Sophie Pétronin dite Mariam à la suite de sa conversion à l'islam, née à Bordeaux le ., est une travailleuse humanitaire franco-suisse. Elle est la fondatrice de l'ONG Association d'aide à Gao, qui œuvre dans le domaine de l'aide à l'enfance dans le nord du Mali.
Le , elle est enlevée à Gao par un groupe de djihadistes associé à Al-Qaïda. Après près de quatre ans de captivité, elle est libérée le ; elle était alors la dernière otage française dans le monde.
Dans un livre enquête, Il suffit d'un espoir paru le , ses conditions de détention sont détaillées. L'auteur, le journaliste Anthony Fouchard., revient également sur les coulisses de cette affaire d'otage inédite.
En 2021, malgré la pression des autorités françaises pour qu'elle n'obtienne pas de visa, elle retourne volontairement au Mali et de manière irrégulière en passant par le Sénégal. Ce comportement provoque de vives critiques des medias et des élus, après avoir été kidnappée puis délivrée par les autorités françaises. Elle fait désormais l'objet d'un avis de recherche au Mali.
Biographie vignette|Enfants à Gao Sophie Pétronin est originaire de Bordeaux.. Laborantine de formation, elle entreprend une formation médicale et se spécialise dans les questions de malnutrition et en médecine tropicale..
Elle découvre Gao en 1996 avant de s’y installer définitivement en 2001.. Elle dirige depuis 2004 dans cette ville une organisation non gouvernementale venant en aide aux enfants souffrant de malnutrition.
Première tentative d'enlèvement en 2012 En 2012, des rebelles du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) profitent du coup d'État contre le président Amadou Toumani Touré pour s'attaquer à des villes stratégiques du Mali, dont Gao - où réside encore Sophie Pétronin. Réfugiée au consulat d'Algérie, elle parvient à s’enfuir par une porte de derrière alors que les diplomates algériens sont eux-mêmes capturés par les rebelles touaregs. Elle parvient ensuite à s'exfiltrer du pays par le désert grâce à l'aide d'une famille locale qui lui procure déguisement et logistique. Elle racontera cette expérience en détail dans la presse française..
Cet épisode ne la décourage nullement, même s'il a eu valeur d'avertissement : « Le risque d’attentat et d’enlèvement visant les Occidentaux est toujours très élevé dans tout le Mali. Nous devons redoubler de prudence », écrit-elle dans un rapport à AAG (Association d'Aide à Gao). C'est donc en pleine connaissance de cause qu'elle retourne au Mali dès l'année suivante pour poursuivre la mission dans laquelle elle se sent profondément investie.
Son enlèvement en 2016 vignette|Vue aérienne de Gao et du pont de Wabaria, théâtre en 2013 de combats entre les forces spéciales françaises et le MUJAO au cours de la deuxième bataille de Gao de la guerre du Mali. Le , Sophie Pétronin est enlevée à Gao. Une enquête est ouverte par le parquet de Paris et confiée à la Direction générale de la Sécurité intérieure.
Ce n'est qu'en que des premières nouvelles apparaissent lorsqu'une association djihadiste du Sahel diffuse une vidéo où elle apparaît avec cinq autres personnes enlevées entre 2011 et 2017 au Mali mais également au Burkina Faso. Sa détention est revendiquée par le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM)Jnim [Jama'at nusrat al-islam wal-muslimin] ou Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans, GSIM., association salafiste liée à Al-Qaïda. Les autres personnes détenues en otage sont de diverses nationalités : Arthur Kenneth Elliott (Australie), Stephen McGown (Afrique du Sud), Iulian Ghergut (Roumanie), la missionnaire Béatrice Stockly (Suisse) et la religieuse Gloria Cecilia Narváez Argoti (Colombie)..
Après la diffusion d'une seconde vidéo en , dans laquelle elle ne s'exprime pas., Sophie Pétronin apparaît dans un nouvel enregistrement vidéo diffusé début où elle s'adresse directement à son fils, mais également au gouvernement et au président français...
Une nouvelle vidéo est adressée à la famille en . Sophie Pétronin n’apparaît pas directement sur cette vidéo mais est visible en photo. Son fils se dit alors très préoccupé par son état de santé..
En , Sébastien Chadaud-Pétronin, le fils de Sophie Pétronin, fait le déplacement au Mali pour tenter de précipiter la libération de sa mère. Il appelle Emmanuel Macron à . M. Chadaud-Pétronin se montre très inquiet : Il réitère sa volonté de rester le plus longtemps possible sur place, jusqu'à obtenir une évolution dans la situation de sa mère.
