La résolution 2334 du Conseil de sécurité des Nations unies est une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies adoptée le . Cette résolution, relative à la question de la Palestine, ; elle rappelle les résolutions 242, 338, 446, 452, 465, 476, 478, , et 1850.

Le texte est présenté au vote par la Nouvelle-Zélande, le Sénégal, la Malaisie et le Venezuela, après que l'Égypte qui l'avait proposé dans un premier temps eut demandé un report du vote à la veille de sa tenue à la suite d'un entretien du général-président Abdel Fattah al-Sissi avec Benyamin Netanyahou et Donald Trump. Après une dernière tentative de le faire ajourner par l'intermédiaire de la Russie, le texte est mis au vote, avec la voix favorable de l'Égypte. La résolution est adoptée par 14 voix pour, aucune opposition, les États-Unis présidés par Barack Obama s'étant abstenus. Israël annonce cependant qu'il ne se conformera pas au vote du Conseil de sécurité.

Contexte historique La résolution est débattue dans un contexte d'intensification de la colonisation des territoires palestiniens par la nouvelle équipe gouvernementale israélienne formée en 2015 par Benyamin Netanyahou et qui intègre les partis d’extrême droite Foyer juif de Naftali Bennett et Israel Beytenou d’Avigdor Liberman. Le débat prend place dans le débat juridique autour de la colonie d'Amona jugée illégale par la Cour suprême d'Israël, qui a ordonné sa destruction d'ici le , et dont les se déplaceront pour certaines à proximité et pour les autres à la colonie d’Ofra. Selon le ministre britannique des Affaires étrangères, Boris Johnson, le Royaume-Uni a été étroitement impliqué dans la rédaction de la résolution proposée par l'Egypte.

Soutien-clé du gouvernement Netanyahou, le ministre de l’éducation Naftali Bennett obtient le l’adoption en première lecture par la Knesset d’une loi prévoyant l’annexion aux colonies de isolés dits « » pour les rattacher aux colonies autorisées par Israël. Le projet de loi est adopté le , mais est encore susceptible de recours devant la Haute Cour de justice. L'ancien premier ministre Ariel Sharon avait pourtant affirmé en 2003 vouloir et le rapport Sasson approuvé par le gouvernement proposait lui aussi de démanteler les sauvages qui existaient alors en 2005. Cette loi de 2016 est le premier acte législatif d'annexion du Parlement israélien depuis celui acté en pour Jérusalem-Est et le plateau du Golan en 1981. La densification des colonies disloque la continuité territoriale de la Cisjordanie, transformée en une de cantons épars tendant à rendre impossible la création d’un État palestinien indépendant et viable en Cisjordanie.

La résolution est débattue dans les dernières semaines du second mandat de Barack Obama. Le président américain avait déclaré lors de son discours du Caire le : Après avoir obtenu de haute lutte durant son premier mandat un gel temporaire et partiel de la colonisation en espérant qu’il permette de réamorcer le dialogue entre le camp israélien et l’Autorité palestinienne, le président américain n'était pas parvenu à relancer un processus de paix. Malgré leur isolement, les États-Unis mettent leur veto en à un projet de résolution condamnant la poursuite de la colonisation afin de tout en assurant que ce veto ne valait pas approbation de la colonisation. À quelques semaines de l'adoption de la résolution 2334, l'administration Obama a accru l'aide militaire américaine à Israël, passant de 3 milliards de dollars annuels à 3,8 milliards de dollars pour une période de dix ans. Cette augmentation n'était pas subordonnée au respect par Israël des lois régissant l'occupation. Par ailleurs, les États-Unis ont maintenu leur engagement historique, initié après la guerre de 1967, de préserver l'avantage militaire qualitatif d'Israël sur tous les autres pays du Moyen-Orient, individuellement ou collectivement, afin de garantir qu'il ne soit pas confronté à une menace militaire. Enfin, l'administration Obama a choisi de s'abstenir lors du vote sur la résolution, alors qu'il ne lui restait que deux semaines avant la fin de son mandat, empêchant ainsi toute mise en œuvre de changement de la situation en Israël/Palestine avant l'entrée en fonction de l'administration Trump.

