candidat du parti libéral Iabloko) rappelle que . Il souligne également que . Aussi, Pavel Groudinine, candidat du Parti communiste et principal concurrent de Vladimir Poutine, laisse une place importante à l'économie dans son programme.. Enfin, pour souligner l'importance des questions économiques dans cette campagne, il convient de souligner que la candidature de Boris Titov ne s'inscrit pas en opposition au président sortant. Titov considère lui-même que le but de sa participation à l'élection est uniquement de promouvoir son programme économique, intitulé , préparé par sa fondation, le ..
Changement de la date du scrutin Le , les sénateurs Andreï Klichas et Anatoli Chirokov ont soumis à la Douma un projet d'amendements à la législation électorale. L'un des amendements prévoit le décalage de l'élection du deuxième au troisième dimanche de mars, c'est-à-dire du 11 au .. En effet, selon l', de la loi fédérale FZ, . La deuxième semaine de mars, le , coïncide à la Journée internationale des femmes, jour férié en Russie.. Le projet de loi est adopté par la Douma et le Conseil de la fédération sans délai en , puis est promulgué par Vladimir Poutine le ..
Le , le Conseil de la fédération confirme que le sera la date de l'élection présidentielle. Débute alors officiellement la campagne électorale ainsi que l'enregistrement des candidatures.. La date retenue pour l'organisation du scrutin correspond au quatrième anniversaire de l'annexion de la Crimée par la Russie..
Système électoral vignette|Affiche présentant les candidats dans un bureau de vote. vignette|upright|Bulletin de vote utilisé pour l'élection. Généralités Le président de la fédération de Russie est élu au scrutin uninominal majoritaire à deux tours pour un mandat de six ans, contre quatre ans avant une réforme entreprise par le gouvernement de Dmitri Medvedev en 2008.. Conformément à l' de la Constitution de la fédération de Russie, un candidat à la présidence doit être âgé d'au moins et avoir résidé en permanence en Russie pendant les dix dernières années, et ne peut pas réaliser plus de deux mandats consécutifs..
Sélection des candidats Accès libre
Les partis politiques représentés à la Douma et/ou dans les organes législatifs d'au moins un tiers des sujets de la fédération peuvent désigner un candidat sans recueillir de signatures. Cela concerne, pour l'élection de 2018 : Russie unie, principal soutien de Vladimir Poutine, parti présidé par Dmitri Medvedev ; Le Parti communiste de la fédération de Russie, qui présente Pavel Groudinine ; Le Parti libéral-démocrate de Russie, qui présente Vladimir Jirinovski ; Russie juste, qui ne devait soutenir aucun candidat selon son président Sergueï Mironov., mais qui finalement apporte son soutien à Vladimir Poutine ; Rodina, dont le président, Alexeï Jouravlev, annonce le que le parti soutient pleinement Vladimir Poutine. ; La Plateforme civique, qui soutient Vladimir Poutine, selon les déclarations de son dirigeant Rifat Chaïkhoutdinov..
Si le Parti communiste de la fédération de Russie et le Parti libéral-démocrate de Russie présentent bien respectivement et administrativement Pavel Groudinine et Vladimir Jirinovski, la candidature de Vladimir Poutine n'est officiellement portée par aucun parti.
Accès limité Les individus qui appartiennent à un parti non-représenté à la Douma doivent recueillir pour pouvoir déposer leur candidature, tandis que ceux qui sont totalement indépendants doivent collecter au moins , dans la limite de par sujet fédéral de la Russie, et former un groupe de militants composé d'au moins ..
Les documents d'enregistrement de la candidature doivent être soumis à la Commission électorale centrale de la fédération de Russie (CEC) au plus tôt quatre-vingt jours et au plus tard quarante-cinq jours avant la date du scrutin, soit au plus tard le à .
De nombreux commentateurs politiques, dont l'ancienne candidate à l'élection présidentielle Irina Khakamada, évoquent la difficulté de rassembler des signatures sans le soutien d'un parti politique.. Cependant, selon la présidente de la CEC Ella Pamfilova, les conditions d'accès aux candidats sont plus faciles que jamais car ils n'ont plus besoin de collecter de signatures. Par conséquent, selon Pamfilova, il pourrait y avoir encore plus de candidats à cette élection qu'en 2000, lorsque onze candidats s'étaient présentés.. En fin de compte, huit candidats concourent en 2018, soit trois de plus que lors de la dernière élection en 2012.
Primaires Trois primaires ont été organisées dans le cadre de l'élection présidentielle russe de 2018.
Parti de la croissance