Mycena meliigena, la Mycène corticole, est une espèce de champignons basidiomycètes de l'ordre des Agaricales appartenant à famille des Mycenaceae. Cette petite Mycène de l'hémisphère Nord en forme de parapluie rose brun-rouge pousse en automne sur les écorces moussues des arbres feuillus vivants où elle se nourrit de la lignine des cellules mortes.
Systématique La Mycène corticole partage avec le genre Mycena sa silhouette typique dite « mycenoïde », sa petite taille, son chapeau en cloche, son pied filiforme sans anneau et sans voile, sa sporée blanche et la présence de cystides sur les lames ainsi que son écologie saprotrophe.
Elle appartient à la section des Supinae qui comprend sept espèces en Europe et partage avec elles sa très petite taille, sa cuticule visqueuse et séparable, son pileus coloré, ses lames adnées, ses spores globuleuses et son écologie corticole
Description vignette|gauche|upright|Mycena meliigena (Californie, USA)
La Mycène corticole produit un sporophore mesurant de de diamètre, hémisphérique, parabolique à convexe, souvent un peu aplati à déprimé au centre, et cannelé-plissé sur ses flancs. Il est plutôt translucide et recouvert de pruine et coloré de rouge vinacé, rose brunâtre, violet foncé voire de brun pâle avec une teinte lilacée, devenant plus brunâtre avec l'âge. Ses lames, au nombre de 6 à 14, adnées à légèrement décurrentes, espacées sont colorées d'un blanc pâle devenant blanchâtres avec le temps puis grisâtre à brunâtre. Le pied, mesurant de de long pour d'épais, est souvent incurvé, pruineux et brillant ; sa couleur est similaire à celle du chapeau. Sa base est densément couverte de longs filaments blancs nommés byssus. Son odeur et son goût sont faibles.
Mycena meliigena produit des basides claviformes bouclées à 4 spores ou non bouclées à 2 spores. Ses spores globuleuses et amyloïdes mesurent pour mais celles provenant de basides à 2 spores peuvent mesurer jusqu'à . Ses lamelles présentent sur leurs arêtes des cheilocystides claviformes mélangées avec les basides mesurant pour . Elles ne présentent pas de pleurocystides.
Forme et variétés Mycena meliigena f. alba Courtec., 1986 : forme au chapeau crème pâleRégis Courtecuisse, « Macromycètes intéressants, rares et nouveaux », Documents Mycologiques, 1986, volume 16, fascicule 62, page 31 (lire en ligne). Mycena meliigena var. grisea J. Aug. Schmitt, 2020 : variété aux lames grisesJohannes Aug. Schmitt, Abhandlungen der Delattina, 2020, volume 45, page 254 (lire en ligne). Mycena meliigena var. microspora J. Aug. Schmitt, 2020 : variété aux spores plus petites que le type.
Confusions possibles vignette|Mycena pseudocorticola
La Mycène corticole est caractérisée par son habitat sur écorce d'arbres feuillus et ses couleurs rose brun rouge. Elle peut cependant être confondue avec Mycena venustula dont les arêtes des lames sont franchement roses et avec la Mycène corticole bleue (Mycena pseudocorticola) normalement colorée d'un bleu gris ; mais lorsque les deux espèces vieillissent, elles brunissent et leur coloration se rapprochent. D'un point de vue microscopique, elles sont également assez similaires.
Écologie La Mycène corticole pousse sur l'écorce, quelquefois nue mais généralement recouverte de mousse, de divers arbres à feuilles caduques vivants durant les saisons humides principalement à l'automne mais aussi à la fin de l'été et en hiver. De rares mentions font état d'une présence sur conifères sur Douglas et Pin.
Plus précisément, Mycena meliigena développe son mycélium uniquement à l'intérieur du rhytidome, qui est la partie externe de l'écorce constituée de couches de cellules mortes superposées du phelloderme, du phellème et du phloème secondaire non fonctionnel. Toutes les cellules du rhytidome, à l'exception des cellules de phellème subérisées, sont lignifiées. Le mycélium pénètre, à une vitesse de 1 à 2 millimètres en 20 semaines, les couches subérisées du phéllème en érodant ses parois cellulaires. Dans le phloème non fonctionnel, les hyphes se déplacent à travers les lumens entre les tubes criblés, les cellules compagnes et le parenchyme. Elles restent au milieu de la paroi secondaire, créant des cavités en forme de croissant qui s’élargissent progressivement pour laisser un motif en nid d'abeille. Ce champignon présente donc des schémas de délignification sélective et de dégradation non sélective de la paroi cellulaire également observés chez certaines espèces de la pourriture fibreuse. Écologiquement, il s'agit donc d'un saprotrophe du rhytidome des arbres vivants.
Distribution Cette espèce est largement répandue sur l'ensemble de l'écozone holarctique dont l'Europe, y compris les pays francophones, mais elle est peu courante.
Notes et références
Liens externes
Catégorie:Espèce de champignons (nom scientifique) Catégorie:Mycenaceae