Tirant un bilan chiffré de l'accélération de la colonisation depuis le veto de 2011 ( vivant en territoire palestinien y compris à Jérusalem-Est, soit de plus qu'en 2009), l’ambassadrice américaine auprès des Nations unies Samantha Power justifie l'absence de veto américain à cette du Conseil de sécurité. Il faut remonter au vote positif ordonné par Jimmy Carter en 1980 sur la résolution 465, qui condamnait la colonisation à une époque où on ne comptait que en Cisjordanie, pour retrouver une désapprobation aussi claire à la politique de colonisation menée par Israël qui menace désormais directement la viabilité d'un projet des deux États. En sus des résolutions de l'Assemblée générale, la est la adoptée par le Conseil de sécurité portant sur le conflit israélo-palestinien depuis la création de l’ONU en 1945.

Réactions internationales L'abstention américaine, qui permet l'adoption de la résolution, est désapprouvée par le président élu Donald Trump qui a choisi comme futur ambassadeur en Israël David M. Friedman, un avocat étroitement lié au mouvement des colons, opposé à la solution des deux États conformément à la Convention nationale d’investiture de à Cleveland, quand le Parti républicain avait pour la première fois renoncé à une solution des deux États, qui faisait depuis des décennies l'objet d'un consensus entre démocrates et républicains. Au cours de sa campagne électorale, Donald Trump avait pris position pour le transfert de l'ambassade américaine de Tel Aviv vers Jérusalem et de la poursuite de la colonisation. Pour sa part, le conseiller diplomatique du président Obama, Ben Rhodes, rappelle l'inefficacité du veto de 2011 : .

Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou s'élève contre la résolution qu'il qualifie de Il affirme aussi que la résolution remettrait en cause la présence juive au mur des Lamentations, même si le site n'y est nullement mentionné, et annonce avoir donné des directives à son ministre des Affaires étrangères pour réévaluer , réduire de de shekels (soit d'euros) le financement de cinq organismes lui étant rattachés. et que son gouvernement cessait tout contact autre que sécuritaire avec les dirigeants palestiniens, ce qui selon le correspondant du quotidien Le Monde à Jérusalem était déjà le cas..

Israël rappelle ses ambassadeurs en Nouvelle-Zélande et au Sénégal, les deux pays avec la Malaisie et le Venezuela qui ont déposé le texte après le renoncement de l’Égypte. Israël décide dans la foulée d'annuler la visite du ministre sénégalais des Affaires étrangères, prévue en et procède à l'annulation de tous les programmes d'aide au Sénégal, et l'annulation des visites en Israël des ambassadeurs non résidents du Sénégal et de Nouvelle-Zélande. L'organisation américaine Centre Simon-Wiesenthal qualifie la d'.

L’Autorité palestinienne estime que l’adoption de la résolution est un pour Israël, alors que la Jordanie salue une décision . Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault salue sur Twitter . La France doit organiser le une conférence internationale sur cette question où sont conviés près de 70 pays. Le ministre des Affaires étrangères belge Didier Reynders se réjouit du vote de la résolution : . Pour la diplomatie palestinienne,

Dans un de ses derniers discours comme secrétaire d'État des États-Unis, prononcé le à Washington, John Kerry dénonce la politique suivie par le premier ministre israélien qui se dit favorable à une solution de deux Etats mais dont la politique rend illusoire la viabilité d'un état palestinien, rappelant que le nombre de colons s'est accru de depuis les accords d'Oslo de 1994. Inquiet de cette impasse dangereuse pour Israël, il souligne : . Son discours est violemment critiqué par le gouvernement israélien qui estime que .

Une conférence internationale de , sans Israël ni l'autorité palestinienne doit se tenir à Paris le pour fixer Cette conférence est dénoncée par avance par le ministre israélien Avigdor Liberman comme

Extraits de la résolution

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes Résolutions de l'ONU concernant Israël Organisation des Nations unies Conseil de sécurité des Nations unies Résolution du Conseil de sécurité des Nations unies Résolution de l'Assemblée générale des Nations unies Liste des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies Liste des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies par pays

Liens externes Résolution 2334 sur le site des Nations unies (PDF image). Charte des Nations unies sur le site des Nations unies.

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