Le , Emmanuel Macron répond aux accusations de M. Chadaud-Pétronin : .. Le fils de Sophie Pétronin est soutenu dans son combat par Ingrid Betancourt, retenue pendant six ans en otage en Colombie entre 2002 et 2008. Elle était à ses côtés à Paris lors du point presse qu'il a donné le lorsqu'elle a rappelé le rôle indispensable joué par l'ex-président de la République Nicolas Sarkozy lorsqu'elle était gardée en captivité par les FARC : Sébastien Chadaud-Pétronin estime que M. Macron lui a manifesté . Il a regretté que le ministère des Affaires étrangères n'ait pas donné suite à la proposition des ravisseurs de libérer sa mère en .. Au cours de ce même point presse, il a révélé que, selon des informations qu'il avait eues, sa mère allait , tout en reconnaissant ne pas être certain de la fiabilité de ces révélations.
Le , Sébastien Chadaud-Pétronin indique à RTL au sujet de sa mère que les ravisseurs en raison de son état de santé qui se détériore et qu'Emmanuel Macron est . Le Ministère des Affaires étrangères souhaite davantage de pour mener à bien cette négociation. Jean-Pierre Pétronin, époux de l'otage, a concédé que son fils pour mener seul les négociations. , ajoute-t-il..
Le , lors de l'hommage national rendu aux deux soldats tués pour la libération de deux otages français au combat de Gorom-Gorom, le président de la République déclare : et assure que . Sébastien Chadaud-Pétronin l'en et appelle à nouveau à agir pour la libération de sa mère. Le , la famille annonce que le gouvernement lui a transmis une preuve de vie récente de l'otage.. Pendant près de 4 ans, le fils de Sophie Pétronin n'a pas cessé de chercher sa mère, en multipliant les déplacements au Sahel. Selon le journaliste Anthony Fouchard, les démarches du fils de l'otage ont été en grande partie financées par l'État Français.
Libération Après avoir été détenue pendant près de quatre ans, Sophie Pétronin est libérée le avec trois autres otages : deux Italiens et surtout l'ancien ministre malien Soumaïla Cissé, trois fois candidat à la présidentielle.... Selon des experts, « la France a profité des négociations autour de la libération de Soumaïla Cissé pour organiser celle de Sophie Pétronin » qui n'a « jamais été au centre de la négociation ».. Sa remise en liberté coïncide avec celle de plus d'une centaine voire deux cents prisonniers dont l'identité et le profil demeurent inconnus, bien qu'ils soient présentés comme étant des djihadistes condamnés ou présumés par des responsables maliens s’exprimant sous le couvert de l’anonymatMali: des djihadistes relâchés contre la libération de deux otages, dont peut-être Sophie Pétronin, lefigaro.fr, 5 octobre 2020, mis à jour le 7 octobre 2020 et pour la plupart, des « combattants de base » et des chefs précédemment capturés par les soldats français, selon le reporter Didier François.
Elle est arrivée sur le tarmac de l'aéroport de Villacoublay le , avant de rejoindre la Suisse où réside son fils.
Avant son enlèvement, Sophie Pétronin vivait à Gao, au Mali, où elle dirigeait depuis des années une organisation d’aide à l’enfance. Elle a déclaré lors de sa remise en liberté, le jeudi : . Elle a présenté une vision dédramatisée de ses conditions de détention et déclaré vouloir retourner au Mali... Elle est critiquée lors de son retour en France Sophie Pétronin, libérée et critiquée, par Maria Malagardis, 9 octobre 2020 à 18:25, https://www.liberation.fr/planete/2020/10/09/sophie-petronin-liberee-et-critiquee_1801940.
Retour au Mali En 2021, elle retourne au Mali de manière irrégulière en passant par le Sénégal, contournant ainsi la pression des autorités françaises pour qu'elle n'obtienne pas de visa. Elle vit sept mois à Bamako avant de faire l'objet d'un avis de recherche au Mali. De fausses informations circulent dans la presse, certaines attestant que Sophie Pétronin était de nouveau portée disparue. Régulièrement en contact avec Sophie Pétronin, le journaliste Anthony Fouchard affirme le contraire dans plusieurs interviews. Dans les jours qui suivent ces révélations, ils détaillent les conditions de retour de Sophie Pétronin auprès de sa fille adoptive.. Ce retour au Mali provoque de vives critiques politiques.
Notes et références
Liens externes
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En libérant Sophie Pétronin, "la junte malienne va pouvoir négocier diplomatiquement" avec la France, France 24, .
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